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Auteur Sujet: Ils survivent à une coulée de neige ...  (Lu 2926 fois)

22 février 2010 à 16:41:55
Lu 2926 fois

Alex Reeves


Ca c'est passé vendredi dernier dans les Alpes de Hautes Provence :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/02/22/01016-20100222ARTFIG00413-elle-creuse-la-neige-pour-sauver-ses-compagnons-.php

En lisant l'article, je pense qu'on peut remettre en question et/ou discuter de plusieurs points comme :

- l'utilité dans ce cas précis d'avoir un BOB dans la voiture.
- le matériel qui leur a permis de se sortir de leur "tombe" et la capacité d'adaptation en pareille situation.
- la prise de risque en s'engageant sur une route "fermée" (règle des 3 secondes).
- autres ...

Y a-t-il des leçons intéressantes à tirer de cette mésaventure qui heureusement fini bien (peut-être parce que Murphy n'était pas au rendez-vous aussi ?!) ?





"Celui qui vit par l'Epée, finit toujours par la recevoir dans l'cul.
Dieu nous garde."

28 février 2010 à 09:16:16
Réponse #1

Nävis


Dans l'article cité, il n'y a pas grand chose comme information. En consultant les quelques articles que l'on trouve sur le web, on obtient bien un peu de détails supplémentaires.

Ce qu'on vécu ces personne est impressionant. Pour s'en sortir, il leur a fallu sacrément lutter et s'accrocher.
Creuser de la neige durcie (c'est très compact de la neige d'avalanche!), et retourner au village (4 km selon certains articles). Ne pas abandonner. Pour les autres, tenir dans le froid et ne pas flancher. Heureusement pour tous les quatre qu'une coulée supplémentaire n'est pas venue ensevelir la femme sur la route.

Mais je trouve la situation assez exemplaire, à deux titres.
D'une part elle illustre ce qui risque d'arriver lorsque l'on accumule les mauvaises décisions. Il y a (heureusement) tant d'exemples de comportements à risque qui n'entrainent pas de conséquences, qu'il est parfois difficile de suivre ses propres règles de prudence, et surtout de les imposer aux autres.
D'autre part elle correspond à un contexte assez "moderne". On veut aller dans des coins isolés et magnifiques pour nos loisirs et nos vacances (moi aussi donc), mais il y a des conséquences. Si ces coins sont isolés, c'est que parfois les accès sont difficiles et dangereux.

Si j'essaye de lister les points à prévoir:

L'équipement des occupants de la voiture
En cas de soucis, on doit faire avec ce que l'on a sur soi. Souliers, vêtements, et contenu des poches. Comme le racontait récemment un membre du forum (en parlant de son fiston), en hiver la veste n'a rien à faire dans le coffre, on ne sait pas si celui-ci restera accessible. Les gants et un tour de coup dans les poches, fermées.
Apparament, il s'agit ici de gens qui pratiquent un peu la montagne, puisque leur séjour était destiné à la randonnée à ski. J'imagine qu'ils ont peut-être voyagé avec leurs vêtements de sport, ce qui les a peut-être aidé.

Les bagages et l'habitacle
Les bagages peuvent blesser les occupants lors d'un accident, et peuvent empêcher de sortir du véhicule. Les 3 qui sont resté coincés plusieurs heures étaient "... coincés par un enchevêtrement de tôle, skis et bagages."
Là j'ai une question importante. Qui ose imposer que les bagages ne soient pas dans l'habitacle avec les passagers, ou alors fixés parfaitement. Vous savez, les skis au ras de la gorge des passagers arrières, le meuble en contreplaqué en kit libre de voyager en direction du dos du conducteur (le siège sera pulvérisé en même temps que les vertèbres en cas d'accident). Qui ose affirmer lors d'une discussion de covoiturage qu'on ne peut pas toujours mettre 4 adultes et leur équipement sportif dans un seul véhicule.

A propos de la fermeture de cette route ces derniers jours:

A cause des conditions météo, la route était fermée, et ils étaient bloqués dans le village depuis plusieurs jours.
L'accident cité date du vendredi 19: une coulée de neige recouvre une voiture sur une petite route de montage non loin d'Uvernet-Fours, dans les Alpes de Haute-Provence. L'engin et ses quatre occupants, trois Isérois et un Britannique, sont ensevelis sous quatre mètres de neige.
Mais le 23, une autre voiture est impliquée: Après l’avalanche qui avait enseveli une voiture vendredi soir dans les Gorges de Bachelard dans la vallée de l’Ubaye, un autre véhicule a été pris au piège hier malgré le maintien de la fermeture de cette route. Les 3 occupants ont été secourus et sont sains et sauf et ramenés au hameau de Villars d’Abas.
Le coin est donc isolé, et la route est fermée depuis plus d'une semaine. Pas simple si on doit rentrer après ses vacances. Très tentant. Je me pose juste une question. Combien de voitures ont tenté le passage et ont servi de mauvais exemple?

Pour reprendre la question d'Alex sur le BOB:
Un BOB n'a pas vocation à servir dans TOUS les cas de figures, mais les plus probables. Il ne remplace pas les simples mesures de précaution.
Les souliers sont ceux avec lesquels on peut marcher dans la neige. Les vêtements doivent être adaptés, et la veste doit se trouver avec le voyageur. Je dirais que lorsque l'on voyage en montagne en hiver, la pelle doit être du voyage, fixée dans l'habitacle contre un dossier de siège. Des gants de secours, un chapeau (pour les oublis) et de l'eau sont en permanence dans l'habitacle.


04 mars 2010 à 13:02:55
Réponse #2

Alex Reeves


Bonjour,

Lorsque j'ai entendu cette histoire pour la première fois, j'ai tout de suite pensé à l'utilité du BOB dans la voiture. Et ma première conclusion a été de dire : " Finalement, ça sert à rien. La jeune femme a réussi à se sortir du véhicule englouti par une coulée de neige, à rejoindre le premier village et à donner l'alerte pour sauver ses compagnons. Tout ça sans BOB   !"

Ouaip, ...

...

Mais, si ...

...

Bon, c'est vrai qu'avec des "si" ...

...

Pour ma part il y a deux choses qui m'interrogent :

1) La première concerne donc ce fameux BOB :

Dans la situation actuelle, l'idéal aurait été d'avoir un BOB adapté à la montagne en hiver (avec de quoi se réchauffer, se chauffer, s'hydrater, se soigner, creuser la neige, ... bref, vous le savez mieux que moi). Mais ce BOB aurait donc du se trouver dans l'habitacle et pas dans le coffre. Mais as t'on réellement dans l'habitacle d'une voiture standard la place matérielle pour y loger un BOB (boîte à gant, tiroir sous les sièges, vides poches en hauteur, ...) ? Personnellement, je ne trouve pas de rangement assez spacieux pour y loger tout ce que j'aimerais avoir à portée de main en cas d'urgence (j'ai déjà du mal à ranger mon gilet fluo et mon triangle, alors !).

Ou bien, pourquoi ne pas disperser les éléments constituant le BOB dans plusieurs coins et recoins du véhicule, accessibles depuis l'habitacle ? Oui, mais :
  - En cas d'urgence, aurais je le temps de tout rassembler pour évacuer le véhicule ?
  - En cas d'accident, est ce que tout restera accessible suivant la localisation des impacts sur mon véhicule ?
  - Est ce qu'une pelle accrochée au dossier de mon siège ne serait pas dangereuse si elle est projetée dans l'habitacle au cours d'un choc ?
Pour ma part, se constituer un BOB spécial voiture est un notion de base qui peut sauver des vies (ou ma vie). Mais quant à la manière optimale de le ranger dans mon véhicule, là je reste confronté à des difficultés.

Alors, si je regarde la situation décrite dans cette histoire de coulée de neige, je me dis que finalement cette jeune femme avait, sans le vouloir, son BOB sur elle ! Il n'était peut-être pas complet ou pas adapté (car pas prévu au préalable à mon avis) mais elle a du faire face avec ce qui était à sa portée à ce moment donné. Et dans la plupart des cas c'est ce que l'on porte sur soi. Bon, j'irai pas jusqu'à dire qu'il faut conduire avec le sac à dos sur les épaules (si certains l'ont fait qu'ils se signalent  ;D), mais peut-être à porté de main et/ou le principal dans les poches.
En tous cas, ceci n'aurait sans doute pas pu être utilisé de manière optimale si la personne n'avait pas eu à ce moment critique assez de recul et de présence d'esprit pour tirer profit au maximum du BOB qu'elle avait sur soi (comme l'exemple des rondelles de bâton de ski pour creuser la neige).

Je me pose donc la question : " Est ce que le premier BOB à avoir sur soi n'est pas celui que l'on a dans sa tête, afin de prévoir, d'organiser et d'utiliser au mieux le BOB qui, lui, nous servira dans une situation à risque ? "



2) La seconde chose qui m'interroge concerne la décision de la prise de risque :

En effet, ne dit-on pas : "il vaut mieux prévenir que guérir".

Et dans cette situation, cette phrase ne trouve-t-elle pas tout son sens ?!

Sur France 3 aux informations régionnales, le journaliste relatant cette mésaventure précise que les touristes avaient pris la peine de se renseigner sur l'état de la route auprès des locaux. Ces derniers leurs auraient dit que cette voie était utilisable mais qu'il fallait faire attention. En tous cas eux y circulaient. Quoi de plus rassurant pour des touristes indécis, surtout s'il n'existe pas d'autres itinéraires possibles pour rejoindre son chez soi (et puis les vacances sont finies, on est pressé de rentrer car demain on reprend le boulot, l'école, ...).

Alors à qui se fier :

- au Conseil Général qui signale que cette route est fermée pour cause de manteau neigeux instable, sans peut-être offrir d'autre solution ?

- aux gens du coin qui circulent, avec prudence certes, mais qui circulent quand même ?

Aussi, dans l'article du Figaro (cité en premier post), le Sous-Préfet de Barcelonnette, Jean-Marc Bassaget, affirme cette phrase pleine de sagesse : " ... quand une route est fermée on ne s'engage pas."

C'est tout à fait vrai. Mais ce que je ne comprends pas c'est pourquoi on peut encore y circuler ? Pourquoi l'accès n'est pas bloqué ? N'est-il pas plus responsable de "barricader" cette route afin de la rendre inaccessible pour tout le monde (ou presque) ?
Peut-être que la signalisation + l'impossibilité matérielle d'accéder à cette route aurait suffit à décourager nos touristes, qui n'auraient même pas demandé de renseignements aux habitants du coin. A voir ...

Qui est finalement responsable de cette prise de risque : les voyageurs, les locaux ou la Préfecture ? Large débat ...

Pour ma part, en toute franchise, à la place des voyageurs, j'aurais moi aussi "tenté le diable". Et en cas de gros problème j'aurai vivement critiqué le rôle de la Préfecture, de la D.D.E, des villageois qui m'auraient induit en erreur .... Bref, j'aurais été c*n !  :down:
Et pourtant, au minimum, j'aurais pu me prévenir de bien des difficultés en disant, par exemple, aux habitants du coin qu'à la sortie de cette route fermée (d'ici environ 1/2 heure par exemple) je les contacte sur leur portable pour leur signaler que je suis bien passé. Et par conséquent, qu'ils préviennent les secours si pas d'appel de ma part (c'est peu être un peu utopique de ma part, mais pourquoi pas ? On peut tomber sur des gens sympa et compréhensifs ...).

Voilà pour mon analyse de la situation et les leçons que j'aimerais en tirer.

A +.

Ciao.
« Modifié: 04 mars 2010 à 23:08:05 par Nävis »

"Celui qui vit par l'Epée, finit toujours par la recevoir dans l'cul.
Dieu nous garde."

04 mars 2010 à 13:52:45
Réponse #3

Bison


Bonjour,

Merci de cette longue analyse.

En fait, la question qui se pose concerne le crédit à accorder à une décision administrative.

Combien de ces décisions ne sont pas de simples "parapluies" destinées à protéger avant tout l'administration?

L'administration ne rend malheureusement compte à personne ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

04 mars 2010 à 14:06:04
Réponse #4

Alex Reeves


En effet Bison, j'aurai tendance à être du même avis que toi.

Mais concernant la fermeture de la route, il y a peut-être des raisons qui font que les autorités ne peuvent la bloquer complètement. Des raisons qui pourraient aussi engager leurs responsabilités (comme laissez la possibilité aux pompiers et autres véhicules d'urgences de passer si ils avaient à intervenir dans la zone ...). C'est peut-être pas facile pour eux aussi de prendre leurs responsabilités ...

A +.


"Celui qui vit par l'Epée, finit toujours par la recevoir dans l'cul.
Dieu nous garde."

04 mars 2010 à 19:56:28
Réponse #5

Anke


Un autre exemple sur la prise de décision "d'y aller quand même".
Chez moué, y'a du gros temps en mer, de la digue on le voit bien, y'a des grosses vagues et des gros creux. Sur le bulletin météo, y'a la force du vent et tout le tintouin comme d'hab sur les bulletins météo marine... put**n si tu comprends pas c'est que t'es vraiment un cake ou que t'en fait exprès...
Ben ça loupe pas, y'a toujours un trou du cul qui ne connait pas la zone, ni la force des courants, qui est à peine équipé ( chui pas tenu de l'être mon rafiot est immatriculé en Belgique !)et qui en final qui va faire le malin et c'est toujours les mêmes crétins qui vont le chercher quitte à risquer leur peau. Alors, faut-il fermer les ports de plaisance comme ça on sera sûr que les cons ne se livreront pas à leur activité favorite...

Maintenant, ces conneries s'arrèteront peut-être un peu quand on commencera à facturer les interventions des sauveteurs en se servant dans le porte-monnaie du guignol.

Bon Ok, chui un vieux grognon... Mais y'a des jours quand même, ça fatigue. La route est fermée, t'as aucune expérience( ou si peu) de la conduite sur neige, tu connais pas le coin, t'as pas les repères, t'as pas regardé la météo... ben t'y va pas et pis c'est tout.

04 mars 2010 à 20:27:18
Réponse #6

Bison


Ben oui, c'est comme ceux qui vont nager en mer quand le drapeau est rouge ...

Inconscients va!

Sauf que le drapeau est rouge sur les plages belges simplement parce que la plage n'est pas "surveillée".
Juste de l'autre côté, un millipoil à l'ouest (c'est pas large, une frontière, surtout sur la plage), c'est pas surveillé non plus.
Y'a pas de drapeau rouge, tu y vas comme un grand.
Tu surveilles bien tes mômes et cela ne se passe pas plus mal.

Cherchez l'astuce ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

04 mars 2010 à 20:31:34
Réponse #7

Anke


T'as pas tort Bison, c'est juste que je fais mon grognon. ça ne retire rien au courage dévellopé au cours de ce fait divers par les différents protagonistes... ;)

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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