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Auteur Sujet: Les modèles mentaux  (Lu 37751 fois)

08 juillet 2014 à 19:30:57
Réponse #75

Djeep


Allumez le feu :-)
Donnez un titre honorifique à un clampin et il se sentira l'âme d'un petit chef !

08 juillet 2014 à 20:07:34
Réponse #76

Laadna


Je ne connaissais pas cette école, j'ai écris à partir de mes souvenirs du stage auquel j'ai assisté (et lecture en diagonale, sur des textes aussi peu mis en forme avec un grand écran c'est fatal). J'ai le souvenir que Uriage a été cité, mais je ne savais même pas comment l'écrire ni ce dont il s'agissait, et le formateur ne s'est pas étendu là-dessus.

Cependant l'entrainement mental ne reste qu'un outil, dénué d'idéologie en propre.

Enfin bref, c'est hors-sujet : j'ai réagi sur un propos qui m'a interpellé, ça m'a semblé plus judicieux que de simplement encourager (subtilement, ou pas) Karto à livrer une seconde version de son texte qui m'a beaucoup intéressé. :)

09 juillet 2014 à 09:45:43
Réponse #77

Kilbith


Si mes souvenirs sont bons, l'école d'Uriage n'était pas une école de la résistance mais plutôt d'en face ?

Il n'est pas possible de répondre à ta question par oui ou non, car la réalité était précisément complexe.

Il ne fallait donc pas voir de "malice" dans mon message. Je voulais juste illustrer la notion de complexité en pointant sur le contexte d'émergence de cette technique.

J'ajouterai que pour se forger une opinion, il serait bon de ne pas se contenter de la lecture d'une page Wiki rédigée par des anonymes 50 ans après : "Timeo hominem unius libri"

 ;)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

09 juillet 2014 à 10:17:52
Réponse #78

Djeep


BJR le lien que j'ai indiqué permet simplement de remettre la notion dans un contexte. Rien de plus !  ;) HN
Allumez le feu :-)
Donnez un titre honorifique à un clampin et il se sentira l'âme d'un petit chef !

11 juillet 2016 à 17:41:07
Réponse #79

Jco


  • Je poste ici un article (en anglais) qui recense de nombreux "modèles mentaux" (définition à sens large):
    https://medium.com/@yegg/mental-models-i-find-repeatedly-useful-936f1cc405d#.9wq4givcb

    On y retrouve quelques classiques, qui apparaisent parfois dans les discussions liées à la survie... du genre:
    • "Rasoir d'Occam" ("les hypothèses suffisantes les plus simples sont les plus vraisemblables"), que David met à l'honneur dans son post: "Le principe de sobriété".
    • La fameuse "loi" de Murphy, qui est plutôt un adage ("Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera nécessairement mal")
    • "Focus on High-leverage Activities", qui se rapproche de la "règle des trois" (se concentrer sur le plus important / ce qui va rapporter le plus en terme de survie)
    • "Rumsfeld’s Rule" : “You go to war with the Army you have. They’re not the Army you might want or wish to have at a later time.” qu'on pourrait appliquer au couteau dit "de survie" ("le meilleur couteau de survie c'est celui qu'on a sur soi")

    Bon evidemment y'en a beaucoup dans la liste, toutes pas forcément pertinentes.

    Je trouve intéressant d'identifier les modèles mentaux qu'on devrait "combattre" lors d'une situation de survie:
    • Les "coûts irrecupérables": "Pour un agent rationnel, ces coûts ne devraient pas peser dans la balance pour les choix qui sont réalisés après qu'ils ont été engagés. En pratique cependant, ils interviennent souvent dans le raisonnement, du fait de l'aversion à la perte." Ex: je vais pas faire demi-tour maintenant, je suis si près du but.
    • Le "biais de confirmation": Pour une personne "perdue" qui est "sûre" que la voiture est juste la, à 5 minutes
    • Le "Hail Mary Pass", qui consiste à faire une action et "prier la vierge" pour qu'elle réussisse, alors que les chances objectives de l'action sont quasi-nulles.

    Je note qu'il manque un adage très chers aux formateurs du CEETS: "Toujours tricher toujours gagner"

04 février 2018 à 04:42:18
Réponse #80

Jco


Je réponds à mon propre message avec une anecdote d'une situation ou j'ai été "victime" de modèles mentaux que je n'ai pas réussi à combattre.

Situation : première expérience de kayak de mer (à Abel Tasman, Nouvelle-Zélande). Ma copine et moi dans un kayak bi-place ponté (avec jupes, gouvernail, gilets et fusées). Départ le matin sous des conditions clémentes : pas de vent, pas de vagues, du soleil. Retour l'après-midi pour rendre le kayak, les conditions ont changé : du vent, des vagues, moins de soleil ;)

Au lieu d'aller directement au point de retour du kayak, on décide (sur mon initiative) d'aller voir un point d'intérêt (un rocher à la con, le "split apple rock") qui se situe un peu au delà du point de retour. Pour y aller, on fait un "tout droit" à travers une baie en forme de croissant (d'un bout à l'autre du croissant, le point de retour étant à l'intérieur du croissant). La côte est sur notre droite.

Le vent s'est levé et souffle vers la côte. On se prend des vagues en perpendiculaire, dont certaines viennent "submerger" le pont. Ma copine, qui est d'un naturel anxieux, ne le "sent pas". Moi, qui suit d'un naturel optimiste, pense qu'il n'y a pas de problème (premier problème de sur-estimation de nos capacités, c'est notre première expérience en kayak de mer)

A l'approche de la pointe avant le rocher (l'autre bout du "croissant"), je commence à douter. Je ne me sens pas encore en danger mais je sais, au fond de moi, qu'il serait "plus sage" de faire demi tour et rentrer.

C'est là que les schémas mentaux font leur office. "On est si proche du but" (sunk cost fallacy), et puis "y'a pas "tant" de vagues que cela" (refus d'accepter la réalité des conditions climatiques). "Au pire y'a de nombreux bateaux dans la zone, si il y'a un problème on n'est pas tous seuls", "Si ma copine n'arrive plus à ramer je pourrais assurer le retour"...

On est quand même allé jusqu'à ce put*** de rocher, on l'a vu puis on a fait demi-tour, et il ne s'est rien passé. On n'a rien gagné à voir ce rocher, mais j'en tire une belle leçon.

On n'était "pas encore" dans une situation de m*rde, mais la marge qui nous en séparait était (trop) fine : une vague plus grosse qu'une autre, le vent qui se lève, etc.

26 avril 2018 à 11:54:34
Réponse #81

Baptistator


Je me permet de déterrer ce post que je trouve super intéressant (bon pas tout lu non plus).

J'aime beaucoup la théorie des modèles mentaux qui est avancée par l'auteur, pour rajouter une contribution personnelle à cette théorie je pense que le propre de l'humain est de pouvoir partager ses modèles avec ses congénères.

Que ce soit au niveau des discutions ou RETEX : attention les randonneurs ont failli mourir d'hypothermie à cause de la grêle = si il grêle en montagne je me protège (alors que je l'aurais pas forcément fait sans avoir lu le message). Mais aussi au niveau des histoires populaires qui sont transmises de génération en génération qui nous donnent souvent des modèles erronés (petit chaperon rouge = loup méchant) mais parfois utiles (petit poucet = il faut prendre des reperes quand on va dans un endroit inconnu).

Tout ceci permet un avantage évolutif pour l'homme en lui permettant d'intégrer des modèles qui ne sont pas les siens pour survivre dans des situations auxquelles il n'a jamais été confronté.
La plupart des animaux apprennent par mimétisme ce qui explique qu'ils aient plus de mal à s'adapter à une situation inédite.

Par contre je me pose la question  de l'utilité des modèles imaginés, si par exemple on se pose la question de comment réagir à telle ou telle situation. Est ce que le fait d'avoir réfléchi auparavant à une problématique permet d'avoir les bons réflexes quand on s'y trouve confronté pour la première fois ?

26 avril 2018 à 13:02:04
Réponse #82

DavidManise


Salut :)

Merci pour ce déterrage de post : ça vaut bien le détour, et ce qui est rigolo c'est que c'est pile dans mes re-préoccupations du moment :)

Pour répondre à ta question : rien ne remplace réellement l'expérience, mais d'avoir réfléchi à une situation X ou Y permet parfois de survivre à sa prise d'expérience ;)

En clair, oui parfois ça aide, surtout si on réfléchit sur la base de retex bien faits.  Et aussi ça ne suffit pas. 

Tchuss ;)

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

26 avril 2018 à 13:47:56
Réponse #83

Baptistator


Merci pour ta réponse mon questionnement porte pas mal sur le côté inconscient, réflexe de la chose plutôt que sur le côté réfléchi en fait.

Si on prend un exemple improbable je "sais" comment réagir face à une invasion de zombie. J'ai lu des bouquins, vu des films, j'y ai réfléchi, je connais donc la réponse appropriée :
Fuir  (C'est un cas hypothétique).

Mais si je me trouve un jour confronté à une horde de mort vivants est ce que de savoir quoi faire me donnera le réflexe approprié, detaler comme un lapin ? Ou au contraire est ce que ma première action sera de vouloir prendre un selfie avec, avant que le mental se rende compte que C'est pas forcément une bonne idée.

C'est pas très cohérent dis comme ça, et plutôt philosophique mais je m'interroge beaucoup sur cette notion de réflexes.

Par exemple j'ai un embryon de formation de secourisme, je sais détecter les symptomes d'une crise cardiaque mais si j'en vois une dans la rue est ce que saurais l'identifier, est ce qie j'aurais les bon reflexes ?

Tu parle d'expérience mais dans un cas comme ça ou le drill est impossible (entre un mannequin et un mec l'affect dois pas être le même) qu'est ce qui va jouer ?

En gros comment se construit on son modèle mental ?

Voilà je suis bien d'accord que C'est plutôt subjectif et pas du tout fondamental. Mais je me questionne quand même

26 avril 2018 à 14:54:33
Réponse #84

Chill


Citation de: Baptistator
Merci pour ta réponse mon questionnement porte pas mal sur le côté inconscient, réflexe de la chose plutôt que sur le côté réfléchi en fait.

... J'ai lu des bouquins, vu des films, j'y ai réfléchi, je connais donc la réponse appropriée :

C'est pas très cohérent dis comme ça, et plutôt philosophique mais je m'interroge beaucoup sur cette notion de réflexes.

Par exemple j'ai un embryon de formation de secourisme, je sais détecter les symptômes d'une crise cardiaque mais si j'en vois une dans la rue est ce que saurais l'identifier, est ce que j'aurais les bon réflexes ?

Tu parle d'expérience mais dans un cas comme ça ou le drill est impossible (entre un mannequin et un mec l'affect dois pas être le même) qu'est ce qui va jouer ?

Je ne suis pas un spécialiste, ni un anthropologue. Mais j'ai pas mal travaillé MA réponse à l'imprévu pour le secours public, et on m'a demandé d'enseigner ce que je "savais" ...

Le Drill est possible.
La pratique de cas concrets réalistes et joués avec conviction est indubitablement un moyen de faire passer les "réflexes" du cerveau (je réfléchis à ce que je fais) aux tripes (j'agis).
La maîtrise des gestes élémentaires (raccorder un tuyau, barrer les énergies, basculer une tête en arrière avant d'apprécier la ventilation, appuyer avec la main sur la plaie qui saigne  ;)  etc.) dans tous les environnements imaginés par une équipe pédagogique "sadique" permet de ressortir des comportements acceptables en situation réelle, pour autant que le débriefing soit correctement conduit, et que le but de ces pédagogues soit de faire progresser l'élève et non de le casser.

Je conteste formellement le "entre un mannequin et un mec l'affect dois pas être le même". L'apprenant qui agit sur un mannequin EST DANS le cas concret, ou pas. Si il ne fait pas l'effort ...

J'ai personnellement beaucoup appris des manœuvres de la garde quotidienne et des réunions mensuelles de formation de mon comité. J'ai ensuite essayé de faire pratiquer les élèves. Ce n'est pas toujours facile, mais quand ils rentrent dans le jeux le résultat est souvent gratifiant.

Je n'ai rien inventé : BP a mis au point vers 1907 une méthode que j'ai subie de 7 à 18 ans basée sur ce principe du "jeux", de la responsabilité dans l'équipe de celui qui sait vis à vis de celui qui ne sait pas encore, et de l'implication personnelle positive.

Le parrainage, la formation "par l'exemple" fonctionne aussi. Il faut cependant que le sachant ne soit pas choisi au hasard. Cette méthode consomme plus de ressource à mes yeux. Elle fonctionne assez bien pour le perfectionnement des leaders. J'ai cru comprendre qu'elle est employée au CEETS pour former des moniteurs.

On a déjà débattu sur ce forum de la formation et de ce qui touche aux comportements et aux savoirs.
Voyons où ce topic nous mènera  :D

   Chill.

"Un sauveteur isolé est en mauvaise compagnie."

26 avril 2018 à 16:14:35
Réponse #85

Patoruzu


Mais aussi au niveau des histoires populaires qui sont transmises de génération en génération qui nous donnent souvent des modèles erronés (petit chaperon rouge = loup méchant) mais parfois utiles (petit poucet = il faut prendre des reperes quand on va dans un endroit inconnu).

Juste une brève remarque HS : Lesdites histoires populaires ont été très "adoucies" au 19ème et au 20ème siècle. Les loups, ogres ou sorcières qui mangent les enfants ne font que de la figuration pour des cas de cannibalisme (ou autre) remontant à l'époque gothique. il s'agissait donc d'avertir les enfants très tôt, de manière figurée, sur ce dont il pouvait être victime.
Exemple:
https://en.wikipedia.org/wiki/Pied_Piper_of_Hamelin#Historical_background
 
« Modifié: 26 avril 2018 à 18:32:50 par Patoruzu »
There's a whisper on the night-wind,
there's a star agleam to guide us,
And the Wild is calling, calling. . .
let us go.

26 avril 2018 à 18:48:15
Réponse #86

Boris


Bonjour a tous et toutes.
Ca en fait de la lecture!
Je (re)bondis sur la question de l entrainement mental parce que en soi, l histoire de la méthode est super intéressante.
L école d Uriage avait pour projet affiché par Vichy de former les cadres. Il en fut autrement et une partie des élèves et des formateurs de l.ecole ne purent se résigner a servir l état qui s engageait sur la voie de la collaboration. Il se retrouvèrent dans les maquis de la résistance et dans les équipes volantes qui allaient mettre en place des actions de formation.
Comme dit plus haut, Peuple et Culture le perpétua dans une démarche de proposer une formation intellectuelle aux travailleurs.
Actuellement la méthode a pour but de proposer des outils collectifs de résolution des problèmes. Je pense que dans une démarche dd travail d equipe cela peut avoir un grand intérêt. Elle vise a ne pas s arrêter a un seul point de vue mais a prendre soin de décortiquer le problème sous tous les angles avant que d envisager une action. Cela passe par plusieurs phases de réflexions qui peuvent être illustrées chacune par des outils qui permettent de bien faire le tri.
Le seul problème de cette méthode a mon sens c est la nécessité de  la mettre en pratique régulièrement pour que cela devienne une mécanique bien huilée.
Ce que je trouve intéressant moi qui suis travailleur social dans un secteur et une région ou les Lacaniens font la loi...🙌  c est l idée de ne pas s.arreter.a un modèle de pensée. Mais de justement proposer les différents modèles possibles.


 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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