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Auteur Sujet: soudain je suis pauvre...mais pas (encore) SDF  (Lu 20585 fois)

14 juin 2009 à 22:22:34
Réponse #25

philippe13


Passer d'un travail qualifié à un petit boulot médiocre implique pas mal de changements et l'acceptations d'autres chose qu'un mode de vie plus simple. J'ai vite compris que le ski même avec le C.E. c'était fini, de toute évidence à cause du coût, mais parce que les gens de la boîte qui savaient ce que j'occupais comme poste* refusaient le contact et j'en ai vu qui une fois à Paris ne me reconnaisaient plus . Il est est vrai qu'une blouse bleue en nylon pour bosser aux archives ça vous change un homme...
Il y a aussi le ton que l'on emploie pour vous parler...dans ces très grosses boites (type Air-France, BNP..) on doit être poli avec le petit personnel, très poli, trop poli, une politesse poisseuse..."mon garçon, soyez gentil, voulez aller me chercher mes $ à la banque et
vous m'appelerez un taxi ..." avec un ton difficile à rendre. Dans mon ancien poste c'était plus rugueux du genre "on vous paye 2000 €
par mois alors cassez vous le cul à sortir des chiffres justes" mais pas de mépris caché juste de l'exigeance.

Les compagnons de misère, vous font vite la tronche si vous avez des loisirs ou des goûts considérés comme bourgeois. Un prolo qui n'aime pas le foot, ni le sport-spectacle en général, regarde de drôles  de trucs à la télé est vu comme un snob, un mec qui se la pête.
J'avais beau travailler comme palefrenier pour monter gratuitement  le faite de monter  à cheval était un problème, mal vu par mes collègues ,j'étais perçu par les gens un poil au dessus (somme toute mon niveau d'avant) comme quelqu'un qui essayait de paraître.
Ces gens me repoussaient de toute leurs force plus ou moins consciament; L'existence du petit prolétaria des bureaux vivant dans certains clichés les rassurait sur leur relative réussite.

Ce n'est que  le jour ou j'ai fait le devoir d'anglais de la fille d'une collègue et que celle-ci à eu une bonne note qu'on m'a foutu la paix.
Je ne me la pétais plus, j'étais devenu un mec effectivement  cultivé qui avait eu des malheurs.....

On doit faire un gros travail sur soi, qu'est ce que j'ai réellement envie,  besoin, etc.. Ensuite la question lancinante: comment en suis-arrivé là et comment en sortir. Qu'ai-je fait? quelle erreur  de trajectoire? Comment s'en sortir? Gamberger, gamberger tout le temps, et la peur de tomber encore plus bas.  Une vision angoissée des demi-cloches imbibées des bars-PMU : l'avenir peut-être.

Les femmes? la libido en berne, les rares fois la difficulté d'assumer les poches vides à trente ans, la studette de 19 m2 et l'absence de vacances, la rupture rapide à la première remarque sur le fait de n'avoir pas fait d'études en venant d'un milieu + ou - aisé par exemple.

 

*coursier, opérateur de saisie,archiviste et homme à tout faire. Salaire l'équivalent de 1200 € sans doute. Très très juste à Paris pour se loger.  
  
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

14 juin 2009 à 22:47:57
Réponse #26

Anke


Y'a pas de boulot médiocre. Un mec diplomé qui va patauger dans "mon mouillé" parce que je suis lave-pont à l'hosto, je l'engueule, poliment ( c'est quand même le "patron") mais je l'engueule., c'est vrai quoi, je viens de me faire chier à récurer le par-terre avec des produits tip-top et lui il vient marcher avec ses pompes pleines de m*rde dans les chambres des patients faudra pas s'étonner si y'a des infections ( vécu en 1980... je sais ça fait longtemps.)

Combien de dollars il veut le mec, quelle banque, quelle compagnie de taxi et à quelle heure ? Non mais parce que à Paname à l'huere qu'il est, pour aller à l'aéroport, z'étes pas rendu chef ! Si vous voulez je vous emmène, j'ai mon scoot en bas... Z'allez gagner une heure facile...

Quelle erreur de trajectoire ? On s'en fout, c'est demain qui compte.

Les femmes : faut aussi savoir ce qu'elles veulent ! Et qui elles veulent ! Faut présenter un CV aussi et une expérience professionnelle de plus de 5 ans ?  :bheurk:

C'est cher Paris ? Barre toi.

14 juin 2009 à 23:03:53
Réponse #27

Humain


(... )
Les compagnons de misère, vous font vite la tronche si vous avez des loisirs ou des goûts considérés comme bourgeois. Un prolo qui n'aime pas le foot, ni le sport-spectacle en général, regarde de drôles  de trucs à la télé est vu comme un snob, un mec qui se la pête.
J'avais beau travailler comme palefrenier pour monter gratuitement  le faite de monter  à cheval était un problème, mal vu par mes collègues ,j'étais perçu par les gens un poil au dessus (somme toute mon niveau d'avant) comme quelqu'un qui essayait de paraître.
Ces gens me repoussaient de toute leurs force plus ou moins consciament; L'existence du petit prolétaria des bureaux vivant dans certains clichés les rassurait sur leur relative réussite.
( ... )

Eh oui  :-\ il ne fait pas bon sortir des étiquettes de son niveau social. Rejets railleries, ... Malheur à celui qui veut relever la tête vers une autre direction. Il a interet a savoir garder le moral.



15 juin 2009 à 19:52:53
Réponse #28

philippe13


Y'a pas de boulot médiocre.

Disons que tu n'as pas tous les paramètres dans le fil: trop long et sans intéret pour autrui. Au moins ceci: non bachelier me suis arraché pour tenter des étude supérieures assez difficiles (DECS appelé DECF aujourd'hui) en cours du soir au CNAM. En vain, échec, ce qui ajoutai à ma rage. A cause de ce niveau batard (j'ai largement échoué, mais acquis des connaissances en gestion et éco loin d'être négligeables) j'ai longtemps eu du mal à me situer dans la société. Ajoute à ça un gros complexe pour un physique pas terrible, rebelle aux effets du sport malgré toute ma volonté.   
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

15 juin 2009 à 21:31:38
Réponse #29

Anke


Bon écoutes Philippe.
Dans ma partie, c'est Guylène qui m'a appris à faire des prises de sang en "artériel". C'est Stéphane qui m'a appris à intuber un patient proprement ( pourtant j'avais même pas le droit d'envisager de penser savoir éventuellement faire !).
L'une était aide-soignante, l'autre était chauffeur-ambulancier. Ils n'avaient pas les diplomes, mais ils savaient faire !
Les diplômes c'est bon pour se cacher derrière quand on est incompétent, où pour prétendre à un poste ou une fonction particulière en étant payé sur une grille indiciaire et pis c'est tout !
Ce sont des portes c'est tout. Rien ne t'empêche de "rentrer" par la porte de service, plutot que par la porte principale, tant que tu rentres....

15 juin 2009 à 21:41:59
Réponse #30

philippe13


Pour le professionnel j'y suis rerentré après et je sais exactement ce que je vaux, disons que j'ai eu un trou de 5 ans.  Grace à l'intérim spécialisé j'ai vu mon niveau d'incomptence et de compétence en live. Mais moi je ne risquais pas de tuer le client en expérimentant, juste de l'envoyer en redressement fiscal  :doubleup:
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

22 juin 2009 à 19:46:00
Réponse #31

philippe13


Les gouts de luxe en cascade de classe en classe qui vous font toujours vous croire le pauvre de quelqu'un: une analyse économique très lisible:
 
http://carfree.free.fr/index.php/2009/02/02/theorie-de-la-classe-de-loisir/
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

22 juin 2009 à 21:11:25
Réponse #32

alexr


Les gouts de luxe en cascade de classe en classe qui vous font toujours vous croire le pauvre de quelqu'un: une analyse économique très lisible:
 
http://carfree.free.fr/index.php/2009/02/02/theorie-de-la-classe-de-loisir/

Article très intéressant, je trouve. Effectivement, Veblen est à l'origine du concept de consommation ostentatoire (conspicuous comsumption en anglais), consommation dont l'objectif principal est d'asseoir son statut social en montrant qu'on a les moyens.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Consommation_ostentatoire

Il y a plus d'infos sur le Wikipédia anglophone :

http://en.wikipedia.org/wiki/Conspicuous_consumption

Voir aussi le concept d'affluenza :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affluenza


01 juillet 2009 à 07:57:58
Réponse #33

vagabond


Bonjour,

philippe13 je conçois que tu as vécu un moment très dur moralement.

J'ai voyagé en enfer, vécu des moments très, très dur (SDF), bien sur on ne passe pas d'un job de cadre au statut de traine savatte du jour au lendemain.

Fin de compte, avec le recul, je crois que ce qui est le plus dur est la descente car une fois que l'on a posé le sac sur le bitume du trottoir, plus rien ne compte.

Ne me taper pas si je me trompe, mais je me demande si je n'ai pas vécu ça durement parce que cela signifiait implicitement que je devenais un bon à rien, un rebus que la société ne voulait plus.

Quoiqu'il en soit, tu t'en ai sortie, et c'est très bien.

Dans un de tes posts, j'ai lu que tu avais peur du manque, je te comprend et j'ai encore avec moi cette peur d'avoir faim ce qui fait que je stocke le moindre petit paquet de nourriture que je trouve et qui se conserve.

Si je peux te dire quelque chose de constructif, c'est de ne garder de ton expérience que ce que tu peux en comprendre et assimilé, ce qui te grandi dans la tête et le reste, met le dans la boite à oubliette, on en a tous une.

Vagabond

01 juillet 2009 à 18:45:26
Réponse #34

philippe13


Je n'ai jamais eu faim, j'ai toujours pu m'acheter des nouilles et du corned-beef chez ED l'épicier discount, avec une soupe tomate en sachet comme sauce pour faire passer....et la cantine le midi.
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

01 juillet 2009 à 19:58:50
Réponse #35

vagabond


Bonjour,

J'aimerai que tu me définisses ce qu'est la pauvreté dans ton monde ?

Merci d'avance.

Vagabond

01 juillet 2009 à 20:38:51
Réponse #36

philippe13


-ne pas pouvoir me payer des travaux dentaires couteux, et être trop bas le loyer payé pour obtenir un crédit bancaire à cette fin.
-utiliser mes congés pour effectuer un deuxième boulot (vendanges) et ne pas partir du tout autrement.
-vivre à 30 ans après 10 ans de boulot dans 19 m2 en banlieue.
-Ne pas pouvoir aller au resto, juste mieux qu'une  pizzeria, avec les copains du sport une fois de temps en temps, il y avait TOUJOURS un imprévu qui faisait que j'étais à sec.
-Ma mère mettais mes vêtement portés jusqu'au bout sur le compte d'une négligence bien masculine, donc elle m'offrait des trucs pour Noël ou mon anniversaire, genre manteau, veston. Sinon il y aurai eu un problème: pas de solderies et de bazar chinois "tout à 10 euros"  à l'époque. Je n'aurais pas été à poil mais encore plus miteux et encore plus décalé à mon boulot.   

Ce n'est pas la pauvreté mais la "relative pauvreté" ou la gène comme on veut
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

01 juillet 2009 à 22:20:11
Réponse #37

Humain


Pour moi la pauvreté c'est quand tu te prives de manger pour que tes gosses n'aient pas faim. C'est quand tu te sens minable parce que tu es obligé d'expliquer à ton gosse de huit ans qu'il devra attendre la fin du mois pour lui racheter des feutres qui fonctionnent. C'est refusé de prendre un café avec un ami au bar parce que tu sais que tu ne peux pas te permettre de rendre la pareille. C'est choisir entre payer le loyer, l'éléctricité ou l'eau.

Il y a toujours plus pauvre ou plus riche que soit, mais le pire avec la pauvreté (quel qu'en soit le degré réel) c'est quand elle s'immice dans ta tête comme un brouillard qui t'empêche de voir ce qui te reste de chouette dans ta vie.

  l'Humain

01 juillet 2009 à 22:40:43
Réponse #38

douyazen


bonjour,

Le quotidien n'est pas forcément simple, mais en réduisant mes besoins et en passant du mode "superflu" au mode "primordial", j'arrive à vivre physiquement.

Aujourd'hui, je suis heureux de vivre et je crois que je me marginalise de plus en plus volontairement car je réfléchi beaucoup chacune de mes décisions et incorpore dans cette réflexion la part de pression sociale qui essayera de me détourner de ma vraie nature si tant est que je m'en approche.

Je ne sais pas si je suis clair, car il m'est plus simple d'avoir des idées que de les traduire.


Vagabond

Salut Vagabond ,

Tu choisis ta voie , sans soucis , je juge pas  . Juste un truc , aujourd'hui t'a la patate , t'es jeune , t'arrive  à  encaisser ( je passe sur les details hein ...)  ,  mais quand sera t il dans dix ans , ou quand t'auras 20 ans de zone dans le corps , comment envisage tu la chose ? 
Pour avoir vu  des types qui  ont un paquet de kilomètre sous les semelles , ça use un  peu , et l'espérance de vie est sacrement diminué , c'est d'ailleurs tres difficile d'estimer l'age d'un gars apres un certain temps  'on the road "  , il y a des marques indélébiles  aussi et des comportement qui ne s'effaceront jamais meme apres une readaptation a la vie social .

Voila je voulais juste te poser la question .
Le terrain donne le ton .
Un monde meilleur
Un jour tôt ou tard on est que des os ...

01 juillet 2009 à 22:57:47
Réponse #39

vagabond


Bonjour,

Je n'aurai mieux résumé alors je m'incline devant cette franche définition.


Il y a toujours plus pauvre ou plus riche que soit, mais le pire avec la pauvreté (quel qu'en soit le degré réel) c'est quand elle s'immice dans ta tête comme un brouillard qui t'empêche de voir ce qui te reste de chouette dans ta vie.

  l'Humain

Si je peux me permettre, il y a une grosse différence entre "je suis pauvre" et "je me crois pauvre". Parce que, il y a un monde entre j'ai une baisse de revenu, voir je bosse pour un salaire moindre et je ne peux donc m'acheter le Dakota Collector que je voulais, et tout par en vrille et le plat de pate nature sera peut-être pour demain, ce soir c'est sandwich de courant d'air, digestion légère garantie.

Un bout de chemin

Salut Vagabond ,

Tu choisis ta voie , sans soucis , je juge pas  . Juste un truc , aujourd'hui t'a la patate , t'es jeune , t'arrive  à  encaisser ( je passe sur les details hein ...)  ,  mais quand sera t il dans dix ans , ou quand t'auras 20 ans de zone dans le corps , comment envisage tu la chose ? 


Va voir mon profil, on ne peut pas dire que je sois encore un oisillon de l'année, si aujourd'hui, je me suis marginalisé c'est peut-être parque passé 45 ans, retrouver du travail, dans ce merveilleux pays, c'est un tout petit peu difficile.

Quoiqu'on puisse en dire, c'est rarement un choix au départ, mais les choses évoluent, surtout dans la tête, alors ...

Salut Vagabond ,

Pour avoir vu  des types qui  ont un paquet de kilomètre sous les semelles , ça use un  peu , et l'espérance de vie est sacrement diminué , c'est d'ailleurs tres difficile d'estimer l'age d'un gars apres un certain temps  'on the road "  , il y a des marques indélébiles  aussi et des comportement qui ne s'effaceront jamais meme apres une readaptation a la vie social .

Voila je voulais juste te poser la question .


D'abord, il n'y a jamais de machine arrière dans la vie, alors la réadaptation à la vie sociale, j'ai plus que des doutes, comment crois-tu possible un retour dans un monde qui nous à jeter comme des détritus ?

L'espérence de vie est le dernier de mes soucis, vivre c'est prendre le risque de mourrir, amusante petite alternative qui n'en est pas une.

Un poête finirai cette intervention sur un vers de bon alloi, je ne peux que leur laisser la place :

O rage, O vieillesse énemie
N'ai-je donc vécu ...

Vagabond

01 juillet 2009 à 23:27:46
Réponse #40

Humain



Si je peux me permettre, il y a une grosse différence entre "je suis pauvre" et "je me crois pauvre". Parce que, il y a un monde entre j'ai une baisse de revenu, voir je bosse pour un salaire moindre et je ne peux donc m'acheter le Dakota Collector que je voulais, et tout par en vrille et le plat de pate nature sera peut-être pour demain, ce soir c'est sandwich de courant d'air, digestion légère garantie.


Je suis d'accord avec toi. Ce que je veux dire c'est que quelqu'un de très pauvre peu moins en souffrir qu'une autre personne qui se considerera comme tel mais qui ne le sera pas vraiment. Le regard qu'on a sur nous même est déterminant. (Je parle là de la pauvreté pas de la misère. )

01 juillet 2009 à 23:36:26
Réponse #41

vagabond


Re

Je suis d'accord avec toi. Ce que je veux dire c'est que quelqu'un de très pauvre peu moins en souffrir qu'une autre personne qui se considerera comme tel mais qui ne le sera pas vraiment. Le regard qu'on a sur nous même est déterminant. (Je parle là de la pauvreté pas de la misère. )

Je ne peux qu'être d'accord, mais la pauvreté n'est-elle pas terrible quand elle a pris ses quartiers dans le coeur ?

Quelqu'un a écrit : La misère est d'abord morale ...  8)

C'est ce qui m'a certainement sauvé, je n'ai jamais été misérable malgré les galères en tout genre alors je me dis que si j'ai pu m'en sortir dans ma tête, beaucoup peuvent y arriver aussi, je n'ai rien d'exceptionel.

Vagabond

02 juillet 2009 à 00:02:31
Réponse #42

Anke


Tu n'as rien d'exceptionnel ?
Si ! Tu y as survécu !
Ton expérience est pour nous une source de formation. On a toujours intérêt à écouter celui (ou celle ) qui "en" revient. On peut voir ou ressentir un petit peu les choses à l'aide de son regard. Pour celui qui n'est jamais allé au Pérou, le récit du narrateur apporte une connaissance ( théorique certes, mais connaissance tout de même). Dans le sujet qui nous préoccupe, le vécu me semble extrèmement important, plus important qu'une description froide, asexuée d'une situation en faisant appel aux raisonnements voir aux chiffres.
La comparaison vous paraitra peut-être cavalière, mais la description de l'utilisation d'un couteau ( pour peu que le gars me raconte une histoire sympa en plus) avec le ressenti qui va avec, ça me parle plus qu'une description d'un diagramme parlant de l'acier utilisé ou même de l'indice de dureté de 61 rockwell. Même si c'est vachement important du reste, mais ça me parle moins que quand je lis Fy ( par ex) qui me dis : "je coupe la feuille, après je tranche la planche, et je recoupe la feuille etc..." en se prenant le chou pour m'expliquer la douceur du bois et l'odeur acide de l'acier.
Bref, une situation n'est jamais aussi bien expliquée que par quelqu'un qui l'a vécue. En fait, on a bien de la chance que tu ais vécu tout ça pour aujourd'hui nous en faire part et nous ouvrir les yeux, car sans toi, nous les aurions surement méconnus. Et donc, ton espérance de vie est importante au moins autant que ton expérience. Tu as des trucs à nous dire et nous on a des trucs qu'on voudrait savoir; c'est super simple en fait.
Transmettre, c'est aussi SE transmettre ;)

02 juillet 2009 à 00:04:19
Réponse #43

Bartlett


Perso Douyazen, je prefererais que ce soit un post a vie longue.
Hard habits are hard to kill. If you don't kill them, they kill you.

02 juillet 2009 à 00:39:31
Réponse #44

vagabond


Re,

Avant j'étais cadre du BTP, à 45 balais, on m'a dit merci d'être venu nous voir et nous refiler un peu de votre temps (au moins 12 heures par jour, 6 jours par semaine), nous allons prendre des jeunes ingénieurs qui vont accepter de faire le même boulot pour 2 à 3 fois moins cher.

Je milite pour la construction alternative et les maisons passives et pas forcément réservées à une élite pleine de fric.

J'ai eu une maison, une vie de famille et puis la traversée du désert.

douyazen, je ne vis plus dans la rue mais je reste un marginal et je l'assume, pour moi et uniquement pour moi, la réinsertion sociale, métro, boulot, dodo ; même pas la peine d'y penser.

Je l'ai déjà écrit dans d'autre post, comme toute expérience, c'est inscrit à vie et quand on sait ce que sont les vraies priorités dans la vie, beaucoup de chose semblent tellement superflu.

Aujourd'hui, par exemple, je me contrefiche de "me faire un resto" ou encore "d'aller me voir une toile". Tout ces petits trucs qui ne sont que des codes sociaux, ça me passe par dessus la tête.

Je ne sais pas comment l'expliquer, mais le regard de l'autre est devenu transparent s'il est mal veillant. Ca, c'est mes choix de vie, je suis devenu associal et je l'assume, j'ai vu de l'autre coté du décor et toute notre bonne société bien pensante est une grande pièce de théatre ou chacun à son role.

Pour garder le contact avec mes semblables, je fais du bénévolat, et mon passé me sert souvent, je sais en regardant les yeux d'un homme qui vit dans la rue, ce qu'il est venu chercher.

Rien que pour ça, je ne regrette rien, même pas mes 3 000 € mensuel. Aujourd'hui, je suis libre au moins dans ma tête.

Anke, c'est bien pour échanger que je suis venu sur ce forum, et j'espère  croiser ma petite expérience avec les votres, parce qu'aucun d'entre nous n'a réllement la solution.

voila, maintenant je suis presque nu devant vous.

Vagabond

02 juillet 2009 à 01:50:41
Réponse #45

Schnickschnack


voila, maintenant je suis presque nu devant vous.
Version courte : respect !  :blink:

Version (un peu plus) longue :  ceci étant dit, si, au lieu de s'escrimer à dissmuler nos hontes, on les mettait à jour, pouvons-nous imaginer que tout irait mieux ? AMHA, c'est la confrontation avec les autres qui permet de dévoiler toutes les facettes de notre personnalité... Bref, respect pour la démarche :-[

02 juillet 2009 à 06:28:34
Réponse #46

vagabond


Bonjour,

Je comprends ta démarche, mais crois-tu qu'il soit intéressant de partager nos points faibles ? En effet, plus nous faisons apparaitre ce que nous sommes, sans valeur de jugement, plus les dit points faibles se renforcent, ne deviennent pas de réels points forts mais sont nettement moins handicapants.

C'est un peu comme la peur, qui peut prétendre la gèrer ? Et tant mieux, il lui arrive de nous sauver la vie.

Je suis peut-être à coté de la plaque, mais j'ai une démarche positive, à chaque rencontre que je fais, je ne regarde que les qualités de l'autre car sommes toutes ses défauts sont comme les miens, des qualités qui ne sont pas exprimées.

Pensée du matin ...

Une ame errante n'est pas forcément une ame perdue !

Vagabond

02 juillet 2009 à 07:19:47
Réponse #47

Anke


Citer
Je ne sais pas comment l'expliquer, mais le regard de l'autre est devenu transparent s'il est mal veillant. Ca, c'est mes choix de vie, je suis devenu associal et je l'assume, j'ai vu de l'autre coté du décor et toute notre bonne société bien pensante est une grande pièce de théatre ou chacun à son role.
Les "regards malveillants" ne doivent pas être pris à la légère, tout du moins pris en compte à leur juste valeur un peu comme quand on se met en "code" jaune" ( c'est ça ?) et que l'on checke son environnement en faisant un 360°. Les repèrer ni plus ni moins. Les ignorer serait amha imprudent, car non pris " en compte".

Associal, ce n'est pas mon avis car
Citer
mais j'ai une démarche positive, à chaque rencontre que je fais, je ne regarde que les qualités de l'autre car sommes toutes ses défauts sont comme les miens, des qualités qui ne sont pas exprimées.
. C'est une démarche humaniste de mettre les qualités de l'autre en avant, mais pour autant il ne faut pas occulter ( le denie) ses failles.

Se mettre un peu "à poil" ici, se livrer, pas de grand risques en fait ( à moins que le Manitou insiste pour te montrer un "truc" dans la hutte...), mais au contraire, le relatif anonymat nous permet une grande liberté d'expression et de partage, tout en étant bien encadrés par une autotrité bienveillante. C'est amha une des grandes forces de ce forum, ce serait bête de ne pas en profiter ( attention aux addictions, Mme Anke râle et quelques fois avec raison : je suis VS&S "addicted"  :lol:), d'autant que les rencontres possibles en "vrai" permettent une véritable qualité d'échange et d'apprentissage (  ;) tsjok !). Les ages sont gommés, de même que le niveau social ou les revenus mensuels. Par conséquent, ici il ne reste que les hommes et les femmes pour ce qu'ils sont, sans artifices. Les artifices ne servent qu'à masquer la peur de l'autre. ça ne veut pas idre qu'il faut tendre vers l'état "Bisounours" pour autant hein. ça veut dire qu'on se retrouve ici un peu comme si on était de la même "portée". Voilà pour ce qui est de la relative "nudité". Et somme toute, jamais les jugements( pour peu qu'ils soient des jugements !) ne sont portés sur celui qui s'esprime, mais plutot sur ce qu'il exprime.

Citer
Une ame errante n'est pas forcément une ame perdue !
J'aurais bien voulu être l'auteur d'un telle phrase !

C'est bien que tu sois venu poser ton sac ici, c'est utile, ça nous est utile ( enfin je crois)...

02 juillet 2009 à 11:19:49
Réponse #48

vagabond


Bonjour Anke,

Je crois que je te dois une explication, les regards malveillants me mettent effectivement en alerte, mais ils n'ont plus aucune prise sur ma personnalité, car j'étais, comme beaucoup je pense, perméable aux jugements de mes concitoyens.

Je suis associal, mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas capable d'aprécier certains être humain pour ce qu'ils sont : des êtres humains. Malgré tout, je reste convaincu que nous sommes notre pire énemi.

Les failles, sont effectivement là, mais est-ce vraiment judicieux de voir d'abord les points faibles. J'ai un ami qui est un alcoolique invétéré et conscient de son état, ce n'est pas toujours simple et dit comme ça, il est même infréquentable, mais c'est  d'abord un homme charmant avec un coeur assez grand pour y ranger une flotte de camion.

Pour les petites phrases gentilles, j'en ai encore quelques unes en stock mais je ne suis même plus sur d'en être l'auteur, alors que chacun se les approprie, ça les fera vivre mes poétiques mots doux.


C'est bien que tu sois venu poser ton sac ici, c'est utile, ça nous est utile ( enfin je crois)...


Si je vous donne le dixième de ce que j'apprends, je serai un homme heureux

Vagabond

02 juillet 2009 à 12:30:45
Réponse #49

nemesys


...

Si je vous donne le dixième de ce que j'apprends, je serai un homme heureux

Vagabond
Si nous comprenons ( assimilons ?) seulement le dixième de ce que tu nous donnes, c'est nous qui seront heureux !

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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