Vie Sauvage et Survie
Catégorie Générale => Stages, sorties et aventures (récits ou projets) => Discussion démarrée par: Shengouille le 26 juillet 2012 à 13:00:43
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Bonjour à tous.
Le week-end dernier, accompagné de mon compère de bivouac, nous sommes retourné dans un des rares espaces forestiers bien entretenus d'Ille et Vilaine, dans le but d'y passer la nuit.
Avec une différence par rapport aux expéditions précédentes: nous ne devions apporter qu'1L d'eau potable chacun.
Le but était, en plus du plaisir inhérent à ce genre de sortie, de progresser au niveau de l'indépendance vis-à-vis de l'eau potable.
Mon pote avait des Micropur Forte, et javais dans l'idée de comparer deux méthodes de traitement de l'eau:
- filtrage bandana + micropur forte
- filtrage sphaigne+charbon
Nous voilà donc à 18h30, bivouac monté, à la recherche de matériaux pour le feu. Bonne surprise, pour la première fois de ma vie, je trouve une souche de pin complètement imbibée de résine ! Récolte intensive de bois gras.
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Quelques minutes plus tard, le feu prenait dans la cavité prévue à cet usage, tapissée de pierres, la pelle à portée de main pour éteindre tout départ de feu non volontaire.
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On en profite pour sortir nos jouets et comparer les mérites respectifs du réchaud à gaz et de celui à alcool.
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Le feu a bien pris, il nous occupera jusqu'à tard dans la nuit.
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Problème. L'endroit où nous avons fait le feu était quand même très végétalisé, avec un humus épais riche en racines, qui bien qu'humide (3 semaines de juillet sans soleil chez nous) laissait craindre un feu de litière. Par précaution, nous éteignons le feu complètement, en urinant sur les braises (bonjour l'odeur...)
Et me voilà bien embêté pour mon filtre ! M'imaginant mal utiliser le charbon sur lequel nous venons d'uriner, je me maudis de ne pas avoir mis de côté (genre dans la popote) un brandon incandescent, avec le couvercle par dessus pour passer en anoxie. Bon, trop tard, ce sera donc sans charbon, la séance filtrage du lendemain...
De bon matin, nous nous levons et utilisons les dernières gouttes de notre litre d'eau potable pour le café. Le massif forestier est magnifique sous les premiers rayons du soleil.
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Arrivés au ruisseau, ma nalgène désormais vide me permet de prélever 900mLd'eau courante.
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La couleur brun/rouge du fond de l'eau est due à la présence de fer dans le sol, et n'affecte pas la couleur de l'eau, qui n'est pas claire, mais pas opaque.
On marche un peu pour trouver de la sphaigne, repérée en grande quantité cet hiver (jusqu'au mois de juin en Bretagne pour ceux qui suivent !). Préparation du filtre.
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Surprise ! La sphaigne est... sèche. Pas morte, mais pas gorgée de flotte comme je m'y attendais. Du coup, les molécules antibactériennes qu'elle secrète ne baignent pas la plante, qui est du coup redevenue le refuge d'une faune indésirable: insectes et autres bestioles. Bon, pas de charbon, sphaigne "bôf", on remettra le comparatif à plus tard. Ce sera filtrage tissu + sphaigne + micropur. On a trop soif.
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Après moins d'une heure, les 900mL sont devenus 700mL (la sphaigne s'est imbibée d'eau et n'a pas tout restitué au pressage), et la couleur reste jaunâtre. Pas de charbon = pas de captage des particules fines...
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On y met le comprimé de Micropur, et 2 longues heures plus tard, on pouvait enfin boire "notre" eau.
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Un goût un peu "vert" mais pas désagréable. En revanche, quand la bouche s'assèche dans l'effort, on avait une impression bizarre dans la bouche, façon lendemain de cuite... je ne sais pas si c'est dû à la sphaigne, à l'eau ou au Micropur. On refera des tests !
Merci de m'avoir lu jusque là, pour vous remercier quelques photos...
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Merci pour ce retour, qui montre bien la distance entre la théorie et la pratique ...
Même en utilisant un vrai filtre, il y a bien deux ou trois petites trucs que l'on ne découvre que sur le terrain!
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Merci Bison !
L'analyse de la sortie, pour la prochaine fois:
1- prélever l'eau le soir, quitte à en traiter une partie au Micropur direct, et laisser "reposer" le reste la nuit pour filtrage, c'est horrible de se réveiller avec la soif et ne plus rien avoir à boire avant 4 ou 5 heures...
2- prendre un truc contre les moustiques pour les bivouacs d'été (répulsif pour le soir, moustiquaire sur le hamac), parce que je me suis fait bouffer !
3- ne pas pisser sur le charbon qui servira au filtrage !
4- mieux équilibrer mon sac, la pelle US sur un côté ça m'a pourri toute la rando, mais c'est du détail.
5- mettre plus de pierres autour du foyer, on a dû éteindre 3-4 départs de feu. Et on en profitera pour éloigner la réserve de bois sec du foyer, même si on a pas fait un feu de joie, mieux vaut anticiper.
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Pour l'eau perso c'est dès que l'occasion se présente lorsque je suis à moins de 1 ou 2l selon le lieu et la saison. ;)
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Attention, il me semble que les mousses (bryophytes) sont de sacrés fixateurs de métaux lourds et autres pollutions. Je n'ai, en revanche, jamais entendu parlé de molécules anti-bactériennes dans la sphaigne. As-tu des infos ?
Merci pour le CR en tout cas :up:.
a+
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Je l'avais appris en cours, Ray Mears le redit dans la vidéo, mais mes recherches sur Internet sont peu fructueuses.
Seul article sérieux que j'ai trouvé: http://www.wsl.ch/medien/news/110406_tourbieres_FR
Les sphaignes ont des propriétés antibiotiques qui font que les micro-organismes ne les décomposent que très lentement.
Bonne lecture !
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Seul article sérieux que j'ai trouvé: http://www.wsl.ch/medien/news/110406_tourbieres_FR
Suis une bille, je n'ai pas vu l'idée qu'il y avait des molécules anti-bactériennes dans les sphaignes.
En revanche je me souviens bien de l'épisode de Ray Mears où il expliquait que ça pouvait servie de serviette hygiénique de fortune, je me trompe ?
a+
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Cela vient peut être de la confusion suivante:
La sphaigne pousse en milieux humide voir inondé si les premiers centimètre contiennent assez d'oxygène pour que les micro organisme qui dégradent la matière organique ont assez d'oxygène pour dégradé la matière organique ce n'est plus le cas dessous ou le milieux acide et anaérobie empêche leurs travaillent. Donc il n'y a plus de dégradation.
Si on assèche une tourbière la dégradation de la matière organique reprend.
Donc une tourbière "vivante" comporte bien une zone "antibiotique" (ou rien ne vit) mais due au qualités physicochimique du milieux. Absence d'oxygène, acidité.
Je sais pas si je suis très clair...
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http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=5&ved=0CIwBEBYwBA&url=http%3A%2F%2Fwww.snh.org.uk%2Fpdfs%2Feducation%2Fsphagnum%2520moss.pdf&ei=zakWUNf6G6f80QXMsYD4Bg&usg=AFQjCNFK9bDWxauiDGCVEgC95hhvtDElCQ&sig2=-vPptzRPywadYKg2R8Jd_A
Une petite fiche... sinon une petite recherche google "sphagnum moss antiseptic" donne pas mal de réponses.
T'es pas une bille !
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j'en connais qui vont encore dire que je suis un affreux, baignant dans un pragmatisme borné, insensible à la poèsie et/ou aux vertus de l'entrainement.
Deux questions toutefois:
1) pourquoi jouer du réchaud alors que tu a un feu?(ormis de comparer le joujoux et de bruler du gaz)
2) Tu dispose d'un bandana, mais tu te sert de sphaigne..auquel tu semble reprocher de colorer ta flotte..
bon, j'dois etre un peu ..mais j'assume ;#
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Non aucun problème Nathan !
Le feu, c'était juste pour le plaisir. Vu les températures et la durée d'ensoleillement, c'était ni pour la chaleur, ni pour la lumière. Si on avait amené des saucisses, des patates (et de l'alu) et des chamallows on aurait cuisiné sur le feu. Là, on a fait bouillir nos 30cL l'eau vite fait au réchaud et mangé devant le feu. Mais d'accord avec toi, c'est double emploi si on ne considère que l'aspect "miam".
En effet, j'avais un tissu à travers lequel j'ai préfiltré l'eau. La mousse n'a pas teinté l'eau, au contraire, elle a fait son office de filtre. C'est l'absence de charbon qui n'a pas permis de fixer les particules fines, et c'est pourquoi l'eau post-filtrage était toujours légèrement trouble.