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Auteur Sujet: Défense contre couteau  (Lu 46152 fois)

02 mars 2007 à 01:32:33
Réponse #25

Eric Lem



Maintenant, en mettant de côté l'aspect CFC et armes improvisées ou non, j'aimerais savoir si les pratiquants ici présents s'entrainent à ne travailler que les techniques les plus soft et les moins léthales possible, ou si vous étudiez et entrainez également le fait de mettre un adversaire réellement HS.

L'idée est toujours d'infliger le moins de dégat possible...
Premièrement parce que, même si le droit à la légitime défense est reconnu, c'est une notion très volatile qui ne donne certainement pas le droit à une interprétation trop zélée.
Deuxièmement parce que personne ne sort grandit d'un acte de violence, qu'il soit ou non justifié.
Blesser ou tuer un autre être humain, même dans un situation extrême de défense, est une expérience que je ne souhaiterais certainement à personne... en d'autre termes il faut pouvoir vivre avec les actes que l'on aura posé.

Donc, en ce qui nous concerne on instruit et on "drille" des enchainements plutot "soft" (tout est relatif ;D ), surtout par rapport aux multi-égorgements dignes du meilleur slasher-movie qui semblent devenir la norme actuelle...
On reproduit généralement ce que l'on à entraîné et quand on s'entraine de façon irréfléchie à débiter un type en tranche, on finit devant un jury pour homicide

Même si on dit souvent "qui peut le plus peut le moins", dès qu'on parle de combat, particulièrement de combat armé, j'aurais plutot tendance à dire "qui fait le moins en fait déjà beaucoup"... un stylo appliqué vigoureusement sur une nuque et un raclage généreux du tibia font déjà tout leur effet...
Et si ça ne suffit pas... c'est que tu avais besoin d'autre chose que d'une lame...


En clair, est-ce que vous le coupez qu'une fois légèrement, puis clé ou coups, ou au contraire utilisez-vous votre couteau en zones léthales.

J'éviterais déjà au maximum d'avoir à me servir d'une arme et surtout d'une lame... c'est con mais on gagne souvent à démarrer son raisonnement par la base...  ;)

Pour répondre à ta question, dans 99,999999.... % des cas je privilégie la première option (avec ce que ça implique d'aléatoire).
Je suis un civil lambda, pas un merc... je n'ai aucun droit d'appliquer une force léthale, couteau ou autre, si il existe ne serait-ce qu'un seul moyen de l'éviter.
C'est la loi mais c'est aussi la base de la vie en société
Et, très honnêtement la probabilité d'être un jour contraint à faire usage d'une arme de façon volontairement léthale, est quand même vachement faible dans nos sociétés.

Maintenant, si je vivais dans un coin ou ça craint vraiment, et il y en a un paquet sur la planète en ce moment, je ne tiendrais surement pas exactement le même discours...
Peace,

Eric.
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"...everyone's got their path brother.... choose wisely." - R. Dimitri
"La "baffe de gitan" j'imagine la grosse baffe de cow boy : c'est un moyen de dialogue qui peut permettre la syntonisation." - Kilbith


http://www.acdsbelgium.org/

02 mars 2007 à 05:05:12
Réponse #26

Rouri


Questions pour les PRO:

1. Lors d'une agression au couteau, adoptez-vous une position de garde?

2. Si oui, laquelle?

3. Si non, pourquoi?

02 mars 2007 à 08:01:38
Réponse #27

Patrick


Questions pour les PRO:

1. Lors d'une agression au couteau, adoptez-vous une position de garde?

2. Si oui, laquelle?

3. Si non, pourquoi?
Si le BG veut me staber (poinçonner) avec son couteau il sera généralement caché jusqu'au dernier moment (voir une des scènes majeures du "petit lieutenant"). Donc quid de la garde.

S'il me menace pour que je recule ou que je lui file mon blé je me mets en passive stance et j'obtempère.

Les cas ou il va se mettre à dancer en essayant de m'atteindre sont extrèmement rare et là oui j'adopterai une garde. Je privilégierai alors main forte devant en protection de la zone moyenne et la main faible à hauteur de la  gorge avant bras croisé en travers de la poitrine.

Comme sur la couverture du bouquin de Fred mais sans armes (si ce jour là je n'ai ni mon spray ni même une flashlight ou un stylo, je mérite de mourir).

02 mars 2007 à 09:29:41
Réponse #28

vince


Salut  :)
J'avais vu une vidéo pédagogique sur Youtube ou l'instructeur, face à une attaque, ne procédait qu'a une coupure sur la cuisse et s'en allait  :D Je pense que si les quadriceps d'une seule cuisse sont sectionnés, la mobilité est mécaniquement réduite quel que soit l'état neuropsychique de l'attaquant. (c'est pour ça que je crois pas à l'arrachage d'oreille de martial vout, qui compte trop sur la douleur - hypothétique si le BG est bien shooté ; je m'interroge pareillement sur l'effet d'impacts aux testicules sur un individu drogué). J'aime bien cette technique car elle donne au BG une chance de survie physique car le devant/extérieur des cuisses ne contient pas d'artère, et une chance de survie juridique au défenseur.
Bon vous me direz que c'est bien théorique, mais j'en suis là !  :)
à pluche
vince
« Modifié: 02 mars 2007 à 09:35:44 par vince »

02 mars 2007 à 10:48:47
Réponse #29

Kilbith


Salut,

L'être humain est un bipède donc ce n'est pas axactement le même cas que ce que je vais décrire :

J'affirme qu'un animal sur trois pattes court aussi vite que sur 4. De nombreuses personnes vous le confirmeront. Une atteinte cardiaque n'est pas toujours immédiatement mortelle. On peut même parfois survivre à une destruction importante d'une partie du cerveau. Les animaux (donc nous) sont anatomiquement incroyablement résistants, à court terme, à des dégats effroyables.
Une large entaille sur le quadriceps est certainement incapacitante pour le sprint mais permet encore de se déplacer sur quelques mètres, par saut par exemple..... Ce n'est pas le cas si les ligaments sont atteints (quoique rien n'empêche de sautiller ou de s'aggripper...).
Il n'existe pas d'animal sauvage de 70 kg avec un organe préhensile de 1m, musclé et flexible, finissant par une griffe dure comme l'acier, d'une longueur de 10cm et, réellement, affutée comme un rasoir. Un MG à, en plus, un deuxième bras, deux jambes, une tête, un cerveau Xfois supérieur à un animal sauvage...et l'avantage du lieu, du moment et du tempo de l'agression. Demandez à ceux qui se sont frottés, ne serait-ce qu'à à un sanglier de 70kg épuisé, blessé, couvert par des chiens....c'est pas gagné !  :'(

Le problème du cerveau humain c'est qu'il est simultanèment un handicap et un avantage. Je veux dire par là que si un MG ( ;D) me coupe la peau sur le membre inférieur...il est possible (très probable en ce qui me concerne) que la vue du sang me fasse tomber dans les pommes. Ce ne sera certainement pas le cas d'un sanglier...ou d'un homme décidé

Quels sont vos avis sur ces questions ? (dans l'hypothèse où CFC n'est pas possible...)
« Modifié: 02 mars 2007 à 17:50:11 par Kilbith »

02 mars 2007 à 11:48:54
Réponse #30

Niebelungen



A l'inverse le sanglier cherchera à fuir s'il est blessé gravement et que c'est possible. La notion de "vengeance" ou "d'attaque suicide" c'est un truc de notre neo cortex. Dans certains cas un être humain peut être bien plus vindicatif qu'un animal blessé....disons que c'est aléatoire. Nénamoins, AMHA c'est une tactique hasardeuse  de compter sur les faiblesses éventuelles du MG pour espérer survivre....

Si tu recules tu meurs, si tu avances tu meurs...alors pourquoi reculer ?

Quels sont vos avis sur ces questions ?

(dans l'hypothèse où CFC n'est pas possible...)
Ce que tu dis là est parfaitement clair, tout est aléatoire, mais si CFC est impossible et que quoique tu fasses tu es sûr d'y rester, je pense que le mieux est de se battre quitte à emmener l'autre avec soi.
 En pareille situation je ne sais pas comment je réagirai, je pense que je serai effrayé, aussi j'espère que cela ne m'arrivera jamais sinon j'espère avoir la force de pouvoir tenter quelquechose pour ne pas succomber bêtement. Mais je pense que je ferai tout et absolument tout pour éviter l'affrontement...
 Comme on le dit souvent si ça sent la me*de c'est que tu es tout à côté, ce genre de situation est je pense rarissime, mais tu as raison de l'exposer, car il peut arriver que CFC n'est parfois pas possible.
 Dans la région où j'habite, les couteaux laissent la place aux armes à feu, mais dans certains villages de montagnes le couteau tient encore une belle place, il y a de cela quelques années (je sais que cela semble incroyable, mais j'ai entendu cette histoire à mon arrivée), deux personnes se sont battues en duel au couteau dans dans la montagne, suite à une grosse querelle, aucun d'eux n'est revenu vivant...
 Je ne sais pas lequel des deux à touché l'autre en premier, ce que je sais en revanche, c'est que chacun à porté à l'autre un coup mortel.
Nous ne sommes peut être pas des sangliers, mais il doit arriver parfois que même touché gravement on puisse encore trouver l'énergie suffisante pour tenter de faire quelquechose quand tout espoir de fuite est inutile...enfin j'espère...
 Cette histoire remonte à quatre ans environ...

02 mars 2007 à 12:47:39
Réponse #31

Waylander II


la notion de vengeance je ne pense pas qu'elle ne soit qu'humaine. si je me trompe les chasseurs me corrigeront mais il me semble qu'un sanglier blessé aura plus tendance à charger qu'un qui ne l'est pas.

je me rappelle qu'une fois dans une émission sur les ours polaires il y avait un tout petit ilot avec des morses allongés tranquillement quand soudain de l'eau glaciale surgit une ourse polaire. tous les morses ont fuient l'ilot sauf un bébé. et là, pendant que l'ourse infligait des coups de pattes au petit , la supposée mère de celui ci est REssortit de l'eau pour le défendre. instinct? vengeance? l'instinct à ce stade là j'y crois plus trop.

autre exemple : un léopard enfermé en cage à l'arrière d'une jeep. c'était une mission visant à repeupler un site de cet animal qui y était devenur trop rare. une fois la cage ouverte par deux gardes, le léopard est sortit en trombe et au lieu de s'enfuir il est revenu vers le conducteur qui avait la vitre ouverte de la voiture et s'est fait charcuté son crane par les griffes du léopard.... étrange comportement pour un animal qui n'agit soi disant que par instinct.

je me demande  ::)
« Modifié: 02 mars 2007 à 16:47:31 par Waylander II »

02 mars 2007 à 13:59:50
Réponse #32

Rouri


1- Je désire recentrer le débat sur le couteau et non sur la vengeance :fouet:.

2- Je remercie tous ceux qui ont fait d'excellents commentaires. :doubleup:

3- Selon Rex Applegate, on peut classer les combattants au couteau en 3 catégories:
  • The trained fighter
  • The unskilled fighter
  • The slasher

Etes-vous d'accord avec ce classement, si oui en quoi cela change-t-il ou non, votre style de défense?

02 mars 2007 à 16:41:27
Réponse #33

dents-de-sabre


3- Selon Rex Applegate, on peut classer les combattants au couteau en 3 catégories:
  • The trained fighter
  • The unskilled fighter
  • The slasher

Etes-vous d'accord avec ce classement, si oui en quoi cela change-t-il ou non, votre style de défense?


C'est pas seulement selon Applegate mais cela découle du bon sens ..

je pense que les 3 sont dangereux..mais ca dépend si psychotropes il y a, l'action-réaction peut en être fortement influencée chez l'attaquant et le défenseur..

Je pense que le jour ou tu ne vois rien venir et que tu es déja en train de te vider avant d'avoir compris quelque chose même en étant attentif, c'est que tu es tombé sur un slasher experimenté.. ;D

tandis que le unskilled de base va te sortir le coutal pour te le faire tourner sous le nez en espérant te faire fuir comme à l'accoutumée avec ces gens-la, et la y'a possibilité de CFC/ ou CDARA ( Cogne d'abord et réfléchis après)   ;)

Mais pour te dire que je juge qu'en dehors du côté académique il est inutile d'essayer d'adapter son style de défense..
Car qu'il soit experimenté ou pas, l'adversaire en face est armé, et dangereux pour toi, et s'il fait une erreur et que par chance ou maladresse il te loupe, toi tu feras en sorte de pas le louper ! Car y'a un moment ou tu fais fi des lois etc et tu sauve ta peau.

mes 2 balles.

Cordialement.

02 mars 2007 à 17:47:08
Réponse #34

Kilbith


Salut Rouri, ;)

Mon propos n'était pas de parler de la vengeance, mais bien de combat au couteau, plutôt de défense contre un couteau. Les sangliers n'étaient là qu'en illustration. La question fondamentale était : peut-on vraiment se contenter d'une riposte unique ou modérée alors que l'adversaire possède une arme et qu'il est avéré qu'un organisme peut se montrer très résistant dans certains cas ? Sans compter, comme le faisait remarquer Patrick : si je peux doser/maîtriser c'est que c'est cool, pas un combat pour la vie...

Conséquence 1 :
Selon mes observations sur les animaux blessés et les constatations sur les polytraumatisés : même blessé gravement, un MG est en mesure de porter un coup fatal dans les secondes qui suivent sa blessure....Cela conditionne donc techniquement la riposte qui doit s'accompagner d'une mise en sécurité immédiate (rompre la distance en escrime). D'ailleurs en escrime la notion de "coup fourré" est importante...

Conséquence 2 :
L'homme est capable de plus de raisonnement qu'un animal. Sans vouloir rentrer ici dans une discussion sur l'instinct, l'intelligence...
AMHA, lorsque dans l'introduction de son chapitre 4 (p.67, Kill or Get Killed, ed. 1976, Paladin Press) Applegate distingue les trois types de combattants (trained knife fighter, unskilled knife fighter, the slasher) il s'agit juste d'une introduction dans un but pédagogique il me semble.
D'une part, il dit lui-même dans son ouvrage que les méthodes de combat sont fortement conditionnées par des aspects culturels. Certaines ethnies pratiquent la prise en "reverse grip" et ce n'est pas obligatoirement l'indication d'un débutant dans ce cadre culturel.
D'autre part, il faut tenir compte des capacités humaines. Un combattant vraiment habile saura se faire passer pour un débutant....La boxe de l'homme ivre (zui chuan kuo shu) est une méthode allant au bout de ce raisonnement :'(

Mes deux balles,

did, ;)
« Modifié: 02 mars 2007 à 23:15:56 par Kilbith »

02 mars 2007 à 18:11:52
Réponse #35

Rouri


Cher Kilbith,

J'apprécie ton commentaire. :up:

1- Mon objectif, n'était nullement de te critiquer. Je voulais seulement prévenir que le sujet traité, ne dérape vers autre chose... comme cela arrive parfois. Merci de ta compréhension. :)

2- Je comprends ta mise en garde, judicieuse, contre la croyance au «one shot, one kill». qui est souvent l'apanage des maîtres prétentieux aux techniques  obscure! :D

---

3- Cher forumeurs, que pensez-vous de cette techniques de notre maître à tous...Master Emerson ;):

http://www.emersonknives.com/2812.mov

J''attends vos excellents commentaires avec impatience... :doubleup:

RK



02 mars 2007 à 18:54:11
Réponse #36

Niebelungen


Pour avoir participé à un stage de sayoc kali, on m'a proposé une solution en cas d'agression avec plusieurs individus, dans ce lien l'école n'est pas la même mais le principe est similaire à ce que j'ai appris, bon je sais qu'au niveau Légitime Défense ça va pas le faire: il a plusieurs vidéos mais j'aurais aimé avoir votre avis sur celle nommée " Atienza Kali Mass Attack", on y montre comment cela dégénère quand +ieurs gremlins veulent en découdre et la solution que le Kali apporte.
 En attendant vos excellents commentaires, voici le site en question:
 http://www.atienzakali.com/pages/videogallery2.html


02 mars 2007 à 19:14:45
Réponse #37

Kilbith



02 mars 2007 à 19:19:56
Réponse #38

Artic Killer


Merci à tous pour vos explications, j'apprends (et corrige) plein de trucs!

Il me semble que le terme militaire que j'ai appris de "réduction de la menace" s'applique très bien dans un combat contre ou avec couteau. Ce qui veut dire que du point de vue de la légitime défence, on est en droit d'attaquerla vie de l'agresseur si la sienne est visée. Patrick l'a parfaitement décrit.

Pour ce faire, il me semble que la réponse réellement la plus securisée est l'arme à feu (ou taser), qu'en pensez-vous?
Parce que le spray est très souvent inefficace imédiatement, le bâton ne pardonnera pas d'erreur et qu'un couteau rétablit à peine l'équilibre des forces. Toutes les autres armes improvisées représentent à mon avis des moyens de fortune, utiles si rien n'a été prévu.

Voyez-vous d'autres armes (ou equipement) qui pourraient être utile dans une telle situation?

Parce qu'il me semble voir que d'après les connaissances et les dires des connaisseurs ici présent, c'est un combat perdu d'avance...
"Et du chaos une voix vint à me dire: souris, sois heureux, ça pourrait être pire.
Alors j'ai souris, je fus heureux, et ce fut pire."

02 mars 2007 à 19:26:16
Réponse #39

Patrick


Parce qu'il me semble voir que d'après les connaissances et les dires des connaisseurs ici présent, c'est un combat perdu d'avance...
Il n'y a jamais de combat gagné ou perdu d'avance et au pire j'aime à croire que je préférerai partir en combattant qu'en couinant comme un animal qu'on amène à l'abattoir.


02 mars 2007 à 19:57:12
Réponse #40

Artic Killer


Il n'y a jamais de combat gagné ou perdu d'avance et au pire j'aime à croire que je préférerai partir en combattant qu'en couinant comme un animal qu'on amène à l'abattoir.



Moi aussi, c'est clair!

Maintenant, en ce qui concerne les armes, je parle bien sûr de l'arme en elle-même, pas de la question de la légalité.

Je demande ça parce que dans mon travail, j'ai de bonnes chances de me retrouver face à un couteau, et je me rends compte que je ne suis surement pas assez préparé du tout, sauf peut-être mentalement (c'est peut-être bien le plus gros du travail, me direz-vous, mais ça ne fait pas tout).

Je me suis retrouvé une fois l'année dernière face à une serringue, ce qui est à la fois plus et moins dangereuse qu'un couteau. En effet, si cette dernière n'a pas les capacités de coupe, elle peut facilement être porteuse de joyeusetés telles que HIV, Hépatites, etc.

Des enseignements que je retire de cette confrontations sont:

- L'effet tunnel: c'est la première fois que je l'ai ressenti aussi violement, en focalisant sur l'arme et en faisant totalement abstraction de ce qui se passe et se trouve autour. Le fait de connaître ce phénomène par les centaines d'interventions physiques que j'ai eu dans mon passé professionnel l'ont quelque peu atténué, mais ce fut ma première rencontre avec une arme en face de moi...

- Le bâton tactique: l'ayant sorti préventivement lors de cette situation, il m'a avant tout semblé d'un grand réconfort psychologique. Ca fait toujours plaisir d'avoir un copain dans la main dans ces moments de grande solitude, où tout semble se passer au ralenti et comme dans un rêve...
Mais j'ai également pris conscience qu'il ne constituait absolument pas l'arme absolue, et je ne suis absolument pas sûr que je me serais sorti indemne si j'avais dû l'utiliser.

- Le fait qu'il ne me soit absolument pas venu à l'idée de partir en courant, étant responsable de la sécurité de plusieurs personnes. Je ne suis pas sur que ce soit un grand exploit bien réfléchi non plus...

Pour la petite histoire, la situation s'était bien terminée, la négociation verbale avait pu raisonner la personne, qui a pû être maîtrisée par un groupe d'intervention de la police, appelé par mes collègues.

Si d'aventure une telle situation devait m'arriver encore une fois, j'espère y être encore plus préparé, et vos réfléxions m'y aident! :)
"Et du chaos une voix vint à me dire: souris, sois heureux, ça pourrait être pire.
Alors j'ai souris, je fus heureux, et ce fut pire."

02 mars 2007 à 20:12:25
Réponse #41

garfield


salut à tous,

Pour revenir sur l'état d'un type qui a été slashé ou piqué et sur la gravité des blessures.

En une semaine j'ai du aller (suite à mon boulot de flic) sur deux situations impliquant une lame.

1) une baguarre classique où la victime n'a mm pas réalisé qu'elle avait été piquée. Je l'ai fait assoir et c'est en voyant une tâche de sang que je me suis dit , houla pas bon. J'ai vu la blessure du au coup en pique et j'ai appliqué ce que j'avais vu au stage de Fred (merci le portugais!!!). Le pire est que la victime avait une deuxième blessure plus haut et c'est l'infirmier qui l'a vu!!! (pas fièr le garfield mais bon...c'est pas mon boulot en principe)

2) différend familial où le père bourré comme un coing voulait bastonner son fils. Résulat le fils de 10 ans l'a piqué au sternum pour se défendre.
Petite blessure qui a fait mal mais n'était pas grave et cela a suffit pour calmer le père.

Tout cela pour dire que sous adrenaline et sous le coup de l'évènement, on ne sent parfois rien.
Donc mm en se défendant correctement il va falloir donner sans compter contre son ennemi  pour avoir une petite chance.  >:D

MAIS c'est vrai que c'est variable d'une personne à l'autre (personne entrainée ou non, civil ou militaire en situation de combat, infirmier habitué au sang ou autre....)

mes deux balles  ;D

raaaouw
Je suis pour la paix des ménages mais...si on pisse sur ma jambe en me disant qui pleut, je deviens très méchant !!!!

02 mars 2007 à 22:20:26
Réponse #42

Eric Lem


Pour revenir juste sur deux points intéressants:

1) L'efficacité d'une riposte au couteau et l'efficacité du couteau en général.

Le couteau est un arme très paradoxale...
Très efficace quand il s'agit de tuer ou de provoquer d'abominables blessures, mais très peu efficace quand il s'agit de stopper net un agresseur... deux bonnes raisons pour le considérer comme la plus mauvaise solution dans un cadre de self-défense civile.

Le couteau est une arme dangereuse, probablement LA plus dangereuse dans une distance de 1 à 5 m et pourtant elle arrête rarement net un agresseur déterminé.
Pourquoi?
Parce que c'est, dans l'immense majorité des cas, un saignement massif qui provoque la perte de conscience et la mort, rarement un impact lourd capable d'arreter net une autre force venant en sens opposé.
Et se vider de son sang, même après le perçage de voies d'évacutations non-prévues à l'origine, ça prend min. quelques secondes.
Et quelques secondes dans un combat ça peut suffire à faire de gros dégats avec l'énergie du désespoir, en ça je trouvais le parallèle avec le sanglier très bien vu.

Dans les faits, ça veut dire que dans la très improbable mais si fantasmatique hypothèse du duel au couteau (hypothèse qui est encore la plus légalement "séduisante"... au moins la proportionnalité des moyens est respectée...  ;) ), tous les tests que nous avons pu mener entre nous donnent la même conclusion: sans intervention médicale quasi-immédiate, les deux adversaires sont raides après max 1 min.
Evidemment, le premier qui touche aurait probablement la satisfaction de voir l'autre "mourrir" le premier... ça lui ferait un beau souvenir à raconter à St-Pierre...


2) La classification des "combattants au couteau".

Malgré tout le respect que j'ai pour le colonnel, je pense que les choses sont encore plus "simple" que ça...

Il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas.

Ceux qui ne savent pas attaquent de manière franche et brutale, il vont "for the kill" au premier coup, ce qui laisse une (demi) chance à celui en face.
Ceux qui savent, eux, jouent au chat et à a la souris, controlent la distance, punissent sévèrement tout ce qui rentre à leur portée, provoquent de nombreux saignements et, là seulement, une fois qu'ils ont suffisemment diminué l'adversaire, rentrent au contact.
Ce qui laisse autant de chance au type en face, qu'au Standard de Liège de gagner la coupe d'Europe cette année...  ;D
Un prédateur reste un prédateur, quel que soit le contexte ou l'arme envisagée.

Peace,

Eric.
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"...everyone's got their path brother.... choose wisely." - R. Dimitri
"La "baffe de gitan" j'imagine la grosse baffe de cow boy : c'est un moyen de dialogue qui peut permettre la syntonisation." - Kilbith


http://www.acdsbelgium.org/

03 mars 2007 à 09:03:51
Réponse #43

garfield


salut Rico,  :D
 
-tafdak avec toi pour les catégories et le reste aussi d'ailleurs.

-pour Kilbith, c'est commes les gens qui se promènent en ville en tongs (tu parlais des hauts talons), pour moi c'est dangereux à mort et pas seulemnt ds un contexte self defense. Si tu en perds une (par ex.) et que tu n'as pas les pieds du Manitou, aie aie aie.

a+
raaaaouw
Je suis pour la paix des ménages mais...si on pisse sur ma jambe en me disant qui pleut, je deviens très méchant !!!!

03 mars 2007 à 12:11:23
Réponse #44

Niebelungen


 Il est vrai que le duel au couteau reste une hypothèse improbable, mais ici en corse les usages ne sont pas les mêmes que ceux du continent, et l'omerta aidant, la Police arrive rarement à temps pour empêcher le pire...
 L'histoire que j'ai raconté à ce sujet m'a été rapportée de source sûre, et comme le dit ERIC LEM dans ce genre de situation, aucun n'en ressort indemne, dans le cas de cette histoire ils sont morts tous les deux...

05 mars 2007 à 11:32:15
Réponse #45

garfield


bonjour,  :D

Je reviens sur une toute petite chose que j'ai pu tester en vrai , c'est le le coup aux parties génitales.

En frappe de désorientaion, pour pouvoir passr une clè ou autre cela marche. (faut quand mm aller vite pour suivre  ^-^)
Par contre on se rend compte que ce n'est pas décisif à moins d'y aller vraiment fort (et c'est pas garanti quand mm). Inconvénient : l'ennemi peut voir venir le coup!!!

Donc à employer mais, en connaissant les limites de la technique (comme toutes les autres techniques quoi!!!!)

bien à vous  ;D
raaaouw
Je suis pour la paix des ménages mais...si on pisse sur ma jambe en me disant qui pleut, je deviens très méchant !!!!

05 mars 2007 à 13:14:58
Réponse #46

Rouri


Afin de compléter ce qui a été écrit ci-dessus, par mes collègues forumeurs, je désire citer un extrait de Knife self-defense for combat du regretté Michael Echenis:

«4 basic Rules in Unarmed Self-Defense against a Weapons Attack

These movements and actions must be executed in the exact chronoplogical order:

1- Clear your body of the weapon's line of fire and angle of attack.

2- Stabilize and control the weapon, beaking the base of the enemy's balance, utilizing low kick and sweeping, joint locking and breaking, spinning and jerking the enemy off-balance.

3-  Disarm the weapon. Utilizing joint breaking, throwing and tearing, the unarmed soldier focuses his counterattack and mental concentration upon the weapon, never losing control or «feel» for the weapon, his primary concern being this one factor, giving lethality to his assaillant's attack.

4- Neutralize the enemy. Once the assaillant has been disarmed, the enemy must be neutralized and physical control must be maintained.

No matter how proficient the unarmed expert becomes at disarming an armed aissaillant, he will remain vulnerable to even the smallest weapons expert.»

Il faut se rappeler que les enseignements de M. Echanis s'adressaient aux membres des forces spéciales américaines.

Rouri


05 mars 2007 à 17:11:37
Réponse #47

Eric Lem


Zut... brulé par Sergio... ;D

Le texte présenté par Rouri illustre encore une fois toute la différence entre des la "self" professionnelle (police, armée) et la self civile.

En effet, la stabilisation du bras armé et surtout le désarmement sont deux sujets "chauds"...

En gros, il y a deux écoles dans les défenses contre couteau: ceux qui penchent plutot pour la stabilisation du bras armé, et d'autres qui penchent plutot vers une "saturation" de l'adversaire via une contre-attaque (je schématise bcp, mais c'est plus ou moins ça...).

Donc, à ce niveau je dirais que chacun fait un peu comme il le sent... je n'irai certainement pas jusqu'à "imposer" une des deux écoles.

Personellement je trouve que dans un cadre civil, le fait de stabiliser le bras armé est assez dangereux (pour différentes raisons, mais c'est pas le sujet).
Par contre dans un contexte "pro" (donc, avec présence probable d'équipiers et une arme sur moi, deux détails qui changent bien la donne) c'est une option qui tient beaucoup mieux la route.

 
Les choses se corsent quand on parle de désarmement...
Pour ceux qui n'ont jamais essayé, prenez un couteau en plastoc de la taille d'un couteau courant (genre Spydie Delica) et essayez de désarmer un type qui ne se laisse pas faire...
Vous allez tout de suite remarquer que c'est loin d'être évident et que si le couteau était en bon acier qui coupe, vos bras seraient en lambeaux...

Se focaliser sur le désarmement, dans un contexte civil, est surement la plus grosse erreur qu'on puisse commettre: ça marche une fois sur 12 et ça laisse énormément d'opportunités à l'adversaire.
Par contre, encore une fois, dans un contexte "pro" (donc dans un contexte légal qui m'y oblige pratiquement ET avec deux collègues armés derrière moi), c'est effectivement une procédure normale.

Maintenant, il faudrait aussi savoir ce qu'on entend exactement par "disarm the weapon"... une avalanche de parpaings sur la tronche qui fait lacher sa lame au BG, ou, plus radical, un chargeur de 9mm dans le buffet, ce sont aussi des manières efficaces de "disarm the weapon"... Y a pas que les clés dans la vie ...  ;D
Peace,

Eric.
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"...everyone's got their path brother.... choose wisely." - R. Dimitri
"La "baffe de gitan" j'imagine la grosse baffe de cow boy : c'est un moyen de dialogue qui peut permettre la syntonisation." - Kilbith


http://www.acdsbelgium.org/

05 mars 2007 à 17:53:30
Réponse #48

Rouri


Pour répliquer aux 2 bonnes interventions de Serge et d'Eric... :)

Je laisse la parole à Micheal Echanis:

A key factor is realizing you may be cut or wounded in the process of disarming the armed attaker, but a wound and life are far better than death at the hands of the enemy under the blade of a knife or the barrel of a gun.

Il est certain que cette citation s'adressait à la clientèle PRO de M. Echanis, tel que les Rangers, les SEAL...  Pour le civil dans une cité comme Montréal, je suis d'accord avec l'interventions précédente d'Éric Lem.

En passant, un des seul désarmement contre une arme tranchante, que j'ai vue fonctionner dans la réalité, c'est un coup d'ASP sur l'avant bras armé et un second sur le nez de l'agresseur...

Rouri

06 mars 2007 à 10:41:03
Réponse #49

mr clark


voici une demo de defense contre couteaux et sabre
enregistré lors du gala de taido à escaudouevres le 04 11 2006

http://www.tai-do.com/article-id63-30-ans-du-tai-do---demo-7.html

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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