Vie Sauvage et Survie
Premiers secours et santé => Premiers secours et santé => Discussion démarrée par: rezemika le 30 septembre 2014 à 21:41:30
-
Bonjour tout le monde !
Pour une fois, je vais peut-être réussir à apporter un peu d'infos utiles.
En fait, je viens ici pour en rassurer certains.
Jusqu'à tout à l'heure, le fait de devoir appeler le SAMU, ou les pompiers, ou la police, ou le 112..., cette perspective là me faisait peur. J'avais peur de dire que des conneries pendant l'appel, de cafouiller tout le temps, d'oublier pleins de trucs essentiels, peur de déranger du monde pour rien...
Tout à l'heure, je sors d'un cours d'atelier (électrotechnique) au lycée. En chemin, je prends un gâteau à la boulangerie, et je continue ma route. Et dix minutes plus tard, en entrant dans la rue où j'habite, je vois une voiture blanche garée, et une femme allongée dedans, place conducteur.
C'est normal, me dis-je, elle doit faire une sieste ou penser à autre chose.
Je continue donc ma route quand, arrivant à la hauteur de la-dite voiture, je vois la femme bouger. Elle bouge par "à-coups". Je marche encore un ou deux mètres. Et là, un truc s'est allumé en moi. Comme un petit voyant d’alerte. Je suis deux mètres derrière la voiture, et soudain j'ai envie de me retourner.
Je me retourne alors, et je vois la femme, allongée sur le dos, sur son siège conducteur incliné au maximum. Elle a des petits mouvements musculaires étranges, on dirait presque des petites convulsions. Et elle semble cracher quelque chose. En fait, on dirait qu'elle vomit.
Et là, j'ai eu une expérience vraiment flippante, pendant une seconde, une partie de moi a voulue faire comme plein de gens, elle a voulue ne rien voir et continuer sa route, en pensant que ce que j'avais vu était normal. Juste après cette seconde là, j'ai réalisé que c'est cet effet de groupe que je craignais le plus. J'ai en quelque sorte dit à "cette partie de moi" d'aller se faire voire.
Et je me suis vraiment rendu compte que la barrière était très mince entre l'ignorance et la conscience des risques. Je pense vraiment que c'est le danger principal, aussi pour soi que pour les autres. Les 3 secondes de connerie. 3 secondes c'est très court, tellement court qu'on peut pas réfléchir à cette connerie là.
Je vais à la porte de la voiture, je frappe à la porte, l'ouvre et demande "Vous allez bien?!". Oui bon, dans le feu de l'action on a parfois des questions idiotes. Ça avait au moins le mérite de voir si elle était consciente. Elle me regarde et acquiesce. Elle me dit qu'elle revient d'un examen à la clinique d'à côté, qu'elle a mangé juste après et que visiblement, elle n'aurait pas dû. Elle affirme que ça devrait aller et répond par la négative à ma proposition d'appeler quelqu'un ou le SAMU. Je lui dit alors de se mettre sur le côté pour vomir, afin d'être sur qu'elle ne s'étouffe pas.
Je réitère ma proposition d'appeler les secours. Finalement, ça ne va pas si bien que ça. Elle accepte.
Je regarde le numéro de rue, compose le 15, et me voici entrain de passer mon premier appel à un numéro d'urgence.
Je stresse un peu, je sens mon rythme cardiaque s’accélérer. Je prends conscience que ça devient sérieux.
Après quelques secondes d'attente, j'entends quelqu'un.
"Bonjour, je suis Pierre Untel au 72 rue Emile Zola à [Ville du 44]. J'appelle pour une femme qui fait un malaise. Elle a vomit et elle est consciente."
Je ne saurais malheureusement pas vous retranscrire tout le discours, je n'ai pas une assez bonne mémoire, mais en voici la teneur.
Tout d'abord, on me fait confirmer la ville, puis je me rends compte que je n'entends quasiment rien. Je mets le haut-parleur.
D'ailleurs si quelqu'un du SAMU lit ceci, est-ce que vous pouvez régler le volume de vos micros? Ça éviterai des incompréhensions.
Je réponds du mieux que je peux à toutes les questions, et me propose de donner le score de Glasgow, ce qui sembla surprendre la permanencière (elle demanda mon métier).
Je donna ensuite mon téléphone à la femme pour qu'elle puisse parler avec le médecin régulateur, puis j'attendis avec elle l'arrivée du VSAV des pompiers.
Mon but ici n'est pas de vous raconter ma vie.
J'aimerais simplement en rassurer certains, si besoin était, sur les appels au SAMU.
Hier encore, l'idée d’appeler les secours me paraissait presque terrifiante. J'avais peur de déranger pour rien, de faire une connerie, d'oublier un truc important...
Mais en fait, l'important n'est pas de tout savoir sur la situation. Il ne faut pas, AMHA, chercher à être omniscient sur ce qui se passe.
Vous avez oubliés de demander son âge à la victime? Ce n'est pas grave, on vous le rappelle. Vous ne savez pas exactement à quelle adresse vous êtes? Les appels sont géolocalisés.
Ce qui compte, le plus important, c'est de garder son calme. Le plus possible. Si vous êtes calmes, vous serez en mesure de répondre aux questions et de faire ce qu'on vous demande.
Même si vous n'avez aucun diplôme de secouriste, si vous écoutez calmement et attentivement la procédure de mise en PLS, vous pouvez y arriver.
Si vous avez le PSC1, que vous êtes sur les nerfs et que vous avez du mal à rester bien attentif, vous aurez bien plus de mal à mettre la victime en PLS.
Bon, je dis ça, mais je n'ai que le PSC1 complété par Wikipédia et quelques ouvrages sur la médecine d'urgence et la phytothérapie pour toutes connaissances médicales, donc à la moindre erreur, reprenez-moi.
J'espère que ce post sera utile. Si l'idée d'appeler le 15, le 18 ou un autre numéro d'urgence vous traverse ma tête, alors appelez. Et si vous pensez que ça en vaut pas le coup, alors appelez quand même.
Dans le pire des cas, vous aurez occupés deux minutes un/e permanencier/ère.
Dans le meilleur des cas, vous aurez sauvés une vie.
Restez calmes, soyez attentifs, et tout se passera bien. ;)
Bonne soirée !
-
En réalité tu ne peux pas oublier de dire quelque chose en appelant un numéro d'urgence, on te diras quand tu pourra raccrocher, donc la personne au bout du fil aura les infos qui lui sont nécessaires a ce moment la.
C'est, je pense, le seul truc réellement important a garder a l'esprit quand on appel un numéro d'urgence, toujours attendre avant de raccrocher, ne jamais en prendre l'initiative. Le reste, même si on y pense pas, la personne au bout du fil va nous le demander.
-
En réalité tu ne peux pas oublier de dire quelque chose en appelant un numéro d'urgence
C'est vrai, mais je ne l'avais pas réalisé avant.
Par contre, on peut omettre un détail important (la victime qui vomit...). L'avantage, c'est que l'attente avant de parler au médecin régulateur permet de s'en rendre compte en faisant un mini debriefing de la conversation. Donc c'est pas trop tard pour le signaler.
C'est, je pense, le seul truc réellement important a garder a l'esprit quand on appel un numéro d'urgence, toujours attendre avant de raccrocher, ne jamais en prendre l'initiative. Le reste, même si on y pense pas, la personne au bout du fil va nous le demander.
Étonnamment, je n'avais pas du tout en tête de raccrocher. C'est d'ailleurs le médecin régulateur qui l'a fait. Après, si c'est un problème courant, je suis d'accord, mieux vaut le répéter.
-
Au centre de gestion des appels, ils ont eu même une liste pour pas oublier une info.
J'ai vu une démo d'un logiciel de gestion des appels dans le CODIS d'un SDIS où en fonction des réponses de la personne au bout du fil, la liste se mettait à jour en temps réel avec les questions à poser à la personne suivant ses réponses et lorsque la personne raccrochait un rapport de l'appel partait via ANTARES vers le véhicule qui partait sur l'inter.
-
Au passage, il y a une sorte de checklist à travailler pour être le plus efficace possible lors d'une alerte téléphone. Vous pouvez dire les choses suivantes immédiatement avant même que l'auditeur vous questionne.
- Votre identité "je m'appelle jean dupont"
- le lieu de l'incident le plus précisément possible (adresse). "je me trouve devant le 4 rue du grenier à grolandville"
- décrire la situation en 1 phrase intelligible
ex: "je me trouve en présence d'une femme environ 60ans, consciente, qui est en train de vomir ce qui semble être du sang". ou "je me trouve en présence d'un homme d'age inconnu, il est inconscient, il ne respire pas, il présente une plaie au niveau du thorax" ect ect.
Entrainez vous quelques minutes chez vous a faire ce genre de descriptif simple et efficace et cela fait gagner un peu de temps aux secours.
Demandez toujours l’autorisation de raccrocher. Si vous avez fait des gestes ou vous apprêtez à le faire, dites le. ex "J'ai placé la victime en position latérale de sécurité" , "Je vais entamer un massage cardiaque" (il faut d'abord alerter avant de masser). Et apprenez l'alphabet international (alpha bravo charlie). Pour les noms de rue si la communication n'est pas bonne ça aide énormément.
my 2cents de secouriste débutant.
-
Rezemika, j'ai édité ton post en virant ton nom et ton prénom, mais peut-être que tu avais pensé à le faire de toi-même,.je serais bien incapable de le savoir : ils avaient l'air crédibles. Dans le doute, j'ai préféré ne pas prendre le risque!. ;)
-
Yo,
Une petite anecdote qui m'est arrivée il y a quelque mois: un soir, je sort sur mon balcon pour fumer une clope, et je distingue sur la montagne derrière une lumière que je n'avais jamais vue avant, qui strobe et qui ne semble pas se déplacer. J'attend, ça strobe toujours, et ne bouge pas.
J'ai pensé que sa pouvait être ou un promeneur en galère ou un problème sur la route qui passe juste entre ces deux montagnes. Pour en avoir le coeur net, j'enfile les grolles de rando, sort la trousse de premier secoure du coffre, et prend le volant pour aller voir de plus prêt ce que ça pouvait être. En traversant le village, je pert la lumière de vue et, avec le'éclairage public n'arrive pas à la retrouver. Je m'enfile donc dans les gorges pour aller voir: Rien. Retourne sur mes pats et n'arrive toujours pas à retrouver la source.
Une fois rentré chez moi, je me post sur le balcon: la lumière est toujours présente. Après m'être brièvement concerté avec moi même, j'en arrive à la conclusion qu'il est moins gênant de déranger les secoures pour une fausse alerte, que de laisser quelqu'un en difficulté...appel au 112. Après quelques échanges avec l'opérateur, celui-ci fini par me mettre en relation avec la gendarmerie. J'explique mon cas, leur laisse mes coordonnées et ils envoient une patrouille voir. Après un certain temps, je reçois un coup de fil de la patrouille qui s'est enfilée également dans les gorges et ne voit rien. Nous finissons par nous donner rdv sur un rond point et vais les récupérer en voiture pour les ramener à mon point d'observation. La lumière strobe toujours. Ils semblent perplexes et repartent. Après, plus de nouvelles.
En fin de compte, c'était le strobe d'une grue installée à l'autre bout du village...
Alors, oui: je me suis planté...mais si ça n'avait pas été le cas et que j'étais allé me coucher sans rien faire, alors la peur du ridicule aurait pu tuer. Du coup, à postériori, si c'était à refaire, je ferais pareil: vérifier que ce n'est pas un faux-positif, et, en cas d'échec, appeler, voir ce qu'eux en pensent.
(et j'ai pris une carte plus précise des alentours pour pouvoir mieux situer les choses au téléphone)
Bonne nuit
Hugo
-
Cette page wikipédia décrit l'effet témoin dont on est tous à un moment ou à un autre confronté :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_du_t%C3%A9moin
-
Je vais être un peu casse burne mais d'oú tu es formé à donner des scores de Glasgow? Je veux dire à part sur wikipedia?
Vu comment tu as stressé pour un truc assez simple, je ne vois pas l intérêt de te rajouter du stress à aller essayer de sortir un score de glasgow pour lequel a priori tu n'es pas formé. En plus tu risques de créer un sentiment de suspicion chez le régulateur.
-
Rezemika, j'ai édité ton post en virant ton nom et ton prénom, mais peut-être que tu avais pensé à le faire de toi-même,.je serais bien incapable de le savoir : ils avaient l'air crédibles. Dans le doute, j'ai préféré ne pas prendre le risque!. ;)
En ce qui concerne mon prénom, je ne l'ai pas tenu secret, il est sur ma présentation (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,64568.msg507983.html#msg507983). Concernant mon nom, je n'y ai pas pensé et ce n'est de toute façon pas dramatique, puisqu'il n'apparait pas aux pages jaunes ou similaires. Mais merci de ton attention. ;)
Je vais être un peu casse burne mais d'oú tu es formé à donner des scores de Glasgow? Je veux dire à part sur wikipedia?
Il n'y a pas de mal. A part sur Wikipédia, sur d'autres sites et sur quelques livres. J'avoue ne pas avoir de grandes connaissances pratiques dans ce domaine. J'ai déjà vu un secouriste le faire à un cas concret, mais ça se limite à ça. :-[ Je me rend compte que j'ai oublié de le mettre, mais j'ai précisé que j'apprenais les premiers secours à la permanencière, ce qui veux dire que je débute.
Vu comment tu as stressé pour un truc assez simple, je ne vois pas l intérêt de te rajouter du stress à aller essayer de sortir un score de glasgow pour lequel a priori tu n'es pas formé. En plus tu risques de créer un sentiment de suspicion chez le régulateur.
Quand je dis que je sens mon rythme cardiaque s’accélérer, je ne veux pas dire que j'étais paniqué. Comme je le disais, c'est le fait d'appeler un numéro d'urgence pour la première fois qui me faisait stresser. Ce stress a disparu au bout d'une petite minute, quand je me suis rendu compte que c'était moins difficile que prévu. Après j'ai pu me recentrer et redevenir calme.
Après, je suppose que ton message avait, outre son apparence "casse burne", le but de me faire prendre conscience d'une erreur, et c'est chose faite. J'irais trouver un secouriste et lui demanderais de me corriger. Quand on débute, parfois, on a envie commencer par la fin...
Merci. ;)
-
Par contre, on peut omettre un détail important (la victime qui vomit...).
Si toi tu oublie de le signaler spontanement, le gars au téléphone te posera les questions qui t'ammenerons a lui dire, donc no stress.
J'ai appeler plusieurs fois le 15, parfois lors d'accident de la route assez grave, parfois pour des " bricoles " ( gamine avec une grosse gastro en pleine nuit, et impossible de joindre le médecin de garde ni la garde départementale ). Ils sont super carrés au bout du fil, pas de pertes de temps, questions précises, etc...
Faut vraiment pas avoir peur d'appeler, la seule connerie que tu peux faire vis a vis du 15/112 c'est de ne pas les appeler ! Car " si y'a un doute, y'a pas de doute ! ".
-
Vu le quotidien d'un centre 15, avec une explosion ces dix dernières années d'appels aussi désuets que parfaitement inutile ( celui qui appelle parce qu'il a perdu ses clés de voiture, celui qui appelle parce qu'il a besoin d'une ambulance comme toutes les semaines pour aller faire sa dialyse, le fameux appel pour la détresse vitale du chien de la maison, etc... ), croyez bien que quelque soit le motif d'appel venant d'un membre de ce forum, il sera utile.
Partez du principe que vous avez le bagage et la sensibilisation adéquate, pour qu'à partir du moment où vous vous posez la question d’appeler le 15 c'est qu'il le faut.
-
Bonjour tout le monde !
répond par la négative à ma proposition d'appeler quelqu'un ou le SAMU. Je lui dit alors de se mettre sur le côté pour vomir, afin d'être sur qu'elle ne s'étouffe pas.
Je réitère ma proposition d'appeler les secours. Finalement, ça ne va pas si bien que ça. Elle accepte.
Boujour à tous
Bravo pour ton attitude citoyenne.
je voudrais insister sur un point:
Si quelque chose dans l'attitude ou les signes observables de la victime te fais déceler une anomalie, tu ne devrais pas demander son avis à la victime pour appeler les secours.
Très souvent les victimes minimisent leurs syptomes qui plus est au plus les gens sont âgés au plus ils ont peur de l'hôpital.
En appelant le 15 le médecin régulateur fera un diagnostic à distance et c'est lui qui décidera de l'envoi des secours ou non. qui plus est il peut dialoguer avec la victime si elle est consciente (si elle est inconsciente les secours seront de toute façons envoyés automatiquement).
Donc en résumé si vous pensez que c'est pas normal, n'attendez pas l'accord de la victime pour appeler les secours. Il vaut mieux se fâcher avec elle plutot que de se reprocher de ne pas avoir été assez réactif si son état s'aggrave par la suite.
J'ai vu des victimes d'infarctus refuser l'hospitalisation en prétextant que c'était un mal à l'estomac et que ça aller passer....
Bonne journée