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Auteur Sujet: A quoi ça sert d'aiguiser rasoir un couteau de camp ?  (Lu 9312 fois)

27 mars 2010 à 00:53:37
Lu 9312 fois

Ulfgar


Je suis cuisinier et je me rappelle que lorsque je donnais mes couteaux à aiguiser à l'armurier ( j'avais trop peur de les abîmer  :-[ ) il me demandait c'était pour couper quoi.
J'ai remarqué ensuite que ceux qui me servaient à couper des trucs relativement "mous" genre légumes(couteau éminceur , office , filet de sole)avaient une lame plutôt fine et étaient aiguisé rasoir.
Alors que ceux qui me servaient à couper des trucs plus durs genre de la viande avec os (désosseur, gros couteau de chef , feuile à fendre) avaient des lames épaisses et étaient aiguisé mais pas rasoir.
Qu'en pensez-vous ?


"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements."
(Charles Darwin / 1809-1882)

27 mars 2010 à 02:07:07
Réponse #1

ladril


Salut Ulfgar

Je trouve que tu as raison de poser cette question, et je pense que beaucoup de non-passionnés d'outils tranchants pourront, grâce a ton post, comprendre l'importance de l'attention portée à son couteau.

Deux mots : TEMPS pour effectuer le travail que tu as à faire, et ENERGIE que tu économises avec un outil performant.

Le temps perdu ne se récupère pas en situation de survie (règle de 3) et l'énergie est d'autant plus précieuse si tu n'as pas rapidement de quoi te restaurer...

Pour ma part, tout mes outils de coupe ont un affutage rasoir. Seul le profil de l'affutage est différent.
Pour exemple, ma hache de concours comme ma hache de travail ont un affutage rasoir convexe, ma serpe a un affutage droit de 35-40°, mon skinner, un affutage concave et pour mes couteaux, je préfère un profil légèrement convexe affuté à la main avec deux pierres et un cuir.

Maintenant, je pense qu'une utilisation appropriée de l'outil est aussi importante que l'affutage. Un couteau n'est pas une pioche  >:(, une hache n'est pas une masse de forgeron :'(, et une machette n'est pas un canif :lol:...

27 mars 2010 à 07:01:37
Réponse #2

François


Sûr que pour fendre du bois en bâtonnant, il n'y a pas besoin d'un affûtage rasoir :D

Au contraire, une barre d'acier vaguement effilée sur un bord marchera mieux, en fendant sans couper.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

27 mars 2010 à 07:16:19
Réponse #3

François


Maintenant, je pense qu'une utilisation appropriée de l'outil est aussi importante que l'affutage. Un couteau n'est pas une pioche  >:(, une hache n'est pas une masse de forgeron :'(, et une machette n'est pas un canif :lol:...

Normalement, c'est l'usage qui détermine l'outil et pas le contraire ;)
La difficulté avec un couteau de camp, et plus encore un couteau de survie, est qu'on voudrai qu'il fasse tout ou presque.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

27 mars 2010 à 09:00:32
Réponse #4

nemesys


J'ai remarqué ensuite que ceux qui me servaient à couper des trucs relativement "mous" genre légumes(couteau éminceur , office , filet de sole)avaient une lame plutôt fine et étaient aiguisé rasoir.
Le fait d'aiguiser "rasoir" permet d'avoir une coupe nette et bien franche

Alors que ceux qui me servaient à couper des trucs plus durs genre de la viande avec os (désosseur, gros couteau de chef , feuile à fendre) avaient des lames épaisses et étaient aiguisé mais pas rasoir.
En fait, pour la viande, la "matière" est filandreuse et ne pas aiguiser "rasoir" revient à laisser des micro dents qui permettront de mieux couper la viande.

Pour prendre une analogie avec le bushcraft, l'aiguisage rasoir, c'est le cutter, l'aiguisage pas rasoir la scie.
Pour couper une branche, il faut "trancher" les fibres du bois -> la scie
Pour faire de fins copeaux, tailler en pointe, on coupe ( le terme est pas forcement adapter..mais c'est le réveil, c'est dur !) le bois-> le cutter.

27 mars 2010 à 09:05:24
Réponse #5

greenman


Petite hypothèse du matin ;#

le fait d'affuter rasoir un couteau de camp va pourrir la lame assez vite je penses!
pour affuter rasoir il faut amincir le fil de la lame et donc le fragiliser, et dès que la lame prendra quelque chose de dur elle va s'abimer et ne coupera quasiment plus!
Mieux vaut garder une un fil robuste non?????? :-[



simple théorie d'un samedi matin :-[

 
Voici une vidéo sur la réalisation de ma cabane - http://vimeo.com/23283003

27 mars 2010 à 09:17:34
Réponse #6

jeantroovpa


Mieux vaut garder une un fil robuste non?????? :-[

simple théorie d'un samedi matin :-[  
edit: à noter que le profil de coupe-choux que je connais est concave, ca n'aide peut être pas à la conservation du tranchant  ;D

Me semble bien que la théorie est valable, utiliser un coupe choux pour couper du bois ou même du cuir, il ne gardera pas son tranchant longtemps.
A l'inverse, essayer de couper une tomate mure avec un couteau peu affuté, ca fera de la charpie (les cuistots sont à même de connaitre ca ;) )

La solidité du fil est assez frappante avec les coupe choux, si l'on se rase c'est "recommandé" de passer au cuir (abrasion puis polissage) à chaque rasage, voir deux fois pendant un rasage, le fil est rasoir mais même si la qualité de l'acier joue, il est peu solide.
« Modifié: 27 mars 2010 à 09:28:22 par jeantroovpa »

27 mars 2010 à 09:19:00
Réponse #7

Diesel


La difficulté avec un couteau de camp, et plus encore un couteau de survie, est qu'on voudrai qu'il fasse tout ou presque.
Hélas oui, c'est la quadrature du cercle.  ;D

Bon, dans l'absolu un couteau c'est fait avant tout pour couper. Donc il serait normal qu'il coupe bien surtout si c'est le seul qu'on possède. Un couteau qui coupe mal, c'est une barre d'acier pas franchement utile.
Le couteau de camp tel qu'il est perçu ici et une sorte de couteau suisse XXL allant du découpage de bagnole à l'épluchage de carottes.
Vu les émoutures souvent très épaisses, il y a intérêt à ce que ça coupe si on veut accomplir tout ça. ;D
Essayez de couper un truc avec une lame épaisse si elle est mal affûté vous comprendrez.  ;)
Bon il y a aussi le jeu d'être capable d'affûter correctement une lame. Attendre le PR* est le signe qu'on a atteint la ceinture noir de l'affutage. :closedeyes:

le fait d'affuter rasoir un couteau de camp va pourrir la lame assez vite je penses!
Oui et non. ça va déprendre de la façon dont tu vas l'affûter.
On arrive facilement à du proche rasoir en affûtant convexe. ça permet d'avoir un tranchant durable et robuste.
Tous mes grosse lames qui ont servi de couteau de camp ont été affûté de la sorte et ça tient très bien. Mes hachettes aussi d'ailleurs.
Et puis l'avantage d'avoir une lame très bien affûtée à la base, c'est qu'un simple passage au cuir suffit à la maintenir.
Sauf si on s'amuse à fendre en deux des pierres évidement.  ;D

Oups un oubli qui a son importance, je ne parle pas de la qualité de l'acier qui y est pour beaucoup elle aussi.
Je m'étais amusé à affuter convexe et rasoir un couteau de survie que j'avais eu gamin, 3 bouts de bois taillé plus tard, c'était un couteau à beurre. ::)


* Proche Rasoir, unité forumesque désignant une lame rasant les poils. Le niveau au dessus est le TR Total Rasoir qui correspond à arriver à se raser la barbe avec son couteau.  ;D
Seul quelques grands maîtres y arrivent.  :ninja: (et à sec en plus ... ouille pour eux  :'()
« Modifié: 27 mars 2010 à 09:50:18 par Diesel »

27 mars 2010 à 10:09:08
Réponse #8

Lolo94


Il y a une petite confusion entre la géométrie de l'émouture ( les côtés de la lame, plats ou creux ou autre ) qui détermine l'épaisseur du tranchant et sa capacité à pénétrer différents matériaux d'une part, et d'autre part l'angle d'affutage qui constitue un tranchant plus ou moins aigu et fragile. Et ensuite l'affutage lui même avec la création d'un fil plus ou moins régulier et poli.

Un rasoir à barbe à une émouture creuse (ou plate pour les lames jetables) de l'épaisseur d'une feuille de papier bristol, et un angle d'affutage plutôt fin aussi, très régulier, avec un polissage très poussé.

Le tranchant ne se désaffute pas plus vite, c'est juste le pouvoir de raser qui s'en va, tout est relatif: après s'être rasé, ton rasoir rase encore même si ça fait mal, et quand il rase plus, il est encore capable de couper la couenne... ou des aliments sans écrabouiller. Alors que ta serpette ne fait rien de tout ça.

Par contre si tu essaies de couper du cuir ou du bois avec un coupe chou, la lame peut casser comme du verre (vécu  :( ).

Un gros couteau avec une grosse émouture et un tranchant épais peut très bien être affuté rasoir[PR pardon!] ( affutage et polissage soigneux du fil), il gagne en efficacité pour pas mal de taches. Il gardera ce pouvoir tranchant proportionnel à l'angle d'affutage et l'émouture, aussi longtemps qu'on l'utilisera en conséquence. Reste à voir ce à quoi il est destiné comme ça a été dit.

27 mars 2010 à 10:22:32
Réponse #9

Wapiti


François, pour fendre il faut un minimum de tranchant pour entamer la fente, après on peut même utiliser des coin en bois.

Un couteau qui coupe comme un marteau est dangereux, la lame ne pénètre pas et « dérape » sans entamer la surface de l'objet ou mal, mais ne rate pas les doigts ou autres parties de nos anatomies.

Au-delà de l'excellence du fil c'est l'émouture qui importe selon la fonction de l'outil.

Concave : pour des travaux de précision dont le rasage. On obtient une lame très fine au tranchant : fragilité. Coupe par pénétration.
Il est cependant à noter que les lames interchangeables de rasoir ont un tranchant en « V » (impératif technique du à la finesse de la bande d'acier).

En « V » : assez polyvalent (couteau d'office, à trancher, utilitaire). Coupe par sciage.

Convexe : plus approprié au fendage et coupes plus grossières (serpe, hache, outils de bûcheron en général). Coupe par percussion-écartement.

Si toutes les coupes nécessitent une pénétration, c'est le mouvement principal qu'il faut retenir.

Un chirurgien n'opère pas au sabre de cavalerie, un hussard ne charge pas au bistouri.

Évident, je ne l'aurai pas trouver tout seul, il me prend pour qui Wapiti ? pensent certains. Rien de tout ça, c'est simplement parce que tous, nous avons plus ou moins tendance à perdre de vue l'usage réel que nous avons de nos couteaux.

Posons nous sérieusement la question : Pourquoi les bouchers n'ont pas qu'un seul couteau ?

Revenons au couteau de camp, chaque individu en a une conception personnelle et un usage qui diffèrent peu ou prou de celle de l'autre.

Comme dit Diesel : c'est la quadrature du cercle. (Une sucette à qui la trouvera.  :lol:)

Dans les prochains jours je vous présenterai celui que j'ai fait réaliser à partir de mes dessins sur une idée remontant à plus de 15 ans. Je ne me fait aucune illusion, il y aura des cris d'orfraie.

À +



« Modifié: 27 mars 2010 à 10:43:54 par Wapiti »

27 mars 2010 à 10:27:03
Réponse #10

Patrick


Dans les prochains jours je vous présenterai celui que j'ai fait réaliser à partir de mes dessins sur une idée remontant à plus de 15 ans. Je ne me fait aucune illusion, il y aura des cris d'orfraie.
Peut-être mais qu'est-ce que c'est bon de voir les cogitations liées à l'expérimentation, comme quand Lambda nous a proposé son "quasimodo".

27 mars 2010 à 10:41:58
Réponse #11

François


François, pour fendre il faut un minimum de tranchant pour entamer la fente, après on peut même utiliser des coin en bois.


Pas d'accord, ni un merlin, ni un départoir ne sont affûtés. Leur but est de séparer les fibres sans les couper.
Le merlin c'est parce qu'en suivant les fibres on a plus facilité pour aller d'un bout à l'autre de la bûche sans dévier. Le départoir (un outil spécifique pour bâtonner) c'est pour respecter les fibres du bois, conserver les caractéristiques du bois, résistance mécanique et résistance au pourrissement.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

27 mars 2010 à 10:51:39
Réponse #12

Wapiti


Au temps pour moi.

Je voulais dire qu'il fallait un angle minimum pour pénétrer, avec un merlin ce n'est pas par la frette qu'on y parvient, bien qu'à la presse hydraulique on puisse le faire. C'est valable aussi pour le départoir, mais avec sa faible épaisseur de lame c'est possible par le dos en tapant comme un sourd.

À +

 

 


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