Trois gars, une fille, au milieu de la péninsule du Knoydart au nord de Mallaig (Ecosse).
Dimanche 25 mai 2014
De la gare au col
17h, nous descendons du train à la gare de Glenfinnan. Il pleut, il pleut fort même. Nous partons encapuchonnées sur le chemin qui mène au viaduc (Harry Potter). Nous réglons et re-réglons chacun nos sacs. Les corps refusent ces fardeaux comme une greffe mal opérée !
Après une heure, nous arrivons à hauteur d’un bothy, sorte de cabane à destination des randonneurs. Deux hommes en sortent, ils nous font bonjour mais semblent plus affairés à vider leur bouteille de wsk qu’à la partager. Nous continons donc notre chemin. Nous marchons ainsi jusqu’à 20h et nous arrêtons un peu avant un col à 470m. J’aime ajouter 1350m à toutes les altitudes en Ecosse, c’est celle de Gavarnie point de départ de nombreuses excursions pyrénéennes. Ici donc le col est donc à près de 2000m.
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Il pleut parfois, il vente mais le soleil fait quelques apparitions. Enfin nous posons nos trois toiles non loin d’un arbre esseulé : un tipi monté en tarp, un tarp et un bivy. Nous sommes quatre, le tipi servira d’abris couchage pour deux et de mess pour quatre. Au sol nous déroulons une bâche graber et de la cree.
Le premier soir je montre à nos deux « débutants » les principes de montage du tipi. Toile en tronc de cône, il n’est pas évident de la tendre en tarp. Ce que nous sommes obligé de faire vu le vent et la construction pas assez écrasée de la toile.
Puis les deux habitants du tarp préparent le bois et allument le feu pendant que nous montons nos propres abris. Le réchaud chauffe 1L d’eau puisée dans le ruisseau. Chacun sort ses repas lyo comme pour les prochains jours. Cette individualisation des repas n’empêche pas les échanges de nourriture. Le repas se termine par une lichette de wsk.
Mon poncho me sert de sursac, sa polyvalence engendre un relatif inconfort dans ces deux domaines. Il est humide, mais j’y enfile néanmoins mon sac de couchage en espérant que ma chaleur corporelle le sèche. Je sens que ce produit hilleberg m’entrave trop, mais là il faut faire avec. Il est 22h et il ne fait pas nuit, à 23 heures non plus.
Lundi
Du col au pied du sgurr7h30 lever, 10h départ. Nous avons besoin d’acquérir certains réflexes de rangement pour aller plus vite. 1h30 serait bien. Mais je ne suis pas un modèle à ce titre.
Ce sera la plus longue étape et pourtant le parcours suit un itinéraire tracé. Nous sommes au fond de la Glenfinann puis de la Glendessarry, la glen est une vallée. La qualité du chemin est bonne au début puis ça dérape ou plutôt « ça patauge » pendant plus d’une heure dans une tourbière que nous ne pouvons contourner.
Après 2 heures de marche nous nous autorisons une pause déjeuner. Pas de plat chaud, trop fastidieux de sortir le matériel, faire chauffer et ranger. Nous préférons un casse croûte. Saucisson, jerky, fromage, banane séchée, noix, etc.
La pluie arrive par intermittence au début puis plus fort en milieu de journée. Les bâtons aide à se sortir régulièrement de ces bourbiers ou chaque pas fait sauter une grenouille. Le groupe marche bien, plutôt lentement diraient certains. Pas de plainte malgré la pluie, le vent et la boue, de la bonne humeur. On s’était préparé à cela.
Mardi
Du pied du Sgurr à Sourlie
Nuit difficile avec les insectes qui ont piqué en début de nuit ceux qui n’avaient pas de protection. Ce matin le soleil nous laisse sécher quelques affaires. Le spectacle de la nature est magnifique.
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Sachant que veille nous avons marché pratiquement 10heures, comme l’un d’entre nous se sent fatigué par manque de sommeil, et que les autres ne protestent pas, nous décidons de raccourcir l’étape. Pas de munro mais une marche dans cette vallée où nous contemplons ces lacs aux eaux limpides, ses rochers sombres et ne voyons aucun midgie ce qui à ce moment est considéré comme un luxe.
La relative courte marche déçoit un peu l’un des participants qui se demande quoi faire au milieu de l’après midi. « De la contemplation » aurait répondu le voyageur du XIXe siècle.
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Le lieu du camp se situe sur la plage, où nous espérons ne pas avoir de MDG. Erreur mais de façon moins violente que la soirée précédente. La température est relativement douce et nous avons peu de vent en ce début de soirée.
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Le coin nommé Sourlie possède son bothy, une belle pelouse, une plage, c’est surtout un loch et donc c’est un site remarquable. Il est donc normal que l’on y trouve plusieurs tentes et marcheurs malgré un accès routier à deux journées de marche
Nous échangeons quelques mots avec un britannique et d’autres nationaux aux accents plus marqués. Puis bain de pied et lavage d’une paire de chaussettes dans l’eau de mer. Tentative de pêche avec un bâton, pas assez de longueur de fil. Le bois flotté apporte un complément de combustible.
Je remarque que nous nous couchons de plus en plus tôt. La marche difficile dans un sol souvent instable, l’humidité, le déficit de sommeil et le portage sollicitent les organismes. Nous terminons la bouteille de Wsk, cela aussi aide à dormir.