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Auteur Sujet: Expé en pulka dans le Jura  (Lu 6447 fois)

30 mars 2009 à 23:21:42
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Outdoorsman


En janvier 2005, Marc, Didier et moi, partions randonner en raquettes et pulkas dans le Jura. Nous souhaitions faire le tour du Lac de Joux en 8 jours. Les conditions extrêmes rencontrées ont transformé notre treck en voyage dans le Grand Nord...

Nous démarrons du lac des Rousses, par un petit sentier montant vers la forêt du Rissoux. Mon corps n'est pas encore habitué à l'effort et je lutte contre le poids du traîneau qui me tire en arrière. Dans la précipitation et l'excitation du départ, j'ai mal réparti la charge et à chaque irrégularité du terrain la pulka se renverse. Il faut alors se dessangler pour redresser l'attelage. Après quelques heures, le temps se gâte et il commence à neiger. L'heure avance et pour essayer de gagner du temps nous quittons le chemin pour couper à travers la forêt. Erreur ! Nous sommes vite confrontés à un enchevêtrement d'arbres couchés en travers des lapiaz. Il faut hisser les pulkas par dessus, les sortir des trous où elles se plantent après chaque descente. Nous transpirons sous les gore-tex et enrageons contre notre décision. A la nuit, nous atteignons la cabane, fourbus.

Au matin le paysage a changé : le thermomètre a chuté de 10° et affiche -10°. 50 cm de neige fraîche recouvrent nos traces de la veille et il neige encore. L'atmosphère est feutrée, les raquettes crissent en s'enfonçant dans la poudreuse. Malgré le durcissement des conditions, nous sommes contents d'être là, nos esprits commencent à se libérer du stress de notre quotidien de citadins et nous buvons le paysage, le silence. L'aventure commence.



Après une descente de quelques heures, nous arrivons aux lacs de Bellefontaine et des Mortes. Ils sont gelés mais la fine couche de glace ne supporterait pas notre poids et nous passons entre les deux étendues d'eau par un petit pont, à peine assez large pour nos pulkas.



Sur l'autre rive, le blizzard nous attend. Le thermomètre affiche maintenant -15° et le vent souffle à 70 km/h ce qui nous donne une température ressentie proche de -30°. C'est à ce moment qu'une sangle de la pulka de Didier casse. Par ce froid, nous devons nous relayer pour faire une réparation de fortune car on ne peut enlever nos gants que quelques minutes pour ne pas risquer de gelures. On se débat avec des bouts de ficelles et ça repart. Pas question non plus de s'arrêter pour faire une pause casse croûte à midi, on se contente de grignoter des barres énergétiques décongelées dans nos poches.
L'après midi le vent s'est calmé et malgré le froid nous transpirons pour monter au refuge de Pré d'Haut. Vu les conditions atmosphériques, le massif est désert et nous sommes seuls au refuge avec le gardien qui a accepté de rester pour nous. Après les deux jours de gros temps que nous venons de subir, le refuge est pour nous un havre de paix. Nous nous offrons une bière et après le repas Didier nous sort un tord boyaux au nom imprononçable ramené de Roumanie.

Le matin du troisième jour, il neige sans discontinuer. Notre progression est de plus en plus lente. En préparant l'expédition, nous pensions faire 10 à 15 km par jour; avec le mètre de neige fraîche tombé depuis 3 jours nous ne faisons guère plus de 5 km en 8 heures de marche quotidiennes. Les arbres, pliés sous ce poids obturent les sentiers, et celui qui marche en tête ouvre une véritable tranchée. Il devient évident que nous devons changer nos plans pour raccourcir l’itinéraire. Nous décidons d’obliquer vers l'est pour passer au sud du lac de Joux.





Ce nouvel itinéraire nous oblige à traverser, le quatrième jour, le village du Sentier, en Suisse. Nous passons sur les trottoirs enneigés, emmitouflés dans nos gore-tex et tirant nos pulkas. Garé devant une usine de montres de luxe, un jeune cadre sort de sa grosse berline, cravaté et en petits mocassins. Nous sourions l'un et l'autre de notre contraste en nous croisant.



Une fois la journée de marche terminée, nous nous consacrons aux "tâches ménagères". Il faut couper du bois pour faire du feu, faire fondre la neige pour obtenir les quinze litres d'eau dont nous avons besoin chaque jour et effectuer les petites réparations du matériel quand il y a lieu.  Ces tâches nous occupent deux à trois heures chaque soir mais ne sont pas vécues comme une corvée. Ici, chaque action a un sens et nous retrouvons les gestes simples de la vie. C'est aussi pour cela que nous sommes là.

Au matin du cinquième jour, le vent souffle à 70, 80 km/h. A l'abri le thermomètre affiche -18°, la température ressentie est de -35°. La visibilité varie de 10 à 50 mètres. Raquettes aux pieds, nous enfonçons jusqu'aux cuisses. Les conditions, déjà difficiles depuis 4 jours, deviennent extrêmes. D'un trek en raquettes, on passe à une expérience de survie. Aucun de nous ne s'inquiète pourtant, nous nous sentons prêts, psychologiquement et physiquement pour affronter le blizzard. L'idée de rester dans l'abri en attendant des jours meilleurs n'est même pas évoquée. Au contraire, je me réjouis intérieurement de ce qui nous attend. On s'est couché hier soir dans le Jura, on se réveille ce matin en Sibérie ! Le rêve !



Reste le problème de la progression dans ce mètre cinquante de neige fraîche.
Une solution s'impose : il faut que l'un de nous fasse la trace sans traîneau. Marc se dévoue pour partir devant. Il laisse sa pulka, fait la trace, ou plutôt la tranchée, guidé par le GPS. Didier et moi suivons et après quelques centaines de mètres, Marc me passe le GPS et fait demi tour pour aller chercher sa pulka. Je pose à mon tour mon attelage et part seul dans la tourmente. J'ai l'impression de franchir une haie à chaque pas, tant il faut lever la jambe pour passer au dessus de la barrière de neige devant moi. Dans cette solitude, masque de ski sur les yeux, cagoule et capuche sur la tête, je me replie sur moi même. Mon univers ce réduit à l'écran du GPS et aux quelques mètres devant moi. Cent cinquante mètres plus loin, effectués en une heure, j'attends Didier et lui passe le GPS. L'un en face de l'autre, il faut hurler pour s'entendre, d'ailleurs on a plus vraiment envie de se parler. Chacun est concentré sur sa tâche. Je repars en sens inverse récupérer mon traîneau, et croise Marc. Il me sourit sans échange de paroles on sait ce que l'autre ressent. Du bonheur ! Conscient de vivre quelques chose d'exceptionnel. Soudain, sur une partie plus exposée au vent, plus de tranchée. Les bourrasques ont balayé la tranchée pourtant profonde d'un bon mètre. Je suis pris un instant de panique. Et si je me perdais, si je restais là, dans le blizzard, sans pouvoir retrouver ma pulka, sans matériel. D'un coup ma solitude m'écrase. Je me sens tout petit dans cette immensité, dans cette nature déchaînée. Il faut se calmer, respirer, raisonner. Je reviens jusqu'à la trace et en gardant son axe la prolonge imaginairement jusqu'au prochain bosquet d'arbre. Je la retrouve sous le couvert forestier, comme un rail qui me conduira à ma pulka.


 
Nous marchons ainsi 7h et faisons 3km ! Nous trouvons enfin une cabane mais il n'y a pas de poêle et la porte étant restée entrebâillée, le sol est recouvert par 50 cm de neige.  Il fait -14° à l'intérieur.

Nous dégageons la neige et nous installons. Nous avons du mal à enlever nos vestes tant elles sont durcies par le gel. Elles tiennent debout quand nous les posons par terre.
Nous n'avons qu'une envie : nous mettre dans nos duvets et dormir. Nous devons pourtant manger. La dépense énergétique de la journée a été importante et nous n'avons rien avalé depuis le matin. Quand nous sortons les sacs de provisions, tout est gelé : il faut que je préchauffe le réchaud contre moi pour le faire démarrer, le pain ressemble à un morceau de bois, le fromage à une pierre. Tout doit être passé sur le réchaud pour pouvoir être consommé.
Trois heures plus tard, nous pouvons enfin nous glisser dans nos sacs de couchage. Nous devons également y mettre tout ce que nous voulons protéger du gel, notamment nos chaussures.

Le sixième jour débute sous les mêmes hospices que le précédent : toujours aussi froid, toujours autant de vent. Nous progressons selon la même technique de l' « ouvreur-creuseur ». Nous traversons la belle combe des Amburnex en début d'après midi. Le vent commence à mollir et on devine le soleil au travers des nuages.
Depuis que nous avons traversé le village du Sentier, nous n'avons vu personne. La combe des Amburnex est un site de ski de fond mais tout a été enseveli sous la poudreuse : on ne voit plus les pistes, plus aucun panneau de signalisation. Le site a été laissé à l'abandon depuis le début de la tempête. Il n'y a plus que nous, nos pulkas, la neige, dans une belle ambiance, façon grand nord. Le temps de la civilisation s'est arrêté, nous sommes dans une bulle.



Le soir, le ciel s'est dégagé, le vent est tombé. Après la tisane et le tord boyaux roumain de Didier, je sors de la tente. Pas un bruit ne trouble la quiétude de la nuit. La lune n'est pas encore levée et le ciel, nettoyé par la tempête des jours précédents, est piqueté de millier d'étoiles. Je ne cherche pas à reconnaître les constellations, j'aspire simplement l'air qui me pique les poumons et apprécie le moment, mesure la chance que j'ai d'être là. Avant de rentrer je jette un coup d’œil au thermomètre que nous avons mis devant la porte. Il fait -21°.

Le septième jour est marqué par le retour du soleil. Il fait toujours -17° mais il n'y a presque plus de vent et il fait beau. La neige s'est tassée un peu, les pulkas se sont allégées de la nourriture consommée et nous pouvons reprendre une progression normale, sans ouvreur.



Avec le soleil la faune semble se réveiller. Un lièvre court sur la neige et décrit des cercles sans but apparent, comme s'il cherchait à se dégourdir les pattes. Un peu plus loin, deux chevreuils grignotent les bourgeons d’une branche pliée par le poids de la neige.

Huitième et dernier jour. Nous descendons pour rejoindre la vallée de l'Orbe, au nord de Bois d’Amont . Le petit ruisseau est complètement gelé et le blizzard qui s'est remis à souffler en a dégagé la neige. Nous empruntons le lit de l'Orbe et nos pulkas glissent sans résistance.



Nous remontons ainsi le cours d'eau jusqu'au lac des Rousses que nous trouvons lui aussi en glace vive. Les crampons de nos raquettes crissent avec un bruit de verre brisé. Nous avançons ainsi sur toute la longueur du lac face au coucher du soleil dans une ambiance extraordinaire, un dernier cadeau de la nature.



L'expédition touche à sa fin et nous savourons les dernières heures.  Nous arrivons juste avant la nuit à notre véhicule resté là depuis huit jours et carapaçonné de neige. Nous sortons une dernière fois nos pelles.


Matériel emporté :

Pour les pulkas, nous avons utilisé des luges plastiques bi-places que nous avons transformées pour installer le système de trait. Au départ, elles contenaient une charge de 30 à 40 kg.
Petit matériel de réparation (fil de fer, ficelle, chatterton).
Nous avions deux tentes, gage de sécurité pour pouvoir être autonome et faire face à toutes les éventualités.
Une pelle à neige par personne, pour dégager une entrée de cabane ou construire un igloo.
En chaussures nous utilisons des coques plastiques pour une étanchéité totale et une bonne isolation thermique.
Raquettes à neige .
Lunettes de soleil et masque de ski, indispensable dans le blizzard.
2 paires de gants par personnes, bonnet et cagoule.
Scie à bois pliante.
2 réchauds à gaz Tri Star de Camping gaz. Ce modèle a la particularité d’avoir la cartouche reliée au brûleur par un tuyau souple. Cela permet  de poser la cartouche sur la casserole et d’éviter au gaz de geler.
3 gamelles de différentes contenances pour pouvoir faire fondre de la neige en grande quantité.
Sac de couchage 4 saisons en duvet (rapport poids, volume, chaleur le plus intéressant).
Nourriture pour 8 jours.
Une pharmacie très complète contenant notamment des antalgiques forts, de quoi faire un strapping ou des points de suture.

Pour l’orientation

Les cartes aux 1 :25 000 françaises (Top 25 3426 OT et Top 25 3327 ET) et suisses (1241 Marchairuz et 1221 Le Sentier).
Si nous avons principalement utilisé le GPS pour nous orienter, nous avions également les instruments classiques, boussoles et altimètres pour palier à une éventuelle défaillance de l’électronique.
« Modifié: 03 février 2013 à 16:13:13 par Outdoorsman »
"On a beau donner à manger au loup, toujours il regarde du coté de la forêt. " Ivan Tourgueniev
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" Edward Whimper
"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

30 mars 2009 à 23:35:50
Réponse #1

lambda


Superbe aventure, les gars.
un compte rendu qui transmet bien ce que vous avez ressenti...
droles de conditions pour une drole d aventure...  :doubleup:
Respect les gars... :akhbar:

a +
Lambda

"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

30 mars 2009 à 23:54:02
Réponse #2

Berhthramm


Etant ado j'avais trainé des spatules, couru et fait du VTT dans les bois du Risou... Grâce à vous j'ai bien envie d'y retourner un jour....

31 mars 2009 à 00:00:03
Réponse #3

Outdoorsman


Etant ado j'avais trainé des spatules, couru et fait du VTT dans les bois du Risou... Grâce à vous j'ai bien envie d'y retourner un jour....

Je te conseille vraiment le Jura en hiver. Rien à voir avec l'été. Les conditions climatiques, l'ambiance forêt boréale, assurent un dépaysement total.
"On a beau donner à manger au loup, toujours il regarde du coté de la forêt. " Ivan Tourgueniev
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" Edward Whimper
"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

31 mars 2009 à 00:07:16
Réponse #4

Berhthramm


pour les spatules c'était l'hiver, pour la course et le VTT... c'était aussi l'hiver mais celui-là il y avait pas de neige...

:)

31 mars 2009 à 01:43:51
Réponse #5

Erben


A lire les aventures de chacun et surtout si elle sont extremes , cela donne qu'une chose : l'Envie.

apres il faut le physique et la preparation, et chapeau bas pour cette experience et cette rencontre avec la mere nature.

31 mars 2009 à 08:31:32
Réponse #6

swisstraceur


Superbe récit !  :love:  Merci.  :doubleup:

Comme quoi il n'y a pas besoin de partir à l'autre bout du monde pour être dépaysé. Je ne pensais pas que ce coin pouvait tant ressembler au Grand Nord en plein hiver. Ca donne envie...
Ses journées étaient occupées à scier, chasser, pêcher, coudre et réparer. Une vie est réussie quand elle n'est faite que de verbes d'action.


31 mars 2009 à 08:34:05
Réponse #7

Kilbith


Bonjour,

Merci, très bon récit. Je ne connais pas le Jura car c'est loin de ma base....mais cela me tenterais bien en hiver.  8)


Citer
il faut que je préchauffe le réchaud contre moi pour le faire démarrer, le pain ressemble à un morceau de bois, le fromage à une pierre. Tout doit être passé sur le réchaud pour pouvoir être consommé.

J'avais repéré le Tristar camping gaz : Tu peux nous en dire un peu plus sur son comportement par grand froid au delà du truc de la poser dur la gamelle (démarrage.....)

Qu'elle consommation de gaz sur le séjour avec un tel froid?

Pourrais-tu nous détailler les raquettes ainsi que les vêtements et nous indiquer le type de coque et les chaussettes ?

Je sais c'est un peu pénible.....mais le diable est dans les détails!  :)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

31 mars 2009 à 09:55:39
Réponse #8

Outdoorsman


J'avais repéré le Tristar camping gaz : Tu peux nous en dire un peu plus sur son comportement par grand froid au delà du truc de la poser dur la gamelle (démarrage.....)
Qu'elle consommation de gaz sur le séjour avec un tel froid?

Ce réchaud, qui malheureusement ne se vend plus, est vraiment bien pour les conditions hivernales. Par grand froid, la cartouche déportée peut être posée sur la gamelle ce qui la maintient à une température qui empêche le gaz de geler. Pour le démarrer, je mets la cartouche dans ma veste pour la préchauffer et si ça suffit pas je la chauffe avec une bougie. Ensuite la chaleur de la gamelle prend rapidement le relai.
Il est très stable par contre pas top par grand vent (je le mets alors au centre d'un karimat roulé et posé verticalement.

Pour la consommation, une grosse cartouche camping gaz fait 2 à 3 jours en conditions hivernales (avec fonte de neige) et environ 6-7 jours l'été.

Pourrais-tu nous détailler les raquettes ainsi que les vêtements et nous indiquer le type de coque et les chaussettes ?

Pour les raquettes, j'en ai testé bcp, notamment en location pour des clients, et le top du top c'est sans conteste la TSL 225. Attention, je parle pour des conditions françaises, au Canada c'est tout autre chose. Les 225 sont extrêmement solide (j'ai grimpé aux arbres avec et fait de l'escalade), elles accrochent bien en neige dure. Un inconvénient, mais que l'on retrouve sur presque ttes les raquettes : elles bottent parfois. On peut limiter cet effet en mettant un coup de bombe de silicone sous la raquette.
Pour les chaussettes, je prends des paires prévues pr le ski, à bouclettes, en mélange laine/synthétique.

Enfin pour les chaussures, coques plastiques Koflach mais qui ne se font quasiment plus. Asolo fait aussi un bon modèle que l'on trouve plus facilement. En conditions vraiment difficiles, les coques plastiques sont pour moi un gage de sécurité de par leur protection contre le froid et leur étanchéité.
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"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" Edward Whimper
"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

31 mars 2009 à 10:25:51
Réponse #9

Outdoorsman


Ce qui signifie ? accumulation de neige ?

On dit que ça botte (pour des crampons, des skis, des raquettes...) quand un sabot de neige se forme sous l'engin. Ce sabot peut atteindre jusqu'à + de 20 cm de hauteur. On porte alors le poids inutile de cette neige.  >:(
Cela arrive fréquemment quand une neige froide commence à s'humidifier.
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"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

31 mars 2009 à 15:45:29
Réponse #10

Kilbith


Ce réchaud, qui malheureusement ne se vend plus, est vraiment bien pour les conditions hivernales. Par grand froid, la cartouche déportée peut être posée sur la gamelle ce qui la maintient à une température qui empêche le gaz de geler. Pour le démarrer, je mets la cartouche dans ma veste pour la préchauffer et si ça suffit pas je la chauffe avec une bougie. Ensuite la chaleur de la gamelle prend rapidement le relai.
Il est très stable par contre pas top par grand vent (je le mets alors au centre d'un karimat roulé et posé verticalement.

Pour la consommation, une grosse cartouche camping gaz fait 2 à 3 jours en conditions hivernales (avec fonte de neige) et environ 6-7 jours l'été.

Pour les raquettes, j'en ai testé bcp, notamment en location pour des clients, et le top du top c'est sans conteste la TSL 225. Attention, je parle pour des conditions françaises, au Canada c'est tout autre chose. Les 225 sont extrêmement solide (j'ai grimpé aux arbres avec et fait de l'escalade), elles accrochent bien en neige dure. Un inconvénient, mais que l'on retrouve sur presque ttes les raquettes : elles bottent parfois. On peut limiter cet effet en mettant un coup de bombe de silicone sous la raquette.
Pour les chaussettes, je prends des paires prévues pr le ski, à bouclettes, en mélange laine/synthétique.

Enfin pour les chaussures, coques plastiques Koflach mais qui ne se font quasiment plus. Asolo fait aussi un bon modèle que l'on trouve plus facilement. En conditions vraiment difficiles, les coques plastiques sont pour moi un gage de sécurité de par leur protection contre le froid et leur étanchéité.

Merci...comme j'ai le même matos pour l'hiver je me permet de "plussoyer".

Le tristar est pas mal pour l'hiver mais malheureusement il ne dispose pas d'un réchauffeur. On ne peux donc pas retourner la cartouche pour le faire fonctionner facilement en "phase liquide" (cartouche à l'envers).
Deux défauts : le tube en caoutchouc qui le relie à la cartouche devrait être changé au bout de quelques années mais il est clipsé donc pas facilement changeable. Les cartouches Camping gaz sont une spécificité française. A l'étranger il faut un adaptateur comme celui que vends Markill.

Les 225 font l'unanimité.

J'avais une paire de koflach (les vario rouge et jaunes). Ce sont de bonnes chaussures pour la neige sur plusieurs jours. Elles sont devenus trop petites pour moi. Pour les remplacer, j'ai pu acheter aux USA une paire de Lowa civetta qui ne sont pas mal non plus. Les chaussons sont confortables lors des bivouacs froids.

Merci...reste à détailler tes vêtements   :D
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

31 mars 2009 à 16:34:05
Réponse #11

Outdoorsman


Deux défauts : le tube en caoutchouc qui le relie à la cartouche devrait être changé au bout de quelques années mais il est clipsé donc pas facilement changeable. Les cartouches Camping gaz sont une spécificité française. A l'étranger il faut un adaptateur comme celui que vends Markill.
...

Merci...reste à détailler tes vêtements   :D

Pour le Tristar le tube est en effet le point faible même si pour l'instant je n'ai pas eu à le changer (j'ai le réchaud depuis une dizaine d'année). Je croise les doigts...
Trouver les cartouches camping gaz est en effet un pb à l'étranger. J'ai pu en trouver au Quebec chez Chlorophyle mais ça reste difficile voire impossible ds de nombreux pays. En zone reculée un réchaud multi combustibles est incontournable.

Pour les vêtements : les fameuses 3 couches : sous vêtements respirants, polaire et gore tex. Pour le soir au bivouac j'ai une veste sans manche en duvet synthétique que je rajoute entre la polaire et la surveste.
pour le bas, un collant fin et un pantalon gore tex par dessus.

Dans de telles conditions il est important de bien gérer ses couches pour ne pas trop transpirer : pdt ce périple je n'ai svt porté qu'une chemise en polaire et ma veste gore tex la journée malgré les grands froids.
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"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

31 mars 2009 à 16:46:08
Réponse #12

lambda



Dans de telles conditions il est important de bien gérer ses couches pour ne pas trop transpirer : pdt ce périple je n'ai svt porté qu'une chemise en polaire et ma veste gore tex la journée malgré les grands froids.


+1000  :)

petit a petit, j ai pu remarquer que tant que je ne transpire pas, (ne pas hesiter a enlever et remettre les couches autant de fois qu il faut pour etre a l aise), si j ai a pas de probleme de sante, de manque de sommeil, et que je me suis alimente correctement alors:
- meme par grand froid (entre -20 et -30, mais en l absence de vent), ca me suffit d avoir une activite physique moderee a soutenue pour se maintenir chaud: marcher avec un sac et/ou la pulka ou bouger du bois.

et dans ce cas, juste avec un sous vetement thermique et une petite veste polaire ouverte, ca suffit a mon confort.

Finalement, je me dis que, en climat arctique, ou equivalent tels que vous les avez connus, les gros vetements protecteurs (doudoune, combi...) voient surtout leur utilite en statique, ou lorsque la meteo est mauvaise generant des conditions de merdes... ca reste, bien sur, des items essentiels mais a usages intermittents pour moi.

a+.
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

31 mars 2009 à 16:52:51
Réponse #13

Outdoorsman


Finalement, je me dis que, en climat arctique, ou equivalent tels que vous les avez connus, les gros vetements protecteurs (doudoune, combi...) voient surtout leur utilite en statique, ou lorsque la meteo est mauvaise generant des conditions de merdes...

Tafdak. J'ai un copain qui est parti 18 mois en antartique et qui avait en dotation une veste genre bibundum. Il ne l'a pas mis une seule fois : trop chaud, trop encombrant. Il n'a utilisé que ses polaires/gore tex.
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31 mars 2009 à 19:21:17
Réponse #14

Kilbith


Citer
Finalement, je me dis que, en climat arctique, ou equivalent tels que vous les avez connus, les gros vetements protecteurs (doudoune, combi...) voient surtout leur utilite en statique,

Oui, en statique tu dégages environ 120 à 80w/m2, en dormant environ 50w/m²  pour être confortable il te faut donc approximativement le même type d'isolation que pour dormir. C'est à dire, sur tout le corps, un vêtement de la même épaisseur que ton sac de couchage   :blink:

En revanche à l'effort ton dégagement de chaleur croit énormément surtout dès que tu ne marches plus sur le plat (la marché est très économique). Tu peux augmenter ton dégagement d'énergie jusqu'à des valeurs énormes (tant que tu as des réserves d'énergie et que ta forme physique te le permet).

A l'effort (marche dans la neige) tu dégages tellement de chaleur qu'il suffit que la convection soit faible pour avoir chaud. En l'absence de vent un simple pull , avec du vent une simple barrière coupe vent.

On le sait tous, mais il faut constamment se le répéter.   ;)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

31 mars 2009 à 21:08:01
Réponse #15

lambda


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