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Auteur Sujet: Réserve et BOB - Partage.  (Lu 6407 fois)

29 janvier 2010 à 01:55:05
Lu 6407 fois

Lemuel


Là tu pose un autre problème qui à mon sens est à gérer par chacun avec sa propre conscience, celui de sa propre humanité (par extrapolation ça me fait penser à certains passage de "the road" de McCarthy), définir les limites de son "égoïsme" (terme trop fort et pas complètement adapté mais l'idée est là) et essayer de les appliquer à la situation.

Je pense que là il y a trois axes de travail majeures:
- La quantité ( un problème insoluble pour des raisons économiques, de mobilité.....si un land rover ne suffit pas :-\)
- Le camouflage du BOB et de toi même lorsque tu l'utilise (questions de situation)
- L'éventuelle défense (voir avec un raisonnement extrèmes, avec les armes à la mains?) du BOB

C'est aussi un problème de tes propres limites physiques: moi et je sais que c'est stupide  :'( (et que je vais me faire gentiment honnire pas trop fort quand même s'il vous plait c'est un exemple ;)) mais au vu de mon addiction à la nicotine, ça je donnerait pas.

En Haïti nous avons opté pour une double solution:

- On a donné ce qu'on avait en quantité à savoir les médicaments que l'on a donné à un médeçin local, en ne gardant que le strict minimum pour nous, puis après ce qu'on avait c'est à dire du temps.
- En cachant et se cachant aux moment des repas, de la toilette etc.

Je sais qu'en retournant au boulot cet aprem je vais prendre un petit savon (pour la forme) parce que dans mon contrat de travail, il y a une clause qui dit grosso modo que toute prise de partie, ou aide au plan local nous est interdite. C'est dans l'absolu une "bonne clause" parce qu'elle participe à notre sécurité (sans cette clause dans une zone de guerre qu'est-ce qui m'empècherais de prendre les armes et de faire le coup de feu?) mais c'est aussi une clause qui à mon regard et à celui de la quasi totalité de mes collègues est moralement inappliquable.

Un problème individuel de conscience à mon sens, mais une question interressante et que chaque possesseur de BOB devrait se poser. :)

Mav

Donc cette question je la pose ici, parce que je suis certain qu'elle a traversé l'esprit de nombre d'entres nous, moi en premier.

Contexte. J'habite en ville, dans appartement, j'ai des réserves. Coup de bol mes chiottes sont super mal foutus, beaucoup trop grand. J'y stocke en particulier quelques dizaines de litres d'eau. Pour une bonne semaine pour une personne en gros.
Manque de bol, j'ai aussi une vie sociale, des amis qui me connaissent, connaissent aussi certaines de mes péoccupations, et des gens qui viennent chez moi. Et qui vont pisser, et tombent sur (entre autres) l'eau.

"- Ahem c'est pour quoi faire la flotte dans les chiottes.
- Ben je sais pas, au cas où…
-au cas où quoi ?
- Tu sais qu'il y a des réservoirs d'eaux dans cette ville ? Si il y en a c'est qu'il doit y avoir une raison. Bon, ben moi j'ai de l'eau aussi, en cas de coupure ou je ne sais quoi."

En général ça s'arrête là, même si j'ai l'air un peu bizarre.

Il y a aussi les gens qui me connaissent très bien, et le sujet tombe franchement sur le tapis.

"Nan mais si y a un problème moi je vais grave chez Lemuel !
-Oui moi aussi !
- Moi aussi !
- Moi aussi !
- Ben non vous dégagez tous, vous rentrez pas.
- QUOI ?!? T'ES DÉGUEULASSE !
- Écoute, tu t'es assez payé ma gueule avec mes packs de Volvic, je t'ai déjà expliqué le pourquoi du comment, et toi même dans ta remarque tu n'exclus pas la possibilité d'un si, mais tu préfère venir me péter les c*u!lles plutôt que de t'acheter un pack d'eau de plus chaque semaine pendant deux mois, tu dégages.
- OUIIIIII MAIS ATENDS
- OUIII QUOI ATTENDS C'EST DEGUEUELASSE
- OUIII JE SUIS D'ACCORD AUSSI, MOI AUSSI JE VEUX VENIR, ON EST AMIS APRÈS TOUT.
- Bon, ok, dans ce cas, toi tu peux venir, et je te laisse à la porte, et tu décides qui rentre où qui rentre pas."

Conversation dans a bonne humeur et de on esprit. Sauf que à ce moment là, la personne réfléchit deux secondes et rigole un peu moins. Évidemment personne n'a jamais fait de stock.
Le mieux serait que ça se sache pas, mais voilà c'est pas possible.

Et c'est un sacré de cas de conscience si on se pose un peu la question. Moi je suis tout seul, c'est pas si grave. J'imagine le dilemme de ceux qui s'équipent pour leur famille. Et un peu chacalement, c'est aussi mon dilemme parce que je me dis, 4 amis qui viennent squatter chez moi. C'est potentiellement 5 morts. Si ils viennent pas c'est potentiellement 4 morts et 1 vivant. Mais si ils viennent c'est aussi potentiellement 2 - 3 - 4 - 5 vivants
Pas facile à se poser et à s'avouer comme problématique. alors oui, on est en France, on voit pas bien ce qui pourrait se passer qui amène ces circonstances là.
Mais se poser la question, dans l'absolu, pour rigoler, ça ne fait pas de mal… ni rigoler très longtemps. Moi j'aime bien rigoler. J'aime mes proches, mes moins proches et proches quand même. Je ne me vois pas garder ma porte fermer. j'aime ne pas me voir garder ma porte fermer. Mais je n'ai pas grande idée concrète de ce qu'est la vraie détresse.
Et comme dirait l'autre, c'est pas quand on se noie qu'il faut apprendre à nager.

Ca pose pas mal de questions sur les autres, sur soi, sur le rapport de soi aux autres.

Prévoir plus. Prévoir qu'on va donner. Parce que c'est humain. Parce qu'on ne laisse pas crever des personnes la bouche ouverte quand on peut les aider.

Question : quand on prévoit l'imprévisible (donc pour quelque chose d'infini), le concept de prévoir plus ne laisse-t-il pas songeur ?

Ca n'attend pas vraiment de réponse. Je crois que sur ce sujet, c'est un peu, chacun sa m*rde.
Je pose juste une question en me disant qu'il peut-être bon de réfléchir à ça aussi.

Bonne nuit !





Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

29 janvier 2010 à 02:21:51
Réponse #1

mav


La question peut même se poser au sens plus large:

Imaginons:
Situation à gros problème à deux ou plus, une des personnes pour une raison X ou Y ne peut plus bouger.
- On s'arrète tous ?
- On laisse une persone avec (mais faut être trois) quitte à potentiellement perdre deux personnes?
- On le laisse pour aller chercher de l'aide quitte à ce qu'il n'ait définitivement plus besoin au retour ?
- On le laisse définitivement parce qu'il n'y a de toute manière aucun secours assez rapide pour l'aider ?
- Et (hard du hard je sais) on le laisse en le dépouillant de tout ce qui nous ferait défaut ?

J'ai pas la réponse, je ne suis qu'un humain à ce titre capable du meilleur (j'espère) et du pire (je redoute).

Mav'
« Modifié: 29 janvier 2010 à 02:28:13 par mav »
Un clavier AZERTY en vaux deux.

29 janvier 2010 à 02:48:39
Réponse #2

Wapiti


Par essence, la nature et la quantité de nos réserves doivent rester confidentielles, voire secrètes si on est parano, pour ne pas susciter les convoitises. C'est dans les situations exceptionnelles qu'on découvre ses vrais amis. Ça permet de faire le tri. Ensuite on envisage l'attitude à adopter avec ceux qui restent.
Ce n'est ni du cynisme, ni de l'égoïsme, seulement du réalisme aussi cruel paraît-il.

Les tirelires à roulettes, les distributeurs sont attaquées parce qu'on sait qu'il y a de l'argent dedans.

En cas de pénurie, ce sont les supérettes, les supers et hypermarchés qui seront pillés et pas que par des malfaisants, l'occasion faisant le larron. Dévoiler ses réserves c'est mettre une enseigne lumineuse au-dessus de sa porte.

En faire profiter ses intimes, puis s'il y a du reliquat, on verra qui y aura droit.

Ça n'engage que moi.

À +
« Modifié: 29 janvier 2010 à 09:49:32 par Wapiti »

29 janvier 2010 à 03:58:11
Réponse #3

Bartlett


J'ai lu cet article recament :

http://www.nytimes.com/2010/01/20/books/20garner.html?scp=1&sq=Hiroshima&st=cse

Citer
.  But he certainly studies every kind of fallout and does not neglect the spiritual variety. He writes about one doctor who “recalled that those who survived the atomic bomb were, in general, the people who ignored others crying out in extremis or who stayed away from the flames, even when patients and colleagues shrieked from within them.”

This doctor confessed: “Those of us who stayed where we were, those of us who took refuge in the hills behind the hospital when the fires began to spread and close in, happened to escape alive. In short, those who survived the bomb were, if not merely lucky, in a greater or lesser degree selfish, self-centered — guided by instinct and not by civilization. And we know it, we who have survived
     

Quand c'est la grosse catastrophe, les états d'âmes et l'amitié t'en a rien a cirer, tu t'occupe de ta gueule et de ta famille.

C'est l'instinct qui prend le dessus, c'est normal il n'y a pas a se prendre la tête avec ça.

Mais d'un autre coté, on a beaucoup plus de chances de connaitre des situations de crises plutôt que des catastrophes majeurs a la Haïti.

La la solidarité prend son sens, et si on est bien pourvu, partager avec ceux moins bien loti n'est pas de la naïveté selon moi.

Ce qu'il faut , c'est toujours garder une réserve aussi dérisoire soit t'elle.



Hard habits are hard to kill. If you don't kill them, they kill you.

29 janvier 2010 à 07:28:03
Réponse #4

Gwangi


D'accord avec Wapiti sur la nécessité de taire au maximum l'existence de ses réserves. Mais d'accord aussi avec Lemuel sur l'impossibilité de les cacher à tous. A moins de vivre en ermite.

Tout est question, je pense, d'instinct de survie : jusqu'au ce dernier est-il prêt à nous amener ? A l'abandon de ses amis ? De sa famille ? Au pillage ? Au meurtre ? Et là, je suis bien convaincu qu'il n'y a pas de réponse meilleure qu'une autre. Chacun va formuler une réponse prédéterminée par son propre code moral, par le déterminisme plus ou moins ancré de son éducation et par sa crainte plus ou moins forte de la mort. Personnellement, je sais que je n'hésiterais pas un seul instant à voler de la bouffe en supermarché (je l'ai déjà fait, c'est donc un point acquis). Auprès d'un particulier, j'éviterais. Le meurtre pour la propriété de trois jours de bouffe en plus, je chercherais une autre solution. Manger des corps humains comme les accidentés des Andes ? A mon avis, dans une circonstance identique (pas de violence inter-humaine, inéluctabilité des décès dans le crash), je m'y ferais.

Laisser tomber mes proches (que ce soient des amis ou de la famille) ? Non. Pour une raison simple : j'aime la vie, mais pas suffisamment pour passer ce qui m'en reste avec des regrets et sans certaines personnes.

Mais comme tout le monde, ma réponse à cette question, en dehors d'un ou deux détails, n'est qu'une belle profession de foi. Bien sûr, ça nous renseigne déjà un peu sur nous-mêmes, sur notre humanité actuelle. Mais ça ne la met pas à l'épreuve. Si jamais la catastrophe arrive, combien d'entre nous seront-ils déçus par eux-mêmes ? Il faudra rouvrir ce fil et faire nos autocritiques...

29 janvier 2010 à 08:44:24
Réponse #5

DavidManise


Concrètement on est dans une double contrainte, même d'un point de vue purement égoïste : t'as le choix entre risquer ta survie perso et risquer ton statut social.  C'est le mammifère qui est en conflit avec le reptilien, pour caricaturer.

Mais concrètement on est câblés pour survivre personnellement avant tout.  C'est une réalité.  Dans les accidents de la route, les réflexes du conducteur font qu'il oriente toujours la voiture de manière à se préserver lui au maximum.  Sans réfléchir.  Dans la demi-seconde où il peut faire quelque chose, son corps et ses réflexes vont donner le dernier coup de volant, le dernier coup de frein de manière à positionner son corps à lui de manière favorable avant l'impact...  c'est un truc de dingue.  Tellement que ça se ressent fortement au niveau des stats.  La place du mort, c'est bien celle où la personne ne conduit pas.  Pourtant théoriquement y'a une colonne de direction bien craignos qui devrait faire plein de victimes en plus...  et elle en fait...  mais le conducteur survit quand-même plus souvent que le passager à sa droite, voire même que les occupants à l'arrière...  surtout maintenant avec les airbags et les normes de sécurité du côté des colonnes de direction, etc.

On parle de syndrôme du survivant où les gens culpabilisent...  ce que l'histoire ne dit pas c'est que parfois, voire souvent, ils ont des raisons objectives de s'en vouloir.  Ils n'en parlent pas souvent mais ça arrive régulièrement dans les situations qui puent qu'on laisse quelqu'un crever pour sauver sa propre vie.  Y'a de quoi culpabiliser SI ON N'Y EST PAS PREPARE.  Le truc c'est qu'on est pratiquement tous pareils, et que c'est pas du tout instinctif ni "naturel" pour un mammifère d'aller risquer sa peau pour autrui, a fortiori si c'est un inconnu.

Risque sa peau pour ses propres enfants a plus de sens.  On sauve son génôme...  et d'un point de vue évolutif ça se tient : les individus qui sauvent leurs rejetons voient leur descendance prolongée, donc c'est un trait qui perdure dans l'espèce.

Attention, je ne milite pas pour le "chacun sa m*rde", bien au contraire.  Mais ça reste une règle de base quand on est secouriste : on ne risque pas sa vie pour sauver autrui.  Sinon au lieu d'avoir une victime et un secouriste utile, on a deux victimes et plus de secouriste utile.

Bon.

De là on fait comment ?  

Ben on aide si on peut...  !

Moi j'ai plus de grosses réserves.  J'en ai eu des conséquentes pendant un temps, mais en fait ça me saoûlait de maintenir un stock important et de devoir gérer ça.  Le rapport utilité/effort était plutôt faible.  J'ai préféré investir mon temps et mon énergie sur des types de risques qui nous concernaient plus réalistement : sécurité incendie, chauffage alternatif, entretien des voitures, etc.

Ceci dit, concrètement, ici au village si jamais y'a une grosse m*rde, je sais déjà avec qui je vais coopérer, et qui je vais accueillir à coups de 12 dans la gueule.  C'est grosso merdo les mêmes avec qui je coopère dans la vie de tous les jours parce qu'ils sont dans une démarche non pas de parasitisme mais de coopération.  

C'est un peu la même démarche qu'avec les nouveaux sur le forum...  ceux qui viennent pour qu'on leur fournisse des infos prémâchées, qui semblent vouloir prendre et rien donner, ben en gros ils vont se faire enc**er par un troupeau de taureaux syphilitiques.  Et s'ils insistent ils ramassent.

La différence c'est quoi ?  Ben c'est assez simple : y'en a un qui bosse déjà dans son coin et qui pense lui aussi que deux qui bossent ensemble c'est plus fort que deux qui bossent isolément.  Pis y'a ceux qui ne veulent pas bosser et qui se démerdent plus ou moins sciemment pour qu'on bosse à leur place.   Ceux là, perso, et j'ai plein d'exemples en tête autour de moi, ben ils seront très, très, très mal accueillis chez moi en cas de crise.  D'ailleurs ils sont déjà très très mal accueillis chez moi en temps normal ;)

Ciao ;)

David
« Modifié: 29 janvier 2010 à 08:50:53 par DavidManise »
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

29 janvier 2010 à 08:51:31
Réponse #6

Eric Lem


Très bon sujet, Lemuel  :up:
Et on pourrait même pousser le questionnement plus loin... si au lieu d'être la gentille fourmi qui à fait son stock, je suis la cigale qui se retrouve à loilpé quand les emmerdes déboulent?

Que suis-je prêt à faire si ma survie en dépend réellement?
Concrètement dans mon quartier je sais à peu près qui possède des armes, qui possède un 4X4, qui est médecin (médoc, matos médical), etc...

Si c'est la grosse m*rde et que j'ai vraiment besoin d'une ressource dont je ne dispose pas, jusqu'ou suis-je prêt à aller pour survivre?
Peace,

Eric.
*********************************
"...everyone's got their path brother.... choose wisely." - R. Dimitri
"La "baffe de gitan" j'imagine la grosse baffe de cow boy : c'est un moyen de dialogue qui peut permettre la syntonisation." - Kilbith


http://www.acdsbelgium.org/

29 janvier 2010 à 09:20:28
Réponse #7

Leif


Citer
Concrètement dans mon quartier je sais à peu près qui possède des armes, qui possède un 4X4, qui est médecin (médoc, matos médical), etc...
:D

je vois que nous avons les mêmes préoccupations.

mais dans un sens je pense que si tu fais de bonnes choses t'arrivent, je le vois dans la vie de tout les jours.

si tu décides de vivre seul en laissant les autres a leurs places, ils te laisseront aussi seul.
tisser un vrai tissu social et sincère je crois que cela pourra grandement aider.

apres il faudra juste assumer ces actes.

etre bon socialement ou autre soi meme et l'accepter.

a+

29 janvier 2010 à 09:20:58
Réponse #8

vagabond


J'avais soulevé le problème dans l'utilité du BOB.

Primo, faut pas trop se faire d'illusion, en cas de problème et d'utilité du BOB et des réserves, toute discrétion est impossible et les indiscrets sont incroyablement bien informés.

Partager, je vois deux cas de figure possible.

D'abord, c'est le citoyen modèle qui veut juste profiter de mes ressources, deux réponses consécutives et très rapprochées : Casse toi et ensuite un coup de gourdin.

Ensuite, il y a le sieur qui peut m'apporter quelque chose, c'est ce que j'ai vécu en tant que SDF, eh bien lui, on va faire un échange, un troc et s'associés pour commencer à former une meute qui aura ses codes internes.

Quand à croire qu'il reste un morceau d'éducation et de bien séance quand notre carcasse est en jeu, ce n'est pas ce que j'ai vécu.

C'est l'instinct de survie qui prend les commandes, et, si la seule réponse à la faim est le meurtre, je suis persuadé qu'il y a un mort en sursis. Pas forcément prémédité mais ce sera l'acte de circonstance.

Il y a longtemps, j'ai vu deux groupes de clochards antagonistes s'associés pour un coup de force, les vigiles étaient trop fort pour un seul groupe à la fois, ils s'y étaient cassés les dents (au propre comme au figuré), et ils ont réussi à prendre de facto ce qu'ils étaient venus chercher.

Les vigiles ont eu la chance de s'en sortir entiers mais absolument pas indemnes, et la couardise développée par les SDF a été sans limite, mais efficace.

La solution, en cas de m*rde dans le ventilo, n'est pas forcément ou on pense la trouver et encore moins avec les personnes que nous pourrions penser fiables, en effet, un traine savate sais s'en sortir depuis longtemps et peu apporter un gros plus dans des situations à risque. Pour moi, c'est à gérer au coup par coup, à voir sur le tas.

Vagabond

29 janvier 2010 à 10:20:33
Réponse #9

Wapiti


C'est sûr que si on voit chez vous un sac de riz de 100 kg, vous aurez beau argumenter que c'est pour nourrir le coucou de la Forêt-Noire, alors que vous avez une pendule électrique, personne ne vous croira.

L'exemple de Lemuel avec l'eau, c'est pas pour changer celle du poisson rouge.

Quand je parle d'intimes, ça inclut épouse, enfants, mais pas forcément d'autres membres de la famille. La famille c'est comme les amis, il y a les bons et les mauvais, nous le savons tous. Sous prétexte de liens de parenté, il y en a que vous ne voyez qu'aux enterrements, qui brusquement se rappelleront à votre souvenir avec de grands sourires, ne soyons pas dupes c'est intéressé.

Comme je dis plus haut : s'il y a du reliquat, on verra qui y aura droit. C'est pour la gestion de cet excédent qu'il faut définir les priorités.

Comme dit Vagabond, l'aide vient souvent de qui on s'y attend le moins.

Même dans la vie de tout les jours se méfier des gens trop avenants, des sourires, des accolades, d'une jovialité excessifs, sa cache souvent une peau de banane.
« Modifié: 29 janvier 2010 à 11:18:34 par Wapiti »

29 janvier 2010 à 10:28:32
Réponse #10

DavidManise


Même dans la vie de tout les jours se méfier des gens trop avenants, des sourires, des accolades, d'une jovialité excessifs, sa cache toujours une peau de banane.

Toujours, peut-être pas...  des fois ça cache une timidité ou un malaise autre, ou parfois c'est juste un mec trop jovial parce que sinon il pleurerait... ;)

Ceci étant, les sourires les accolades et tout et tout sont des signes.  Moi je fonctionne aux indices... 

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

29 janvier 2010 à 10:47:32
Réponse #11

Chris-C


C'est l'histoire du naufrage, le bateau cool, tu es assis sur un cannot de sauvetage pour 10 personnes....
De partout des gens nagent pour se raccrocher à un truc qui flotte, combien de gens vas tu faire monter sur le bateau
avant de distribuer les coup de rames ou finir à l'eau toi aussi....
Comment tu vas faire une fois le bateau plein pour garder le contrôle de la situation et expliquer que la 11ème personne qui nage vers le bateau
c'est un proche à toi.... alors que tu viens de shooter la fille du mec à coté de toi et qu'il est pas content.....


Perso moi je suis trop curieux pour prendre la decision de ne pas vouloir voir demain........


Aprés pour ce qui est de l'humanité....ben y'a déjà une majorité qui laisse crevé de faim une minorité grandissante... donc
on a déjà fait notre choix non!!???



29 janvier 2010 à 10:57:42
Réponse #12

Wapiti


Oui, c'est vrai pas toujours, les timides sont en général plus exubérants que joviaux ou sont taciturnes.

Tous nous fonctionnons aux indices, c'est pourquoi nous portons notre masque social devant des inconnus.

Les bougons, les bourrus, les ours, les froids, à moins d'être vraiment crétins et asociaux, cachent souvent un cœur d'or, mais comme ils ont déjà donné et qu'ils se sont fait exploiter, ils montrent un aspect rugueux pendant une période d'observation plus ou moins longue.

Dans l'adversité les masques tombent mais pas tous.

Là nous sommes un peu HS, David.  ;)

29 janvier 2010 à 14:04:24
Réponse #13

Raiderscout


Bonjour

+1 avec Eric

Très bon sujet, Lemuel  :up:
Et on pourrait même pousser le questionnement plus loin... si au lieu d'être la gentille fourmi qui à fait son stock, je suis la cigale qui se retrouve à loilpé quand les emmerdes déboulent?

Que suis-je prêt à faire si ma survie en dépend réellement?
Concrètement dans mon quartier je sais à peu près qui possède des armes, qui possède un 4X4, qui est médecin (médoc, matos médical), etc...

Si c'est la grosse m*rde et que j'ai vraiment besoin d'une ressource dont je ne dispose pas, jusqu'ou suis-je prêt à aller pour survivre?


C'est à mon sens le fond du problème.

Christophe.
"Be Prepared !"

29 janvier 2010 à 14:14:33
Réponse #14

Gwangi


Citer
tisser un vrai tissu social et sincère je crois que cela pourra grandement aider.
Ça peut, mais ça peut aussi faire déchanter : en effet, l'aide peut venir de là où on ne l'attend pas, mais hélas a contrario, de là où l'on pensait pouvoir recevoir de l'aide, aucun signe ne nous parvient du jour au lendemain. On voit ça tous les jours. Et les alliances ponctuelles comme on peut en voir dans la rue, c'est loin d'être le plus fiable. Quand j'étais en squatt, je me méfiais même de mes "collocs". Et vice-versa. Là comme aujourd'hui, je ne suis sûr que de quelques rares personnes, amis et familles inclus.

Après, là où la question devient cornélienne, c'est quand on a fait le "tri" des gens que l'on connaît vraiment. Quand on aborde ceux qu'on ne connaît que peu, voire pas du tout. Par exemple, en cas de catastrophe, je fais quoi vis-à-vis de mes voisins, qui habitent le même bâtiment (je vis en ville) ? En dehors de polis "bonne journée", "bonjour" et "bonsoir", je ne sais même pas ce qu'ils font dans la vie, à part ceux d'un appart'. Je me barricade sans répondre aux demandes d'assistance éventuelles ? Je ne pense pas que ce soit une très bonne idée. Du coup je rejoins l'idée de nécessité de "tissu social". Si on veut de l'entraide, on ne doit pas en effet s'en couper. Par contre, je ne jurerai jamais de sa sincérité tant qu'il n'a pas été éprouvé...

29 janvier 2010 à 14:40:32
Réponse #15

vagabond



C'est à mon sens le fond du problème.

Christophe.

C'est pas plutôt : vivre ou mourir ?
Une fois qu'on a répondu à ça, le reste ne compte que pour part négligeable dans la réflexion et dans les prises de décision.

Du coup je rejoins l'idée de nécessité de "tissu social". Si on veut de l'entraide, on ne doit pas en effet s'en couper. Par contre, je ne jurerai jamais de sa sincérité tant qu'il n'a pas été éprouvé...
Croyez-vous vraiment qu'un tissus social (tissé avec les fils de la bienséance et du savoir vivre) tienne en cas de m*rde ?

Je vois plus la notion de partage comme un business, tu sais braconné et je sais faire la cuisine, faisons un bout de chemin ensemble. Je n'y vois aucune confiance parce que personne ne doit me faire confiance si ma vie est en jeu.

A mes yeux, c'est aussi simple que ça. Un flibustier sans vergogne car au bout du chemin, c'est à moi de décider si je veux vivre. Hors de question que je me demande si ce que je fais pour y arriver est à mettre dans les moralement correct.

Et ce que j'ai vu de l'être humain me laisse à penser que je ne suis pas le seul à réagir comme ça, pour ce qui est de le gérer après, beaucoup se sont regardé dans le miroir de la vérité et n'ont pas du tout aimé ce qu'ils y ont vu.

Ce que j'écris ici n'est valable qu'en cas de vraiment grosse catastrophe, pas d'un problème ponctuel que l'on sait gérable en quelques jours au plus.

Vagabond
« Modifié: 29 janvier 2010 à 14:48:42 par vagabond »

29 janvier 2010 à 15:59:35
Réponse #16

Raiderscout


Salut Vagabond  :)

AMHA Non : la question de vivre ou mourir ne se pose pas. Il s'agit de vivre.

Mais, ma famille hors de danger (et c'est face à cela que le reste est secondaire et dans les cas extrêmes négligeable ; c'est même le postulat de base de ma réflexion), je ne suis pas prêt à laisser crever mon prochain. Alors je m'organise et je prévois jusqu'à un certain point pour faire face aux cigalles. Le but étant ensuite de reconstruire, avec et autour du noyau familiale, et garantir la survie du groupe. Se sont entre autres choses les savoir-faire de chacun qui donneront de la force au groupe.

Sans être naïf sur la nature humaine, sur le côté vénal et égoïste ainsi que sur la tendance à se servir plutôt qu'à servir qu'à l'homme, je crois à l'esprit de groupe, et j'ai tendance à faire confiance de prime abord (j'accepte aussi le risque d'être déçu).
 
Je ne pense pas être prêt à vivre à tout prix parce que je ne suis pas prêt à TOUT sacrifier pour sauver ma peau.

Le back ground, la situation familiale, la capacité matériel, intelectuelle et la force morale conditionne beaucoup nos réflexions. Il faut y réfléchir et s'y préparer. Maintenant nous avons tous en nous une part animal qui risque de prendre le dessus à l'instant T. Une sorte de réflexe conditionné depuis la nuit des temps qui comme l'a dit David nous amènera à nous préserver dabord lors de l'impact.

Intéressant en tout cas  ;).

Christophe.


"Be Prepared !"

29 janvier 2010 à 20:23:31
Réponse #17

lepapat


Je suis dans le cas aussi  :-\

La grande blonde de l' ex Hebdo Bar sait que j' ais des réserves et du matos en cas de blême. Elle n' a pas us difficile à le comprendre, vus que s' est elle qui réceptionner mes achats sur le forum et certains courriers, dont les fascicules du gouv Suisse, sur les réserves de nourritures  :-[

Elle n' arrête pas de dire que si un  jour il y a une cata majeur, elle débarque chez moi  :-\. Comme je l' a connait, elle vas se ramenée avec " toute la smala de l' ex HEBDO BAR "  ::)

Alors j' ais commencer a réfléchir au sujet: Comment éviter cette situation ? ( J' ais même fait un cauchemars  ;D ). Un jour, j' ais us une idée, et si je lui montrer comment faire ?

Donc quand je me suis acheter le petit livre " Survivre en Ville... Quand tout s' arrête ", j' en ais pris un 2 èm pour elle, que je lui ais donner  :)

Maintenant, es qu' elle l' a lus ? ...  :-\    


Citer
Concrètement dans mon quartier je sais à peu près qui possède des armes, qui possède un 4X4, qui est médecin (médoc, matos médical), etc...

J' ais un peut prêt le " même mode de fonctionnement  "  :). Mais je suis plus " axé "sur les entreprises/ magasins de ma région.

Par le passé, j' était ouvriers intérimaires, surtout dans l' agro alimentaires. Ce là aide à savoir où se trouve les gros stocks de nourritures  :D

J' ais également remarquer que depuis que je lis le forum et certains sites, livres sur l' éco construction, " système D " ect, j' ais tendance a faire " attention ", repérée les usines de matériaux intéressants  :). Ceux qui on des groupes électrogènes, constructions de panneaux solaires, construction a partir de matériaux en bois, ect. Je me dit que ce là pourrait être intéressant, en cas de " problème prolonger "  :)

Un bête exemple, ce matin je suis partis avec mon collègue chercher " le vieux pépère " au garage DAF. Quand j' ais vus de vieux camions HS, je me suis posé la question de savoir si leur générateurs pourraient servir à la construction d' éoliennes ?   :). Bref, j' ais repéré une " source d' outillage "  

Tout un état d' esprit  :)
« Modifié: 29 janvier 2010 à 20:45:11 par lepapat »
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


29 janvier 2010 à 23:04:54
Réponse #18

vagabond


raiderscouts, je crois qu'il y a quelques années, j'aurais pu écrire le même post mais aujourd'hui, j'ai vu l'autre coté du miroir, là ou ceux qui y vivent sont hors de la société et n'existent plus pour personne.

De ce que j'ai pu en voir, nous pouvons toujours croire que nous sommes des êtres civilisés mais nous en sommes bien loin.

Maintenant nous avons tous en nous une part animal qui risque de prendre le dessus à l'instant T. Une sorte de réflexe conditionné depuis la nuit des temps qui comme l'a dit David nous amènera à nous préserver dabord lors de l'impact.
En gras, c'est le mot en trop à mes yeux, mais le reste est juste, en cas de problème, nous sommes des animaux à deux pattes capables de réfléchir nos coups tordus pour nous en sortir.

Vagabond


30 janvier 2010 à 00:00:57
Réponse #19

Raiderscout


DSL vagabond je choppe au passage ta réponse mais l'avion décolle dans qqs instant pour la Guyane  :love: au retour si t'es OK.

A+

Christophe
"Be Prepared !"

30 janvier 2010 à 11:11:10
Réponse #20

Jonathan


Intéressant Lemuel. Juste un retour d'expérience vécue.

Il y a quelques années dans le TGV Marseille Paris au mois d'aout rupture de caténaire dans la plaine de La Crau avec une chaleur extérieure que vous imaginez. C'était dimanche les secours on en a pas vu en dehors de l'équipe  technique de la SNCF. Et bien les voyageurs ont attaqués les stocks du bar forcés les serrures pour se servir en boisson.J'étais dans le wagon ou la caténaire avait pété les vitres qui ont quand mêmes résistés a l'intérieur. Et bien les voyageurs se sont transformés rapidement en "pillards" devant la nécessité de s'hydrater. Je précise que l'on avait eu l'autorisation de descendre sur les voies.
C'est un petit événement alors j'imagine dans d'autres situations...
Jonathan

30 janvier 2010 à 12:26:05
Réponse #21

Anke


" Wouais Titi, t'as pas une pince dans ton petit sac ? Ben oui, tiens.
T'aurais pas un bout de corde ? Ben oui, tiens.
T'aurais pas un pansement, un aspégic ? Ben oui, tiens.
T'aurais pas.... Attends, pourquoi t'as jamais rien ?
Parce que je sais que toi tu as !
Ah ouais ! Va te faire sodomiser chez les papous priapiques et démerde-toi pour une fois, j'ai plus rien pour ta gueule..."
Le partage, mes genoux ! Autant je suis sympa, qu'au bout d'un moment, ça va bien les conneries. Et puis que les pingouins se prennent un peu par la main pour gèrer leur propre m*rde, ça leur fait pas de mal et pis c'est éducatif, ça empêche pas d'être là en "veillant un peu au grain" pour pas que ça prenne pas des proportions dangereuses pour eux. Mais un coup de pied au cul de temps en temps...
Maintenant en situation pénible, mon principe sera basé sur l'échange. Le premier qui vient compter sur mon bon coeur ( mis à part un gosse que je prendrais à ma charge), ou sur ma faiblesse, il prend juste ma main dans la tronche. J'ai pas honte de le dire, ma gueule d'abord.
Mais bon, là je dis ça tranquillou derrière l'ordi, en situation va savoir....

31 janvier 2010 à 11:22:47
Réponse #22

vagabond


J'ai une petite expérience sans danger (ou presque) que vous pouvez réaliser quand vous voulez pour vous convaincre de l'esprit de partage de nos concitoyens.

Vous vous habillez avec de vieilles fringues bien usagées, vous remplissez un sac de voyage qui a été neuf dans une autre vie, vous complétez votre équipement par une paire de chaussure que vous auriez du jeter depuis longtemps.

Dans un lieu ou vous ne connaissez personne, vous marchez toute la journée et vous essayez de vous nourrir de ce qu'on va partager avec vous.

Avant de conclure votre journée et les réflexions qui vont avec, souvenez-vous

QU'AUCUNE CATASTROPHE NE NOUS EST TOMBÉE DESSUS .

Vagabond

31 janvier 2010 à 12:30:47
Réponse #23

Anke


C'est clair...
Cependant, le danger c'est de se "fermer le coeur" et, aveuglé par ses propres démons ou peurs, de laisser parler "la bête" qui sommeille en nous tous. Ce sont surement des situations très difficile à vivre, des décisions très difficiles à prendre. Je crois en tous cas qu'n situation extrème : choisir entre sa mort et la mort de l'autrre par ex ou sa survie ou la survie de l'autre c'est pareil hein...bref, jouer à être le bondieu, ça nécessite un prix à payer. J'ignore lequel et pendant combien de temps il faut le payer ( je n'ai jamais été cnfronté à ça directement), mais je sais qu'il faut " y passer", "l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn"....
En fait le vrai pb, pour moi, ce ne serait pas vraiment les autres, ça serait moi...

31 janvier 2010 à 19:22:03
Réponse #24

François


Il y a un élément qui est un peu trop absent de ce fil, je crois, c'est que l'homme est un animal social. Dans tous les groupes que j'ai vu vivre ou survivre dans des conditions difficiles à travers le monde, l'entraide était la règle. Pas parce que c'est moral, mais parce que c'est comme çà qu'on a les meilleures chances.
D'ailleurs, qui dit que ce n'est pas l'autre couillon du coin de la rue qui vous sortira de dessous les décombres de votre maison, ou que vous n'aurai pas besoin de lui pour en sortir votre gosse ?

Je crois que ce n'est pas idiot de prévoir son BOB, ou son catakit, ou ses réserves en tenant compte qu'on sera peut être beaucoup plus nombreux que prévu. En se concentrant éventuellement sur ce qui est vital. Abri, eau potable, premiers secours.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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