Vie Sauvage et Survie
Catégorie Générale => Stages, sorties et aventures (récits ou projets) => Discussion démarrée par: raphael le 11 mars 2013 à 13:49:02
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Un peu en manque de sortie hivernale à cause des conditions météo et du planning, je me décide suite à la consultation d'un bouquin présentant des parcours raquettes dans les Pyrénées. Il y ait décrit une sortie à la journée dans le Val Louron donnant accès à un des plus joli panorama de la chaine. Le départ est à Mont près de Loudenvielle, ce parcours est en partie commun avec un PR indiqué sur les cartes IGN. Ce dernier est aussi décrit par le site internet de la Vallée du Louron
http://www.vallee-du-louron.com/fr_et/randos-fond-de-vallee-et-villages.php (http://www.vallee-du-louron.com/fr_et/randos-fond-de-vallee-et-villages.php)
N° 5 : Le Chemin des Estives
Durée du circuit : 3 h 45. Dénivelé : 500 m.
Cet itinéraire sportif peut être difficile à suivre par brouillard. Les estives sont les pâturages d’été; tenir les chiens en laisse et bien refermer les clôtures (troupeaux). Se garer sur le parking à l’entrée du village de Mont et passer à gauche de l’église pour suivre l’itinéraire balisé N°4. A Saint-Calixte, passer à droite de l’église pour suivre l’itinéraire balisé N°5 en direction de Cazaux-Dessus. Après 100 m sur une petite route, suivre le chemin qui monte à droite et mène à Cazaux - Dessus. Redescendre à gauche pour traverser le village et après la chapelle, suivre le sentier qui monte tout droit jusqu’à la route forestière de Balencous. La suivre vers la gauche pendant 2 kms en laissant à gauche deux pistes qui descendent. Au niveau d’une ruine (murs) prendre la première piste à droite qui monte en haut de la forêt de sapins (point de vue). Monter alors à gauche par une piste en lisière de forêt. A une plate-forme, monter tout droit dans les estives (raide) par des traces de sentier jusqu’à un replat (altitude 1722 m) et suivre à droite une piste pastorale qui descend à flanc de montagne. Passer une première clôture, puis une deuxième sur un petit col (abreuvoir) et descendre par un sentier. Après quelques lacets, descendre par ce sentier vers une forêt de chênes, puis par un chemin plus large jusqu’à Mont. En bas d’une rue pavée, rejoindre à gauche l’église puis le parking.
Ci dessous le plan IGN du parcours en mauve et le tracé que je vais finalement devoir prendre en bleu.
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Hier dimanche, je pars tôt et j'arrive à Mont vers 9h30. Je suis le chemin indiqué et je me retrouve dans la foret de Balentous au bout d'une heure de marche en partie effectuée dans la terre et en partie dans la neige d'où de fréquents retrait des raquettes. Il y a une couche de neige de plus de 50 cm alors que l'on est à 1500 m (photo point 1). En sortie de foret je vois bien au niveau de la ruine (pas si ruine que ça mais je ne vois que le haut de la bâtisse) le chemin qui pars à droite mais je continue tout droit comme indiqué possible par le PR (photo point 2). Il faut donc que je prenne à droite pour rentrer dans le bois de Joannerous mais vu l'épaisseur de neige (plus de 1.5 m) plus de repère donc je me sers du GPS inclus dans Maps de mon portable pour trouver l'entrée. Je progresse difficilement car je ne suis pas sur le chemin mais un peu plus haut que celui ci; je ne vais le retrouver qu'au milieu du parcours dans le bois. J'en profite pour faire la pause déjeuner, il est 12h30. Je fais sécher mon t shirt au soleil et je me couvre un peu car il y a un peu de vent. Je me rends compte que les 3h45 indiqué ne reflète pas un parcours hivernal avec beaucoup de neige. Je repars au bout d'un 1/4 h et je sors de la foret et je dois m'attaquer à la montée en lisière de la foret. Là je regrette mon samedi après midi de terrassement, je monte à un rythme lent et je suis obligé de faire des pauses régulièrement avec à chaque fois comme objectif tel arbre ou telle trace dans la neige. Une idée de la pente et de la distance sur les photos point 3.
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J'arrive enfin sur la crête et je fais un point carte et GPS. Je me change aussi car j'ai bien sué dans la montée avec un simple tee shirt manche courte en merinos; sur la crete le vent se fait plus mordant et j'enfile mon tee shirt manche longue, une fine polaire et mon ventile. J'admire le panorama (photo point 4), le temps commence à changer et surtout je vois sur la partie gauche des fissures dans la neige; je me doute que c'est la signature de plaques à vent sur la descente de ce coté là. Il y avait déjà des plaques à vent en haut sur la droite de la montée que je viens d'achever. Donc je suis obligé de suivre la ligne de crête pour descendre jusqu'au Cap de Bosc Grand; La pente est assez forte et je commence a descendre plutôt en ski qu'en raquette ; oui mes raquettes se comportent comme des ski vu la nature de la neige (humide et croûtée en surface). A titre d'info je n'ai jamais mis les pieds sur des ski; je commence à stresser un petit peu car la descente n'en finit pas. Arrivé au Cap je devrais prendre à gauche pour me diriger vers la foret de chêne comme indiqué dans le descriptif mais c'est impossible, la pente est très forte et débutant par des plaques à vent. Je décide de prendre à droite en longeant la pente et en voulant descendre vers Estarvielle pour rejoindre le chemin en parallèle du PR. La pente est donc en devers vue la direction que je prends mais ce n'est pas possible de faire autrement : descendre tout droit est trop dangereux vu l'angle de la pente. Là je constate que les raquettes ne s'enfoncent plus dans la neige croûtée, mes chevilles sont constamment en torsion et je progresse que très lentement. Je vise un petit groupe d'arbre sous lequel il n'y a pas de neige, et là je me pose dix minutes pour reprendre mes esprits et souffler.
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Il me reste encore pas mal de dénivelé à descendre et la pente est assez forte; ce n'est plus possible de continuer avec les raquettes. Je les enlève et les attache sur le sac, je fais un essai : la croûte de neige casse sous les pieds et je m'enfonce jusqu'au genou. Au moins je ne vais pas glisser dans la pente ; me voilà reparti et regardant droit devant, un pas après l'autre. Je me fixe à chaque fois comme objectif un arbre ou une zone herbeuse qui affleure. A chaque arrêt, je secoue l’espèce de neige collante sur le bas de mon pantalon et mes chaussures commencent a se remplir de neige mouillée. Dire que j'ai un pantalon imperméable dans mon sac mais là c'est trop tard et ce n'est plus possible de me changer vu la pente. Me voilà enfin arrivé dans des pentes plus douce (photo point 5) et je rechausse mes raquettes. Mes chaussures sont gorgées d'eau et mon pantalon est dans la partie en dessous du genou trempé. Je n'ai pas froid (chaussettes en laine) par contre j'ai un peu mal sur l’extérieur du tibia car a chaque pas nécessitant de m'enfoncer, j'ai frotté ma jambe contre la croûte de neige. Je retrouve avec soulagement le chemin de retour et je me traîne fatigué jusqu'à Mont et la voiture. Je me change, me repose et je reprends la route.
Ce que j'en retiens : toujours partir avec une carte, un GPS quand il y a de la neige en quantité, éviter de partir seul dans ces conditions (j'avais quand même laissé un mot en évidence dans la voiture donnant mon parcours et l'heure de retour); J'avais aussi prévenu mes parents en donnant ma destination. Savoir reprendre son souffle et ses esprits quand la petite voix se réveille. Les raquettes c'est bien mais cela a aussi des limites. J'ose pas imaginer si la neige avait été verglacée dans la dernière descente...
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Merci Raphaël pour cette belle ballade que tu nous fais partager et cet excellent retour d'expérience.
Bonne analyse des risques, notamment de partir seul sur ce terrain de moyenne montagne qui se révèle potentiellement avalancheux.
Bons choix d'itinéraire pour limiter l'exposition.
As-tu repéré les zones avalancheuses uniquement à vue , ou aussi au son en franchissant certaines plaques ?
J'imagine que tu avais des bâtons de rando ou de ski.
Avais-tu des guêtres ?
Etait-il possible de rebrousser chemin si la descente s'était avérée trop verglacée ?
(peu probable en dehors d'une piste de ski le matin ou sur la trace d'un ruisseau/torrent, le crouté en surface étant le plus fréquent en terrain libre)
Quelles ressources avais-tu dans ton sac, te donnant quelle autonomie ?
Toutes ces questions pour permettre à ceux qui nous lisent de réfléchir à ce type de situations, et en particulier cette saison , où la presse a fortement rendu compte de plusieurs accidents liés à la progression sur neige.
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Merci Raphaël pour cette belle ballade que tu nous fais partager et cet excellent retour d'expérience.
Bonne analyse des risques, notamment de partir seul sur ce terrain de moyenne montagne qui se révèle potentiellement avalancheux.
Bons choix d'itinéraire pour limiter l'exposition.
As-tu repéré les zones avalancheuses uniquement à vue , ou aussi au son en franchissant certaines plaques ?
J'imagine que tu avais des bâtons de rando ou de ski.
Avais-tu des guêtres ?
Etait-il possible de rebrousser chemin si la descente s'était avérée trop verglacée ?
(peu probable en dehors d'une piste de ski le matin ou sur la trace d'un ruisseau/torrent, le crouté en surface étant le plus fréquent en terrain libre)
Quelles ressources avais-tu dans ton sac, te donnant quelle autonomie ?
Toutes ces questions pour permettre à ceux qui nous lisent de réfléchir à ce type de situations, et en particulier cette saison , où la presse a fortement rendu compte de plusieurs accidents liés à la progression sur neige.
Oui j'ai entendu parfois des bruits sourds de craquements mais plutôt dans les pentes. J'avais des bâtons de rando et ils se sont révélés indispensables. J'emprunte les raquettes et les bâtons au CE de mon entreprise et j'ai bien galéré au départ pour débloquer un des brins. Du coup j'ai tout vérifié et bien réglé et serré ceux ci. Non pas de guêtres, je voulais si besoin mettre mon pantalon imperméable si la neige avait été plus poudreuse dans la première partie. Quand j'en ai eu besoin c'était un peu tard pour le mettre. On s'en rend pas bien compte mais se poser dans la pente il faut tout surveiller quand on pose quelque chose car une fois partit on ne rattrape plus rien.
Retour possible si la pente était verglacée : revenir sur mes pas et tout refaire à l'envers. Mais là j'en aurai eu pour au moins deux heures car il aurait fallu remonter une bonne partie du dénivellé et je commençais a fatiguer.
Mon sac : poncho, couverture de survie, chaussettes sèches, bonnet laine, chèche, gants, pantalon imper, eau, micropur, grignotage (mélange cacahuète ,dosettes de sucre, sachet de tisane, barres céréales, reste de casse croûte du midi, gateaux), ficelle, ducktape, P3rs, alcool, quart alu, cuillère en bois, PQ,. J'emporte aussi dans mon sac mon baise en ville (papiers, lampe fenix, couteau suisse, sacs plastique)
Ma banane portée en bandoulière en permanence : couteau fixe, miroir, briquet, firesteel et grattoir, nécessaire bobologie, huile de massage arnica, baume a lèvres, portable, mouchoir papier, gel hydro alcool, lampe frontale.
J'aurai pu passer la nuit sous des sapins car les températures n’étaient pas si froides que cela (autour de -1°C prévu dans la soirée avec vent faible). Mon portable était encore chargé a près de 80% : important ne pas oublier d’éteindre tout ce qui consomme sans être utile (WiFi, réseau...)
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Salut Raph,
je ne suis pas pratiquant de raquette (j'utilise... ou plutot j'abuse des skis de rando. activité qui est une vrais passion, mais je pratique aussi l'alpi a pied et toutes autres activités que la pacha mama nous offre l'hiver) et je habites en Savoie. donc mes remarques ne seront que des remarques et des hypothèses.
premièrement, je ne croix pas avoir lu que tu étais équipé de DVA (machin pour retrouver les victimes d’avalanches) et a mon sens c'est une abération. alors oui si tu n'as pas croisé un chat, ça t'aurais pas beaucoup aidé mais quand je lit "plaques a vent" et "fortes pentes" ça m'interpelle forcément. je pense sincèrement que le public touché par les raquettes manque de sensibilité quand au risque d'avalanche. Il pense, a tord !! qu'il s'expose moins que les randonneurs a ski (population, chez qui, le port du DVA est plus qu'intégré). or à partir du moment ou on sort des zones boisées on peut potentiellement déclencher une avalanche (ce qui n'empêche pas d'en prendre une en foret ... mais là le DVA ne protège pas des troncs...). Je ne m'étale pas sur le fait d’être parti seul dans une zone "avalancheuse" on rentre dans le libre arbitre de chacun, mais le risque augmente encore... ce que je veux dire c'est que laisser un petit mot, et ne pas se laissé la possibilité de secours immédiat, si on est enseveli par une coulé ça sert juste à retrouvé le corps avant la fonte des neiges. la durée de vie sous la neige est de 90 ou 80% entre 0 et 15min et chute très fortement au dela.
cependant, j'ai l'impression en regardant tes photos que la neige à quand même sacrement pris le soleil (ce qui diminue sur le long terme les risques de plaques mais augmente le risque de coulé de "lourde", deux type d'avalanche bien distinct). plus que les "fissures" en surface (qui peuvent datés) il faut se soucier de ce qui se passe sous tes pieds. tassement de quelques centimètres d'une plaque plus grande que notre "pied/raquette" avec un bruit type "WROUF" ... ==> attention !!!
je rajouterais que souvent la pente qu'on peut descendre est bien plus importante que celle qui nous fait peur ... en situation j'imagine que je serais parti dans la pente si je pouvais sécurisé mes appuis et surtout si c'était pas glace vive (le pire serait de prendre de la vitesse sur une chute) en enlevant les raquettes pour plus d'ancrage comme tu l'as fais, voir descendre en "luge" sur les fesses ou sur le sac (une histoire célèbre raconte comment un groupe d'alpiniste sacrément dans la m*rde sur l'Everest se sont sauvés les miches en descendant sur leur sac a dos dans un couloir pourtant raide)... après j'y étais pas et c'est quand même super dur de dire avec 3 photos (très jolies les photos d'ailleurs !!). ça t'aurais permis de moins te retrouver exposé au avalanche en restant sur la crêtes (effectivement en étant dans le haut de l'avalanche on limite le risque d'enfouissement).
@vieuxmora : en fait je crois que la saison à été plutôt clémente cette année sur les risques d'avalanches (surtout aux vu des quantités de neige tombées), et ces seulement il y a quelques jours avec le réchauffement et le vent que la presse à pu médiatisé quelques mortels accidents... croisons les doigts c'est pas encore fini...
désolé pour les fautes d'orthographes j'en ai surement laissé mais c'est pas trop mon truc...
et surtout que ça empêche personne de sortir !! la nature en hiver est la plus belle chose qui soit !!
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, le temps commence à changer et surtout je vois sur la partie gauche des fissures dans la neige; je me doute que c'est la signature de plaques à vent sur la descente de ce coté là. Il y avait déjà des plaques à vent en haut sur la droite de la montée que je viens d'achever.
Je pense que ces fissures que tu voyait était plutôt des fissures de reptation, signe d'une humidification en profondeur du manteaux. Le danger était peut être plus due a une avalanche de fond qu'à une plaque à cet endroit.. Le propre de la plaque est d’être presque invisible, on peut seulement le deviner suivant la morphologie du terrain ( elle se forme dans les endroit abrité du vent comme les combes derrières les crêtes,...).
Pour moi par contre l’itinéraire n’était pas optimale dans les conditions telles que je peux les appréhender par tes photos et description ( on dirait qu'il y a eu pas mal de vent et/ou de la fonte, neige humide,...). Apres le Cap de Bosc tu coupe en diagonal des pentes orientés ouest potentiellements avalancheuse en fonction de l'horaire: alors que tu aurait pu continuer tout droit sur la crete.
Apres je ne connais ni la région, ni la météo, ni le BERA du jour.
De plus pour mettre toutes les chance de ton coté il est conseillé de partir à au minimum deux personnes, chacune équipée de DVA de technologie recente, pelle, sonde, ET d'etre entraîné au maniement de ces outils ET de laisser des distances de sécurité entre les membres du groupe
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Ravachol :
Je ne suis pas du tout un spécialiste des signes permettant de dire quels sont les types d'avalanche. Je me suis fié uniquement a ce que j'ai vu précédemment dans la montée
Oui j'aurais pu continuer tout droit jusqu'au Pic de Cassay mais après il aurait fallu quand même descendre des pentes abruptes, j'avoue que je n'y ais pas pensé.
Gnaisback :
"tassement de quelques centimètres d'une plaque plus grande que notre "pied/raquette" avec un bruit type "WROUF" ... ==> attention !!! " ça je ne l'ai pas expérimenté ce jour là.
" je rajouterais que souvent la pente qu'on peut descendre est bien plus importante que celle qui nous fait peur" Entièrement d'accord avec toi, en haut de la dernière pente j'ai sincèrement pensé que je ne pourrai pas descendre. Après le moment de doute, on tatillonne et on se rassure un peu.
Sincèrement je ne pensais pas que si bas en altitude (max 1844 m), il y aurait autant de risques liés au manteau neigeux. J'en prends note et cela m'a un peu calmé bien que non téméraire par nature. Pour info a part un skieur dans la première partie, je n'ai vu personne. :-[
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Oui j'aurais pu continuer tout droit jusqu'au Pic de Cassay mais après il aurait fallu quand même descendre des pentes abruptes, j'avoue que je n'y ais pas pensé.
Je ne dit pas que c'etait LA solution, il aurait pour ca fallu connaitre les condition meteo du jour. De plus par la crete tu descendait des pentes exposés sud qui aurait plus chauffée,il aurait donc fallu passer tot pour etre en securité,. AU final tu reste quand meme seul maître a bord.
Je voulais juste souligné l'importance du choix de l'itineraire pour évoluer en securité en hiver. De facon general on est moins exposé aux avalanches sur les cretes que dans les combe. Mais enormement d'autres parametre rentre en compte (exposition, vent, presence de barres rocheuse, de contrepentes,...) c'est pas simple quoi
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Merci du compte rendu Raphael, intéressant.
Je rajouterai rien sur les conseils de ne pas partir seul, d’emporter tout le matos de recherche, etc, etc.
Par moment je ressens aussi le besoin de partir seul, le sentiment de liberté y est plus intense. Les émotions plus fortes. Passons.
Sur les raquettes, parce que c’est au départ le sujet, à partir de quand abandonne t on les raquettes au profit des skis ? Fond, rando, …
Malgré le besoin d’en connaître un peu la technique, le ski est plus polyvalent, plus sécurisant que la raquette.
On pense raquette comme chaussure. Or nous avons appris à marcher avec des chaussures, ne devons nous pas apprendre à utiliser des raquettes ?
Oui, au-delà d’une certaine pente on déchausse.
On a là un outil peu spécialisé, assez grossier, mais facilement utilisable par tous (en faible pente). Après les spécialistes nous dirons sans doute qu’il existe différents modèles adaptés à des usages plus variés.
Pour moi une paire de raquettes c’est un truc qui m’évite de m’enfoncer jusqu’aux cuisses. Randonner une journée sur des terrains variés, je choisirais plus une paire de ski de fond et peaux.
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Moyennement d'accord: les skis, en forêt deviennent vite une galère...
A adapter aux conditions du terrain donc.
Édit: je suis pourtant un adepte du ski de randonnée nordique... Et du coup,'j'évite la forêt...
En plus la forêt, je la laisse aux animaux qui ont déjà bien assez de soucis en hiver, en montagne dans la neige sans avoir besoins de se méfier des randonneurs emmitouflé avec 1 kg de pâtes dans le sac a dos. :D
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Il y a aussi l'aspect "neige" à ne pas négliger : c'est un milieu changeant, complexe.
Poudreuse, croutée, humide....
Je connaissais un peu la théorie , là j'ai experimenté la pratique.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Neige (http://fr.wikipedia.org/wiki/Neige)
Aspects physiques[modifier]
Historique[modifier]
Kepler fut l’un des premiers scientifiques à s’intéresser à la formation des flocons. Il rédige en 1611 un traité, L’Étrenne ou la neige sexangulaire. Vers 1930, le japonais Ukichiro Nakaya forme ses propres flocons dans des conditions expérimentales, fixant la température et la saturation en eau. Il s’aperçoit alors que la forme des cristaux dépend de ces deux paramètres. En 1935, Tor Bergeron développe la théorie de croissance des flocons à partir de la cannibalisation des gouttes d’eau surfondues appelée l’effet Bergeron.
Diversité[modifier]
Cristaux de neige, photographiés par Wilson Bentley (1865-1931)
Dans un nuage très froid, la vapeur d’eau se condense directement en cristaux de glace sur des particules en suspension (poussières, fumée…). S'ils ne rencontrent que des couches d’air de température inférieure à 0 °C pendant leur chute, les cristaux s’agglutinent et se combinent pour former des flocons de plus en plus larges. L’assemblage de ces cristaux dépend essentiellement des températures. La seule caractéristique commune à tous les cristaux est leur structure hexagonale, qui correspond à une minimisation de l’énergie potentielle chimique du cristal.
La forme des cristaux varie en fonction de la température, mais aussi du degré d’humidité :
de 0 à -4 °C : minces plaquettes hexagonales ;
de -4 à -6 °C : aiguilles ;
de -6 à -10 °C : colonnes creuses ;
de -10 à -12 °C : cristaux à six pointes longues ;
de -12 à -16 °C : dendrites filiformes.
La densité de la neige fraîchement tombée est très variable. Cette variation dépend du type de cristaux favorisés par la température dans la couche où la neige se forme, et du vent qui est un facteur limitatif à leur croissance. De plus, la température de l'atmosphère variant avec l'altitude, on a généralement une variété de types de flocons. Finalement, la friction près du sol par le déplacement dû au vent va briser certains cristaux et ainsi modifier le rapport entre la masse des flocons et l'air contenu dans la congère.
Les statistiques donnent une moyenne de 110 kg/m³, avec un écart type de 40 kg qui confirme le caractère dispersé de ce critère. Le rapport entre la hauteur d'eau dans un nivomètre provenant de la masse de neige et la hauteur mesurée au sol de cette neige est ainsi souvent donné comme 1 mm pour 1 cm (rapport 1⁄10). Cependant, des études canadiennes et américaines montrent que ce rapport varie entre 1⁄3 (température très élevée) et 1⁄30 (temps très froid)2.
Plaquette hexagonale.
Colonne
Cristal à six pointes longues
Cristal hexagonal présentant des extensions dendritiques.
Cristal hexagonal de neige avec de larges branches.
Cristal hexagonal type P1 observé à la loupe binoculaire.
Empreinte de cristal de type P1b.
Cycle de vie d'un cristal[modifier]
La formation et l'évolution des cristaux intègrent :
Les multiples degrés de liberté d'association chimique des molécules d'eau ; l'expression de ces possibilités est favorisée par la relative lenteur de cristallisation : une dizaine de minutes à quelques heures. Ceci est à la base de l'extrême diversité des formes créées.
Les diverses conditions météorologiques rencontrées entre la formation et la disparition :
conditions du niveau de formation, avant précipitation
conditions des couches atmosphériques traversées
conditions au niveau du sol, s'il est atteint.
La faiblesse des liens entre molécules d'eau rend ces cristaux très sensibles à toute modification de leur environnement. On peut considérer le cristal de neige comme instable et qu'il doit être en phase de cristallisation pour conserver sa forme, si bien que des recombinaisons se produisent dès que celle-ci s'interrompt. Cette vive sensibilité rend difficile l'observation microscopique des cristaux sans précautions particulières.
Conditions du niveau de formation[modifier]
Les paramètres des mouvements d'air ascendants conditionnent particulièrement la durée de cristallisation et les possibilités de pénétration dans des couches différentes par leur hygrométrie, température, pression, ... À ce niveau, des cristaux peuvent fondre, se sublimer, se combiner, mais aussi se trouver recouverts d'eau en surfusion ; les cristaux se couvrent de nodules d'abord invisibles mais qui peuvent dans certains cas leur donner un aspect de « fleur de mimosa ».
Même si l'air n'est pas ascendant, la résistance qu'il oppose parfois demande l'agglomération de plusieurs cristaux avant que la précipitation ne se déclenche.
La neige commence sous un nuage cumulonimbus où la température est d'environ 1 à 2 degrés. En tombant, elle se cristallise lorsqu'elle passe une zone de 0 °C ou moins.
Conditions de la précipitation[modifier]
Article détaillé : flocon de neige.
La turbulence et l'hygrométrie vont en particulier régir la disparition (fonte ou sublimation) des cristaux et des flocons ou au contraire leur agglomération progressive. Des flocons partiellement liquéfiés peuvent également subir une cristallisation brutale à la rencontre d'une atmosphère plus froide ; si le phénomène est massif, on parle de grésil.
La variation des paramètres météorologiques avec l'altitude se caractérise tout spécialement par la détermination de la fameuse limite pluie/neige.
Conditions de cristallisation au sol[modifier]
Sous les latitudes tempérées (sol « chaud »), le fort pouvoir isolant de la neige associé encore à l'albédo rend possible la création rapide d'un gradient thermique entre le sol chaud et isolé et la surface réfléchissante froide ; il peut atteindre 20 °C. Or on constate que les cristaux d'une couche de neige, dans un gradient de température, rentrent dans un processus de recristallisation se traduisant par un accroissement de la taille moyenne des cristaux. De ce point de vue, on considère qu'une épaisseur de quinze centimètres suffit à l'établissement d'un gradient.
Les conditions de cristallisations étant bien différentes de celles de la haute atmosphère, la cristallisation au sol produit des formes nouvelles mais moins élaborées.
Évolution du manteau neigeux[modifier]
Une neige subite.
Selon le profil de température que doit parcourir le flocon entre sa formation et son arrivée au sol, on aura un ou des types de cristaux favorisés. Lorsque le profil est assez chaud et humide, on aura formation de gros flocons qui emprisonnent peu d'air et donne de la neige très dense. Le rapport entre le nombre de centimètres accumulés dans ce cas et l'eau qu'ils contiennent est très faible, de l'ordre de 4 à 8 mm de neige pour 1 mm d'eau. Par température froide, l'inverse se produit et on peut facilement obtenir un coefficient de 25:1 pour la neige poudreuse. La moyenne climatologique est de 10:1, soit 1 cm de neige pour 1 millimètre d'eau contenue.
La neige fraîchement tombée est sujette à l'action du vent, surtout si elle est très légère. Ceci donne la poudrerie au Canada, appelée ailleurs chasse-neige élevée, et dans un cas extrême le blizzard. Elle peut se concentrer en dunes nommées bancs de neige (Canada) ou congères (Europe). Ce n'est pas le cas de la neige de printemps, compacte et riche en eau, amenée à fondre sur place. En montagne, le vent est à l'origine de corniches qui peuvent piéger les randonneurs.
La neige n'est pas un matériau inerte. Elle est au contraire en constante évolution et ne cesse de se transformer, soumise à l'action de son propre poids qui la tasse, ainsi qu'aux différences de températures entre le jour et la nuit. Si la pente est raide, le manteau peut devenir instable et générer des avalanches.
La métamorphose d'isothermie[modifier]
Elle se déroule lorsque le gradient thermique au sein de la couche est faible, inférieur à 5 °C par mètre. À cause des déséquilibres de vapeur saturante, les dendrites se détruisent au profit du centre du cristal. Les cristaux s'arrondissent et leur taille se calibre. On les appelle grains fins. Les contacts ainsi créés entre eux correspondent à la formation de ponts de glace qui soudent les cristaux les uns aux autres. C'est le phénomène de frittage. La couche de neige gagne en cohésion et en densité.
La métamorphose de gradient moyen[modifier]
Elle apparaît quand le gradient thermique au sein de la couche est compris entre 5 et 20 °C par mètre. On observe également un transfert de matière par sublimation / congélation mais la direction privilégiée est la verticale, du bas vers le haut. Les cristaux se transforment en grains à face planes.
La métamorphose de gradient fort[modifier]
Lorsque le gradient thermique est supérieur à 20 °C par mètre, le flux de vapeur au sein de la couche de neige devient très fort. Après une dizaine de jours, il y a apparition de gobelets, ou givre de profondeur, qui peuvent atteindre plusieurs millimètres de diamètre. Le manteau devient alors très instable, se trouvant sur un véritable roulement à billes.
La métamorphose de fonte[modifier]
Elle se traduit par l'apparition d'eau liquide au cœur du manteau neigeux. Elle est provoquée par une chute de pluie ou un redoux prolongé. Il se forme des agglomérats dits grains ronds (« gros sel ») qui rendent le manteau neigeux très instable.
Le fait d'hydrater la neige ne provoque pas nécessairement sa fonte immédiate, on obtient ce que l'on appelle de la neige mouillée.