Vie Sauvage et Survie

Catégorie Générale => Dans la jungle ordinaire => Discussion démarrée par: Micamar le 18 février 2012 à 07:21:06

Titre: "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Micamar le 18 février 2012 à 07:21:06
Bonjour à tous.

Je fais mon mea culpa tout de suite : je n'ai pas cherché sur le forum si un tel sujet existait.



J'ai été absent, et par conséquent j'ai abandonné les quelques fils sur lesquels je répondais. Mille excuses.

Mais j'ai accompli depuis le 15 décembre un acte de survie qui n'est pas anodin : je travaille !

Et en revenant ici ce matin, m'est venu l'idée de ce fil. L'aspect psychologique de la survie en milieu urbain. D'ailleurs, si ce fil est maintenu, je songe déjà à le rebaptiser : survivre aux autres.

Car l'enjeu, en terme de survie, n'est pas tant de faire ou bien faire son travail. Ce que j'estime être le plus difficile, c'est bien supporter les autres. Endurer les remarques, désamorcer les conflits, contenir les jalousies.

Alors la question est posée : comment faites-vous pour survivre au boulot ? A votre patron, a vos collègues, et même à la femme de ménage qui aime tant parler le matin alors qu'on est en retard...



Micamar
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ?
Posté par: azur le 18 février 2012 à 11:06:27
Ça s'appelle vivre en société, et quand c'est plus poussé, c'est de la vie en collectivité.
Ça n'est pas facile tous les jours, mais ça fait partie de la vie. Il faut apprendre à mettre de l'eau dans son vin, à supporter les petites contrariété... ce qui ne signifie pas pour autant qu'il faille accepter de se faire marcher dessus: l’honnêteté commande d'avertir une personne qui devient envahissante et étouffante.
Ceux qui ont vécu en famille, voire en famille nombreuse, ont toujours eu à faire des concessions pour faciliter la vie commune, ceux qui ont vécu plus ou moins isolé le découvrent parfois très tard.
Le service militaire était une bonne occasion de découvrir que, malgré les contraintes, la vie en société est enrichissante et que, passé les premiers a-priori, on peut découvrir qu'une personne en apparence insupportable peut parfois nous apporter beaucoup pourvu qu'on s'y intéresse... Tout est question de bonne volonté réciproque.
C'est un sujet sur lequel il y aurait beaucoup à dire, car il y a autant de situation que de personnes rencontrées!
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ?
Posté par: Patrick le 18 février 2012 à 11:55:00
Alors la question est posée : comment faites-vous pour survivre au boulot ? A votre patron, a vos collègues, et même à la femme de ménage qui aime tant parler le matin alors qu'on est en retard...
Je te prie de m'excuser par avance d'une certaine brutalité. En effet, ce que tu décris, ce n'est pas survivre c'est la vie quotidienne avec d'autres représentants de l'espèce. Que tu ais du mal avec ça c'est une chose mais il va falloir que tu t'endurcisse sans attendre des autres qu'ils te considèrent comme un être unique et merveilleux à qui ils doivent quelque chose. Ici bas à part tes parents (et encore hélas pas pour tout le monde), personne ne te dois rien et tu vas devoir t’arracher pour y faire ta place. Avec le temps tu vas relativiser, dissocier ce que tu es des rôles qu'il nous faut "jouer" en société.

Gagner sa vie, que ce soit seul dans un champ, sur un bateau de pêche, dans une usine ou dans une jungle feutrée peuplée de prédateurs en costards demande de la volonté et du courage mais sera toujours plus gratifiant que de n'avoir pas la chance de bosser et de perdre en autonomie.

Une des façons de supporter ces difficultés est de trouver suffisamment de sens à ce que tu fait pour que ça reste positif. Ce peut être tout simplement nourrir sa famille, apporter à la collectivité, aux autres, ou gagner de quoi vivre ses passions.

Le travail reste ce que tu fais, pas ce que tu es.

Au moment où tu écris ces lignes, plusieurs milliers de personnes tueraient pour être à ta place, ne l'oublies pas.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ?
Posté par: Lily le 18 février 2012 à 17:22:07
Je suis l'analyse de Patrick : la survie, ça concerne des situations exceptionnelles (heureusement d'ailleurs). Le reste, c'est du quotidien. La formulation de tes interrogations, qui sont légitimes par ailleurs, montre à quel point le mot "survie" a été utilisé à toutes les sauces, au point d'en perdre son goût d'origine.

Maintenant, si ton taf t'apparaît comme de la survie, parce qu'il y a des transports, que les collègues sont pénibles, que tu ne te sens pas à ta place, il est clair que ce n'est pas normal. Avec les collègues, il faut relativiser. Ne rien chercher d'affectif. Car il n'y a rien d'affectif. C'est un autre genre de relations que les relations personnelles, qui sont certes guidées par la personnalité des individus mais (et il ne faut JAMAIS l'oublier) par la dynamique de l'institution (si petite soit-elle) dans laquelle tu te trouves. Analyse comme un scientifique les relations entre les gens et tu vas comprendre beaucoup de choses sur les relations dans ta boite ! Il y a long à dire la-dessus.

C'est super de bosser, c'est important. Et je comprends Patrick quand il dit que tu n'es pas à plaindre. Il a raison. Mais il faut ajouter aussi que tu as le droit de te sentir insatisfait de ta situation. Tu n'es pas obligé de t'habituer à une situation qui te semble merdique. Mets à profit cette expérience de boulot pour bien analyser ce qui te dérange le plus et pour établir un projet personnel qui te plaît vraiment. Si vraiment tu ne supportes pas d'avoir des collègues, fais le point. Es-tu capable de travailler seul et de te motiver tous les matins ? Si oui, tu peux peut-être envisager un métier où tu es ton propre maître, comme artisan. Mais il y a évidemment d'autres difficultés. A toi de peser le pour et le contre.

Grâce à ton travail, tu auras le droit à des heures de formation, peut-être peux-tu t'en servir. Tu peux aussi envisager de prendre des cours du soir pour changer de métier ou avoir la possibilité de changer d'endroit. Construit ta vie. On peut être responsable (=travailler pour gagner sa croûte) et avoir des rêves ! Et ce que tu nous as dit de ton histoire tend à montrer que tu as une forte volonté. Pourquoi alors se résigner ?

Titre: Re : "Nouveau" type de survie ?
Posté par: BerIndy le 18 février 2012 à 19:06:25
Et c'est quoi ce boulot si pénible  (auquel il te faudra survivre jusqu'à la retraite)
... et que d'autres voudraient peut-être bien avoir!!!

B
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ?
Posté par: Anke le 18 février 2012 à 20:14:41
"Survivre au boulot" .
Qu'est-ce que tu entends par là ?¨Peux-tu apporter des précisions, des exemples concrets, des expériences ou encore des ressentis ?
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ?
Posté par: Patrick le 18 février 2012 à 20:36:06
C'est super de bosser, c'est important. Et je comprends Patrick quand il dit que tu n'es pas à plaindre. Il a raison. Mais il faut ajouter aussi que tu as le droit de te sentir insatisfait de ta situation. Tu n'es pas obligé de t'habituer à une situation qui te semble merdique.
Lily c'est ma Geminy Criquet, ma conscience et qui fait bien de préciser. Tout faire pour améliorer son sort, ne pas subir être passif sont des lois universelle de survie aussi. Tout comme plier sous le vent et faire inlassablement un pas puis un autre dans la neige profonde jusqu'à un abri.

Toutefois, j'observe chez mes connaissances et collègues qu'on dirait souvent qu'on les a enlevés à leur famille pour leur mettre les fers aux pieds alors qu'ils sont parvenus librement jusqu'à cet emploi (même si aiguillonnés par la nécessité). Ils veulent que tout le monde change, le patron, la boite, les collègues, les horaires de bus, mais eux ne veulent rien changer. Une différence me semble essentielle, celle entre combativité pour un meilleur sort et inadaptation.

Celui qui s'adapte et peut combattre survit. Celui qui subit et gémit crève ou est réduit en esclavage.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ?
Posté par: yamabushi le 18 février 2012 à 21:23:28
Bonsoir,
J'ai 43 ans et ai changé de boulot un certain nombre de fois (beaucoup). Pourquoi ? ormis les jobs alimentaires qui me permettaient de manger en attendant de trouver autre chose de plus interressant, j'ai quitté certaines places parceque je ne m'y retrouvais plus, que je m'étais trompé. J'aurai pu, parfois, regretter mes choix, cela m'a couté de l'argent.
Mais je suis resté libre.
Maintenant, je suis un peu "casé", ce que je fais me plais.
A part au niveau mental (et encore), je ne juge pas cela etre du ressort de la survie, mais comme l'a dit Patrick, du sens de l'adaptation.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ?
Posté par: Kipik le 18 février 2012 à 22:27:54
Alors la question est posée : comment faites-vous pour survivre au boulot ? A votre patron, a vos collègues, et même à la femme de ménage qui aime tant parler le matin alors qu'on est en retard...

Sur la forme, je ne sais pas si c'est la bonne rubrique pour ce sujet, et les modérateurs peuvent être... heu... virils, donc bonne chance ;D
Sur le fond, et puisque le mot "survivre" a été employé, un mot lourd de sens, je me demande si ton questionnement est purement intellectuel ou s'il répond à une situation de souffrance.
Bah ! Je ne peux que te livrer mon ressenti, en espérant qu'il te soit (un petit peu) utile.

Le rapport humain, c'est d'abord et avant tout un rapport de force. Et ce rapport se trouve exacerbé dans le monde professionnel où la lutte de pouvoir est encore plus féroce du fait du statut social et financier qu'il conditionne. Dans le même temps, parmi toutes les catégories d'être humain (et il y en a beaucoup), j'évoquerai deux grands groupes qui vont définir ton rapport à l'autre : le groupe des brutes et le groupe des personnes avec une intelligence empathique développée. La brute prend ce qu'elle veut (ou du moins elle essaie de le faire) sans se soucier de l'intérêt de la personne en face d'elle (j'ai cru lire que cela pouvait être génétique en plus d'être une carence dans le dressage). Cela va se traduire par tout une palette de comportement variés qui sont AMA encore plus insupportables dans le monde professionnel qu'ailleurs parce que tu te retrouves dans un cadre restrictif où tu ne peux ni balancer une droite ni partir en courant (du moins en théorie !). En fait, cela me semble un état naturel et normal (dans le sens de ce qui est la norme). Les brutes sont adaptées à la société dans laquelle nous vivons parce que c'est une société brutale et le plus souvent impitoyable avec les mâles et les femelles oméga du troupeau, même si la société tente de t'imposer le filtre "bisounours" pour te faire croire le contraire  ::)

Si tu fais parti du second groupe, ceux qui ont une intelligence empathique développée (avec parfois en plus une conscience aiguë du collectif), félicitation, tu est moralement plus développé que la brute mais pas d'pot, tu es dans la m*rde ! Quotidiennement, tu te sentira agressé, et souvent tu le sera effectivement. D'autres fois, tu croiras seulement l'être. Mais réalité ou ressenti, ton corps et ton mental, eux, ne feront pas la différence. Ils finiront par penser que cette succession d'agressions ou de sentiments d'agressions traduit un danger de mort pour toi.  Résultat, angoisse, insomnies et déprime qui pourront aller jusqu'à la dépression. Et là, effectivement, tu seras bien dans une situation de survie !

Pour lutter contre cette situation qui peut être très complexe et vécu comme un drame potentiellement mortel (cf France Telecom par exemple), pour ma part je dirai qu'il y a 3 choses à faire (parmi d'autres) :

1°) Aller parler de ses problèmes à un professionnel compétent afin qu'il vous aide à décortiquer tous ces mécanismes, à comprendre leur origine, à relativiser et à finalement améliorer ses compétences de combat moral dans le rapport de force qui règne au sein de la meute.

2°) Si on en a la possibilité, la pratique d'un sport de combat m'apparaît une très bonne chose, non pas pour casser la gueule de son chef de service quand il se montre infect mais simplement pour pouvoir des mettre des points dans la compétence "Confiance en soi". Dans le monde animal, les prédateurs choisissent les proies les plus faibles (jeunes, vieux, malades). Et bien dans le monde humain, c'est exactement la même chose (Je me rappelle avoir lu le résumé d'une étude qui montrait que des criminels violents avaient été capables de reconnaître des personnes qui avaient été agressées sur des vidéos alors qu'ils ne savaient rien de celles ci, l'instinct de prédation en somme).  

3°) Réaliser que le rapport humain implique une relation superficielle et qu'il est improductif et malsain de vouloir être aimé à tout prix. Prends soin de toi, personne ne le fera à ta place ! Bref, accepte l'idée de passer pour un salaud  ;)

En conclusion, je rappellerai que quand Sartre disait "L'enfer c'est les autres", il voulait probablement dire par là que l'on peut tous être à la fois bourreau ET victime...

Mes deux pièces de cuivre sur le sujet.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Bomby le 18 février 2012 à 23:02:47
(...)
Et en revenant ici ce matin, m'est venu l'idée de ce fil. L'aspect psychologique de la survie en milieu urbain. D'ailleurs, si ce fil est maintenu, je songe déjà à le rebaptiser : survivre aux autres.

Car l'enjeu, en terme de survie, n'est pas tant de faire ou bien faire son travail. Ce que j'estime être le plus difficile, c'est bien supporter les autres. Endurer les remarques, désamorcer les conflits, contenir les jalousies.

Alors la question est posée : comment faites-vous pour survivre au boulot ? A votre patron, a vos collègues, et même à la femme de ménage qui aime tant parler le matin alors qu'on est en retard...

Micamar

MODERATION

Salut Micamar,

peux-tu STP préciser ta problématique ?

Ce que tu évoques pour l'instant semble d'une grande banalité et la confrontation à l'altérité de l'autre, même au boulot, est a priori assez éloignée d'une vraie problématique de "survie", même dans un sens assez large...

Mais je présume que si tu soulèves cette question ici, c'est que pour toi elle  revêt une dimension spécifique qui pour l'instant nous échappe.

Manifestement, des éléments de contexte manquent pour que la poursuite de la discussion puisse être utile et intéressante, au-delà des points de vue déjà apportés par Patrick et Lily...

Sinon, on risque (c'est déjà en partie le cas) de partir dans tous les sens sans que le fil puisse avoir de réel intérêt.

Cordialement,

Bomby
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Micamar le 19 février 2012 à 09:53:00
Bonjour,

Je vais répondre un peu de façon globale, en axant surtout sur deux points : ce que je suis et ce que je cherche.

Ce que je suis : c'est pour répondre à la question "Comment les autres te supportent-ils ?" Je maitrise les règles élémentaires de politesse, car c'est de cette façon que l'on a le plus de chance d'obtenir quelque chose des autres. Le constat peut paraitre cynique, mais c'est un fait. C'est empirique, on obtient toujours plus après avoir dit "Bonjour, s'il vous plait, excusez-moi de vous déranger" et en vouvoyant.

Je dis donc toujours bonjour aux collègues que je vois (sauf à ceux que je ne vois pas).

Je souris. Important, le sourire. On obtient un peu plus en étant poli ET en souriant.

J'écoute. En effet, on obtiens encore plus en étant poli, en souriant ET en écoutant.

Le problème se trouve là. J'écoute et j'entends des choses qui soit me déplaisent, soit me choquent, soit m’indiffèrent totalement.

Et c'est à ce moment que la situation relève de la survie. En exagérant à peine, car j'éprouve le besoin de me protéger des fadaises, banalités, niaiseries, bétises, méchanceté que j'entends. Ou que je vois. Par exemple, voir un collègue faire sa vaisselle à l'eau courante me met dans un état de souffrance. Supportable, certes, car le pronostic vital n'est pas engagé, mais une souffrance tout de même.

Est-ce le fruit de mon imagination, ou d'un conscience aigüe de faire partie d'une totalité vivant, fragile et finie ?

J'ai bien conscience que le fait de vivre en collectivité nécessite de faire des concessions, de mettre son mouchoir dans sa poche.

Je souffre peut-être d'un excés de sensibilité. J'ai pas dit sensiblerie. Autre exemple : je ne supporte pas les caquetage, les gloussements des certains collègues. Alors je vais me résigner à mettre de l'eau dans mon vin.

Mais qu'en est-il de la méchanceté, de la mesquinerie, celle que l'on doit affronter tous les jours ? Celle qui mine, qui use.


Pour info, je fais un boulot loin d'être pénible. Je suis assistant comptable en cabinet et ma seule contraire, en dehors des horaires, c'est une certaine productivité. Mais la vie est affaire de choix.


S'il s'avère en fait que tout n'est que le fruit de mon  imagination, je me mettrai en quête d'un psy, les modérateurs supprimeront ce fil et je me concentrerai sur les techniques de production du feu.  ;D



Bien à vous,



Micamar
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: DavidManise le 19 février 2012 à 09:56:48
http://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/1251-les-gens-sont-en-train-de-craquer.html ;)
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: _Dadou le 19 février 2012 à 10:10:25
C est effectivement un problème qui semble banal,mais.. on passe un tiers de sa journée, voire de sa vie au travail.

le phénomène que tu decris tu le retrouveras de partout. survivre c'est s adapter a son élement.

y en a qui sortent des requins de l eau en tirant a bras sur une corde pour survivre,

d autres qui courent la savanne a la recherche de quoi manger et  dorment dehors.

d' autres encore ont été contraint de se prostituer s il voulaient survivre.

apprends a supporter tes collegues avec patience c est pas un prix très lourd a payer pour pouvoir bouffer.

Dadou
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Patrick le 19 février 2012 à 10:14:45
http://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/1251-les-gens-sont-en-train-de-craquer.html ;)
Si les gens sont en train de craquer dans ces conditions, je ne donne pas cher de leur peau en conditions dégradées sur le long terme.

Que nos sociétés soient en bout de course, en état littéral de décadence et aillent vers autre chose OK, et c'est probablement souhaitable, mais serions nous devenus si fragiles et sensibles et admis notre propre condamnation à subir nos destins pour "craquer" ?
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Bison le 19 février 2012 à 10:55:56
Citer
S'il s'avère en fait que tout n'est que le fruit de mon  imagination, je me mettrai en quête d'un psy

Bof il te reste juste à apprendre comment gérer tes priorités.
Dans le top :
 - s'occuper de ce sur quoi tu as prise (pragmatisme)
 - parmi ce sur quoi tu as prise, s'occuper d'abord des choses les plus importantes
 - voir le verre à moitié plein, plutôt que le voir à moitié vide.

Dans ton cas :

 - Mais qu'est-ce que cela peut faire que tes collègues caquètent et "gloussent" autour de toi? C'est pas toi le chef de bureau ... Tu te crois supérieur à la masse parce que tu es un gars sérieux comme un pape?

 - Tu en vois un faire sa vaisselle à l'eau courante. C'est un gros gaspillage? Non ... c'est absolument minime, pour ne pas dire insignifiant. Et puis, tu y peux quelque chose? Non! Alors vois plutôt le fait que ce collègue utilise (peut-être) une voiture économique, qu'il est (peut-être) en train d'économiser pour mieux isoler sa maison, qu'il a peut-être une épouse charmante qui éduque bien ses enfants ... Et même si c'est juste un gros con, et bien tu es là toi pour rétablir l'équilibre avec ce c*nnard.

 - Bref, reconnais que personne n'est parfait, à commencer par toi-même! Mais qu'à chaque travers, il y a un "pendant" de bon côté.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: DavidManise le 19 février 2012 à 11:13:11
Que nos sociétés soient en bout de course, en état littéral de décadence et aillent vers autre chose OK, et c'est probablement souhaitable, mais serions nous devenus si fragiles et sensibles et admis notre propre condamnation à subir nos destins pour "craquer" ?

On s'adapte moins difficilement, en tant qu'homo sapiens, à une vie carrément dure matériellement, mais où on a la possibilité de s'exprimer, d'exister dans l'action, qu'à ces vies où tout un système compliqué nous fait vivre une violence peut être moins physique et moins directe (et carrément moins intense), mais permanente, omniprésente, et surtout contre laquelle on ne peut rien...  on subit une violence diluée et devenue banale dans le quotidien, mais on n'a pas d'ennemi sur qui focaliser notre action de défense.  Donc on monte en pression.

Certains dépriment, certains se suicident, certains deviennent cons et agressifs, certains vont voir physiquement un agent de la sécu pour avoir en face un "responsable" et pouvoir diriger la pression contre lui ou elle...  d'autres ont le corps qui parle...  

Moi dans la folie de la ville avec un rythme à la con et un boulot que je détestais j'ai pris 25kg, j'ai fumé jusqu'à 2 paquets de clopes par jour, je me suis battu plusieurs fois dans la rue et, avec le recul, je suis persuadé que j'aurais pu éviter quelques-unes de ces bastons...  J'ai jamais craqué hein.  Mais j'aurais peut-être dû.

Subir avec panache, avec des c*u!lles en béton et en ne pliant pas la nuque, c'est subir quand-même.  Et on subit toujours librement.

Ciao ;)

David
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Moleson le 19 février 2012 à 11:53:53
Bonjour,
....
Le problème se trouve là. J'écoute et j'entends des choses qui soit me déplaisent, soit me choquent, soit m’indiffèrent totalement.

Et c'est à ce moment que la situation relève de la survie. En exagérant à peine, car j'éprouve le besoin de me protéger des fadaises, banalités, niaiseries, bétises, méchanceté que j'entends. Ou que je vois. Par exemple, voir un collègue faire sa vaisselle à l'eau courante me met dans un état de souffrance. Supportable, certes, car le pronostic vital n'est pas engagé, mais une souffrance tout de même.

Est-ce le fruit de mon imagination, ou d'un conscience aigüe de faire partie d'une totalité vivant, fragile et finie ?

J'ai bien conscience que le fait de vivre en collectivité nécessite de faire des concessions, de mettre son mouchoir dans sa poche.

Citer
Je souffre peut-être d'un excés de sensibilité. J'ai pas dit sensiblerie. Autre exemple : je ne supporte pas les caquetage, les gloussements des certains collègues. Alors je vais me résigner à mettre de l'eau dans mon vin.
OUI

On est au degré zéro de la survie. C'est vivre c'est survivre.

Le syndrome de Calimero, tu feras quoi le jour ou vraiment la m*rde va heurter le ventilo?
T'es pas un flocon de neige unique et merveilleux, ou alors ceux que tu ne supporte pas sont aussi des flocons de neige unique. Inversement t'es un con et comme on est toujours le con de quelqu'un, le problème s'équilibre.

Il t'arrive rien de plus qu'à des milliards d'autres individus, c'est à dire de vivre en société.

T'es comptable, t'as un boulot, pas trop difficile. Va travailler une semaine sur un chantier et tu vas adorer tes collègues de travail.

Tu vas faire quoi si la situation grecque s'installe en France. Tu perds ton boulot, alternativement on te diminue ton salaire de 50%. Là t'auras une vraie situation de survie.

De temps en temps je me dis, que la suppression du service obligatoire en France a été une mauvaise chose. C'était une occasion d'apprendre à vivre avec des personnes avec lesquelles on n'a pas envie de vivre et de supporter des personnes dont certains sont vraiment des cons de compétition.

Je m'inquiète pour la résilience de notre société...

Moléson


Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Patrick le 19 février 2012 à 11:56:54
On s'adapte moins difficilement, en tant qu'homo sapiens, à une vie carrément dure matériellement, mais où on a la possibilité de s'exprimer, d'exister dans l'action, qu'à ces vies où tout un système compliqué nous fait vivre une violence peut être moins physique et moins directe (et carrément moins intense), mais permanente, omniprésente, et surtout contre laquelle on ne peut rien...  on subit une violence diluée et devenue banale dans le quotidien, mais on n'a pas d'ennemi sur qui focaliser notre action de défense.  Donc on monte en pression.
Pas d'accord, on peut toujours faire, agir. Ça demande de la volonté, des stratégies, de s'adapter en permanence et de la discipline. Exactement comme pour n'importe quel autre milieu où on doit composer avec les variables, ni plus ni moins.

Oui "d'autres ont le corps qui parle" mais n'abdiquent pas pour autant pour respecter leurs devoirs et responsabilités envers ceux qui leurs sont importants.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: DavidManise le 19 février 2012 à 12:10:35
Pas d'accord, on peut toujours faire, air. Ça demande de la volonté, des stratégies, de s'adapter en permanence et de la discipline. Exactement comme pour n'importe quel autre milieu où on doit composer avec les variables, ni plus ni moins.

Le seul point où on n'est pas d'accord, c'est sur le "on doit composer avec".  Pour moi c'est comme si tu me disais qu'en survie on doit rester sous la pluie et composer avec.  Hors de question.  Je compose pas avec la pluie.  Je me fous à l'abri, et si on est en groupe ben on se fout collectivement à l'abri.

Citer
Oui "d'autres ont le corps qui parle" mais n'abdiquent pas pour autant pour respecter leurs devoirs et responsabilités envers ceux qui leurs sont importants.

C'est bien le problème.  C'est un cercle vicieux.

On a la responsabilité, et ce pour ceux qui nous sont chers, de prendre soin de soi AUSSI.

David ;)
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: _Dadou le 19 février 2012 à 12:18:32
Je tient souvent ce genre de discours, tout les problèmes de société

on m' as souvant répondu que c'etait innutile d en parler q'on ne pouvais rien y faire.

ou de manière plus pertinente on m'as demandé si j'avais une solution de rechange.

je suis content que vous en parliez; ignorer un problème c'est l'assurance de ne jamais le résoudre.


Dadou
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: DavidManise le 19 février 2012 à 12:20:15
Un gars pour qui j'ai énormément d'estime me disait un jour en déconnant qu'il y avait trois mots qu'il détestait entendre : "profiter, savourer et se reposer".  Après une série noire de problèmes de santé, calculs rénaux, troubles cardiaques et tout, il a eu un nouveau problème assez inquiétant et il est retourné voir son toubib, qui lui a dit "j'en ai rien à foutre de tes problèmes, ça sert à rien que je te soigne, tu défais mon boulot au fur et à mesure, casse toi".

Et il l'a renvoyé chez lui avec un coup de pied au cul.

Ce jour là, il lui a sauvé la vie.  Et je pèse mes mots.

J'ai beaucoup de mal avec cette culture du marche ou crève, maintenant.  Le formatage samouraï où la douleur tu t'asseois dessus et où tu préfères la mort plutôt que de ne pas remplir ta mission...  et ce même si avec un peu de recul l'échec de la mission est imputable à des erreurs stratégiques débiles qui ne sont pas de ton fait... 

Quel honneur y a-t-il à monter à l'assaut en sortant de la tranchée pile devant une mitrailleuse en sachant à l'avance l'issue probable de l'action ?  Bien sûr il faut de grosses, d'énormes c*u!lles pour faire ça.  Mais les c*u!lles ça prolonge des vies au pieu, pas le reste du temps.

David
Titre: Re : Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: gmaz87 le 19 février 2012 à 12:25:12

De temps en temps je me dis, que la suppression du service obligatoire en France a été une mauvaise chose. C'était une occasion d'apprendre à vivre avec des personnes avec lesquelles on n'a pas envie de vivre et de supporter des personnes dont certains sont vraiment des cons de compétition.

Juste, quand tu as eu a supporter pendant un an les ordres d'un "c*n mécanique", petit gradé de base qui tire son autorité non de son savoir ou de son expérience mais de la demi ficelle qu'il a sur la poitrine, après obéir à un ordre intelligent est un plaisir...
ça relativise aussi les priorités, mais c'est terminé le SN et il faut faire avec et admettre d'avoir de jeunes adultes qui ont encore des exigences d'enfants.
ça fait un peu discours de vieux c*n, mais c'est simplement un constat.
A+
Gérard
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Le Barbu' le 19 février 2012 à 12:27:14
@ David : tu voulais dire que parfois on a besoin d'un "electrochoc" (d'une prise de conscience en fait) ?
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: DavidManise le 19 février 2012 à 12:32:09
@ David : tu voulais dire que parfois on a besoin d'un "electrochoc" (d'une prise de conscience en fait) ?

Ce que je veux dire c'est juste que quand on en a ras le cul, faut arrêter de "composer avec" et juste construire un truc qui nous convient mieux (sans pour autant agir connement et sans tenir compte de ses responsabilités) à côté.

David
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: _Dadou le 19 février 2012 à 12:33:58
Un gars pour qui j'ai énormément d'estime me disait un jour en déconnant qu'il y avait trois mots qu'il détestait entendre : "profiter, savourer et se reposer".  Après une série noire de problèmes de santé, calculs rénaux, troubles cardiaques et tout, il a eu un nouveau problème assez inquiétant et il est retourné voir son toubib, qui lui a dit "j'en ai rien à foutre de tes problèmes, ça sert à rien que je te soigne, tu défais mon boulot au fur et à mesure, casse toi".

Et il l'a renvoyé chez lui avec un coup de pied au cul.

Ce jour là, il lui a sauvé la vie.  Et je pèse mes mots.

David

je suis d accord que si la perception d'un problème pèse trop lourd sur quelqu'un ,il vaut mieux qu'il regarde ailleurs

autrement dit ne voir que le problème, freine tout progrès ,développement, épanouissement.etc..

mais si on est pas accablé par ledit problème c est bien de ne pas faire comme si il n'existait pas.

Dadou again
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: DavidManise le 19 février 2012 à 12:40:45
Ouaipe, Dadou.  

Y'a deux extrêmes qu'il faut éviter.  

- Les "exigences d'enfant" d'un côté.  Vouloir tout, tout de suite.  Attendre que la solution tombe, toute cuite.  Pleurnicher et subir "même pas en silence" comme le dit si bien Woodrunner.

- De l'autre, cette bonne vieille culture du martyre samouraï marche ou crève...

Entre les deux, il y a une gestion intelligente de ses ressources, pour pouvoir durer, être utile sur le long terme tout en n'ayant pas une vie de m*rde si possible.  Après, chacun voit midi à sa porte hein.  Et je prétends pas être mieux qu'un autre.  Je me suis ruiné la santé en mode samouraï...  et je continue régulièrement à ne pas faire attention à moi, justement parce que je n'accepte pas le concept tout simple que j'ai le droit d'avoir des limites moi aussi.

David
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Patrick le 19 février 2012 à 12:56:25
Pour ce qui suit, je suis entièrement d'accord.
Y'a deux extrêmes qu'il faut éviter.  

- Les "exigences d'enfant" d'un côté.  Vouloir tout, tout de suite.  Attendre que la solution tombe, toute cuite.  Pleurnicher et subir "même pas en silence" comme le dit si bien Woodrunner.
- De l'autre, cette bonne vieille culture du martyre samouraï marche ou crève...

Entre les deux, il y a une gestion intelligente de ses ressources, pour pouvoir durer, être utile sur le long terme tout en n'ayant pas une vie de m*rde si possible.  Après, chacun voit midi à sa porte hein.  Et je prétends pas être mieux qu'un autre.

J'ai juste un doute sur la propension naturelle de la plupart au perpétuel évitement, l'affrontement étant nécessaire en certaines circonstances.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: DavidManise le 19 février 2012 à 12:59:50
Moi aussi :'(

Mais bon après y'a la sélection naturelle qui fera son boulot aussi...

David
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ?
Posté par: azur le 19 février 2012 à 13:07:01
J'ai 43 ans et ai changé de boulot un certain nombre de fois (beaucoup). Pourquoi ? ormis les jobs alimentaires qui me permettaient de manger en attendant de trouver autre chose de plus interressant, j'ai quitté certaines places parceque je ne m'y retrouvais plus, que je m'étais trompé. J'aurai pu, parfois, regretter mes choix, cela m'a couté de l'argent.
Mais je suis resté libre.
Maintenant, je suis un peu "casé", ce que je fais me plais.
A part au niveau mental (et encore), je ne juge pas cela etre du ressort de la survie, mais comme l'a dit Patrick, du sens de l'adaptation.
Si on peut se permettre de quitter un boulot qui ne nous plait pas en ayant des solutions de secours, pourquoi se priver  8)
Cependant, comme je le répète à ceux des jeunes que j'encadre (génération zapping) qui veulent changer d'emploi dès que celui qu'ils ont leur semble trop pénible / rébarbatif / inintéressant (rayez la mention inutile...): un métier, c'est d'abord pour avoir à manger et pouvoir dormir à l'abri, et ça n'est pas forcément prévu pour être agréable, sinon on ne serait pas payé pour le faire... et ça serait un loisir!
Évidement, le fait d'être chargé de famille a une influence sur la décision. Et c'est clair que si on peut concilier les deux, autant ne pas se priver.

Si les gens sont en train de craquer dans ces conditions, je ne donne pas cher de leur peau en conditions dégradées sur le long terme.

Que nos sociétés soient en bout de course, en état littéral de décadence et aillent vers autre chose OK, et c'est probablement souhaitable, mais serions nous devenus si fragiles et sensibles et admis notre propre condamnation à subir nos destins pour "craquer" ?
Je crois que si les gens craquent, c'est parce qu'ils refusent d'admettre qu'ils ont accepté de subir. On cherche en permanence à trouver un responsable pour ses propres erreurs... c'est un déni de responsabilité. Si, au lieu de s'apitoyer sur leur sort, il se prenaient en main, ils s'apercevrait Ô MIRACLE que ce n'est pas si compliqué, et qu'ils ne sont pas si malheureux!

Pour être heureux, il faut déjà le vouloir!!!
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: DavidManise le 19 février 2012 à 13:29:39
Je crois que si les gens craquent, c'est parce qu'ils refusent d'admettre qu'ils ont accepté de subir.

put**n, celle là j'te la pique, si tu permets :doubleup:
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: azur le 19 février 2012 à 13:32:38
put**n, celle là j'te la pique, si tu permets :doubleup:
mais je te z'en prie... si ça peut aider! :trash:
Titre: Re : Re : Re : "Nouveau" type de survie ?
Posté par: Kipik le 19 février 2012 à 14:12:05
Je crois que si les gens craquent, c'est parce qu'ils refusent d'admettre qu'ils ont accepté de subir. On cherche en permanence à trouver un responsable pour ses propres erreurs... c'est un déni de responsabilité. Si, au lieu de s'apitoyer sur leur sort, il se prenaient en main, ils s'apercevrait Ô MIRACLE que ce n'est pas si compliqué, et qu'ils ne sont pas si malheureux!
Pour être heureux, il faut déjà le vouloir!!!

Tout cela m'apparaît vrai.
Dans le même temps, je ne suis pas certain que ce soit si simple pour tout le monde.
Quand un programme est installé sur l'OS "esprit humain", c'est très complexe à désinstaller.
Le conditionnement de soumission, qu'il soit là parce qu'il a été un élément appuyé du dressage de l'enfance ou qu'il soit un mécanisme de défense, une sorte d'occultage klingon social, il a une raison d'être.

Après... c'est effectivement un état d'esprit qui ne va pas disparaître de lui même comme par magie. La guérison ne peut s'initier que par une démarche personnelle et volontaire. Ouille ! L'image qui me vient à l'esprit, c'est celle d'une personne dans une barque qui rame comme un malade et qui n'avance pas parce que celle ci est attachée à une ancre fixée au fond de l'eau. Bref, il a intérêt à trouver un couteau pour couper le cordage ! Et là, est-ce que tout le monde peut y arriver ? Sincèrement, je ne sais pas.

La lecture de ce forum m'a fait prendre mieux conscience à quel point la survie en milieu hostile était dur, demandait des connaissances pointues et un apprentissage long. Le survivaliste de salon, dont je fais encore parti, paumé dans la pampa, il ne survivrait pas très longtemps et servirait vite de délicieux festin aux insectes nécrophages (les veinards). Mais le sentiment que j'ai, c'est que paradoxalement, la vie en société, même en y étant correctement intégré avec un emploi et un domicile, génère un stress terrible et exponentiel parce que face à ce qu'on perçoit à tort ou a raison comme une menace, on ne peut pas réagir naturellement, c'est à dire courir ou se battre. Enfin, disons que c'est très compliqué à mettre en œuvre, et ça peut être impossible selon le milieu où l'on est. Bref, en dehors des menaces réelles sur son intégrité physique, l'ennemi, c'est AMHA le petit vélo que l'on a dans la tête.  
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: ** Serge ** le 19 février 2012 à 14:12:44
Depuis l'apparition de ce sujet sur le forum, une citation d' Anthony Robbins ( dont je suis loin de partager toutes les vues ) me trotte en tête tellement elle s'y applque à merveille :

To effectively communicate, we must realize that we are all different in the way we perceive the world and use this understanding as a guide to our communication with others.

Tony Robbins


Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: zapi le 19 février 2012 à 14:15:02
Citer
Le seul point où on n'est pas d'accord, c'est sur le "on doit composer avec".  Pour moi c'est comme si tu me disais qu'en survie on doit rester sous la pluie et composer avec.  Hors de question.  Je compose pas avec la pluie.  Je me fous à l'abri, et si on est en groupe ben on se fout collectivement à l'abri.

Le bavardage des autres c'est parfois comme la pluie. Un camarade de promotion (vétérinaire )s'est suicidé dernièrement ( a 38 ans ) donc oui le boulot peut tuer, il n'est pas facile de trouver un équilibre qui plus est pour les humains un équilibre c'est dynamique ça bouge tout le temps et on voudrait gueuler une bonnne fois, mais c'est pas possible, sinon tout le monde va nous regarder de travers, ( je precise que je n'ai pas de problèmes particuliers mais comme veterinaire gros animaux je peux gueuler tout seul dans ma bagnole, ce qui me permet de pas engueuler les gens qui me doivent des sous , me téléphonent le week-end ou au soir, ce qui se rajoute a mes petits tracas familiaux (anodins certes) alors non j'ai pas une vie de m*rde mais des fois "la pluie" me fais chier. je pense pas que les gens heureux soient majoritaires, les gens sont résignés, alors ils essaient d'oublier la pluie qui rend leur vie toute grise: internet, la biere, la clope, bavarder, les courses, le lotto, les vacances. c'est des pauses, d'autres luttent, parfois de manieres frenetique; chacun doit trouver son equilibre: mais vu le nombre de suicide, de divorce, de calmants vendus, d'anti dépresseurs faut pas dire que c'est facile.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Bison le 19 février 2012 à 14:19:20
Bon, on n'a pas beaucoup avancé dans la direction du message initial.
Discussion bloquée le temps de faire le ménage

Ménage fait, discussion débloquée

Ce message sera bientôt effacé.
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: azur le 19 février 2012 à 14:19:47
Et quand ton taf ne te permet plus de te loger correctement, de remplir le frigo, de payer le chauffage, de te soigner correctement parce que ton salaire a été réduit par ce qu'autour de toi tout augmente et parce que ou que tu ailles il en est ainsi tu fais quoi ?
Tu n'as pas bien lu le préambule: ce conseil s'adresse à ceux (nombreux dans les jeunes de la génération zapping) qui passent de métier en métier parce qu'aucun ne leur plait.Quand on leur pose la question, la réponse est presque invariable: "c'est trop dur, c'est chiant, c'est pas intéressant... y a des jours où j'ai pas envie"  :glare:

Citer
pour être heureux il suffit de le vouloir ?
on devrait dire ça aux grecs , suis sur que ça les ferrait marrer ce genre de poncifs
Tu as encore mal lu...  :closedeyes: j'ai dit: pour être heureux, il faut déjà le vouloir.
C'est un état d'esprit: il y a ceux qui sont d'éternels insatisfaits... et ceux qui, malgré les difficultés, tirent du bon de chaque épreuve.

Tu as picolé, hier soir?  ::)
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Bison le 19 février 2012 à 15:07:14
MP reçu de Micamar


Citation de: Micamar
"Je tiens à tous vous remercier pour vos interventions.

Cela me permet de m'améliorer. J'entends par là de devenir vraiment meilleur.

En fait je fais juste un passage éclair, et je me permets de répondre à tous ceux qui ont parlé de Caliméro, qui semblent croire que je geins et que je gémis (j'ai lu en diagonale, hein, je ne vise personne en particulier). Sauf votre respect, veuillez lire ma présentation. Je suis l'antithèse du type qui geint.

Avec une douleur au genou droit qui me pousse à souhaiter l'amputation, et qui me lâche à peine quand je dors, je suis plutôt du genre à serrer les dents, voir les miches, et à avancer, quitter à boiter, quitter à y aller à cloche pieds. Si j'ai pas de bus pour aller au taf, je fais du stop.

Infirme, mais adaptable.

Fin de la mise au point.

Je voulais juste mettre le doigt sur un possible cas de survie. Après, on peut appeler autrement les cas de défenestration des employés d'EDF ou France Télécom.

Mais comme je n'ai lu qu'en diagonale les réponses, je préfère prendre le temps de lire, et je posterai une réponse. A tête reposée, comme disait Louis XVI (ça marche aussi avec Marie Antoinette).

Dans mes lecture attentives de réponses, j'inclus ton lien, David (permets que je te tutoie).


Encore un grand merci à tous.


Micamar"

La présentation de Micamar (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,52852.msg426399.html#msg426399)

Je suis de ceux qui pensent que le sujet évoqué par Micamar est un sujet grave.

Je libère le fil, et on reste dans le cadre "relations humaines sur les lieux du travail" ...


Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Bomby le 19 février 2012 à 23:25:48
Bonjour,

Je vais répondre un peu de façon globale, en axant surtout sur deux points : ce que je suis et ce que je cherche.

(...)

Le problème se trouve là. J'écoute et j'entends des choses qui soit me déplaisent, soit me choquent, soit m’indiffèrent totalement.

Et c'est à ce moment que la situation relève de la survie. En exagérant à peine, car j'éprouve le besoin de me protéger des fadaises, banalités, niaiseries, bétises, méchanceté que j'entends. Ou que je vois. Par exemple, voir un collègue faire sa vaisselle à l'eau courante me met dans un état de souffrance. Supportable, certes, car le pronostic vital n'est pas engagé, mais une souffrance tout de même.

Est-ce le fruit de mon imagination, ou d'un conscience aigüe de faire partie d'une totalité vivant, fragile et finie ?

J'ai bien conscience que le fait de vivre en collectivité nécessite de faire des concessions, de mettre son mouchoir dans sa poche.

Je souffre peut-être d'un excés de sensibilité. J'ai pas dit sensiblerie. Autre exemple : je ne supporte pas les caquetage, les gloussements des certains collègues. Alors je vais me résigner à mettre de l'eau dans mon vin.

Mais qu'en est-il de la méchanceté, de la mesquinerie, celle que l'on doit affronter tous les jours ? Celle qui mine, qui use.


Pour info, je fais un boulot loin d'être pénible. Je suis assistant comptable en cabinet et ma seule contraire, en dehors des horaires, c'est une certaine productivité. Mais la vie est affaire de choix.


S'il s'avère en fait que tout n'est que le fruit de mon  imagination, je me mettrai en quête d'un psy, les modérateurs supprimeront ce fil et je me concentrerai sur les techniques de production du feu.  ;D

(...)

Salut Micamar,

ce que tu décris semble correspondre au fait que tu sur-réagis aux comportements de tes collègues quand ces comportements te déplaisent, a priori une sur-réaction émotionnelle qui pour toi entraîne une souffrance et qui te mine...

A priori, le problème viendrait plutôt de toi et de ta gestion des tes émotions, déceptions, agacements... Ceci étant peut-être lié aux épreuves que tu as connues et qui te rendent probablement moins tolérant que d'autres à un certain nombre de petites mesquineries ou bêtises du quotidien...

Tu évoques l'idée de te mettre en quête d'un psy... Si tu valides le fait que c'est plutôt toi qui surréagis à des choses que la plupart endurent sans souffrance ou sous difficulté particulière, fussent-elles déplaisantes, c'est sans doute une bonne idée... Tu ne seras pas le premier (ni le dernier) et, dans ce genre de cas, non seulement la personne concernée mais aussi son entourage proche ont souvent beaucoup à y gagner (là, je parle d'expérience)...

Par ailleurs, et de façon plus générale, je suis toujours personnellement gêné par le fait de voir imputer trop de difficultés d'équilibre psycho-affectif, voire des dépressions ou des suicides, au contexte de travail...

Dans les cas réellement critiques, il semble peu probable que le seul cadre de travail soit en cause, même s'il peut jouer un rôle réellement néfaste et par exemple celui d'élément déclencheur ou révélateur...

Fort heureusement par exemple, tous les employés de certaines entreprises stigmatisées (parfois hâtivement) pour des séries de suicides n'ont pas décidé d'en finir avec la vie...

Ici, dans ton cas, Micamar, j'ai un peu l'impression que tu évoques le contexte du travail parce que c'est dans ce contexte là que tu dois côtoyer des personnes que tu n'as pas choisies et dont certains travers te gênent... Dans les autres contextes (amicaux, familiaux), tu es probablement en mesure de faire un tri ou de limiter la fréquentation de l'autre...

Mais finalement, j'ai vraiment le sentiment que ton problème est plus de ne pas personnellement sur-réagir à tout ce qui te déçoit ou t'est désagréable lorsque tu te heurtes à l'altérité de l'autre, ce que la fréquentation imposée de tes collègues de travail met plus en évidence que la fréquentation de ceux dont tu as fait le choix qu'ils te côtoient...

Cordialement,

Bomby
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Patrick le 20 février 2012 à 09:49:34
Le bavardage des autres c'est parfois comme la pluie. Un camarade de promotion (vétérinaire )s'est suicidé dernièrement ( a 38 ans ) donc oui le boulot peut tuer,
Zapi, je suis sincèrement peiné pour ton camarade. Mais je suis désolé le boulot seul ne tue pas par suicide. Il tue par AVC, infarctus, accident, meurtre mais rarement par suicide même si ceux-ci sont commis au travail et relèvent de situations intolérables.

Ce qui amène à se suicider c'est quand les autres sphères de la vie sont aussi impactées.

Souvent, il est plus facile/admissible socialement de stigmatiser le boulot, le patron, l'encadrement, les collègues que d'autres sphères plus intimes et pourtant qui nous minent bien plus en profondeur.
Titre: Re : Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: raphael le 20 février 2012 à 10:13:33
Zapi, je suis sincèrement peiné pour ton camarade. Mais je suis désolé le boulot seul ne tue pas par suicide. Il tue par AVC, infarctus, accident, meurtre mais rarement par suicide même si ceux-ci sont commis au travail et relèvent de situations intolérables.

Ce qui amène à se suicider c'est quand les autres sphères de la vie sont aussi impactées.

Souvent, il est plus facile/admissible socialement de stigmatiser le boulot, le patron, l'encadrement, les collègues que d'autres sphères plus intimes et pourtant qui nous minent bien plus en profondeur.

j'ai du mal avec cette explication des suicides au travail, elle est en plus souvent avancée par l'employeur pour se défausser lors de l'enquete de l'inspection du travail.

J'ai connu un cas là ou je bosse, un homme avec des responsabilités importantes qui avait fait sa réputation en menant a bien des projets difficiles. Evidemment le jour ou il y a eu un projet bien merdique : client très chiant, planning intenable, aspect technique très pointu ; c'est lui qui a été designé. Devant les difficultés il s'est vite retrouvé isolé (merci les collegues  :down:) mais la pression de la direction s'est rapidement accrue car même en bossant comme un taré il n'y ait arrivé pas et le client demandé des comptes tous les jours en se plaignant directement au PDG. Ben un jour il s'est pendu tard le soir dans son bureau.

Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Bison le 20 février 2012 à 10:40:47
Citer
J'ai connu un cas là ou je bosse, un homme avec des responsabilités importantes qui avait fait sa réputation en menant a bien des projets difficiles.

Je ne peux évidemment pas connaître la réalité de ce cas, mais, une success story au niveau carrière, qui se solde par un échec, cela fait mal. Plus mal à certains qu'à d'autres.

Surtout si le "succès" dure depuis longtemps :  succès dans les études, principes d'éducation qui consisidèrent ce succès comme une obligation.
Qui considèrent aussi qu'il faut relever les challenges difficiles, assumer en travaillant comme un fou ...

Possible aussi que le succès dans la vie privée repose sur des bases semblables :  je suis un bon mari, un bon père ... si je réussis bien ma vie professionnelle.

Avec le corollaire ... si je rate, je ne suis plus rien.
Et on peut rapidement aussi voir la vie privée se dégrader à grande vitesse ...

Je rejoins Patrick :  une personne avec un sens "normal" de la (sur)vie ne va pas se suicider simplement parce que cela foire au boulot.
Heureusement ...
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: zapi le 20 février 2012 à 12:39:59
"Je rejoins Patrick :  une personne avec un sens "normal" de la (sur)vie ne va pas se suicider simplement parce que cela foire au boulot.
Heureusement ... "

ben je suis pas d'accord, d'abord les gens vraiment "normaux" il y en a pas beaucoup, ensuite il y a des boulots qui te prennent ta vie: soit par un volume de travail a fournir énorme, soit par des horaires contraignants, soit par des conditions tres pénibles,  donc tu ne vis plus que pour ton boulot, tu ne vis plus que ton boulot, et si la situation se dégrade, il faut croire que beaucoup de gens se sont enfoncés dans un processus ( justement parce qu'ils ont voulus tenir le coup en serrant les dents ) et ne peuvent plus en sortir seuls. dans certains cas le suicide ( par le biais d'assurance ) permet d'assurer la vie economique de la famille .

dans certains cas les gens passent par un palliatif: alcool, medicament, cigarette ce qui prouve bien les effets délétères du stress subit.

Donc sans aller jusqu'au suicide, les autres peuvent etre a l'origine d'un inconfort sur le lieu de travail, c'est quasiment du cas par cas pour résoudre ce type de problème tres ancien et dont les entreprises se préoccupent puisque certaines d'entre elles organisent des team building.

Peut etre organiser ton propre team building en trouvant des points communs et des sujet de discussion commun ( vive le foot ) ?

Savoir ( si possible) se menager une pause au silence ( vive le mp3 ), en parler pour éliminer, en rire avec d'autres, prendre une semaine de vacances ?
Trouver un espace


Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Patrick le 20 février 2012 à 12:51:37
ben je suis pas d'accord, d'abord les gens vraiment "normaux" il y en a pas beaucoup, ensuite il y a des boulots qui te prennent ta vie: soit par un volume de travail a fournir énorme, soit par des horaires contraignants, soit par des conditions tres pénibles,  donc tu ne vis plus que pour ton boulot, tu ne vis plus que ton boulot, et si la situation se dégrade, il faut croire que beaucoup de gens se sont enfoncés dans un processus ( justement parce qu'ils ont voulus tenir le coup en serrant les dents ) et ne peuvent plus en sortir seuls. dans certains cas le suicide ( par le biais d'assurance ) permet d'assurer la vie economique de la famille .
Désolé, mais il ne faut en aucun cas espérer survivre a un mode dégradé si tu ne vis plus que ton boulot. Parce que là, il s'agit du plus léger des modes dégradé que l'adversité des autres et la complexisation des paramètres.

Là où ça pêche c'est quand la personne est "son boulot" aussi en dehors du boulot, qu'il la caractérise aux yeux de ses proches et que la perspective de le perdre lui ferai ainsi perdre tout ce qu'il croit avoir.

Par contre, si autours de lui il a des gens de valeur qui le voient non pas comme un individu de pouvoir ou de réussite mais comme l'humain qu'il est et, plus important si lui se voit ainsi, il pourra surmonter.

Pas la peine d'espérer surmonter de grandes catastrophes planétaires ni des combats titanesques si on se conforte dans ce plan là.

Quand ma santé à décliné et que je me suis retrouvé dans l'incapacité de faire ce qui comptait vraiment beaucoup pour moi, y compris au travail il y a eu des proches qui on su me dire et me prouver qu'ils voyaient et estimaient qui j'étais et non ce que je faisais.
Titre: Re : Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: azur le 20 février 2012 à 13:12:12
Entièrement d'accord avec Patrick pour les quelques cas que j'ai pu voir.

Là où ça pêche c'est quand la personne est "son boulot" aussi en dehors du boulot, qu'il la caractérise aux yeux de ses proches et que la perspective de le perdre lui ferai ainsi perdre tout ce qu'il croit avoir.
Quelque-part, c'est la peur de se sentir dévalorisé ou de se montrer inférieur quand on s'est vu porté au pinacle qui pousse les gens au suicide après un échec professionnel. On pourrait presque dire que c'est un manque de capacité à être humble et/ou modeste qui les tue.

D'où l'importance, à mon avis, comme je le dis plus haut, de bien garder à l'esprit qu'un boulot, c'est d'abord pour se nourrir et se loger... le reste, c'est du bonus et on peut avoir à s'en passer.

J'ai de mes amis qui ont été mis en causes dans des affaires publiques et ont vu leur réputation ruinée, leur carrière sabrée pour finalement être jeté comme des malpropres (pour couvrir certains chefs, mais c'est une autre histoire)... Humbles, ils ont pris des emplois modestes (qui tranchent avec l'emploi précédent où ils avaient une certaine renommée) et s'investissent dans d'autres activités...
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Moleson le 20 février 2012 à 13:25:16
Il faut remettre un peu l'église au milieux du village et ne pas confondre survie et petits inconvénients de la vie de tout les jours.

Si quelqu'un se suicide, c'est ni à cause de ses collègues de travail, ni a cause d'une charge de travail trop importante. Si par après on creuse un peu, on va souvent retrouver une souffrance dépressive de longue durée, simplement pas remarquée par l'entourage.
Il s'agit d'une maladie au même titre qu'un cancer.

Alors oui pour quelqu'un qui souffre d'un cancer, respectivement d'un état dépressif il s'agit bien d'une lutte pour la survie.

La tendance lourde aujourd'hui est d'avoir une pléthore de Calimero, pour lesquels un horaire contraignant, des collègues pas sympa, un patron pénible et un boulot pas intéressant est synonyme de de survie. Ils sont dans cette attente, j'ai droit à..... et si c'est pas rempli, ben les pauvres il faut leur organiser une cellule psychologique.

On est en plein dans une société d'assistés et d'abondance
Si on peut se permettre de quitter un boulot qui ne nous plait pas en ayant des solutions de secours, pourquoi se priver  8)
Cependant, comme je le répète à ceux des jeunes que j'encadre (génération zapping) qui veulent changer d'emploi dès que celui qu'ils ont leur semble trop pénible / rébarbatif / inintéressant (rayez la mention inutile...): un métier, c'est d'abord pour avoir à manger et pouvoir dormir à l'abri, et ça n'est pas forcément prévu pour être agréable, sinon on ne serait pas payé pour le faire... et ça serait un loisir!
....
Il faut déjà pouvoir se le permettre...... Ça veut juste dire si on le fait on va pas crever de faim... C'est pas partout la même chose.


Si on veut vraiment voir ce qui peut devenir un problème existentiel, voici l'histoire d'un patient:
A 16 ans en tant que Kosovar il arrive en Suisse. Il fait un apprentissage, trouve un travail et travaille dans la même boîte depuis plus de 15 ans. Il y a 3 ans, son chef est remplacé par un gros con qui mets tout le monde sous pression. Résultat il est le seul de tous les employés avant l'arrivée de supérieur qui n'est pas parti. La raison pour laquelle il est pas parti est son patronyme (Kosovar), qui fait qu'aucune demande d'emploi à été considérée (un peu comme quand on s'appelle Mohammed en France).
Il y a une famille, dont 2 enfants qu'il doit nourrir.
Il n'a pas le choix, il doit supporter une situation qui a fait craquer tous ces collègues de travail. Résultat il doit prendre des anti-dépresseurs pour tenir le coup.
Ça c'est une situation de survie au travail, pas le bavardage des collègues ou le fait qu'un collègue fait la vaisselle à l'eau courante.

Citer
On s'adapte moins difficilement, en tant qu'homo sapiens, à une vie carrément dure matériellement, mais où on a la possibilité de s'exprimer, d'exister dans l'action, qu'à ces vies où tout un système compliqué nous fait vivre une violence peut être moins physique et moins directe (et carrément moins intense), mais permanente, omniprésente, et surtout contre laquelle on ne peut rien...  on subit une violence diluée et devenue banale dans le quotidien, mais on n'a pas d'ennemi sur qui focaliser notre action de défense.  Donc on monte en pression.
C'est juste, mais c'est un phénomène de société. C'est une des conséquence de notre société d'abondance et de tolérance zéro, qui crée un carcan de règles dont le but est d'éviter toute aspérité de la vie et qui finalement donne surtout des outils à tous le nocifs pour te pourrir la vie.
Et ce qui est stressant sont les phénomènes que l'on peut pas influencer.

Moléson
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: azur le 20 février 2012 à 13:33:13
On est en plein dans une société d'assistés et d'abondance Il faut déjà pouvoir se le permettre...... Ça veut juste dire si on le fait on va pas crever de faim... C'est pas partout la même chose.
L'idée de cette phrase, c'est que si le travail ne nous apporte ni gloire, ni béatitudes, ni extase, ni richesse, ni célébrité... et qu'il nous apporte quand même de quoi manger et nous abriter, ben c'est déjà suffisant pour se considérer comme "pas malheureux" et "pas à plaindre".
Malheureusement, actuellement, beaucoup de nos concitoyens ont perdu le sens des priorités...
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Bison le 20 février 2012 à 13:35:30
Citer
il y a des boulots qui te prennent ta vie: soit par un volume de travail a fournir énorme, soit par des horaires contraignants, soit par des conditions tres pénibles,  donc tu ne vis plus que pour ton boulot, tu ne vis plus que (par) ton boulot

Oui mais ... comment arrive-t-on a ainsi se faire voler sa vie?

Ok, il y a des boulots passionants.
Passionnants jusqu'à être "dévorants" ...
Mais, même quand la passion finit par un clash plus ou moins rude - ce qui est une fin prévisible, quasi normale - la grande majorité des gens ne se laissent pas abattre au point de se flinguer.

Maintenant, si ce boulot "qui bouffe la vie" n'est même pas passionnant, tomber dans son piège relève, amha d'une prédisposition.
 - inquiétude maladive (pour soi-même, pour les siens)
 - manque d'estime de soi, désir de se valoriser par le boulot
 - lavage de cerveau (éducation "à subir", sens du devoir)
 - incapacité à "profiter de la vie"
 - ?

Ce sont des lieux communs, et pourtant!
On gagnerait beaucoup à apprendre à nos enfants à vivre pleinement leur vie.
Il y a des parents qui y sont attentifs, d'autres qui tiennent absolument à faire de leurs gamins de bons petits soldats ...

Maintenant, au niveau des entreprises bien gérées, le "burnout" des cadres trentenaires, c'est un risque bien connu.
Pour un "manager", c'est d'abord un risque pour l'entreprise.
Parce que l'on n'aime pas voir craquer les éléments de valeur ...

Alors, comment prévenir ce "burnout"?
À titre personnel?
En temps que chef?
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: zapi le 20 février 2012 à 13:46:09
http://www.cgsst.com/stock/fra/grillerisquepsychotravail.pdf lien sur une grille d'évaluation des risques psycho sociaux au québec.

Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: azur le 20 février 2012 à 13:48:42
Alors, comment prévenir ce "burnout"?
À titre personnel?
En temps que chef?
- A titre personnel: avoir une grosse capacité à relativiser les choses... ou avoir un cercle familial-amical qui sera capable de donner électrochoc déclencheur
- en tant que chef: retirer certaines voire toutes les responsabilités au gars, ou le mettre en congé d'office (dans l'armée, on peut, quid du civil?).

Il est parfois préférable de donner (d'imposer?) une semaine de congé en urgence à un cadre un peu tendu... que de devoir constater le "burnout" après coup, et s'en passer pendant 6 mois de l'arrêt de travail (ou recruter un nouveau qu'il faudra former).
Suite à la vague de suicide chez Orange, j'avais entendu un médecin du travail sur France-Info qui expliquait que les managers ne reçoivent aucune formation humaine, et qu'il constatait chez une bonne part des employés un malaise devant le manque d'humanité de ces managers... Et pourtant, moyennant quelques efforts minimes, il y aurait des économies facile à faire dans les arrêts de travail.

Dans l'armée, un fort absentéisme médical est souvent le signe d'un commandement inadapté, trop rigide, partial ou démago... à l'inverse, un chef exigeant, mais humain et juste, obtient souvent d'assez bon résultats.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: zapi le 20 février 2012 à 13:55:28
http://www.liberation.fr/economie/06011927-suicides-au-travail-mode-d-emploi
un interessant reportage audio
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Raiderscout le 20 février 2012 à 14:07:19
Si quelqu'un se suicide, c'est ni à cause de ses collègues de travail, ni a cause d'une charge de travail trop importante. Si par après on creuse un peu, on va souvent retrouver une souffrance dépressive de longue durée, simplement pas remarquée par l'entourage.
Il s'agit d'une maladie au même titre qu'un cancer.

C'est un raccourci que je trouve péremptoire. Le travail, les relations inter collègues ou hiérarchiques peuvent être la principale cause de dépression suicidaire, mais aussi le declic qui fait passer à l'acte. Les suicides sur son lieu de travail ne sont pas tous causés par le boulot (facilités de lieu et de moyens pour passé à l'acte, sortir de l’anonymat, se rapproché aussi de ce qui nous reste de plus chère avant de quitter ce qui nous a mis dedans, etc.). C'est extrêmement complexe comme schéma pour définir le pourquoi du comment entre le lieu, les moyens et la manière. Ces causes ou stimuli cumulés et répétés ont forcément un effet tache d'huile qui impacte tout l’environnement de l'individu : famille principalement. L'inverse est tout aussi vrai, ou une petite m*rde au boulot suffit comme étincelle pour un craquage ultime, alors qu'une cause plus profonde ou moins visible, voire complètement décoréllée du travail et de son environnent, en est la principale raison. Quand Psyché, affect, et "tutti cuanti" sont impactés, refaire surface seul est très difficile, mais pas impossible.
Enfin, le travail bonheur ça existe et s'il y a un message que je fais passer aux jeunes c'est bien celui là. La difficulté est de prioriser, bien souvent entre passion et confort. Il faut prioriser, puis choisir. Or choisir c'est renoncer et c'est là le plus grand défis de l'homme moderne, peut être même ce qui le mène doucement à sa perte. Incapable de renoncer, de choisir dans une société du tout tout de suite. L'autre est une contrainte, une relation de travail imposée. On devrait de temps en tant écrire l'Autre avec un A majuscule.

Christophe.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: zapi le 20 février 2012 à 14:21:07
http://tempsreel.nouvelobs.com/sport/20111129.OBS5630/le-suicide-touche-aussi-les-sportifs.html

de meme chez les sportifs de hauts niveaux ( et donc privilégiés parmi les privilégiés ) de gros problèmes de stress, qu'ils ont beaucoup de mal a gérer.

Je pense sincèrement que le coup du " tu vas pas te plaindre hein calimero ! tous des mous, regarde ceux la : ça c'est de la vraie souffrance" c'est un peu court.

ceci dit la souffrance dépressive de longue durée peut etre due a ce merveilleux travail.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Bison le 20 février 2012 à 14:33:04
Citer
ceci dit la souffrance dépressive de longue durée peut etre due a ce merveilleux travail.

J'ai vu cela de près, chez un de mes enfants.
Il avait fait un choix de vie ... c'était son choix strictement personnel (un poil d'hérédité, quand même).
Un boulot qui le valorisait, surtout aux yeux de sa femme et de sa belle famille.

Je lui avais bien dit que ce n'était pas un boulot pour lui !
Mais il brillait dans ce boulot, il était bien payé ...

Burnout au bout de trois ans, divorce ...

Bon, tout est bien qui finit bien.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: zapi le 20 février 2012 à 14:38:48
http://www.google.be/url?sa=t&rct=j&q=depression%20militaire%20suicide&source=web&cd=15&ved=0CEUQFjAEOAo&url=http%3A%2F%2Fwellness.euromed-management.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2011%2F09%2FPpt0000001.ppt&ei=v0lCT8XZE4ej0QWXtLiPDw&usg=AFQjCNHP5oCSuqXTUYoH-M7awEwERxiyvg&cad=rja
un lien très interessant sur les problèmes psycho sociaux liés au travail, nier ces problèmes me semble aussi interessant que de nier l'hypothermie, et savoir qu'ils existent peut aider a s'en protéger.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Raiderscout le 20 février 2012 à 14:56:17
Quelques éléments d’appréciation dans ce reportage qui passera sur ARTE jeudi soir :
http://www.programme-tv.net/programme/culture-infos/3262340-malades-du-travail/

Christophe.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: mrfroggy le 20 février 2012 à 15:28:09
Je pige bien l idée, car j ai ressentit réellement que ma sante psychologique était en danger si je restait dans un Taf en particulier
Déja je ne pense pas que le travail soit bénéfique  ;D je précise comme ça c est plus clair.
Mais a la sortie de mon apprentissage, comme je ne trouvais rien,j ai dégotté un boulot dans une usine de bidoche.La volaille pour etre précis.

Moi qui était mécano, ou tu fume ta clope pénard en bossant, tu bois un café quand t en veux un.... bref assez cool quand meme,

La en arrivant dans cette usine, j ai eu l impression de bosser avec des zombies. J ai discuté avec un type qui bossait en pleurant. Je lui ai demandé si tout allait bien, il m a répondu qu il ne supportait plus de faire ça, mais que la maison n était pas encore payé, et qu il fallait bien bosser.
Je lui ai demandé depuis combien de temps il n en pouvait plus, il m a dit depuis le début, a savoir 7 ans... :huh:
Même en pause j avais réellement l impression d être tout seul.. les gens faisait une gueule ...
Je me suis dis que si je restais la, je serais comme eux dans peu de temps.
J ai fais une semaine et j allais vraiment pas bien....Perte d appétit... envie de rien... Alors je me suis cassé. même si ma famille m a fait la gueule.
Et j ai dis plus jamais ça.


Titre: Re : Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: mrfroggy le 20 février 2012 à 15:33:27
C'est un raccourci que je trouve péremptoire. Le travail, les relations inter collègues ou hiérarchiques peuvent être la principale cause de dépression suicidaire, mais aussi le declic qui fait passer à l'acte. Les suicides sur son lieu de travail ne sont pas tous causés par le boulot (facilités de lieu et de moyens pour passé à l'acte, sortir de l’anonymat, se rapproché aussi de ce qui nous reste de plus chère avant de quitter ce qui nous a mis dedans, etc.). C'est extrêmement complexe comme schéma pour définir le pourquoi du comment entre le lieu, les moyens et la manière. Ces causes ou stimuli cumulés et répétés ont forcément un effet tache d'huile qui impacte tout l’environnement de l'individu : famille principalement. L'inverse est tout aussi vrai, ou une petite m*rde au boulot suffit comme étincelle pour un craquage ultime, alors qu'une cause plus profonde ou moins visible, voire complètement décoréllée du travail et de son environnent, en est la principale raison. Quand Psyché, affect, et "tutti cuanti" sont impactés, refaire surface seul est très difficile, mais pas impossible.
Enfin, le travail bonheur ça existe et s'il y a un message que je fais passer aux jeunes c'est bien celui là. La difficulté est de prioriser, bien souvent entre passion et confort. Il faut prioriser, puis choisir. Or choisir c'est renoncer et c'est là le plus grand défis de l'homme moderne, peut être même ce qui le mène doucement à sa perte. Incapable de renoncer, de choisir dans une société du tout tout de suite. L'autre est une contrainte, une relation de travail imposée. On devrait de temps en tant écrire l'Autre avec un A majuscule.

Christophe.

Le travail-bohneur ça existe peut etre Christophe, mais c est quand meme réservé a une certaine classe de la population.
Va aspirer la moelle épinière d un cochon , en travail a la chaine, et dis moi si tu y trouve du bonheur.
Titre: Re : Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: azur le 20 février 2012 à 15:45:47
Enfin, le travail bonheur ça existe et s'il y a un message que je fais passer aux jeunes c'est bien celui là. La difficulté est de prioriser, bien souvent entre passion et confort. Il faut prioriser, puis choisir. Or choisir c'est renoncer et c'est là le plus grand défis de l'homme moderne, peut être même ce qui le mène doucement à sa perte. Incapable de renoncer, de choisir dans une société du tout tout de suite. L'autre est une contrainte, une relation de travail imposée. On devrait de temps en tant écrire l'Autre avec un A majuscule.
Le travail bonheur, ça existe... encore qu'il est souvent plus simple de trouver le bonheur dans le travail que de trouver du travail dans le bonheur... Et surtout, même si le travail nous plait, il y aura TOUJOURS un moment où on n'aura pas envie!
Titre: Re : Re : Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Raiderscout le 20 février 2012 à 16:58:24
il y aura TOUJOURS un moment où on n'aura pas envie!
Salut AZUR, je vois assez bien ce à quoi cela peut se rapporter  ;)
Oui mais cela s'appelle aussi la vie et cela vaut pour tout, y compris, les loisirs, la famille, etc. etc. Le bonheur c'est un tout. Le "Tout bonheur" est une utopie qui fait juste déchanter les rêveurs.

"Pour dix raisons de ne pas faire ou de mal faire, trouvez vous en une bonne et une seule de Bien faire et accrochez vous comme à la vie" voilà mon RETEX. Prend qui veut. C'est ce que j'attends de ceux avec qui je bosse. C'est aussi ce qu'ils attendent de moi.

Le travail-bohneur ça existe peut etre Christophe, mais c est quand meme réservé a une certaine classe de la population.
Va aspirer la moelle épinière d un cochon , en travail a la chaine, et dis moi si tu y trouve du bonheur.

Mr Froggy : trop facile la lutte des classes à toutes les sauces. Le bonheur, que ce soit au travail ou ailleurs, il est à celui qui veut le prendre ET se donner la peine d'y accéder. J'ai un tas de potes qui gagnent trois kopecs, qu'ont pas eu la chance ou l'envie d'accéder à l'instruction, aux études, mais qui sont intelligents, voir brillant et qui ne changeraient pour rien au monde de métier : agriculteur, couvreur, potier, cariste, gardien de la paix, marin pêcheur, facteur ou même éboueurs. Certain ont revu leurs priorités : bosser en famille, l'ambiance au travail, la rémunération qui donne accès à la passion ou met les enfants à l'abri, le sens du devoir, une certaine idéalisation du travail bien fait, la localisation, le contact avec les jeunes, etc...

Maintenant il n'y a rien de facile, et les Autres c'est essentiel quand on touche le fond. Cela arrive. A tour de rôle on en prend dans la gueule. Mais entre nous on ne juge pas l’échec, mais on constate plutôt la valeur du mec à la façon dont il se relève, à la façon dont il conduit sa vie plutôt que de la subir.

Des "sales boulots" j'en ai fait un paquet. J'ai recherché dans chacun d'entre eux ce qu'il y avait de positif pour m'y accrocher. J'ai tout fait pour en sortir d'une manière ou d'une autre, pour progresser. C'est sure c'est pas facile et on y laisse des plumes. Mais la vie c'est un combat à intensité variable.

Christophe   :).
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: azur le 20 février 2012 à 20:38:22
Salut AZUR, je vois assez bien ce à quoi cela peut se rapporter  ;)
Oui mais cela s'appelle aussi la vie et cela vaut pour tout, y compris, les loisirs, la famille, etc. etc. Le bonheur c'est un tout. Le "Tout bonheur" est une utopie qui fait juste déchanter les rêveurs.
Le "tout bonheur" est effectivement une utopie dangereuse... mais tu as surement, tout comme moi, constaté qu'il y a du bon à tirer de chaque épreuve que la vie nous impose, aussi petit soit-il.
Et ma réflexion se veut assez générale, indépendamment du tunnel que je traverse: nous sommes ainsi faits, il y a les jours avec et les jours sans... et je ne connais personne qui ne se soit pas dit un matin: "bon, allez... faut y aller quand même!", même ceux ayant un métier qu'ils adorent!

Citer
"Pour dix raisons de ne pas faire ou de mal faire, trouvez vous en une bonne et une seule de Bien faire et accrochez vous comme à la vie" voilà mon RETEX. Prend qui veut. C'est ce que j'attends de ceux avec qui je bosse. C'est aussi ce qu'ils attendent de moi.
mon chef dit: "le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté". La formule assez bien trouvée...
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Raiderscout le 20 février 2012 à 21:21:25
Le "tout bonheur" est effectivement une utopie dangereuse... mais tu as surement, tout comme moi, constaté qu'il y a du bon à tirer de chaque épreuve que la vie nous impose, aussi petit soit-il.

Le bon côté des choses... pas toujours évident. Encore un bon coup de collier et tu vas déboucher  ;) (pas au TA et dans le bleu pour le TSHM  :'() mais y a des choses bien plus emmerdantes dans la vie  ;).

mon chef dit: "le pessimisme est d'humeur, l'optimisme est de volonté". La formule assez bien trouvée...

J'adopte  :doubleup:

Christophe.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Matko le 20 février 2012 à 23:25:07
Micamar, bonjour à toi. Cursus pas facile  :-\... Si tu peux, essaye la technique inverse : plutôt qu'éviter ce qui nous fait peur, aller au devant pour garder l'initiative. En clair, si dans ton taf les gens ne se soucient pas les uns des autres, et bien, toi, soucient toi d'eux. Initie le changement que tu veux voir chez les autres (le truc de Ghandi).
Concrètement : trouves le plus con de la bande, et intéresse toi à sa vie. Pourquoi il est comme ça (pourquoi tu le perçois comme un con) ? C'est quoi, son parcourt de vie, son rêve, son jardin secret ?
De cette manière, on ré-humanise les liens professionnels, et en acceptant les lacunes des autres on accepte les siennes. ça permet de se ménager des petits espaces pour souffler, et accessoirement de ne pas avoir les oreilles qui sifflent (trop souvent).

Mes deux centimes.
Bon courage à toi.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Micamar le 22 février 2012 à 19:58:31
Bonsoir à tous.

@ Matko : pas mal du tout, ce que tu proposes là. Pas possible d'en faire un absolu (j'expliquerai pourquoi dans quelques lignes) mais très intéressant. Je le pratique en guise d'exercice, quand la volonté s'y prête, mais je vais essayer d'en faire plus.

@ Bomby : sur réaction.  Concept intéressant. Mais je corrige tout de suite une erreur que d'autres aussi ont commis. Je ne souffre pas. Je trouve les gens insupportables, je les juge inintéressants, superficiels, j'en passe et des meilleurs, mais je n'en souffre absolument pas.

Je ne suis pas malheureux en me rendant au travail. Je ne suis pas soulagé d'en sortir. Je m'accommode, et cette accommodation passe par le silence et l'évitement. Aussi, par pitié, qu'on cesse de penser à moi comme un merveilleux flocon unique qui souffre de ne pas être au centre des attentions. Alors s'il vous plait, on arrête tout de suite de parler de moi comme quelqu'un qui souffre dans ses relations humaines. Euh tout simplement parce que j'ai percé le grand secret des relations humaines.

En revanche, cette situation a été vécue hier : un de mes collègues m'a sans cesse au cours d'une (tentative de) conversation à plusieurs coupé la parole, quelques décibels au-dessus de moi. Là, il y a certainement sur réaction de ma part, dans la mesure où j'avais littéralement l'impression d'étouffer. Comme s'il m'empêchait de respirer. Qu'importe. Je suis resté poli, j'ai souhaité bon aprés-midi, et je me suis dit qu'avec ce garçon, le dialogue était impossible. Et ce dialogue ne me manquera pas le moins du monde.

Mais je me souviens qu'il y a quelques années, mon chef était réellement... comment dire... pas sympa. Des piques, de l'ironie, des réflexions acerbes relatives à mon ignorance du travail à faire. Jusqu'au jour où, à coup de canne sur un meuble, je lui ai dit "stop". Changement radical. Le boulot avec ce chef est devenu très agréable. On a eu une vraie relation de travail.


Merci à tous.

Edit : en relisant les messages, j'ai revu des trucs que je voudrais corriger, d'autres que je voudrais commenter.

Je ne voudrais surtout pas être rangé dans la catégorie des "Calimero" : je suis CONTENT de quitter la maison à 07h15 et de rentrer à 19h15 du lundi au vendredi. C'est ma femme que je plains de devoir faire le repas après une journée de travail (5 heures de bureau, 3 heures de transport, ça c'est du vrai courage).

Ma technique de survie est simple : "toi", je ne t'apprécie pas, donc je t'évite tant que je peux. Bien sûr, ça n'a pas toujours été possible. Mais lorsque ça ne l'était pas, je dois dire que ma vie privée était une catastrophe (divorce) et qu'elle impactait sur ma vie professionnelle. Mais ce n'est pas une raison pour en faire une généralité.  :D

Tous des mous, tous des assistés ?

Tous différents.

Ou plus précisément : tous inégaux. La différence fait peur (à tort). L'inégalité interpelle (enfin j'espère). Et c'est là que le petit flocon de neige unique et merveilleux ressurgit. Car il faut bien l'avouer. En son for (fort ou faible) intérieur, nous sommes 6 milliards à nous prendre pour un petit flocon.

Ma femme me disait avant hier soir : "tu ne crois pas que ce serait un peu moins la m*rde ici-bas si chacun de nous considérait l'autre comme un flocon unique et merveilleux ?"



Encore merci. Je ne sais pas si vous prenez plaisir à lire. Mais je prends mon pieds à écrire et à vous lire (même si je ne suis pas d'accord, parfois  ;))
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Sieg le 24 février 2012 à 13:56:53

 Pour revenir sur le suicide au travail.

Il est évident que le suicide peut avoir à faire avec d'autres sphères que le travail (problèmes intimes, personnalité particulière, pathologies...) mais on ne peut pas dire que le travail ne cause pas le suicide, ou qu'il n'est qu'un déclencheur recouvrant des troubles plus profonds. Le fait de se suicider sur son lieu de travail, parfois devant ses collègues n'est pas anodin.

 Même si un certain nombre de suicidés présentent des prédispositions à passer à l'actes ( à auteur de 50% ) ce n'est pas le cas de tous. Certains ont vraiment été poussés à bout à cause de leurs conditions de travail, en particulier au niveau managerial, qui se sont fortement dégradées.

 Aussi même si un nombre important de suicides renvoient à une peur de ne pas y arriver, ou de perdre son emploi, ce n'est pas le cas de tous. En particulier chez les cadres et les professions à haut niveau de responsabilité on observe qu'il y a un clash qui peut se faire entre un management qui souhaiterait la soumission totale ou le départ d'un employé et l'amour que cet employé a pour son travail. L'exemple de l'article de Christophe Dejours est vachement éclairant sur ce sujet. 
 Par rapport au fait de se séparer d'un travail qui nous serait devenu trop difficile à supporter je pense que les choses ne sont pas aussi simples. Certaines personnes ne sont pas bouffées par leur travail dans le sens ou ce dernier les opresse, elles aiment leur travail. Elles y ont investit beaucoup de temps, d'énergie, de leur personne, elles en tirent une grande satisfaction personnelle et si elle n'existent pas QUE pour et par leur travail ce dernier est extrêmement important pour elles. On peut être vicéralement attaché à son poste pour d'autres raisons que le paraitre sociale. Donc quand sa vie devient impossible au taffe alors qu'on demeure un excellent élément...on pète un cable.

 Il y a un autre élément qui rentre en jeu c'est les relations entre travailleurs. Le fait que les relations de travail dans certaines collectivitées soient des relations de convivialités voir de cordialités plus que des relations de réelles solidarité empêche à cette collectivité de remarquer un élément à bout et de l'entourer afin de prévenir son passage à l'acte.

 En conclusion de l'article de Maryvonne Gournay, Françoise Lanièce et Isabelle Kryvenac on trouve quelques pistes afin de prévenir le suicide du au travail allant dans ce sens de la solidarité au travail:

Citer
Que faire ?
– Individuellement, pour le médecin du travail, en étant reconnu par les
salariés comme pouvant les accompagner sur la résolution de leurs problèmes
de travail, en étant à l’écoute, disponible, soi-même ou le personnel
pluridisciplinaire (infirmier(e), psychologue, assistante sociale…) du
service.
– Mais surtout collectivement, en étant le témoin des situations de dysfonctionnement
dans l’entreprise, qu’elles soient organisationnelles,
manageriales, conjoncturelles ou provoquées par des individualités isolées.
Témoigner, provoquer, accompagner la réflexion, afin que l’entreprise
prenne ces données de « santé mentale » en compte, et les traite
comme des nuisances professionnelles. Et cela, particulièrement dans les
entreprises en difficultés ou en restructuration ou dans les branches professionnelles
les plus concernées.

 Après le suicide lié au travail reste un phénomène qui est étudié depuis peu de temps,  donc faut se garder de faire des conclusions trop catégoriques.

 
  Les deux articles cités : Etudes de suicides liés au travail en basse Normandie Maryvonne Gournay, Françoise Lanièce et Isabelle Kryvenac
                                   Nouvelles formes de suicides et servitudes Christophe Dejours

 Hésitez pas à m'envoyer moi un MP pour que je vous les file  ;) !
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Loriot le 24 février 2012 à 14:22:46
J'ai depuis quelques années a diriger un petit groupe d'individu venant de plusieurs corps de métier et des entreprises externe. Dans mon équipe un gars avec ses problèmes et un handicape. Ça n'a pas manqué, le groupe d'employés s'est assez vite mis en têtes de l'exclure et de lui faire comprendre qu'il était nul et qu'il valait rien....
(je vous passe mon discour a leurs encontre lorsque la limite a été dépassée...)
Petite discussion avec l'interressé aussi afin qu'il comprenne pourquoi ils agissaient ainsi. On a trouvé une solution ensemble (nous deux) pour qu'il remonte dans l'estime des autres. (en l'occurrence payer un apéro (en fait c'est moi qui ai payé, mais ça c'est mon rôle) afin de le faire "remonter" dans la hiérarchie. On a renouvelé l'expérience de temps a autre et maintenant (six mois après) la situation est redevenue correct.
J'avais aussi la possibilité de virer tout le monde...
Tout ça pour dire, qu'il est important de lier des liens en dehors de la seule activité professionnelle. Offrir un café, un gâteau, un apéro ou ses expériences extrapro.
Cela crée des liens et permet une meilleur intégration du groupe.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: VieuxMora le 24 février 2012 à 14:26:05
Comme quoi avec un peu d'humanité on peut renverser des tendances au lieu de les subir.
Bel exemple Loriot !
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: azur le 24 février 2012 à 18:27:17
Tout ça pour dire, qu'il est important de lier des liens en dehors de la seule activité professionnelle. Offrir un café, un gâteau, un apéro ou ses expériences extrapro.
Cela crée des liens et permet une meilleur intégration du groupe.
Dans l'armée, Le café de 7h30 et de 13h et la bière de 18h sont autant d'occasion:
- de se connaître dans un cadre informel
- de discuter à bâton rompus des problèmes de chacun, mais aussi des difficulté du boulot, et le fait d'être plusieurs, on trouve souvent une solution à ce moment là
conclusion: ces instants de convivialité sont non-seulement indispensables pour humaniser les relations, mais ils sont aussi souvent bénéfiques pour le boulot!
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Patrick le 24 février 2012 à 18:49:54
On est pas forcément obligé de sacrifier aux habitudes potaches du groupe, l'armée étant un cadre un peu particulier. Par contre, demander : "ça va" en regardant dans les yeux et en ayant l'air d'en avoir vraiment quelque chose à faire avec une poignée de main franche est déjà un bon début. S'intéresser aux évènements de la vie de ses collègues sans sombrer dans radio cancan aussi.

Une chose aussi très importante est que nos collègues et responsables comprennent bien la différence entre subir et consentir sinon, à terme tout le monde finira par s'essuyer les godasses sur nous.
Titre: Re : Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: azur le 24 février 2012 à 18:58:01
On est pas forcément obligé de sacrifier aux habitudes potaches du groupe, l'armée étant un cadre un peu particulier.

Point d'habitude potache, on retrouve un peu le même rythme à la campagne dans les régions d'élevage où l'entraide est presque une institution. En fait, c'est tout simplement humain de se retrouver pour souffler et discuter...

Citer
Par contre, demander : "ça va" en regardant dans les yeux et en ayant l'air d'en avoir vraiment quelque chose à faire avec une poignée de main franche est déjà un bon début.
tu devrais aimer ce passage de Itinéraire d'un enfant gâté (http://www.youtube.com/watch?v=TBTHRVAPhtE) (à partir de 2'20")

Une chose aussi très importante est que nos collègues et responsables comprennent bien la différence entre subir et consentir sinon, à terme tout le monde finira par s'essuyer les godasses sur nous.[/quote]
d'autant plus que quelqu'un qui consent y ajoutera son intelligence....
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Micamar le 01 mars 2012 à 13:11:27
Un truc qui m'a fait halluciner.

Dans le bureau où je suis, nous sommes quatre.

Lorsque quelqu'un éternue, je ne dis jamais rien. Et lorsque j'éternue, je n'attends rien.

J'ai fait le test suivant :

Eternuement d'un collègue ; les deux autres lui disent "A tes souhait". Je garde le silence. Au bout d'un certain temps, j'ai (cru) remarquer une espèce de distance, quelque chose de froid et distant, quoique léger.

Puis j'ai décidé de changer la donne. Eternuement d'un collègue ; je suis le premier à répliquer "A tes souhaits" (ou plus exactement "Souhaits" car faut pas abuser  ;D). Retour à la normal.

Je range donc ceci aux côtés du "Ca va ?" quand on salue un collègue.

Et je constate qu'effectivement, il en faut peu pour humaniser le cadre du travail. Comme ne pas se contenter de répondre "Oui" à la question "Ca va ?" mais la renvoyer. Ca aussi, j'ai mis du temps à m'y mettre. Mais j'ai senti une différence.

En fait peut être est-ce une illusion, ou plus exactement ma façon de voir l'autre qui a changé. L'empathie.

Ma femme avait peut-être raison ("Si l'on se comportait avec les autres comme s'ils étaient autant de flocons uniques et merveilleux, le monde irait peut-être mieux").



Change ta façon de voir le monde, change le monde.


Merci à tous.
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Sieg le 01 mars 2012 à 14:19:51

 Yes Micamar, c'est bon ça !!!  :)

 C'est très très vrai ce que tu dis. Finalement on se rends compte que beaucoup s'enferment ou se sont enfermés (moi le premier) dans leur entre-soit Moi/mafamille/mesamis justement parce qu'ils ont l'impression que chacun fait la même chose, que c'est chacun pour sa gueule et que les meilleurs s'en sortiront...Alors qu'en fait c'est tout le contraire qu'il faudrait faire.

 S'apercevoir de l'autre, regarder l'autre, s'ouvrir à l'autre, aimer l'autre.

 Une petite vidéo (http://www.youtube.com/watch?v=Pvk7nLAa1cg) qui pour moi résume assez ce principe de changer l'autre en l'aimant sincèrement en tant qu'humain, à voir comme une petite fable hein ! Alors oui, ça fait peut être très concon/niaisieux mais je me dis que c'est ce genre de conneries qui nous manquent à en crever aujourd'hui. 
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: azur le 01 mars 2012 à 14:41:49
Combien de fois ai-je pu remarquer la force d'un "bonjour" qui s'adresse vraiment à celui à qui on le dit, d'une poignée de main franche... et d'autant plus lorsqu'on est chef!
Il ne faut que 5 seconde pour demander à un gars des nouvelles de sa femme, enceinte... mais le "gain" humain pour celui qui se "je ne suis pas qu'un numéro pour mon chef" est significatif.
Et ce qu'oublient certains managers, c'est qu'un climat de travail plus humain influe positivement souvent sur l'efficacité!
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: furyans le 01 mars 2012 à 15:52:30
Certain(e)s ont la chance ....ou pas de travailler dans de bonnes conditions....
Ayant la chance d'avoir de bons collègues, cela aide très fortement à supporter une hiérarchie Ô combien tatillonne et déconnectée des réalités du boulot...
Au sein de mon groupe, excellente entente mais si quelques coups de gueules parfois, mais la cohésion fait que cela reste viable....
Après concernant certaines missions, le boulot est fait sans zèle c'est certain, il faut être à même de pouvoir prendre une certaine distance, si non on y laisse sa santé.......et je m'aime beaucoup trop pour ça  ;D
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: raphael le 12 mars 2012 à 13:19:04
http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/on-ne-laisse-pas-ses-ennuis-professionnels-a-la-porte-du-bureau_1090311.html (http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/on-ne-laisse-pas-ses-ennuis-professionnels-a-la-porte-du-bureau_1090311.html)

http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/l-entreprise-biocompatible-pour-reduire-le-stress_1078370.html (http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/l-entreprise-biocompatible-pour-reduire-le-stress_1078370.html)

http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/la-poste-ce-que-l-on-sait-sur-les-suicides_1090634.html (http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/la-poste-ce-que-l-on-sait-sur-les-suicides_1090634.html)

dans l'actualité ces jours ci

une piste ? L'hyperinvestissement émotionnel doit être identifié par le manager, car il peut évoluer vers un comportement de workaholic et aboutir à un burn-out", insiste Jacques Fradin
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Patapon le 27 mars 2019 à 10:59:45
Yo,

Je suis actuellement en vacances "forcées", que j'ai du poser inextrêmiste car j'étais sur le point de craquer nerveusement, le "burn-out".

C'est un peu con, parce que je l'ai vue s'installer (je pense que le fait que le sujet soit connu et accepté, aide à s'en rendre compte).

Dans mon cas, nous sommes sur du pluri-factoriel:

- Le départ d'un collègue avec lequel je bossais depuis 12 ans sur un dossier.
- Son remplacement, et donc quelqu'un de forcément moins compétant
- L'augmentation de l'activité

Lorsqu'un collègue est remplacé, il est logique que le nouvel arrivant doive s'adapter, et donc que le plus ancien prenne le lead, là où avant les deux pouvaient avancer. Le hic, c'est qu'il ne faut pas laisser s'installer le système où on prend tout et l'autre n'a rien à faire, sinon la situation ne peut pas aller.

Je m'en suis assez vite aperçu. Comme je ne voulais pas arriver au blocage, j'ai donc mis en place des actions correctives pour faire monter le collègue en compétence et lui faire assumer plus de choses. Ca a en partie marché, sur les parties technique, mais pas du tout sur la partie organisationnelle avec la gestion de projets.

Là aussi, en plus du système de ticketing déjà existant, j'ai mis en place une gestion visuelle des tâches, afin d'aider à faire avancer les sujet. C'est tout con: deux feuilles A3 sur lesquelles on met les tâches pas débutées, celle sur lesquelles ont boss actuellement, et celles qui sont en attente (et donc qu'il faudra relancer, etc). On peut bien entendu traiter ça informatiquement, mais c'est beaucoup plus laborieux que ça (j'en parle ici, parce que ça fait parti des outils qui réellement, permettent de se décharger la tête: plus besoin de réfléchir à "qu'est ce que je dois faire déjà?"):

(https://i42.servimg.com/u/f42/15/64/81/01/20190210.jpg)

Ce truc là, m'a réellement permis de sur-nager. En parallèle, j'ai augmenté les séances de médiation, et le travail de la respiration. Idem lors de mes séances d'entrainement.

Tout ça c'est mis en plus dans le temps, insidieusement, avec la mise en place de cercles vicieux, et, il y a un mois, je me suis endormis sur l'autoroute suite à une série d'astreinte à des heures "compliquées" et il y a 15j j'ai vraiment perdu patience.

Je pense que le fait de bien se connaitre, connaitre et reconnaitre son comportement et de savoir ce qu'est le stress, les risques qui en découlent, m'a aidé à ne pas me voiler la face et me dire que "là, ça va plus" et tout ce que j'ai mis en place avant, des méthodes organisationnelles, au séance de méditation, m'ont permis que de supporter plus, plus longtemps mais pas de résoudre le problème (supporter, ce n'est pas changer). Ca, je crois que c'est hyper important de le cerner:

- il y a ce qui permet d'endurer provisoirement une situation
- il y a ce qui permet de modifier la situation (et donc la source de stress)

Pour commencer, j'ai donc pris des vacances, car je pense qu'une des principales causes, ça a été de ne pas me reposer assez et de me charger.

J'ai ensuite prévenu mon employeur que "là, il fallait que ça se calme parce que je n'allais pas continuer comme ça éternellement", d'autant que le nouveau collègue a décidé de démissionner. J'ai donc appris à dire "non" et ne pas accepter tout et n'importe quoi.

Je pense que c'est important de prendre le temps d'en parler avec les gens avec qui on boss, de ramener les problèmes à une dimension humaine et de dire "là, il faut qu'on trouve des solutions, parce que la situation ne me convient pas/m'est nuisible".

Tcho
Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Tompouss le 27 mars 2019 à 14:34:09
Tiens je découvre ce fil, je pourrais en raconter des vertes et des pas mûres tant j'ai une relation haine/amour avec mon taff et tant le comportement de certaines personne a souvent été a deux doigts de me faire dégoupiller, j'ai même souvenir d'avoir noté dans un entretien annuel avoir "toléré des choses sur mon lieu de travail sans broncher alors que dans un cadre hors professionnel des dents auraient volé"  ::)

Je fais partie des "workholic" qui tapent régulièrement des semaines de 50-60h et je suis souvent passé pas loin du burn-out (et quand tu prends un mois de vacance avant de craquer on t'appelle sur ton privé  ::))

Je rebondis juste sur ça :
Citer
Je pense que c'est important de prendre le temps d'en parler avec les gens avec qui on boss, de ramener les problèmes à une dimension humaine et de dire "là, il faut qu'on trouve des solutions, parce que la situation ne me convient pas/m'est nuisible".

J'espère que ça marchera dans ton cas, perso j'ai toujours dû m'adapter moi et ma perception. Bon jusqu'à présent le Stoïcisme n'est pas mon fort j'en reviens toujours au sarcasme pour faire face à certaines bêtises...  ::)

Titre: Re : "Nouveau" type de survie ? Supporter les autres au travail ?
Posté par: Patapon le 27 mars 2019 à 18:01:48
Re,

J'espère que ça marchera dans ton cas, perso j'ai toujours dû m'adapter moi et ma perception. Bon jusqu'à présent le Stoïcisme n'est pas mon fort j'en reviens toujours au sarcasme pour faire face à certaines bêtises...  ::)

J'ai rien à dire là dessus: je pense qu'on vit tous des trucs différents, qui nous amènent tous, à un moment de choisir d'endurer ou de changer, selon les contraintes que l'on a/qu'on s'impose.

Tcho