Nos Partenaires

Auteur Sujet: Pourtant il ne gèle pas encore...  (Lu 2532 fois)

30 novembre 2008 à 05:01:02
Lu 2532 fois

Anke


Mais y'a des gens qui meurent dehors, déjà...
Alors je me pose les questions et comme je n'ai pas les réponses... ben je vous demande ce que vous en pensez.
Bon, on a à priori tout ce qu'il faut, les assocs, le samu social et tout le bazar. N'empêche y'a des gars qui n'en veulent pas, ils préfèrent rester dehors. Certes on pourrait les amener de force dans les centres et les obliger ( qui a eu cette idée débile ?) et comme ça on aurait la conscience tranquille, mais de cette façon, on apporterait une réponse à nous, pas à eux !
Et puis j'ai vu à la tv ces espèces de cabanes faites de bric et de broc et du coup, j'ai pensé à nos escapades à nous, quand on va faire les zouaves dans la verte, pour quelques heures ou quelques jours. Et qu'est-ce qu'on cherche à ce moment là, à s'évader un peu, à s'oxygèner les neurones, à se retrouver, parce qu'on a besoin de voir autre chose que le quotidien pas toujours rigolo qu'on a du mal à supporter quelquefois.
Et si eux c'était pareil, mais que eux, ils aient vraiment tranché la "corde" qui est sensée les relier à nos sociétés et leurs règles, parce qu'ils n'en veulent plus ?
Ils se sont fait leur petit coin à eux, leur nid en quelque sorte avec peu de moyens, voire pas de moyens du tout. Et que leur propose-t-on pour qu'ils survivent ? Repas chaud, douche, dortoir et ce qui va avec, càd renouer les liens sociaux et gnagnagna, un projet, un boulot, des impots etc...
Mais ça ils n'en veulent plus depuis belle lurette( et sommes nous bien sûrs que c'est si bien que ça d'ailleurs ?), c'est pour ça qu'ils ont choisi la rue ou les bois, et c'est pour ça qu'ils veulent y rester, et ce n'est pas pour autant qu'ils doivent y crever.
Alors si on leur donnait juste les moyens de rester en vie en respectant leurs choix ?
Ce pourrait être leur donner du matos pour se réchauffer, un tente, un duvet. Leur apprendre comment faire, les aider à se faire une vrai cabane, des trucs comme ça.
Enfin voilà, je me gourre peut-être complètement, c'est juste un sentiment de malaise devant les choix qu'ils ont, les moyens qu'on leur laisse dans notre monde.
Et puis, ça pourrait être nous, on a vite fait de "basculer" pour tout un tas de raisons...

30 novembre 2008 à 06:35:44
Réponse #1

romrom51


certains ont peut etre choisi de vivre "couper" de la société mais amha les autres n'ont pas le choix ,ils N'ont pas choisi de vivre sous un bout de tole avec un vieux sac de couchage
de plus , les" marginaux " volontaires ne seront jamais légalement autorisés à vivre comme ils Veulent ,car cela choque les ames bien pensantes.donc ,personne ne les aidera et ils finiront par etre réintegrer de force dans la société
"Le capitalisme ,c'est l'exploitation de l'homme par l'homme ;le syndicalisme c'est le contraire"  Coluche
http://omegapetit.labrute.com
http://labrute.fr/team/204019

30 novembre 2008 à 09:00:35
Réponse #2

Bison


Bonjour,

Suite à un post de Mad sur RL, j'ai été voir ce que l'on dit de ce bouquin :

"Les Naufragés" de Patrick Declerck dans la collection "Terres humaines"

Rien qu'une présentation de l'ouvrage donne déjà à réfléchir.

Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

30 novembre 2008 à 09:01:36
Réponse #3

Leif


 :)

http://www.dailymotion.com/relevance/search/brassens/video/x2kfvo_georges-brassens-la-mauvaise-rputat_music

tout a fait d'accord avec toi, mais il y aura toujours des gens mesquins qui vont dire mais moi personne ne m'aide a faire ma maison de 230 m carre, c'est inacceptable.

Apres tu peux aussi avoir le soucis d'une transformation en société parallèle, une cour des miracles et ça le roi n'est pas d'accord.

Construire une cabane en dur ne coute pas cher, mais dans la touraine les maçons du coeur sont en fermeture >:(.

Accepter le mode de vie de son confrere est dur quand il est different du notre.

La question que je me pose ce n'est pas pourquoi des gens veulent vivrent dans des cabanes quitte a mourir de froid mais pourquoi ils ne veulent plus plus vivres dans la societe?

a+

jeff  

30 novembre 2008 à 09:22:30
Réponse #4

Gwangi


Pour avoir un bon moment vécu en squatt et dans la rue, Anke, je te garantis qu'on ne choisit pas ce genre de galère. Même dans les milieux punks, qui semblent plus heureux de leur situation : on squatte parce qu'on ne peut pas faire autrement si on veut garder notre mode de vie, mais on préfèrerait de loin un bon appart' confortable comme tout un chacun. Peut-être avec une déco un peu plus criarde, mais bon...

Il y a surtout un cercle vicieux qui s'instaure : on ne veut pas y être, mais à force d'être dans la rue, le fatalisme gagne et on ne se donne plus les moyens d'en sortir. Volonté annihilée, même sans la came et l'alcool. Bienheureux ceux qui s'en sortent...

Les foyers sociaux ? Des nids à emmerde, on t'y pique le peu que tu possèdes, y compris le semblant de liberté dont tu te fais une illusion. Même si ce n'est que pour une nuit. On n'a plus vraiment de dignité, mais on ne veut pas le montrer aux autres, alors on préfère rester planqué dehors, en se protégeant tant bien que mal du froid. Même à mon pire ennemi (et je suis d'un naturel pourtant rancunier) je ne souhaite de se retrouver dans cette situation. Pour moi, ça n'a pas été le pire, loin de là, puisque je traînais en squatt, et pourtant, même là c'est pas drôle du tout.

Ton idée de leur donner les moyens, Anke, est excellente. Elle est d'ailleurs déjà appliquée par pas mal d'organismes de bénévoles (tentes, sacs de couchage, couvertures de survie...). Le problème, c'est qu'on apprend tellement bien à être invisible que plus personne ne nous remarque, même en nous cherchant pour de bon. C'est pourtant bien la meilleure solution je pense : en retrouvant une autonomie pratique, on peut retrouver un peu d'amour-propre.

30 novembre 2008 à 10:48:24
Réponse #5

lepapat


Il y a une phrase qui m' a frapper

Citer
A l'opposé de l'a priori victimisant que l'on peut avoir sur les clochards, on est entend parfois aussi celui, plus souterrain, qui considère qu'il est nécessaire à l'ordre social que la vie des clochards soit difficile ; l'apparence qu'ils donnent d'être libres et sans obligations étant séduisant et donc dangereux pour cet ordre. Ainsi, pour certains, il faut que ce qui est vu comme un " choix " (grave erreur que ce terme !) se paye.

Pour l' idée de Anke, il y a certainement du matos ( tentes, sacs de couchage, réchaud, vêtement chaud, rations de combats, ect ) qui doivent " pourrir " dans les dépôts de l' armée. Au lieu de les brûler, de les revendrent aux armées Africaines ( qui deviennent les " poubelles " des armées modernes ); ne peut on pas donner çà à ceux qui sont dans la rue, ainsi que des bouquins de " survie ", pour leurs expliquer comme ne pas crever de froid, ect
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


30 novembre 2008 à 11:18:09
Réponse #6

guillaume


Un fait assez complexe tout cela...

Je pense qu'il faut réaliser les voeux des différentes personnes : untel va vouloir aller dans un centre puis ensuite va vouloir essayer de s'en sortir, untel va vouloir couper les liens avec la société, là il faut l'aider matériellement, etc.

a+

30 novembre 2008 à 11:42:55
Réponse #7

jilucorg


Les foyers sociaux ? Des nids à emmerde, on t'y pique le peu que tu possèdes, y compris le semblant de liberté dont tu te fais une illusion.

Il me semble que c'est ce qui est mis le plus souvent en avant par les "intéressés" eux-mêmes : non pas un choix positif de ces solutions individuelles, mais un refus de ce qui existe par ceux qui ont encore la force et l'énergie de pouvoir choisir, c'est à dire le refus des foyers d'hébergement actuels, avec les conditions déplorables voire dangereuses de l'accueil collectif proposé.
La solution, pour toutes les assos de terrain, se trouve dans la nature et le nombre des hébergements, en commençant par la réquisition des innombrables immeubles laissés inoccupés, en poursuivant par la mise en œuvre effective d'un véritable plan de construction d'hébergements d'urgence assurant des conditions d'accueil décentes. Aider, selon moi, c'est avant tout pousser à cela. Parce que les exclus meurent — en silence et dans l'indifférence des médias et de tous — toute l'année de ce problème d'hébergement (qui conduit à l'isolement), pas seulement en hiver.


jiluc.

30 novembre 2008 à 11:56:27
Réponse #8

moosecrossing


Il me semble que c'est ce qui est mis le plus souvent en avant par les "intéressés" eux-mêmes : non pas un choix positif de ces solutions individuelles, mais un refus de ce qui existe par ceux qui ont encore la force et l'énergie de pouvoir choisir, c'est à dire le refus des foyers d'hébergement actuels, avec les conditions déplorables voire dangereuses de l'accueil collectif proposé.
La solution, pour toutes les assos de terrain, se trouve dans la nature et le nombre des hébergements, en commençant par la réquisition des innombrables immeubles laissés inoccupés, en poursuivant par la mise en œuvre effective d'un véritable plan de construction d'hébergements d'urgence assurant des conditions d'accueil décentes. Aider, selon moi, c'est avant tout pousser à cela. Parce que les exclus meurent — en silence et dans l'indifférence des médias et de tous — toute l'année de ce problème d'hébergement (qui conduit à l'isolement), pas seulement en hiver.


jiluc.
ça me scandalise ça. J'ai vécu 3 ans à Bordeaux, une ville aux loyers bien gonflés et aux immeubles assez magnifiques en centre ville.
Dans ce même centre ville on peut compter par dizaines je suis sûre les appartements laissés en plan.

Sur la place de l'hotel de ville, un immeuble a été muré. Sur un grand cours, un autre incendié et jamais remis en état.
j'espère que c'est occupé malgré tout, c'est un gâchis inssuportable...
partout, y'a des baraques et des apparts laissés en plan !  >:(
« Modifié: 30 novembre 2008 à 16:05:44 par moosecrossing »

30 novembre 2008 à 15:37:44
Réponse #9

SavageBeast


Je crois que c'est une situation complexe, et que les personnes qui se sont retrouvées à la rue n'ont plus forcemment confiance dans les institutions qui sont censées s'occuper d'elles. A partir du moment où l'on est dans un foyer pour une nuit ou plus, on doit se plier à certaines régles, pour la stabilité de la communauté, hors dans les faits, il semblerait que bon nombre de personnes rejettent ces régles, car elle sont considérées comme un agression (peut-être ont elles raison d'agir ainsi). Je dû m'occuper de l'un des abris souterrains pour des réfugiés, ouvert en hiver à Genève, et il était difficile d'obtenir une collaboration raisonnable avec ces gens.

Les WC avaient été souillés assez rapidement, et les lieux devenaient infâmes. Nous avons apporté des produits de nettoyage, gants et les outils nécessaires pour une remise au propre, personne n'a voulu collaborer. Ces personnes prétendaient que nous mettions au net le bordel qu'elles avaient fait. Pour obtenir la collaboration des gens, je me suis vu dans l'obligation de leur expliquer que faute de propreté dans les locaux, je devrais fermer les locaux pour faire venir une équipe de désinfection, et qu'ils n'auraient plus d'endroit où venir.

30 minutes plus tard, les toilettes étaient propres, les douches aussi, et les dortoirs avaient été rangés. Je pense qu'en vivant dehors, on perd assez vite la notion de limites nécessaires en sociétés, et que l'on devient une sorte de robinson de la civilisation, en n'arrivant plus à nous insérer dans son mode de fonctionnement.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité