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Auteur Sujet: Be the Grey Human = arrêter de marquer le territoire  (Lu 50179 fois)

11 novembre 2008 à 17:59:02
Lu 50179 fois

** Mathieu **


On a tous le même taux de testostérone relativement à notre morphologie ; on en aurait trop ou pas assez qu'on serait malade ; les hormones ça rigole pas...
Idem pour les dames avec les oestrogènes...

Qu'est-ce qui fait alors qu'on est un macho viril ou une bimbo chaudasse ?
Et bien ce n'est pas un excès d'hormones comme on voudrait le faire croire ou bien une qualité génétique supérieure...
Mais une stratégie de marquage du territoire purement symbolique.
Les "attributs" variables selon les époques, les modes, les clans, etc.
La marque faisant le territoire...

Be the Grey Man ou the Grey Girl, qu'est-ce que cela signifie donc :

arrêter de marquer le territoire : être transparent ;

Cette disparition tactique apportera un confort stratégique...
Et peut aussi constituer le point de départ d'une existence plus humble et altruiste...

Konrad Lorenz, L'agression
W. H. Thorpe, Learning and Instinct in Animals


------------------------------------------------

BE THE GREY HUMAN

L'aptitude du Grey Human consiste à se fondre en un lieu, un temps et un environnement au-travers d'une stratégie globale adaptative.
L'apparence anodine ne suffit pas à répondre au concept de Grey Human.

Un Grey Human sera excessivement anticipatif, actif, agissant à priori.

Sa communication verbale et corporelle seront des outils qui l'aideront à se fondre dans un contexte. En aucune manière cette aptitude ne présupposera de la qualité fondamentale de son caractère.

Un Grey Human doit disposer d'une aptitude à la projection afin de calculer au mieux les probabilités d'évolution de situations constamment changeantes.

skills (strategy – tactics – artifice) - awareness - mindset



SKILLS : -------------------------------------------------------------------


Stratégies :

- à définir en fonction du contexte ;
ici :
Dans un cadre urbain de vie quotidienne pour un citoyen lambda :
Be the Grey Man = transparence = évitement de situations qui puent = moins de stress = plus de disponibilité = moins d'embrouilles


Qualités :

- anticipation, adaptation et pragmatisme pour tout le temps « mener le jeu »
- capacité de manoeuvrer très rapidement - tout en restant à couvert...
- crédibilité
- capacité à imiter
- capacité au dialogue, ou à la retenue
- diplomatie
- dons d'acteur
- écoute (dans tous les sens du terme)
- capacité à se fondre, rythmiquement
- capacité à « respirer selon le poumon local »
- un sens du placement hyper-développé
- capacité à improviser tout en restant crédible
- capacité à se synchroniser avec l'interlocuteur (synchronisation PNL : établir le rapport = accompagner et refléter)
- flexibilité comportementale


Tactiques :

- ne pas afficher ostensiblement de symboles
- faire profil bas
- dans certains cas il peut-être utile de passer pour plus faible ou plus bête que ce que l'on est pour ménager un avantage tactique
- aider sans contraindre
- éviter d'être trop démonstratif
- éviter de s'enfermer dans un cadre artificiel : le gars super cool, le gars agressif, le gars leader, etc.
- rester discret, casser sa présence
- essayer d'être invisible, inexistant, mais libre de toute contrainte et résultat
- toujours naviguer dans le sens du courant
- être arrangeant
- ne pas se faire remarquer, ne pas attirer l'attention sur soi
- paraître le plus faible possible pour être sous-estimé
- toujours chercher l'évitement du conflit sans jamais accepter de se faire défoncer le cul pour autant
- user du regard frontal avec parcimonie : le regard est déjà un moyen de pénétrer l'espace de l'autre, il faut donc veiller à ne pas se faire trop intrusif...
- respecter l'espace vital ou intime de l'autre, pas se coller à lui pour lui parler
- éviter qu'un conflit d'idée ne dégénère en conflit de personnalité
- être assertif (selon Searle) : rester concret, sur les faits uniquement, informer. En gros, quand des types dans la rue m'interpelle pour me demander une clope/de l'argent/l'heure, ma réponse reste courtoise et la plus neutre possible :
Non je ne fume pas/ pas de montre (et c'est vrai en plus), plus de monnaie (très souvent le cas)
avec un sourire, en regardant en la personne dans les yeux, en ralentissant mais sans m'arrêter. Pas d'autres commentaires
- être souriant, toujours sympa et plus qu'opérationnel.
- adopter une attitude toujours amicale et souriante (même quand le mec en face ne le mérite pas...)
- adopter un ton de voix calme, posé et pourtant rempli d'une "saine" assurance (le gars qui sait ce qu'il fait, dit et veux par opposition à celui qui veut en mettre plein la vue sans savoir ou il va).
- de la diplomatie : éviter le conflit tout en cherchant à exprimer ses idées, avoir une attitude apaisante , permettre aux autres de s'exprimer mais garder son propre cap... faire coopérer des individus ensemble etc. pouvoir être un leader positif, pas despotique et se retirer de la place quand le but est atteint.
- éviter les territoires "hostiles" et si on doit y aller, se démerder pour ne pas être repérable.  Même les fourmis font ça en déguisant leurs phéromones pour aller piquer dans les nids des voisines.  Si le mâle alpha d'un bar décide que je lui fais de l'ombre et vient faire sa petite danse rituelle, j'ai encore le choix.  Je peux décider qu'il n'est plus le mâle alpha (auquel cas je sors de mon statut "gris" et je deviens un acteur très visible), et l'exploser.  Ou je peux comprendre l'enjeu et me soumettre symboliquement, puis me barrer.  Il reste alpha sur ses terres, il est content, et moi j'ai atteint mon objectif (pas d'embrouilles qui me foutent des bâtons dans les roues).
- Quand quelqu'un essaye de t'embrouiller, lui raconter se qu'il veut entendre et ne plus le revoir
- ne pas entrer dans ce bar que je ne capte pas, ne pas prendre ce coté de trottoir car il y a un groupe que je n'aime pas, changer de rame quand on voit rentrer un groupe glauque, voir sortir, mais sans se faire repérer.
- rester dans le politiquement correct.


Artifice :

- langage parlé
- langage corporel
- apparat vestimentaire
- Des vêtements passe-partout, dans des teintes neutres.
- être discret
- la manière dont on "habite le vêtement". A mon avis, il faut surtout être en harmonie intérieure avec son style, et pas en guerre avec les autres. A partir de là, la tenue importe, mais de manière plus relative, et inversement, si on essaye de bricoler son apparence pour faire du low profile au forceps, ça pourra sonner faux.
- le vêtement est un vecteur important d'adaptation et il doit être étudié avec soins.
- le camouflage a ses limites et peut aussi être une manière de se faire repérer comme étant activement défensif et non pas agressif.  Bref la non-communication volontaire de signes ostentatoires est un signe ostentatoire du fait qu'on n'est pas ostentatoire.



AWARENESS : -------------------------------------------------------------------

Repérer :

- sens aigu de l'observation
- La tenue vestimentaire, l'attitude, le placement corporel sont autant de signaux de lecture à prendre en considération.
- être vigilant
- dévelloper des antennes à détecter les problèmes.


Connaître et comprendre :

- connaître la théorie des actes de langage
- comportementalisme (voire, éthologie, si l'on considère que nous sommes à peine le plus évolué des grands singes)
- la compréhension fine des mécanismes de la violence, et des types de violence, me permet de la reconnaître, de la comprendre, et parfois de la prévenir.  Je ne changerai pas la couleur de ma peau ni ma physionomie, ni mon origine.  Par contre j'éviterai de me balader en shorts et torse-poil devant la sortie de la mosquée, j'éviterai de gueuler Allah uh akhbar en montrant mon cul dans un rassemblement néo nazi, et à la sortie du match de foot hyper chaud PSG/OM, j'irai pas faire des doigts aux supporters du PSG en portant un maillot de l'OM, ou inversement.  En gros Lorentz a posé les bases d'une typologie qui réunit trois grands types de violence : violence de stigmatisation, violence territoriale, violence de prédation...  un comportement "d'humain gris" fera simplement en sorte de donner le moins de prise possible aux trois.
- connaître et comprendre de quelles stigmatisation on peut être la cible, et à partir de là soit gommer -- si possible et si on le souhaite -- les traits """""incriminants""""" (je mets plein de guillemets parce que les traits ne sont incriminants que du point de vue des gros connards qui stigmatisent, hein, nous sommes d'accord).  Concrètement pour moi ça a été de me raser les cheveux et de me faire pousser la barbe.  Deux traits que les indiens n'ont normalement pas, en tout cas pas dans les représentations de l'indien qu'on a.  Sans barbe et avec les cheveux longs, et surtout en été quand j'étais bronzé, c'était souvent chiant.  J'ai fait mes choix.  J'aurais aussi pu décider d'afficher ouvertement mon appartenance ethnique, de la renforcer, de m'affirmer moi-même.  J'ai opté pour la camouflage parce que c'était plus facile, et que ça me permettait justement de pouvoir fonctionner et atteindre mes objectifs à moi sans obstacle inutile. 
- comprendre à quel type de prédation on peut être confronté.  Moi, mâle peu fortuné de 125kg poilu, je risque assez peu d'être la cible d'un pervers sexuel (quoi qu'on sait jamais), ou la cible d'un braquage.  Pourquoi ?  Parce qu'encore une fois je suis "gris".  Je ne représente pas une cible attrayante, et en plus je suis une grosse menace potentielle...  bref un rapport risque/bénéfice pas intéressant pour un prédateur.
- se comprendre soi pour connaitre ses limites, ses réactions suivant les situations etc. savoir se préserver et instaurer une distance dynamique avec les gens pour garder du recul par rapport aux situations. pouvoir être bien seul avec soi même mais au milieu des autres.
- de la psychologie: connaitre le fonctionnement de quelqu'un, comprendre ce qui se joue au niveau des relations dans un groupe. décrypter les enjeux, les conflits d'intérêts, les règles instaurées etc.



MINDSET : -------------------------------------------------------------------


- générosité
- sens du partage
- sens de l'humour, de la dérision
- approche philosophique de l'existence
- respect de l'autre, et de soi
- ouverture, perméabilité
- ne pas chercher à avoir raison
- ne pas chercher à rendre justice
- rester humble
- ne rien attendre des autres en retour
- ne pas chercher à convertir
- être à l'écoute des autres
- être mesuré, pondéré, en toutes circonstances
- ne plus être esclave de son statut social ou de ses pulsions de primate
- ne pas oublier qu'une discussion n'est pas une course, ni une rencontre politique avec un temps de parole limité... bref apprendre à écouter sans interrompre...
- ne pas monter au créneau a tout bout de champ par principe et dresser la crête pour des babioles, même si on a raison...
- la capacité et la maturité nécessaires à dépasser mes pulsions d'homme des cavernes.  Quand un mec m'insulte violemment pour chercher une réaction et une justification à son propre passage à l'acte, l'envie est souvent (encore) forte de mordre à l'hameçon et d'aller au charbon.  Il y a une partie de moi, le mâle alpha qui craint par-dessus tout de perdre son statut d'alpha, qui a envie d'éliminer physiquement le rival.  Le fait de comprendre tous ces mécanismes et de M'EN AFFRANCHIR, autrement dit de me marcher un peu sur les c*u!lles pour avoir un comportement adapté à mes objectifs de vie à moi, c'est être un humain gris.  C'est accepter de baisser un peu la tête et de m'excuser d'être un gros enc**é si ça peut m'éviter de devoir cogner/blesser un mec, et risquer la même chose, et d'être subitement enfermé dans une spirale merdique de suites judiciaires et/ou de vengeance à rallonge, etc.  Et si cette attitude de fausse soumission ne suffit pas, je conserve l'avantage de la surprise. 
- Le Grey Human, c'est le sage taoïste. Il se fond dans son environnement et il craint comme la peste d'attirer l'attention sur lui. S'il fait le bien, il évite d'en recueillir le mérite, car le mérite fait des envieux,il essaie de paraître inutilisable, car se faire utiliser c'est se faire user, etc...  Comme dit un personnage de ce type qui regrette que sa réputation soit venue aux oreilles du roi : " Que mon nom soit connu parmi les princes montre que j'ai transgressé les enseignements de mon maître en révélant mes capacités. Cependant mon nom ne repose pas sur le fait que j'ai mésusé de ma force mais sur le fait que je sais l'employer."





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GLOSSAIRE

STRATEGIE : art de combiner moyens et ressources en fonction des contingences ; Dans le cadre du Grey Human : ensemble d'étapes mentales et comportementales utilisées pour atteindre un objectif spécifique.
"L'établissement d'une stratégie exige : d'une part, l'estimation de probabilités de réalisation des éventualités susceptibles d'être retenues ; d'autre part, l'adoption d'une règle ou d'un indicateur de préférence permettant de classer les résultats escomptés par la mise en œuvre de différents scénarios." WIKIPEDIA

TACTIQUE : Contrairement à la stratégie qui a un objectif global et à plus long terme, la tactique a un enjeu local et limité dans le temps. WIKIPEDIA

COMPORTEMENT : Attitude physique et réactions que nous choisissons d'avoir pour interagir avec les autres et avec l'environnement. WIKIPEDIA

CAPACITE : Maîtrise de toute une gamme de comportements/savoir-faire. WIKIPEDIA

ENVIRONNEMENT : Le contexte extérieur dans lequel s'opère notre comportement. L'environnement est perçu comme "en dehors" de nous, et ne fait donc pas partie de notre comportement mais plutôt de quelque chose à quoi nous devons réagir. WIKIPEDIA

IDENTITE : Le sens de qui nous sommes. Le sens de notre identité structure nos croyances, nos capacités, ainsi que nos comportements en un seul système. WIKIPEDIA

EDITE
« Modifié: 20 novembre 2008 à 19:18:15 par Mathieu »

11 novembre 2008 à 18:07:42
Réponse #1

promeneur4d


...une liste :

- ne pas afficher ostensiblement de symboles
- ne pas chercher à avoir raison
- ne pas chercher à rendre justice
- faire profil bas
- aider sans contraindre
- ne pas être trop démonstratif

Qu'en pensez-vous ?

non

en faisant ca je pense qu'on laisse trop de pouvoir aux ...(insulte qu'on veut)

Si tout le monde affichait ses symboles, tout le monde cherchait a rendre justice on aurait le monde parfait. Mais il faut le faire des le début.
J'ai des amis avec lesquels je ne suis pas d'accord du tout sur pleins de points, mais ca nous empeche pas de l'etre...

Veut pas dire gd chose mon texte je reposterai plus tard
Si 86% de la population d'un pays veut pas d'OGM dans les champs et qu'ils sont plantés quand même, peut on parler de démocratie?

11 novembre 2008 à 18:08:57
Réponse #2

bison solitaire


Salut Mathieu,
je me suis déjà posé ce genre de question, sans parvenir à poser la chose aussi bien que toi.
Dans ma tête j'avais plus ou moins rassembler ces... "renoncements" sous une formule générique que j'avais intitulé "le sens du secret". Quelques uns sur ce forum sauront certainement où j'ai "piqué" ces termes.
Dans un autre registre, ce que tu as mentionné me fait aussi penser à la démarche chrétienne qu'on a tenté de m'inculquer lors de cours de catéchisme (pas de polémique, ce n'est qu'un constat); et après coup, ça crée plutôt chez moi une réaction épidermique anti concepts religieux, compte tenu de l'impact de la chose sur ma petite personne. Néanmoins je dois bien reconnaitre le bien fondé de tout ça, d'autant que ces concepts qu'on retrouve dans la (les?) religions ne sont sans doute que du bon sens.
Je réponds point par point plus tard... c'est l'heure de faire manger la petite et on plaisante pas avec la bouffe!!

11 novembre 2008 à 18:11:26
Réponse #3

lambda


+100000

("pour vivre heureux soyons discrets") et aussi dans un autre sens une manière de se rendre plus abordable...

Je vous invite à dresser une liste :

- ne pas afficher ostensiblement de symboles
- ne pas chercher à avoir raison
- ne pas chercher à rendre justice
- faire profil bas
- aider sans contraindre
- ne pas être trop démonstratif

Qu'en pensez-vous ?

Pour moi, c est une facon efficace de se "camoufler" en societe ou en groupe ou je ne me sens pas a l aise...
C est aussi, une facon de se donner plus de latitudes et de flexibilites dans mes futurs comportements, et d eviter de m enfermer dans un cadre artificiels : "le gars super cool, le gars agressif, le gars leader (ca ca pourra jamais arriver  ;D )"... et d eviter les marquages et etiquetages de comportements...
en restant humble et discret, tout est possible, je ne dois rien a personne, dans ma facon d etre, je suis invisible, inexistant, mais libre de toute contraintes et de resultats, on attend rien de moi specialement...

donc finalement, je reste seul reponsable de mon integration dans un groupe ou pas, a mon rythme... si je dois me faire mon "territoire" ou ma place, ben ce sera sans pisser sur l arbre de l autre, ca se fera sans heurt, sans prise de conscience veritable des autres membres du groupe...

et c est cool, jusqu a present ca se passe bien... bref, l element Lambda, ni alpha, ni omega, tranquille pepere, utile si possible et integre...  ;)...

"pour vivre heureux, vivons discret"

Ouaip, je suis pour, definitivement,...

Mais ca n engage que moi, et ca ne voudra jamais dire de baisser son froc, nuance...  ;)

a+,
Lambda

juste mon avis en passant, mon feeling...  :-[
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

11 novembre 2008 à 18:23:54
Réponse #4

Diurnambule


Il est certain que suivant la situation, ce genre de comportement peut aider !
Tout le temps ... je ne sais pas ! Si cela empêche un épanouissement personnel je ne vois pas l'intérêt !
La situation guidera donc ce choix pour moi ! En sachant souvent à l'avance ou l'on va se déplacer bien sur !

Je me ravise un peu :

Ce genre de comportement peux dénoter des signes de faiblesses pour un éventuel agresseur et vous transformer en proie !

Pas simple !

11 novembre 2008 à 19:31:47
Réponse #5

bison solitaire


- ne pas afficher ostensiblement de symboles
C'est une des raisons pour lesquelles je n'ai pas encore voulu me faire tatouer. A mon sens, ça vaut aussi pour les symboles religieux. Après faudrait aussi savoir pourquoi on affiche ostensiblement des symboles: être reconnu comme appartenant à, faire savoir qu'on veut être soi-même, faire croire qu'on veut être soi-même, recherche tribale/éthnique... mais aussi simple désir de provocation.


- ne pas chercher à avoir raison
autrement dit ne pas chercher à convertir, mais aussi être suffisamment à l'écoute... sans doute une manière de dompter l'égo...


- ne pas chercher à rendre justice
pas facile du tout, on a tous une idée de ce que devrait être la justice...


- faire profil bas
Vaut dans beaucoup de circonstance, difficile lorsqu'on assiste à une injustice justement, et encore plus difficile lorsqu'il y a accumulation d'injustice ou en tous cas de qu'on perçoit comme étant injuste...


- aider sans contraindre
C'est pas le fameux "donner beaucoup sans recevoir en retour"?? ( :D)


- ne pas être trop démonstratif
être mesuré, pondéré, en toutes circonstances. (C'est un peu pour ça que je ne supporte pas la compet: à cause souvent et notamment de l'attitude du gagnant... Ce n'est qu'un exemple bien entendu. ) Sans doute cela contribue-t-il à "maitriser" ses émotions...

11 novembre 2008 à 19:53:59
Réponse #6

Kilbith


Salut,

Mon conseil : porter une paire de lunette quand ce n'est pas utile....

Un BG n'a jamais de paire de lunette de vue....à part Boris Vassilieff bien sûr  8)

 ;)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

11 novembre 2008 à 20:05:41
Réponse #7

sharky


"Personne n'est capable de dissimiler totalement les signes d'une familiarité profonde avec la violence.

Ceux chez qui ils sont les plus évidents figurent parmi les plus endurcis. Ces hommes...ne savent pas cacher leur nature de prédateurs, à laquelle ils doivent leur survie, mais qui n'en ont pas la moindre envie. Cette catégorie, qui comprend les violeurs, les anciens détenus et une espèce particulière d'anciens soldats, dégage une vibration forte et très caractéristique qui la rend facile à repérer.

Il existe par ailleurs une autre catégorie qui est aussi intime, sinon plus avec la violence, mais plus consciente de l'odeur qu'elle laisse traîner derrière elle et donc plus à même de la dissimiler.
Cette espèce...est plus difficile à détecter, quoique souvent reconnaissable, non pas à cause d'une vibration particulière que d'une absence totale de vibration. Ces gens-là ont pris conscience des signaus dangereux qu'ils émettent  et ont réagi... en les escamotant. Au sein d'un envirronement social donné, ils se trahissent par par une absence, un manque comme une tâche grise dans une toile en couleurs ou un trou noir au milieu d'un champ d'étoiles.

La troisième catégorie, la plus complexe à saisir, est souvent impossible à déceler par les 2 premières...Les hommes qui la composent sont également le fruit de la violence mais ce sont des artistes du camouflage, des caméléons. Ceux-là dissimulent leur nature de prédateurs non pas en essayant de juguler la vibration, mais en dissimulant derrière une nouvelle personnalité.
Ils en prennent le modèle chez les civils, l'imitent tout d'abord, puis le projettent devant eux à la manière d'un hologramme."

Tiré de ma lecture du moment:"Une traque impitoyable" de Barry EISLER chez Pocket.

Stéphane
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

11 novembre 2008 à 20:34:37
Réponse #8

guillaume


les anciens détenus

Tous sans exception ? Tu ne crois pas que ton panier est un peu grand ?

a+

11 novembre 2008 à 20:42:43
Réponse #9

DavidManise


Je pense que l'important reste d'avoir un niveau d'abstraction suffisant, une vue d'ensemble du problème et des codes, méthodes, et outils dont on dispose.  Et de là, on choisit sciemment ce qu'on veut faire et projeter comme image.  

Selon qu'on veuille prendre l'avantage tactique (auquel cas il vaut mieux paraître le plus faible possible pour être sous-estimé) ou tenter la stratégie (sur son territoire, il est souvent utile de ne pas avoir une réputation de chiffe molle...), ou un mélange des deux...  Typiquement c'est sympa quand tactique et stratégie peuvent correspondre.  Et ça, concrètement, c'est seulement possible quand on ne cherche pas à écraser l'autre MAIS qu'on ne le laisse pas nous écraser. C'est la seule solution viable que je connaisse...  Ca veut dire toujours chercher l'évitement du conflit sans jamais accepter de se faire défoncer le cul pour autant.  Ca veut dire chercher la paix sans jamais laisser l'avantage tactique.

"Be the grey man" c'est éviter les extrêmes.  C'est toute une philosophie, en fait...  qui est très difficile à mettre en oeuvre quand à la base on a encore des problèmes avec la gestion de son égo, ou des doutes sur sa capacité à être réellement le mâle alpha (= le plus agressif, le plus con et le premier qui se fera planter un surin dans le dos).  Concrètement, moi, je vois les mecs qui sont réellement capables de fermer leur gueule comme les mâles super-alpha.  Non seulement ils ont les c*u!lles pour le job, mais en plus ils ont le cerveau aussi gros ;)

Sinon, dans l'absolu n'importe qui peut jouer la comédie pour arriver à ses fins. Je ne vois pas pourquoi un prédateur n'y arriverait pas, ni pourquoi un mec bien ne pourrait pas utiliser le même type de "camouflage éthologique" pour arriver à ses fins.  Faut juste connaître le code...  mais bon.  La comédie a quand-même ses limites.

Sinon pour l'anecdote : Je dis souvent que les seuls mecs qui me font vraiment peur sont ceux qui se marrent tout le temps ;)

Ciao ;)

David
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

11 novembre 2008 à 20:45:27
Réponse #10

sharky


Tous sans exception ? Tu ne crois pas que ton panier est un peu grand ?

a+

C'est pas "mon panier", je cite juste le passage d'un bouquin.
Je ne m'approprie pas forcément tout ce qu'il dit et plus c'est une traduction. Je trouve toutefois qu'il y a des idées intéressantes que j'ai voulu partager.

Stéphane
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

11 novembre 2008 à 21:03:44
Réponse #11

dents-de-sabre


C'est le fil le plus intéressant que j'ai pu lire dans cette rubrique depuis belle lurette  :popcorn:

Je sais pas si quelqu'un a déjà vu le film japonais ''Zatoïchi '' avec Takeshi Kitano..je crois que c'est la dernière version la pplus récente, bien que la légende de cet homme ait inspiré de très nombreux films nippons.

La version avec Kitano retraçant l'histoire de ce personnage aussi connu que Musashi  représente bien la philosophie du grey man et est intéressante à voir au moins une fois, au-delà du plaisir des oeils. :)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Zatoichi

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/dossier/263/

http://www.hackwriters.com/zatoichi.htm


Diego

11 novembre 2008 à 21:20:45
Réponse #12

Patrick


Be the grey man, c'est l'art du camouflage appliqué à la vie de tous les jours. C'est un choix tactique.

Par contre, ne pas confondre avec "se laisser faire" et "évitement systématique", sinon on finit par se trouver toutes les bonnes raisons de fermer sa gueule pour éviter les emmerdes.

Savoir faire la différence entre se qui est important et ce qui ne l'est pas et savoir très précisemment où se situe la zone de refus et savoir passer du "off" au "on".

Tout ceci est infiniment plus difficile que d'apprendre à faire un coup de poing ou de pied ou de pas se prendre un coup de surin dans le bide.

11 novembre 2008 à 21:21:31
Réponse #13

DavidManise


Je trouve que le fait d'être en mesure d'arrêter d'être esclave de son statut social ou de ses pulsions de primates est quelque chose de très très libérateur.  Autant que d'arrêter d'être esclave de sa peur, en fait.  

Le fait est qu'il faut souvent faire un long chemin qui commence par la terreur, passe par la connerie, et finit dans un juste milieu...  où on est un peu libéré des deux extrêmes...  enfin jamais totalement hein.  Mais un peu.

Ciao !

David
« Modifié: 11 novembre 2008 à 21:54:19 par DavidManise »
"Grand, gros, lourd, sale, fort et bête" ;)

Stages survie CEETS

11 novembre 2008 à 21:58:58
Réponse #14

** Mathieu **


Je sais pas si quelqu'un a déjà vu le film japonais ''Zatoïchi '' avec Takeshi Kitano..je crois que c'est la dernière version la plus récente, bien que la légende de cet homme ait inspiré de très nombreux films nippons.

La version avec Kitano retraçant l'histoire de ce personnage aussi connu que Musashi  représente bien la philosophie du grey man

Peut-être pourrais-tu nous exposer cette philosophie ou ceux qui ont vu ce film, s'il y a des éléments intéressants à adapter à notre quotidien...
Merci.

------------------------------------------------------------

Perso les billets d'humeur ne me dérangent pas.
Le fait que vous ayez pris le temps de lire et de participer, est déjà en soi intéressant pour moi...


Je suis d'accord avec Pat sur le fait qu'il faut évidemment savoir poser des limites, c'est la question de la dignité...
Et avec David sur le fait que l'on peut pousser très loin le concept de Grey Man...

Mais concrètement (je me suis peut-être mal fait comprendre) j'espérais qu'on pourrait aborder le sujet d'un point de vue technique.
Comment devenir the Grey Man : comme tout rôle, on peut l'interpréter avec plus ou moins de subtilité et de véracité...

C'était un moyen au passage de parler de langage corporel et de territorialité ;

Donc une liste cela me semble pas mal pour que chacun dise ce qui lui paraît important ou ce qu'il a testé, etc.

Par exemple je complèterais la liste que j'ai commencé par :

- user du regard frontal avec parcimonie : le regard est déjà un moyen de pénétrer l'espace de l'autre, il faut donc veiller à ne pas se faire trop intrusif...


Be the Grey Man c'est aussi une couverture tactique cela implique donc d'avoir toujours un temps d'avance ou d'être capable de manoeuvrer très rapidement - tout en restant à couvert...

En plus de cela, il faut être crédible...

C'est pour cela que je pense que cela demande un entraînement, et donc des techniques...

Et comme cela fait partie des stratégies de prévention, c'est quelque chose que l'on peut bosser en parallèle aux techniques de désescalade ou de SD, bref un élément à part entière de la SP, non ?
« Modifié: 16 novembre 2008 à 18:40:13 par Mathieu »

11 novembre 2008 à 22:02:43
Réponse #15

lambda


Le fait est qu'il faut souvent faire un long chemin qui commence par la terreur, passe par la connerie, et finit dans un juste milieu...  où on est un peu libéré des deux extrêmes...  enfin jamais totalement hein.  Mais un peu.

Pour moi, c est un peu, de facon raisonnee et consciente de sa place dans le groupe, "faire et laisser braire" (en te citant a peu pres...  :-[ )

"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

11 novembre 2008 à 22:16:40
Réponse #16

lambda


On pourrait rajouter, Mathieu, aussi:

- respecter l espace vital ou intime de l autre, pas se coller a lui pour lui parler,

- rebondir sur son argument, si on est pas d accord, pour introduire le notre, a savoir: eviter le: "non, c est n importe quoi" abrupte et pouvant blesser l amour propre de l autre. Ou autrement dit, lui dire: (par ex) "c est une facon de voir, mais on peut envisager la question comme suit... bla bla bla" bref, eviter qu un conflit d idee dans un groupe devienne un conflit de personnalite...

- pas oublier qu une discussion, c est pas une course, pas une rencontre politique, avec un temps de parole attribue... bref apprendre a ecouter sans interrompre...

C est vachement reconfortant et destressant, dans une conversation "echauffee", pour l autre (et nous aussi d ailleurs) de lui laisser finir son speech, meme si on est pas d accord avec lui, il y a preservation de son amour propre et gain de temps pour preparer notre contre argumentation...
La personne a l impression de garder le controle de la (sa) situation, ce qui est quelque part, vrai, et plus ou moins satisfaite, sera plus apte a laisser une marge de manoeuvre a son interlocuteur.

apres, je reste sur le theme d une discussion a 2 ou dans un groupe, mais c est peut etre pas ce que tu proposais, Mathieu...

...
a+,
Lambda

ps: desole Mathieu, je viens de relire ton dernier post et l orientation qui  interesserait, du coup, je suis peut etre un peu HS... j etais partie sur l idee que tu cites plus haut "point de depart d une vie plus humble et altruiste..."  :-[
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

11 novembre 2008 à 22:29:09
Réponse #17

sharky


Je pense qu'il est assez difficile d'appliquer un catalogue technique pour ce concept.
Je suis d'accord avec la notion de cheminement personnel qu'a introduite David, un truc qui va marchait pour l'un ne va pas marchait pour un autre, le tout en fonction de l'âge, de la corpulence, de l'envirronement et du back ground.

Je prends mon exemple, je suis assistant social, j'ai l'habitude des agressions verbales, de la descalade et des menaces. Celà fait parti de ma vie, je n'en ai pas peur. Je n'ai aucun problème à utiliser le repli tactique quand c'est nécessaire mais je n'ai aucun problème pour "faire face" aux difficultés.
J'ai reçu des dizaines de jeunes qui essayaient de m'impressionner en me racontant des trucs du style:"je suis un ouf moi, j'ai fait de la zonzon, je suis un killer, etc...". Ils ont été bien embêtés quand ils se sont aperçus que celà n'avait aucune emprise sur moi.
Par contre, une fois, j'ai reçu un type, 40 ans, super poli, agréable et tout mais il m'a fait flippé à un point inimaginable, il dégagait une aura très puissante. J'ai fini par savoir que le type sortait de 20 ans de détention obtenues après avoir froidement vengé l'honneur de sa soeur.

Plus jeune, je suis passé par une phase un peu c*nne où je n'étais pas très low-profile. Je me suis aperçu en rentrant dans un magasin. Je spotte tous les gens dans le magasin comme d'habitude et je repère "une menace", celà a duré un dixième de seconde où je me suis dit "fait gaffe ce mec est dangereux". Après, je me suis aperçu que c'était moi dans le reflet d'une glace...

Bref, j'ai l'impression d'avoir été HS .

Le catalogue technique est intéressant si et seulement si chacun sait où il en est et ce qu'il est capable de faire. Par exemple, le coup du regard frontal, je l'utilise assez régulièrement mais je sais quand, comment et avec qui je le fais.

Stéphane

PS: dites moi si mon post est HS, je le vire
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

11 novembre 2008 à 22:29:41
Réponse #18

** Mathieu **


ps: desole Mathieu, je viens de relire ton dernier post et l orientation qui  interesserait, du coup, je suis peut etre un peu HS... j etais partie sur l idee que tu cites plus haut "point de depart d une vie plus humble et altruiste..."  :-[

Si si c'est très bien comme éléments pour compléter la liste...  :up:

A terme si on débouche sur une liste assez importante ou complète, je l'éditerai et proposerai éventuellement sa wikification, c'est l'idée...

---------------------------------------------------------------

Citer
j etais partie sur l idee que tu cites plus haut "point de depart d une vie plus humble et altruiste..."
oui justement cela fait partie des possibilités intéressantes qui permettent de dépasser le cadre de la simple technique de défense pour dériver progressivement vers autre chose ;
comme quand David dit
Citer
Je trouve que le fait d'être en mesure d'arrêter d'être esclave de son statut social ou de ses pulsions de primates est quelque chose de très très libérateur.  Autant que d'arrêter d'être esclave de sa peur, en fait.

De même que certaines formes de prévention peuvent sembler des trucs de parano alors qu'en fait elles simplifient l'existence et au bout d'un certain temps, quand elles sont bien intégrées, apportent un réel confort et donc modifient l'état dans lequel on est : moins de stress = plus de disponibilité = moins d'embrouilles ; c'est un cercle vertueux même si on ne pourra jamais en exclure Murphy...

---------------------------------------------------------------

Citer
PS: dites moi si mon post est HS, je le vire
Non tu n'es pas HS et je pense que tu peux beaucoup nous apporter justement de par ton expérience professionnelle...

Par exemple, le coup du regard frontal, je l'utilise assez régulièrement mais je sais quand, comment et avec qui je le fais.
Pourrais-tu donc prendre le temps d'analyser ce que tu fais précisément et dans quel cadre, et le détailler ici ?

---------------------------------------------------------------

Be the grey man, c'est l'art du camouflage appliqué à la vie de tous les jours. C'est un choix tactique.
Par contre, ne pas confondre avec "se laisser faire" et "évitement systématique", sinon on finit par se trouver toutes les bonnes raisons de fermer sa gueule pour éviter les emmerdes.
Savoir faire la différence entre ce qui est important et ce qui ne l'est pas et savoir très précisemment où se situe la zone de refus et savoir passer du "off" au "on".

Liste technique :

- ne pas afficher ostensiblement de symboles
- ne pas chercher à avoir raison
- ne pas chercher à rendre justice
- faire profil bas
- aider sans contraindre
- ne pas être trop démonstratif
- éviter de s'enfermer dans un cadre artificiel : le gars super cool, le gars agressif, le gars leader, etc.
- rester humble
- rester discret, casser sa présence
- essayer d'être invisible, inexistant, mais libre de toute contrainte et resultat
- ne rien attendre des autres en retour
- toujours naviguer dans le sens du courant
- être arrangeant
- ne pas se faire remarquer, ne pas attirer l'attention sur soi
- ne pas chercher à convertir
- être à l'écoute des autres
- être mesuré, pondéré, en toutes circonstances
- paraître le plus faible possible pour être sous-estimé
- toujours chercher l'évitement du conflit sans jamais accepter de se faire défoncer le cul pour autant
- ne plus être esclave de son statut social ou de ses pulsions de primate
- user du regard frontal avec parcimonie : le regard est déjà un moyen de pénétrer l'espace de l'autre, il faut donc veiller à ne pas se faire trop intrusif...
- respecter l'espace vital ou intime de l'autre, pas se coller à lui pour lui parler
- éviter qu'un conflit d'idée ne dégénère en conflit de personnalité...
- ne pas oublier qu'une discussion n'est pas une course, ni une rencontre politique avec un temps de parole limité... bref apprendre à écouter sans interrompre...

LISTE ÉDITÉE

« Modifié: 16 novembre 2008 à 18:41:40 par Mathieu »

11 novembre 2008 à 22:54:44
Réponse #19

sharky


C'est pas super évident à analyser et à décrire.

Pour info, j'ai édité mon message ce matin car en le relisant ce matin, je me suis aperçu que ce n'était pas clair ce que je disais et que j'avais l'impression de passer pour un mall ninja.

Stéphane
« Modifié: 12 novembre 2008 à 08:36:19 par sharky »
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

11 novembre 2008 à 23:20:30
Réponse #20

SavageBeast


"Personne n'est capable de dissimiler totalement les signes d'une familiarité profonde avec la violence.

Ceux chez qui ils sont les plus évidents figurent parmi les plus endurcis. Ces hommes...ne savent pas cacher leur nature de prédateurs, à laquelle ils doivent leur survie, mais qui n'en ont pas la moindre envie. Cette catégorie, qui comprend les violeurs, les anciens détenus et une espèce particulière d'anciens soldats, dégage une vibration forte et très caractéristique qui la rend facile à repérer.

Il existe par ailleurs une autre catégorie qui est aussi intime, sinon plus avec la violence, mais plus consciente de l'odeur qu'elle laisse traîner derrière elle et donc plus à même de la dissimiler.
Cette espèce...est plus difficile à détecter, quoique souvent reconnaissable, non pas à cause d'une vibration particulière que d'une absence totale de vibration. Ces gens-là ont pris conscience des signaus dangereux qu'ils émettent  et ont réagi... en les escamotant. Au sein d'un envirronement social donné, ils se trahissent par par une absence, un manque comme une tâche grise dans une toile en couleurs ou un trou noir au milieu d'un champ d'étoiles.

La troisième catégorie, la plus complexe à saisir, est souvent impossible à déceler par les 2 premières...Les hommes qui la composent sont également le fruit de la violence mais ce sont des artistes du camouflage, des caméléons. Ceux-là dissimulent leur nature de prédateurs non pas en essayant de juguler la vibration, mais en dissimulant derrière une nouvelle personnalité.
Ils en prennent le modèle chez les civils, l'imitent tout d'abord, puis le projettent devant eux à la manière d'un hologramme."

Tiré de ma lecture du moment:"Une traque impitoyable" de Barry EISLER chez Pocket.

Stéphane

Cette vision des choses est très intéressante car elle montre les catégories auxquelles on peut se retrouver confronté. Je pense qu'il nous est possible de passer par les 3 catégories, suivant les situations et les lieux où l`on se trouve. On pourrait considérer cela comme une évolution, stade "je montre", stade "j'efface", stade "je projette". Il est intéressant de voir comment nous sommes perçus par les personnes faisant parties de ces diverses catégories, car cela peut nous apprendre beaucoup sur notre comportement. En ayant côtoyé des individus de stade 1 et 2, et en ayant discuté de nos diverses stratégies d'adaptation, leur regard en ce qui me concernait était de me mettre en catégorie 3, chose dont je n'étais pas conscient. La catégore 1 montrait clairement ce qu'elle était, et en était très fière, du reste ils résumaient cela ainsi "Je suis une brute, impossible de le cacher, alors autant que cela se voye et se sente."

Durant une période de ma vie, j'ai été dans le stade 2, car je devais agir très discrétement et voir les potentiels 1,2, ou 3 qui pouvaient se trouver dans ma zone "de perception". Ayant arrêté le travail en question, j'ai sans doute dû évoluer vers le stade 3, d'une manière inconsciente. Il me semble que l'on s'adapte continuellement, quel sera le stade 4 ? (s'il existe).

En tout cas, ces stades affichés permettent souvent de se sortir de situations limites, mais sont habituellement non-désirées dans les zones où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

11 novembre 2008 à 23:27:10
Réponse #21

pieton


- rebondir sur son argument, si on est pas d accord, pour introduire le notre, a savoir: eviter le: "non, c est n importe quoi" abrupte et pouvant blesser l amour propre de l autre. Ou autrement dit, lui dire: (par ex) "c est une facon de voir, mais on peut envisager la question comme suit... bla bla bla" bref, eviter qu un conflit d idee dans un groupe devienne un conflit de personnalite...
C'est un peu une vue de l'esprit ce genre de dialogue: tu vas pas te lancer dans un débat enfiévré sur la dialectique de Kant avec la bande de type louche qui tiennent le mur au bas de l'immeuble.
Quand on parle de "ne pas toujours vouloir avoir raison", c'est surtout s'abstenir de gueuler "ça te trouerais le c*l de t'excuser c*nnard" quand une bande de culturistes te bouscule dans le métro, dis comme ça ça parait idiot, et pourtant en pratique ça arrive souvent pratiquemment en ces termes, et c'est tout à fait le genre de situation à se retrouver étalé ni vu ni connu.


12 novembre 2008 à 00:28:03
Réponse #22

lambda


C'est un peu une vue de l'esprit ce genre de dialogue: tu vas pas te lancer dans un débat enfiévré sur la dialectique de Kant avec la bande de type louche qui tiennent le mur au bas de l'immeuble.
Quand on parle de "ne pas toujours vouloir avoir raison", c'est surtout s'abstenir de gueuler "ça te trouerais le c*l de t'excuser c*nnard" quand une bande de culturistes te bouscule dans le métro, dis comme ça ça parait idiot, et pourtant en pratique ça arrive souvent pratiquemment en ces termes, et c'est tout à fait le genre de situation à se retrouver étalé ni vu ni connu.



Pieton, c est en effet une facon de voir (  ;D ), mais pour moi, c est plus qu une vue de l esprit, c est ce que je vis tous les jours, dans un environnement professionnel de bureau, il est vrai, loin des jungles zurbaines qui font les hommes, les vrais survivors construits a coup de chaines et de rasoir, ceux qui guettent et sont a l affut du danger a chaque coin des rues tentaculaire de la megalopole hostile....
Pardon, c etait juste une envolee lyrique, juste pour rigoler  :D
Non, plus serieusement, J imagine que Mathieu soulevait ce sujet dans un contexte general, et pas uniquement de self defense. et je pense que si, comme tout le souligne, avoir un profil bas, c est utile dans la metro ou face a un ou des gens pas tres cools, c est parfaitement aussi valable, dans une situation ou on a affaire a une ou plusieurs personne, au cours d une discussion de bureau, de cafe, ou de bal disco... ces 3 sitiuations (surtout les 2 dernieres, j en ai connu un paquet...) peuvent degenerer, verbalement et parfois physiquement... et dans tous les cas, je pense que c est en partie evitable en adoptant ce profil de "Grey man"...
Autrement dit, je pense pas qu il faille attendre d etre dans la cohue du metro ou d ailleurs pour appliquer ce principe, c est transposable a beaucoup de situations de la vie, beaucoup de situations ou il y a un germe de confrontation d idee pouvant degenerer en confrontation de personnalite, un debut d echauffoure involontaire dans la foule rue, metro...
un simple ex vecu: je passe dans la rue a cote d un gars qui me dit tout de go:" et toi, j ai envie de me battre, aller viens on va se battre...", je lui est simplement repondu que ca me disait rien, que j avais pas envie, et surtout j ai rajoute que balaise comme il etait, il avait deja gagne d avance, et ceci en levant les mains de "reddition par forfait, et en reculant sans lui tourner le dos.
Alors, bon, ca vaut ce que ca vaut, mais pour moi, entre la discussion de bureau enfievree, ou ce genre d incident de rue, y a pas de difference dans ma tete. la seule chose qui differe c est l eventail de possibilite qu il me reste pour reagir et m en tirer correctement.
- Dans un cas, le bureau ou avec des gens "raisonnables", tout reste possible pour contre argumenter, les convaincres ou etre convaincu pour en ressortir agrandi car riche de nouvelles idees.
- dans l autre, avec le "street fighter" en goguette, c est plus binaire  ;D et limite (a mes yeux de non specialiste de SD), s en sortir sans casse ou avec casse...
Voila, desole encore une fois, c est un peu long...
interessant mais pas facile, ce sujet...
« Modifié: 12 novembre 2008 à 01:08:52 par lambda »
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

12 novembre 2008 à 01:22:51
Réponse #23

lambda


...c'est surtout s'abstenir de gueuler "ça te trouerais le c*l de t'excuser c*nnard" quand une bande de culturistes te bouscule dans le métro, dis comme ça ça parait idiot, et pourtant en pratique ça arrive souvent pratiquemment en ces termes, et c'est tout à fait le genre de situation à se retrouver étalé ni vu ni connu.
Ben en effet, t as raison, vaut mieux eviter ce discours. Mais en meme temps, ca me viendrait jamais a l idee de m adresser comme ca a une ou plusieurs personnes me bousculant dans une cohue parce que:
- j ai pas ete eleve chez les porcs...  :D
- que je me fous completement que le gars s excuse ou pas: pourquoi, ben je le connais pas, il sort de ma vie aussi vite qu il en est rentre, je vais oublier son visage dans les 3 minutes, et son existence dans le quart d heure qui suit...
Je vais meme te dire plus:
en terme relationnel, il compte pas pour moi, ce qu il dit ou fait a mon egard (bousculade involontaire), je m en moque, meme si il y a un manque de respect evident a mon egard, je m en moque. Il existe pas, il n appartient pas a ma "tribu" (famille, amis). c est un peu sec dit comme ca, mais c est pour bien illustrer mon etat d esprit dans ces situations potentielles de conflits, qui de toute facon ne meneront a rien de bon...
- que repondre comme ca, c est une depense d energie inutile et provocatrice, meme si a la base: demander a quelqu un de s excuser pour une bousculade n a rien de choquant ou deplace en soi, mais dit comme ca: "ca te trouerai le cul de t excuser, c*nnard", c est ouvrir la boite de Pandore et declencher l escalade et les coups durs pour rien...
D ailleurs, y a eu un post sur la desescalade verbale, et je me demande si cette notion du Grey man n y est finalement pas lie...

enfin, bon, juste un avis base sur ma petite expe...
a+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

12 novembre 2008 à 07:48:07
Réponse #24

Diurnambule


Liste technique :

- ne pas afficher ostensiblement de symboles
- ne pas chercher à avoir raison
- ne pas chercher à rendre justice
- faire profil bas
- aider sans contraindre
- ne pas être trop démonstratif
- éviter de s'enfermer dans un cadre artificiel : le gars super cool, le gars agressif, le gars leader, etc.
- rester humble
- rester discret, casser sa présence
- essayer d'être invisible, inexistant, mais libre de toute contrainte et resultat
- ne rien attendre des autres en retour
- toujours naviguer dans le sens du courant
- être arrangeant
- ne pas se faire remarquer, ne pas attirer l'attention sur soi
- ne pas chercher à convertir
- être à l'écoute des autres
- être mesuré, pondéré, en toutes circonstances
- paraître le plus faible possible pour être sous-estimé
- toujours chercher l'évitement du conflit sans jamais accepter de se faire défoncer le cul pour autant
- ne plus être esclave de son statut social ou de ses pulsions de primate
- user du regard frontal avec parcimonie : le regard est déjà un moyen de pénétrer l'espace de l'autre, il faut donc veiller à ne pas se faire trop intrusif...
- respecter l'espace vital ou intime de l'autre, pas se coller à lui pour lui parler
- éviter qu'un conflit d'idée ne dégénère en conflit de personnalité...
- ne pas oublier qu'une discussion n'est pas une course, ni une rencontre politique avec un temps de parole limité... bref apprendre à écouter sans interrompre...

LISTE ÉDITÉE

En relisant cette liste et à un ou deux conseils prés, chez nous on appelle ça l'éducation !  :lol:

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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