Vie Sauvage et Survie

Techniques et savoirs de survie => Survie en contexte dégradé / vie en autarcie => Discussion démarrée par: Baptistator le 21 avril 2018 à 09:03:42

Titre: RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 21 avril 2018 à 09:03:42
Pour apporter un peu ma pierre à l'édifice un retour d'expérience sur comment ça se passe quand on vis sac au dos à l'année longue. Je ferais surement ça sous forme d'épisodes suivant l'intérêt/questions/envie

Déjà pour préciser je n'avais que peu de connaissances de la survie quand je suis parti, j'ai été éclaireur pendant mon enfance/adolescence et si ça m'a apporté des bases ça n'a pas suffit à me préparer à ce que j'allais vivre.

Pour préciser le contexte je suis parti à l'arrache ou quasiment. Un burn out au boulot, une rupture qui se passe mal et j'ai besoin de changer d'air. J'ai chargé tout ce que je pouvais dans ma voiture et abandonné le reste sur place. Puis posé ma voiture dans la famille, pris une journée pour constituer le sac à dos et le lendemain j'étais sur la route.

Voici donc le premier thème de ce RETEX : le sac à dos.

Je suis parti sur la base de mon vieux sac à dos militaire de quand j'étais éclaireur qui avais l'avantage d'être indestructible mais assez lourd.
Comme je ne savais pas ce que j'allais devoir affronter j'ai pris de quoi parer à tout ce que je pouvais imaginer comme situations. Résultat un sac de 25kg (alors que j'en pesait 50) je sais pertinament que c'est trop lourd donc je refait et j'arrive avec beaucoup d'efforts à descendre à 22... dont 3kg d'eau et deux de nourriture.

Je comptais beaucoup sur le fait que comme je comptais voyager en stop je n'aurais pas trop à le porter sur de longues distances. Grave erreur en stop il est parfois nécessaire de faire de longues marches, par exemple pour traverser une grande ville afin de stopper dans la direction qui nous intéresse ou simplement pour trouver un bon spot ou on à une chance d'être pris. Je garde en particulier en mémoire la traversée de Toulouse en août ou j'ai failli faire un coup de chaleur à cause de la température et de l'épuisement.

Le sac s'est rapidement allégé au gré de mes rencontres et possibilités. J'ai viré tout les trucs High Tech (genre poche étanche remplacée par sac poubelle, rechaud à gaz remplacé par alcool solide...) les trucs surnuméraires (un seul change complet suffit largement). J'ai remplacé pas mal du matériel d'origine par du matériel plus polyvalent pour au final réussir à descendre à 18kg, ce qui restera le poids moyen de mon sac tout du long de mes voyages.

J'ai aussi beaucoup customisé et fait de couture pour rendre le sac plus pratique/plus adapté à mes besoins par exemple adjonction d'une pochette de ceinture pour avoir toujours de la nourriture énergétique à portée de main. Le stop marchant bien entre midi et deux on à souvent pas le temps de manger donc c'est important de manger souvent dans la journée pour garder de l'énergie. Ma recette perso : pâte d'amande garnie de fruit secs : ça tiens pas au corps mais ça permet d'avoir suffisamment d'énergie pour tenir jusqu'au repas du soir (souvent le seul vrai repas de la journée)

Voilà pour le début du RETEX j'attends vos réactions et vos questions. Si vous voulez que j'aborde des points précis ou plus détaillés n'hésitez pas à demander
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Merlin06 le 21 avril 2018 à 09:10:32
Merci du partage.  :up:

Tu avais un objectif en tête quand tu es parti?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Maelrando le 21 avril 2018 à 09:25:07
Je vais suivre ce post avec intérêt. Sinon ou es tu partis ? Région, pays ? Tu n'es resté qu'en France ou est-ce que tu es allé plus loin ?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 21 avril 2018 à 09:35:17
Je suis globalement resté en France, surtout dans la région au sud de Paris que j'ai exploré de long en large.
Avec parfois des passages en suisse quand j'avais besoin de couper entre l'Alsace et la Provence.

Globalement si au début je voyageais au hasard j'ai vite pris le pli de voyager en fonction des saisons agricoles pour garder un moyen de subsistance.

Petite anecdote pour montrer que je voyageait vraiment au hasard : le premier jour ou je suis parti j'ai tendu le pouce du côté de Vendôme (41) avec la vague idée de descendre jusqu'à la Dordogne et finalement j'ai passé ma première nuit à ... Albi
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Personne(T.H) le 21 avril 2018 à 11:52:43
Effectivement c'est pas tout a fais au même endroit .
Petite question : Tu dormais ou la nuit ? en vrac dans un coin ou tu allait dans les refuge ?
Et tu a tourner pendant combien de temps ?

Merci .
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 21 avril 2018 à 12:16:36
J'ai toujours fui les refuges et les grandes villes comme la peste.

Pour la nuit je dirais environs 30% du temps chez l'habitant, ça permet de prendre une douche et de refaire les pleins de flottes. Petite astuce perso : une coquille saint Jacques, un bâton frais coupé et vous devenez un pèlerin égaré à qui on donne sans problème le gîte et le couvert pour la nuit.

Dehors pour environs 60% du temps souvent dans les bois (combo hamac en toile de parachute + grand poncho pour la pluie). Parfois dans les abri bus, parfois dans les fossés.

Dans les squats et communautés autogérés pour le reste quand j'avais besoin de me poser quelques jours pour me remettre d'une blessure ou de la fatigue d'une campagne de ramassage de fruits.

J'ai tourné non stop pendant un an, puis partiellement pendant deux (je me posais pendant l'hivers)
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: babas37 le 22 avril 2018 à 10:54:28
Tout d'abord, chapeau pour l'aventure vécue.

Dormir 30% du temps chez l'habitant, je ne pensais pas que les français étaient si généreux.   :D

Tu es passée à l'alcool solide pour gagner niveau poids/encombrement dans le sac ou pour une autre raison?

N'ayant aucune expérience dans ce domaine,  je me pose pas mal de question au niveau de l'hébergement chez l'habitant. La plupart du temps, c'est l'habitant qui te propose de te loger pour la nuit ou c'est toi qui lui demande poliment le gite et le couvert?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 22 avril 2018 à 11:27:04
Oui pour l'alcool solide ça gagne pas mal de place par rapport au gaz.
Le poid ça dois être pas loin d'être le même. Pour donner une valeur mon rechaud à gaz rentrais au chaussé pied dans la poche latérale de mon sac tandis que le rechaud plus les pastilles d'alcool en remplissait à peine 20%.

Pour dormir chez l'habitant souvent c'est les gens qui me prenaient en stop qui proposaient. Au départ j'osais pas trop demander, mais j'ai vite appris à glisser quelques sous entendus (genre ça va encore être dur cette nuit il va faire froid, ça fait au moins une semaine que j'ai pas eu une vraie nuit de sommeil...)
Après on m'a expliqué la technique de la coquille et du bâton. Sur les routes du pèlerinage de saint Jacques de compostelle ça marche vraiment bien il suffit de frapper aux portes en expliquant qu'on est un pèlerin égaré.
Seul détail il faut juste se rappeler que c'est un pèlerinage religieux je me suis trouvé con quand on m'a demandé de dire le Bénédicité à table alors que j'ai mis deux fois les pieds dans une église de ma vie.

Autre technique les musulmans ont obligation de charité/hospitalité d'après le coran (enfin mes chrétiens aussi théoriquement) si on est poli ils vous l'accident sans problème.

Pour le reste ce qui m'a étonné c'est que pour le stop comme pour l'hébergement c'est plus souvent les femmes que les hommes qui prennent
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: gowildadventure le 22 avril 2018 à 11:31:26
Salut :),

La question de l'alcool solide m'interpelle aussi... pourquoi pas de l'alcool liquide avec un petit rechaud en canette c'est moins cher et plus facile à trouvé (en suisse en tout cas) ou bien du bois?

Sinon super retex je me rejouis de la suite

A plus
Jolan
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: babas37 le 22 avril 2018 à 11:55:13
merci pour ta réponse si rapide, c'est vrai que la méthode du bâton est de la coquille c'est pas bête si on à bien préparer son coup (je n'ai aucune connaissance en religion non plus)  :(

Après pour le couchage tu avais seulement un hamac ou également une tente (mono ou double paroi)?

Concernant l'alcool liquide c'est vrai que c'est moins cher mais c'est plus lourd (entre 20g et 30g /repas) que le solide. Sur du long terme je ne sais pas lequel je prendrai. Si mon sac est léger, je pense que je me tournerai vers le liquide. Au pire 1 kg de plus dans le sac au début mais pas mal d'économie.
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Pierrot le 22 avril 2018 à 14:05:20
Citer
Dormir 30% du temps chez l'habitant, je ne pensais pas que les français étaient si généreux.

Eh oui des décennies de culture "il faut avoir peur de l'autre" ça marche bien, tout le monde se regarde en chien de faïence et on ne s'entraide plus, ce qui est le but recherché.

Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 22 avril 2018 à 14:34:12
J'ai privilégié l'alcool solide d'une part pour le volume. Un trentaine de pastilles prendra toujours moins de place qu'une bouteille d'alcool.

Ensuite pour la sécurité parce que d'une part le sac prend souvent des chocs (par exemple le plus simple pour descendre son sac d'un poid lourd c'est de le balancer de la cabine) et parfois quand on a pas le choix on fait du stop en plein soleil j'ai des gris doutes sur la sécurité d'une bouteille d'alcool par 40 degrés.
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Aleksi le 23 avril 2018 à 14:27:15
Salut à tous ! salut Baptisator !

Merci pour la création de ce post, comme beaucoup d'autres ici, je vais le suivre aussi attentivement que mes connexions sporadiques me le permettent.

L'alcool solide, pourquoi pas. Ceci dit, l'alcool liquide, que j'utilise dans le même contexte de vie que le tiens, me semble plus flexible. Il me sert à cuisiner dans mon petit réchaud fait à partir de canette de bières recyclées (le fameux P3RS n'est-ce pas). Utilisation quotidienne, plusieurs fois par jours, je refais un réchaud en moyenne tous les trois mois. L'alcool me sert à me nettoyer les mains après être aller aux toilettes et avant de cuisiner par exemple, surtout si je veux faire l'économie de la précieuse eau potable dans ma (mes) bouteille(s) le soir au bivouak. il sert également comme déodorant de fortune après avoir suer comme un porc pour quitter une grande ville et lever le pouce, ou faire bonne impression au poste de douane. Efficace pour allumer un feu lorsque toutes les autres solutions possibles foirent (oui ca arrivent encore après des années :-[) et qu'on a vraiment besoin de ce feux.
Aussi, pour la sécurité, je n'ai jamais eu de problème en faisant un minimum attention. Et j'ai fais du stop, pleins de fois, longtemps, en plein cagnard 45° au soleil pendant des heures. je ne crois pas que tu ai vraiment à te soucier de ça. Juste du bon sens, protège un peu la bouteille.

Je serai intéressé de connaitre le contenu de ton sac. Je le trouve extrêmement lourd, pourtant crois moi je ne suis pas fasciste de ce côté là. Seulement d'après mon expérience, un sac lourd te rend simplement moins efficace et moins volontaire dans les déplacements, surtout hors piste. Perso (et pas  pour me mettre en avant) que je sois purement sur la Route, ou en jungle ou en haute montagne, le contenu de mon sac est toujours exactement le même et tourne autour de 12kg. Seul l'organisation de mon sac diffère si je suis en nature, ou en urbanisation. Je n'ai aucun matos technique à part un tarp quechua dont je prend le plus grand soin, tout le reste peut-être glané dans n'importe quelle poubelle / friperies du coin.

Utilises-tu ton hamac par ton frais / froid ? Si oui, je suis intéressé par ton montage  :)

Comme toi mes premières années sur la route je fuyais les villes comme la peste. J'ai ensuite appris à les utiliser : une mine de matériaux à recycler et de bouffe. Un contexte particulier ou les règles du bivouaque en nature ne s'appliquent plus. En fait, c'est passionnant. Et pourtant, je détestais la ville quand j'étais sédentaire, ainsi que durant mes premières années sur la Route.

@Pierrot : finalement, quand on prend la Route, ça permet de se réconcilier avec cela et de passer l'éponge sur cette idée. L'entraide existe, sans aucun problème. En Europe plus qu'ailleurs, france étant un des top 5 ;). Surprenant je sais. Pour moi la question est devenu : lorsque le choix d'un tel mode de vie est délibéré, est-il juste d'accepter de l'aide voir même de la "provoquer" ? Avec le temps, je me suis un peu fermé aux élans de solidarité, mais surtout pas aux rencontres. Je n'ai pas besoin d'aide, seulement d'amis et de compagnie. Je fais juste mon truc que j'ai choisi de faire.
J'ai hâte de lire la suite  ;)

Excellente journée à tous !
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: DavidManise le 23 avril 2018 à 14:54:04
Génial :love:

Ca me donne des fourmis dans les pattes ce genre de post.  Merci du partage :)

Si c'était à refaire, tu changerais quoi ?  Dans l'approche, ta manière de faire, le matos, la manière de choisir les itinéraires, etc. ?

David
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Personne(T.H) le 23 avril 2018 à 15:15:45
Le contenue de ton sac m’intéresse aussi beaucoup (si sa ne dérange pas .) 
Tu n'as jamais eu d'embrouille avec des flic mal luné (notamment a la douane ) ou des gens qui aimais pas les routards ?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 23 avril 2018 à 16:12:49
Pour le contenu de mon sac je vais vous donner ça de mémoire ça fait un moment que je l'ai raccroché pour habiter en camion. Je le donne comme il était quand je suis parti je l'ai modifié par la suite.

- couchage : duvet, sur duvet, drap de soie, bâche et matelas
- vêtements : deux pantalons, 5 t-shirt, 5 caleçons, 5 paires de chaussettes. Un sweat léger, une polaire, une parka militaire avec doublure amovibl, poncho de pluie.
- nourriture (environs 2kg) poche à eau 3l. Rechaud, quart et casserole, couverts.
- divers : trousse à pharmacie, carnet de notes, téléphone, couteau, papiers d'identité, paperasse diverses, petit matériel de pêche, fil à collets, lampe à dynamo (avec bidouille pour recharger le téléphone) paracorde 20m.
Et bien sûr le sac qui devais déjà faire plus de 3kg à lui seul

J'oublie surement des choses...

Ensuite j'ai viré pas mal de vêtements, j'ai pris l'habitude de garder que ce qui correspond à la saison. J'ai viré le matelas et la bâche. J'ai remplacé le poncho de pluie decath par un poncho de l'armée suisse qui est une merveille. Bien que plus lourd et plus volumineux il est fait en genre de toile cirée complètement étanche et il est immense suffisamment pour le tendre en forme de tipi afin de s'abriter avec le sac et éventuellement dormir assis.

Pour le couchage en hamac par temps froid c'est galère mais ça marche aussi.
Je t'en fais mon hamac entre deux arbres (logique jusque là) ensuite une fois installé dans le duvet je refermais le bas du hamac avec des épingles à nourrice jusqu'à la poitrine et j'enfillais le poncho autour du haut (avec un retour de la corde) c'est étanche et ça laisse suffisamment d'espace pour respirer.

Pour le reste des questions :
- les flics sont souvent un problème, dès qu'ils nous voient on est suspect, j'ai eu à déballer mon sac au bord de la route un nombre incalculable de fois. Après ça se passe en general bien, ça dois dépendre de la manière dont on se comporte.
La seule fois où j'ai vraiment craint pour ma vie c'est pendant un tabassage en règle par les flics ferroviaire qui m'ont réveillés à coup de pompe dans la tronche parce que je dormais dans un hangar désaffecté.
Mais bon la police de l'autoroute m'a sauvé la peau une fois en prenant en chasse un mec qui m'avais volé mon sac à dos sur l'autoroute et en faisant 100km pour me le ramener.
Donc on va dire balle au centre. Ça dois dépendre des individus.

Ensuite si je devais le refaire je ne changerais pas grand chose, j'ai vécu énormément de galères au début mais ce qui fais le charme de ces voyages. J'ai énormément appris sur moi et sur la vie de cette manière.

Le seul truc avec lequel j'ai eu du mal au début c'est la liberté. C'est con à dire mais quand on peut aller ou on veut c'est dur de trouver ou aller. Donc parfois je passais des journées à tourner sans but.
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Alligiance le 23 avril 2018 à 17:16:18
Salut et merci beaucoup pour ton partage d'expérience ! Moi même je suis dans une phase ou je ne sais pas trop quoi faire de ma vie et j'envisage une bonne tournée dans ce genre  ;)

Je me demande comment tu choisissais tes destinations ? Quels buts/objectifs tu avais pour avancer au quotidien ?

Merci ;)
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 23 avril 2018 à 18:36:33
Au départ je voyageait sans but j'allais un peu n'importe où.

Après j'ai commencé à tourner dans des régions que je voulais visiter.

Au final j'ai finis par rencontrer pas mal de monde donc je me baladais entre les potes, les squats et les lieux pour les saisons
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: cassepied le 23 avril 2018 à 19:55:41
tout les chemins mène nul part pour celui qui ne sait pas ou il va  :up:
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Olivier le 23 avril 2018 à 20:07:57
Merci beaucoup pour ton témoignage, je suis sûr que tu as plein de choses à nous raconter et à nous apprendre.
Une question : est-ce que tu penses que l'on peut avoir ce style de vie sur le long terme ?
N'est-ce pas usant, tant psychologiquement que physiquement ?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 23 avril 2018 à 21:13:44
Sur le long terme je ne sais pas, j'ai été obligé de raccrocher le sac à dos à cause de problèmes physiques, je me suis bousillé les genoux (déjà fragiles à la base) à cause de la marche et le dos et le dos à cause des saisons.

Tout les vieux saisonniers que j'ai connus sont usés tous disent qu'ils ont eu une belle vie mais que si c'était à refaire ils ne le referaient pas.

Pour le moral c'est différent c'est sur que quand tu à fais 50km en trois jour, que toutes tes affaires sont trempées et que tu n'a rien bouffé depuis la veille, tu rêve d'un bon lit douillet. Après tu rencontre des gens super tu vois des coins magiques. Je pense que le moral est fluctuant et ça dépend des gens.

Pour partager une histoire vécue j'ai été pris en stop par un mec qui avais entre 60 et 80ans qui m'a hébergé pour la nuit. En discutant avec lui je me suis rendu compte que c'était un ancien routard, il m'a montré les photos de ses voyages. Ce mec à fait des choses extraordinaires, traversé l'Atlantique à la voile en solitaire sur un bateau fait maison, parcouru l'Amérique du Sud à pied du Nord au sud, vécu dans un monastère en Inde... Quand je lui ai demandé ce qu'il avais retiré de ces années de voyage, ce qu'il lui restait de tout ça.

Il a pris le temps de réfléchir et à simplement répondu "des regrets et de la solitude". Le lendemain quand je suis parti ses derniers mots on étés " arrête la route tant que tu peux encore".

Je me suis dis que vu son vécu ça pouvais être un avis à prendre en compte.
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Aleksi le 23 avril 2018 à 22:49:47
Pleins de choses intéressantes, pas souvent évoquées. Cool ce post.

Au départ, le fait d'aller nul part et de s'en fiche est un des sentiments les plus grisants, on a l'impression de connaitre la vrai liberté, surtout lorsque l'on quitte un mode de vie relativement opposé à ça. Puis on s'y habitue et il faut trouver des objectifs, n'importe lesquels mais un truc sur lequel mettre le cap et rester concentrer pendant un moment. En tout cas c'est comme ça que je le ressent.
Par exemple, la vie sur la route est un projet à temps plein. Ca ne ressemble pas à des vacances ou à un voyage, c'est du taf, physiquement et moralement. C'est un mode de vie proactif ou l'on se confronte avec des challenges "marche ou crève" régulièrement et il faut sans arrêt s'adapter et ajuster. Puis, ça aussi on s'y habitue. On a l'impression que la courbe exponentielle de l'apprentissage des premières années commence à ce stabiliser et c'est frustrant, terrible. Alors il faut intégrer des projets, sans arrêt, pour continuer à évoluer. Un projet ça peut-être n'importe quoi, vraiment. Un truc évolué comme une expé un peu poussé, ou intégrer un truc quotidien nouveau du type "je ne sais pas allumer un feu avec un firesteel, pendant le mois qui vient j'allumerai sans exception tous mes feux au firesteel", et etc.

Quand à la solitude, être sur la route ne veut pas dire seul. J'étais partit solo, convaincu d'être chien de la rue enragé et loup solitaire. Jamais avec quelqu'un, car je tiens trop à mon indépendance. Plus borné que moi, c'était difficile à trouver, vraiment, avec la hargne de la nouveauté et quelques années en moins. Résultat, les trois dernières années de routes je les ai passé accompagné, et avec la même fille. Ca change tout, ce mode de vie devient tout a fait sain psychologiquement, moralement. Et niveau indépendance, lorsque je veux aller en baver seul dans des endroits pourris, elle va faire un autre trip de son côté, ou un projet de son intérêt, c'est très simple. Et je ne suis pas une exception.

Arrête la Route tant que tu peux encore, ces mots me brisent le coeur. La Route n'est finalement qu'un concept, c'est perso et chacun en fait ce qu'il veut. C'est évolutif et pas figé. La vie est une route, la vie est la Route. Demain, si j'ai un petit voilier et que je continu à bouger de cette manière, la Route continue sur la mer, avec d'autres projets, apprentissages, etc.

Je crois que l'important pour s'y retrouver sur le long terme (genre une vie), c'est d'essayer de construire quelque chose, même si ça n'a de sens que pour soi-même. Enchaîner les petites expériences sans connexion les unes avec les autres c'est une forme de consommation et on se lasse vite, très vite. On se perd, on s'enrage, on tourne et on y comprend plus rien.

Mes 2 balles, vraiment car je n'ai pas un grand recul sur tout ça. Mais un peu quand même  :)
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 23 avril 2018 à 23:02:52
Je suis assez d'accord avec toi aleksi.

Je pense que cet homme à vécu énormément de chose mais n'a pas su construire. C'est le seul exemple de vieux routard que j'ai en mémoire. Je pense que quand il a vieilli et à du arrêter de bouger il s'est rendu compte qu'en fait il n'avais aucune attache proche.

Je j'ai pas quitté la route, je me suis simplement installé dans le confort relatif d'un camion avec ma compagne.
Titre: Re : Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Aleksi le 23 avril 2018 à 23:14:59
Je j'ai pas quitté la route, je me suis simplement installé dans le confort relatif d'un camion avec ma compagne.

Et je crois que de manière assez naturel, on cherche tous à un moment un confort relatif. Ne serait-ce que pour pouvoir se faire plaisir à avoir plus d'outils pour faire des trucs. Aussi, libérer un peu de temps pour d'autres choses que manger et dormir.
Bonne continuation pour toi  :up:
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Personne(T.H) le 23 avril 2018 à 23:28:54
Je vois qu'il y a quand même quelque mec qui ont déjà un peu d’expérience .
Pour l'argent (et oui ont y revient souvent) tu fesais comment ? Tu tapais la manche ? ou tu avais d'autre source ?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 24 avril 2018 à 08:02:14
Assez bizarrement l'argent n'est pas trop un problème quand tu fais de la route en France.
Déjà parce que tu à vachement moins de besoins. A vu de nez je dirais que je me débrouillais avec 20/30 € par semaine.

Ensuite j'ai toujours été trop fier pour faire la manche mais j'ai toujours acceptait ce qu'on me donnais.
Je sais pas si j'ai une bonne tête ou au contraire si je faisais pitié mais il se trouvait toujours des gens pour me filer de l'argent, de la bouffe ou des clopes  ce qui réduit pas mal les besoins.

Après avec les saisons l'argent coulais à flot
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: lambda le 24 avril 2018 à 10:28:36
Bonjour. :9

Merci à toi pour ce retour d'expérience immensément riche!!!  :doubleup:

Petite question, en ce qui concernait les travaux saisonniers, concrêtement, pour l'embauche, c'était simplement au noir (cas quelque part le plus simple...)? ou bien as tu du faire des demarches admi, passer par pole emploi, les interims, et si c'était le cas, niveau justificatif domicile etc, tu te débrouillais comment?

Merci pour to retour, encore une fois...

à+,
Lambda
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 24 avril 2018 à 10:42:42
Pour l'embauche c'était effectivement parfois au noir mais le plus souvent déclaré (avec une partie au noir).

La plupart du temps je trouvais directement sur place, genre je savais qu'en septembre c'était les vendanges donc je me trimbalais sur place et je frappait chez tout les exploitants jusqu'à en trouver un qui embauche. Au fil des années j'avais les patrons qui me rappelaient au fur et à mesure.

Pour l'administratif je suis toujours domicilié chez mes parents, pour le saisonnier ça pose pas de soucis.
Pour Paulo je suis inscrit comme berger d'alpage en gironde. Donc je croule pas trop sous les offres... et pas trop emmerdé avec les convocations. Je faisais les entretiens par téléphone.
Titre: Re : Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Vanadium le 25 avril 2018 à 03:19:18
Citation de: Aleksi
  L'entraide existe, sans aucun problème. En Europe plus qu'ailleurs, france étant un des top 5 ;). Surprenant je sais.

Intéressant ! Tu peux nous donner ton classement ?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Aleksi le 25 avril 2018 à 13:30:32
Salut !

Top 5, c'est une façon de parler pour imager le fait qu'en France on est pas si mal logé.
L'entraide en Afrique est inexistante dans la plupart des pays non-musulmans par exemple (on ne t'aide pas sans intérêt), contrairement à L'Asie (basé sur l’expérience d'amis proches).
L'Amérique du Sud c'est très variable, dépend des pays. L'Argentine et le Chili sont de loin les plus amicaux envers les routards. le Brésil et l'équateur de proches second.
L'Amérique Centrale les gens sont traumatisés par l'insécurité (réelle) donc ça peut-être compliqué, tout comme la Colombie. L'autostop y est compliqué, mais les gens adorables.
En Europe, c'est très variable. J'ai rencontré les plus grandes difficultés en Italie, Espagne et Scandinavie. Le Danemark pour moi était un enfer, à cause du regard des gens et leur méfiance.

Mais globalement, avec patience et bonne volonté, tu peux lever le pouce ou tu veux dans le monde. Parfois il faut seulement adapter un peu sa stratégie à la culture locale.
Dans les pays ou les gens sont méfiants, les aborder aux stations services, restaurants, etc pour les mettre en confiance avec un premier contacte amical.
Dans d'autres pays (Bolivie, Pérou) hors des grands axes routiers et touristiques, toujours expliquer avant de monter dans la voiture ce que tu fais, pour éviter les malentendus. Ils s'attendent à ce que tu paies ta course, mais n'essayent pas de te voler. C'est simplement la culture du pays. Essayer de garder ses nerfs lorsque une fois sur deux quand tu leur explique, ils redémarrent pour te laisser sur le bord de la route  ;).

@ Baptisator : Tu cuisinais quoi et comment avec l'alcool solide ?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 25 avril 2018 à 13:52:40
En général c'était surtout pour faire bouillir de l'eau. Soit pour une soupe lyophilisee, soit pour faire gonfler du riz ou des pâtes. Parfois pour réchauffer une conserve ou faire une soupe d'ortie maison.

Je faisais assez peu de grande cuisine, souvent du vite fait.
Quand j'arrivais à sortir un poisson je le faisais au feu de bois ( plus rare je suis visiblement doué ni pour la pêche ni pour le piégeage).

Je mangeais surtout du sec en fait qui n'a pas forcément besoin de cuisson. En hivers c'est un peu limite mais je buvais pas mal de tisanes au gré des plantes rencontrées.
Au printemps/été je mangeais pas mal de fruits sur les arbres.
Après c'était rare que je passe plus de trois jours sans me faire inviter à manger.

A noter vu que je suis gaulé comme une craquotte en général je me contente de peu
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Aleksi le 26 avril 2018 à 17:09:44
Salut !

Top ! Chasseur cueilleur moderne  :). J'avoue que ton régime à l'air léger, mais si cela convient à ton organisme et à maintenir ton moral c'est tout ce qui compte. J'avais commencé la route en me basant uniquement sur la cueillette et l'invitation ponctuelle des gens. Puis, est venu le recyclage de bouffe en super marché et à la fermeture des marchés et restaurant. A un moment, cela représentait quasiment 95% de ma nourriture avec des périodes ponctuelle à 100% pendant des mois.
Maintenant, je suis à 50-50 je dirais, entre nourriture acheté et nourriture recyclé. J'ai saturé de ne manger pendant des années que des trucs que je ne choisissais pas, et de qualité souvent moyenne à douteuse (pas uniquement en terme de fraîcheur, mais bouffe industrielle etc). Aussi, le fait d'acheter 50% de ma nourriture désormais me permet quelques petits plaisirs, plus de découvertes sur des produits locaux, et dégage du temps pour d'autres choses. C'est un équilibre que je trouve sympa.

Quand au piégeage, je ne le fais plus que dans le contexte de "vie sauvage" à proprement parlé. Ca demande beaucoup d'entrainement et souvent pas mal de temps au même endroit, à part pour les vraiment petits rongeurs. Mais c'est un sujet borderline  ;)
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Aleksi le 30 avril 2018 à 12:19:32
Salut Baptisator,

tu as mentionné le fait d'avoir raccroché le sac à dos pour continuer en camion à cause de problèmes physiques, mais y a-t-il d'autres raisons ?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 30 avril 2018 à 14:35:03
Les raisons sont multiples en fait. Déjà les problèmes physiques m'ont poussé à remettre en question  mon mode de vie (gros problèmes de genoux, plus problèmes de dos).

Ensuite j'ai rencontré ma compagne actuelle qui même si elle rêve d'aventure n'est pas forcément très adaptée à vivre dans des conditions aussi difficiles que la vie sac à dos.

Mon projet professionnel m'a poussé à repenser ma manière de me déplacer. J'ai décidé de me former pour devenir soigneur animalier en centre de sauvegarde et de parcourir les différents centres de France pour apprendre différentes techniques ce qui impliquait d'être nomade tout en ayant des possibilités de logement. (J'ai abandonné ce projet après 4ans).

Et enfin la dernière mais pas la moindre  : on m'a donné un chien qui est génial mais pas du tout adapté au sac à dos (35kg, remuant comme pas deux, et très protecteur)

Donc au final la solution du camion est vite devenue la plus cohérente à mes yeux
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Caserio le 30 avril 2018 à 16:46:56
Je suis ce fil avec intérêt... et vous renvoie à la parution récente de deux livres relatant les parcours de deux personnes qui ont décidé de vivre sans argent l'un pour une période d'un an, l'autre depuis 14 ans. Il ne s'agit pas forcément de vie "sur la route" mais le sujet se rejoint en plusieurs points.
https://www.huffingtonpost.fr/2014/02/15/vivre-sans-argent_n_4787241.html
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 11 mai 2018 à 09:37:34
Un petit post pour continuer le RETEX

Le déplacement sur la route

Le mode de déplacement roi quand on vis sac au dos est bien sûr le stop.

La première fois que je suis parti, je me suis posé au bord de la route sans jamais avoir pratiqué auparavant et j'ai vite découvert que le stop est quelque chose d'assez instinctif finalement si on respecte quelques règles de bases :

- le bon emplacement : il faut être visible de loin, à un endroit où les gens ne roulent pas trop vite et ou ils ont une possibilité de s'arreter. Les ronds points sont souvent bien conçus pour ça il y a souvent une place en sortie qui semble faite exprès pour.
- la présentation : il vaut mieux avoir l'air propre et avenant. De même il ne faut pas cacher son sac à dos.
- choisir le bon itinéraire : les nationales sont le plus rapide, les autoroutes sont en théorie interdites. Les départementales sont bien quand on veux traîner ou pour trouver des coins à dormir...
- être patient : des fois le stop marche, des fois non. Ça dépend de la météo, de la route, de l'heure, du sens du vent et de l'âge du capitaine. Le stop n'est pas une science exacte parfois on progresse vite parfois on met une semaine à faire 100km.
- privilégier la sécurité : ne pas trop s'exposer, quand quelqu'un nous prend toujours laisser une portière ouverte quand on charge son sac dans le coffre...
- ecouter son instinct : on à tous une alarme dans le bide qui nous dit des choses souvent contradictoires avec ce que dit la tête. Toujours écouter son instinct. Ne jamais monter dans une voiture quand on ne le sent pas.

Après c'est en fonction de chacun, de sa façon de voir la route, si on à envie de traîner ou non.

Le stop marche (en tout cas marchais à mon époque) bien. Mon record est un Vendôme Rodez en 10h.
Souvent on à l'occasion de rencontrer des gens super intéressants.
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 15 juin 2018 à 09:46:35
Un petit post pour continuer le RETEX :

l'hygiène et la propreté sur la route

Quand on passe plusieurs mois ou plusieurs années d'affilée sur la route les choses simples de la vie deviennent souvent beaucoup plus complexes.

Ainsi la douche quotidienne pour les sédentaires deviens un problème.

L'été ça va, on retrouve le plaisir simple de se laver dans un torrent, une rivière ou un étang. (Astuce perso toujours garder le caleçon des fois qu'un groupe de randonneur passe au mauvais moment).

Mais l'hiver... quand il gèle à Pierre fendre on à tout sauf envie de se déshabiller pour se laver.  Déjà parce que si on se refroidis c'est pour la nuit. Et ensuite pas ce que c'est risquer l'hypothermie.

Alors comment on fait ? Et bien moi en tout cas je faisais pas... Je me contentais de laver ce qui se voit avec un gant de toilette et un quart d'eau bouillante. Et chaque jour je lavais une partie de mon corps (une jambe, un bras...) en restant habillé pour le reste (ça demande un certaine gymnastique)

Et on espère ensuite tomber sur quelqu'un pour prendre une bonne douche de temps en temps.

Vers la fin de ma période d'errance je commençais à avoir suffisamment de bonnes adresses pour espérer prendre au moins une douche par semaine. Mais au début si j'arrivais à en prendre une dans le mois c'était bien.

Ensuite pour le linge c'était le même principe. L'été ça allais mais l'hiver il fallais attendre que je trouve un endroit avec de l'eau et de quoi faire un feu, par temps sec. Autan quand il fais bon c'est pas dérangeant de mettre un vêtement légèrement humide autan quand il fais froid il faut attendre que tout soit bien sec avant de l'enfiler.

Ça m'est arrivé de passer deux jours au même endroit à attendre que mon linge sèche au dessus du feu.

Les gens qui offrent une machine sont rares sur la route mais ça arrive.

Après j'essayais de passer à peu près une fois par moi dans des squats ou autres lieu auto gérés pour prendre une bonne douche et faire une vraie lessive.

A noter quand j'avais la chance d'avoir une douche à dispo (genre saison hébergé chez l'exploitant) j'utilisais la technique de la "douche du pelerin" qui consiste à se doucher habillé, en se savonant par dessus les vêtements et en retirant les couches au fur et à mesure pour laver en une fois les vêtements et le bonhomme.

Voilà à vos questions si vous en avez
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Alligiance le 15 juin 2018 à 11:40:06
Mais quand tu fais sécher tes vêtements à coté du feu, ils doivent sentir énormément la fumé ? Du coup est ce que ça vaut bien la peine de les laver ?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 15 juin 2018 à 13:29:18
Disons que je pense qu'il vaut mieux sentir la fumée que la transpiration et quand on vis dehors si on ne les lave pas les vêtements sont vites crasseux
Titre: Re : Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Vanadium le 17 juin 2018 à 02:09:54
on à tous une alarme dans le bide qui nous dit des choses souvent contradictoires avec ce que dit la tête. Toujours écouter son instinct. Ne jamais monter dans une voiture quand on ne le sent pas.
Salut,

Tu dis quoi à ce moment là ?
Titre: Re : Re : Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 17 juin 2018 à 19:55:09
Salut,

Tu dis quoi à ce moment là ?

En général quand une voiture s'arrête j'ouvre la porte et je demande ou la personne va.

Si je le sens pas ça me permet de dire que c'est pas ma direction ou que ça ne m'arrange pas.
Titre: Re : Re : Re : Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Vanadium le 18 juin 2018 à 00:37:48

Si je le sens pas ça me permet de dire que c'est pas ma direction ou que ça ne m'arrange pas.

Peux-tu décrire ces choses qui font que "tu ne le sens pas" ?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 18 juin 2018 à 08:03:02
C'est compliqué parfois il y a des choses rationnelles ou la tête dit attention : un mec qui sent l'alcool ou à l'air épuisé.
Parfois la tête dis ok mais le bide dis non. Si le mec insiste pour que tu monte avant de savoir où tu va,  un mec qui pose des questions bizarres.
Ou parfois sans raison...

La seule fois où J'ai écouté ma tête et pas mon bide j'aurais pu avoir des problèmes. Un mec qui tenais absolument à me ramener chez lui. Quand J'ai refusé poliment il n'en a pas tenu compte et quand J'ai demandé à descendre il a fait semblant de ne pas entendre...

Le contraire est vrai aussi, parfois la tête dis non mais le bide dit ok.
Titre: Re : Re : Re : Re : Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Karto le 18 juin 2018 à 10:09:57
Peux-tu décrire ces choses qui font que "tu ne le sens pas" ?

Si on pouvait les décrire, ce ne serait plus du ressenti.
Et essayer de verbaliser et rationaliser son propre ressenti, éventuellement pour le contredire, c'est souvent tentant et toujours risqué.
Neurologiquement, les "tripes" c'est le système limbique qui se fait sa propre vision du monde et qui est inaccessible au cortex, donc aux fonctions verbales.
Titre: Re : Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Vanadium le 19 juin 2018 à 00:15:02
La seule fois où J'ai écouté ma tête et pas mon bide j'aurais pu avoir des problèmes. Un mec qui tenais absolument à me ramener chez lui. Quand J'ai refusé poliment il n'en a pas tenu compte et quand J'ai demandé à descendre il a fait semblant de ne pas entendre...

Comment t'es-tu sorti de la situation ?
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Baptistator le 19 juin 2018 à 07:50:44
J'ai haussé le ton jusqu'à l'engueuler assez fermement. Ça à suffit à lui déboucher les oreilles.

Je ne sais pas qu'elles étaient réellement ses intentions, ni si j'étais vraiment en danger mais je J'ai pas aimé la sensation d'être retenu contre mon gré.
 
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: ofelas le 19 juin 2018 à 10:59:05
Citer
Neurologiquement, les "tripes" c'est le système limbique qui se fait sa propre vision du monde et qui est inaccessible au cortex, donc aux fonctions verbales.
Karto,
si on a travaillé à développer son intuition depuis assez longtemps et confronté les résultats à la réalité,
est ce que pour toi ça tiendrait la route de dire qu'on peut y avoir accès?
Autrement dit avoir accès à une partie de son inconscient?
 :)
Titre: Re : RETEX une vie sur la route
Posté par: Karto le 19 juin 2018 à 22:44:45
J'ai lu plusieurs fois le message et je l'ai toujours pas compris.
(mais je ne crois pas que le HS mérite de prendre trop de place dans le Retex de Baptiste)