Définitions.
Je mets volontairement au pluriel car le phénomène est complexe, que l’on soit soignant ou pas, et selon l’appartenance disciplinaire, les définitions de la douleur seront différentes tant le phénomène est complexe. C’est entre autre à cette complexité et à cette diversité d’opinion et de perception du phénomène que se heurtera John Bonica dans son combat pour la reconnaissance du phénomène et son traitement/prise en charge en tant qu’entité spécifique. C’est justement l’International Association for the Study of Pain que Bonica a fondée et présidée longuement qui donnera la définition qui est actuellement reconnue comme la plus juste et la plus consensuelle (avec toutes les limites que cela implique).
« La douleur est un phénomène sensoriel et émotionnel, désagréable, associé à un dommage réel ou virtuel ou décrite en termes d’un tel dommage ».
Chaque terme de cette définition est important.
Sensoriel et émotionnel : on fait bien là appel au senti mais aussi au ressenti.
Désagréable : pourtant certains la rechercheront systématiquement ou presque dans des activités de loisirs (ou pro) : le cycliste à la fin d’un contre-la-montre ou d’un sprint, le coureur, etc… bien souvent douleur et sport de compétition sont étroitement liés, le contexte changeant elle devient cependant « acceptable et acceptée ».
Dommage reel : pas de soucis tout le monde comprends que si je mets la main sur une plaque chauffante allumée j’ai mal…
Dommage virtuel : ce sont ces douleurs dont toutes les causes anatomiques ont disparu et qui pourtant persistent…
Décrite en terme d’un tel dommage : il n’y a jamais eu de lésion, pourtant le patient dit avoir mal, ce sont les douleurs « sine materia » qui nous déconcertent parfois tant en tant que soignant ou proche ou victime… Des douleurs qu’on aurait tant tendance à les classer dans les phénomènes ésotériques ne méritant pas notre considérations pragmatiques et cartésiennes : « il a pas mal c’est dans la tête c’est psy »… Si elles méritent un traitement différent, elles méritent bel et bien un traitement.
Composantes et modèle didactique
Avant d’aborder cette partie, posons un préambule et illustrons le : la douleur est un phénomène complexe, comme une montre chronographe automatique est une mécanique complexe…
Pour comprendre l’un et l’autre il faut les démonter et observer leurs composantes, leur rouage MAIS si on oublie qu’initialement ces composants formaient un TOUT unique et indissociable alors on manquera complètement l’essentiel de la compréhension. ; Bref après avoir démonté et observé il faut remonter et comprendre les articulations ; Sinon d’un côté on a un tas de rouages et de ressort qui ne donneront plus jamais l’heure et de l’autre on a une juxtaposition de phénomènes qui ne seront JAMAIS la douleur d’un individu (j’ai été tenté d’écrire « un individus douloureux »)….
On décrit classiquement à la douleur 4 composantes que nous détaillerons une par une.
La composante sensorielle ou sensori-discriminative
C’est celle qui correspond au « senti ». Elle donne à la douleur ses caractéristiques d’intensité (et encore c’est à pondérer), de typologie, ses caractéristiques géographiques, ses caractéristiques temporelles. Ce système est loin d’être parfait (phénomène des douleurs projetées) et fiable (certaines pathos peuvent longuement évoluer sans douleurs). Par ailleurs il est partiellement variable et propre à chaque individu, ainsi par exemple le seuil neurophysiologique de perception de la douleur est variable en fonction de chaque individu.
Au-delà c’est trop souvent sur cet aspect et seulement sur cet aspect qu’on essaye de travailler dans notre évaluation ou nos tentative de soulager…
Il est à noter que cette composante est particulièrement liée à la capacité à verbaliser avec toutes les limites que cela comporte…
Ainsi vous connaissez sûrement tous Alphonse Daudet dont vous admettrez facilement que ce monument de la littérature avait un vocabulaire et une aisance de langage supérieur au commun. Ce que l’on sait moins de Daudet c’est qu’il est mort après des années d’évolution du Tabes Dorsalis qui est une maladie dégénérative se caractérisant par des crises douloureuses paroxystiques (à type de brulure, décharges electrique, etc… --> mécanisme neurogène).
Daudet a tenu durant son agonie un « carnet de route » (La Doulou (publié en posthume)). Il écrit ce ci suite à l’une de ses crises :Citer« Ce que j’ai souffert hier soir – le talon et les côtes ! La torture… pas de mots pour rendre ça, il faut des cris.
D’abord, à quoi ça sert les mots, pour tout ce qu’il y a de vraiment senti en douleur (comme en passion) ? Ils arrivent quand c’est fini, apaisé. Ils parlent de souvenirs, impuissants ou menteurs. »
Effectivement la douleur étant une sensation elle reste particulièrement peu accessible au langage… (si vous n’êtes pas convaincu essayez de décrire une sensation agréable comme par exemple « comment ça fait de caresser la tête d’un chien » « comment ça fait de sentir le vent dans ses cheveux » « de nager dans un étang frais une chaude journée de canicule »… et ceci si possible sans faire appel à des analogie de langage)… Et elle est d’autant moins accessible que lorsqu’on a mal (comme Daudet) on a autre chose à gérer que d’essayer d’analyser ça…
En fait certains postulent que l’on a pas de reel souvenir de la douleur, en tout cas pas de souvenir autres que le souvenir « physiologique » (le corps apprends et a priori pas dans le sens de l’endurcissement contrairement à l’idée reçue)… Par contre on garde un bon souvenir du contexte et on se rappelle bien que ce n’était pas agréable… Ce qui m’amène aux autres composantes qui sont moins physiologique et animales et plus situées dans les fonctions dites supérieures…
Oui donc ta perspective est axée sur le traitement symptomatique.non non laisse ton post, j'aborderais le truc de toute façon et aussi la douleur chronique, le traitement de la cause c'est même la première démarche si on peut...
C'est parfaitement logique d'ailleurs par rapport à une optique survie.
Ostéopathie, douleurs chroniques, etc. c'est hors sujet... je vire mon post :-[
Merci Berhthramm :up:
La composante affective ou affectivo-émotionnelle
Sûrement une des composantes principales et celle sur laquelle on peut jouer de manière assez simple parfois (en tout cas dans le soin mais dans pas mal d’autres situations)… C’est celle qui justifie le « et émotionnelle » de la définition. C’est elle qui donne la tonalité désagréable, pénible et parfois insupportable de la douleur. Il est tout à fait juste de dire qu’émousser la tonalité affective péjorative de la douleur est en soit une façon de la soulager.
Cette tonalité est liée à chaque individus bien sûr (comme la première) mais elle est aussi énormément liée à la cause de la douleur et à son contexte, parfois décaler la perception contextuelle du « souffrant » est un moyen de le soulager. C’est Beecher qui par ses travaux a mis en évidence l’influence du contexte de survenue de la douleur ou de l’accident initiant la douleur sur sa perception.
Pendant la seconde guerre mondiale Beecher observe que des soldats retirés du front pour des blessures souffrent moins que des civils pour des blessures similaires… Il en arrive à la conclusion que pour les uns la blessure implique un bénéfice secondaire qui rend la douleur supportable, alors que c’est absent pour les autres (je schématise beaucoup).
Prenons un exemple simple à comprendre et proche de nous pour saisir ça :
Situations 1 :
- Je prends l’un d’entre vous n’importe lequel, David par exemple, et je le pique avec une bonne grosse aiguille pour lui prélever ½ litre de sang, en le faisant je lui affirme que ce que je fais est absolument gratuit, ne sert à rien d’ailleurs je ne mets pas le sans dans une poche mais je le laisse s’écouler par terre, j’affirme aussi que je pique comme un pied, que l’aiguille est émoussée et que c’est fait exprés… Le tout se passe dans un endroit sordide…
Situation 2 :
- Je prends l’un d’entre vous n’importe lequel, David par exemple, et je le pique avec une bonne grosse aiguille pour lui prélever ½ litre de sang, en le faisant je lui affirme que le don qu’il fait est une excellente chose, que c’est un acte citoyen et humain, qu’il va sûrement contribuer à sauver une vie, peut-être un gamin, je recueille le don avec le plus grand soin comme un trésor précieux. Je montre de la sûreté dans mes gestes et mon matériel semble nickel… Cela se passe dans un centre de recueil de don, c’est propre, joyeux et lumineux…
Vous concevez facilement que dans un cas la douleur (pourtant physiologiquement exactement similaire) est perçue différemment, et là j’ai juste bosser sur le contexte et l’attitude…
Autre situation (plus personnelle)…
Lors de la naissance de mes enfants (5 dont 1 est DCD) j’ai à chaque fois accompagnée mon épouse (j’ai eu la chance de pouvoir)… Elle a toujours accouché sans péridurale par choix.
Déjà c’est complètement différent d’accompagné une naissance pour un enfant dont on sait qu’il est DCD (le premier pour nous) d’une naissance d’un enfant dont on sait qu’il est potentiellement en bonne santé….
Pour François-Joseph (notre ainé) j’étais là mais je savais pas trop quoi faire, Pour Marie-Amélie pareil (même si je savais un peu à quoi m’attendre mais toujours pas trop quoi faire à part encourager comme pour FJ)), pour Pierre-Olivier j’ai essayé de décaler la perception des sensations de contractions, plutôt que « tiens bon » »allez » ou ce genre de truc, j’ai répété « chaque contractions te rapproche de la naissance » « cette contraction te rapproche du moment ou tu auras ton bébé dans les bras », bref j’ai indiqué le but et la raison, j’ai donné du sens, et d’après mon épouse c’était bien. Pour louis-Xavier c’était trop différent pour pouvoir vraiment comparer, l’accouchement a quasiment eu lieu dans la voiture, j’ai donc étais plus hyper concentré sur la gestion de la conduite rapide entre la maison et l’hosto que par le reste…
Travaillez sur le sens en accompagnant le souffrant, expliquez les gestes, ou quand on souffre essayer de décaler sa perception du contexte, permet de jouer sur cette composante affectivo-émotionnelle….
(Soyons quand même bien d’accord : si c’était toujours si simple… personne ne souffrirait).
La composante émotionnelle douleur a des expansion sur l’humeur, la qualité de vie, la dépression… etc…
Dans certains cas la douleur physique, et non ''affective'', peut être bien accueillie. Dans le cas, par exemple, où l'on retrouve la phrase:''Les hommes ne doivent pas pleurer'' ou aussi:''Les hommes ne pleurent jamais'', il arrive qu'il découle de la sensation de douleur physique une ''joie'', celle de sentir ''fort'' (j'insiste sur les guillemets), ou aussi ''homme'', ''viril'', etc...
C'est là que je me demande si on peut appeler ça une douleur. Je pense que si l'on considère ''ce qui fait mal'' et ce qui en découle comme sensation (la joie, la force, etc...) comme un ensemble, ce n'est plus une douleur.
Composante cognitive
Encore une fois étroitement liée à la précédente et interagissant sur l’ensemble… C’est ce que l’on sait (ou que l’on croit savoir) de la douleur :
- expérience
- représentation
- référence
- apprentissage
- imitation
- modèle
C’est en partie aussi cette composante qui va être générative d’angoisse, ex : je dois aller chez le dentiste, je reconnais la douleur qui m’amène à me dire que je dois y aller, je commence à me projeter dans les soins et je sais que ayant déjà eu ce type de douleur, ça va se traduire par tel type de soin que je redoute…. C’est cette composante par exemple qui vous donne la poussée d’angoisse quand le dentiste (j’aime bien cet exemple souvent ça cause à tout le monde) vous annonce : « il va falloir extraire cette dent », à cette petite phrase vous sentez déjà le davier travailler, la table osseuse craquer, etc… (je sais je suis un salaud mais là je travaille juste sur vos composantes affectivo-émotionnelles et cognitives)…
C’est cette composante qui permet souvent au sujet douloureux de trouver au moins partiellement ses propres méthodes de « coping » et de soulagement… à conditions qu’on lui en laisse la liberté et le loisir. Il y avait récemment un post sur le forum sur lespositions d’attentes pour un blessé, le posteur initial rapporté une expérience ou c’est le blessé qui finalement trouve sa position antalgique de confort.
Cette composante étant tés centrée sur l’appris et l’expérience c’est aussi sur celle-là que se justifie le fait qu’il faut particuliérement blinder la réussite antalgique dès les premières expérience douloureuse de type soins, ça évite de faire une association apprise entre soins = douleurs. D’ailleurs les dentistes (encore eux) l’ont bien compris et se sont vite penché sur la douleur (le président de la Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur a longtemps été un dentiste d’ailleurs) et réussisent plutôt pas mal… Nos enfants n’auront sûrement plus les même réactions que nous face à ces soins… surtout si de notre côté nous leur donnons les bons modèles cognitifs et comportementaux.
Un bon moyen de jouer sur cette composante c’est de rationnaliser et d’essayer de passer dans le factuel, ça calme au moins l’angoisse et le « j’ai déjà mal avant que ça aille commencer »…
Nous avons dans mon service pas mal développer des démarches de relaxations (on est formé pour) pendant les soins douloureux, ceci afin essentiellement de bosser sur le stress lié aux soins (nous avions pris comme maître étalon initial la ponction lombaire) car le côté physiologique est plutôt bien cadré par les démarches antalgiques de bonne pratique (anesthésie cutanée locale par crème type EMLA et inhalation de mélange équimolaire de protoxyde d’azote)… ça marche plutot bien et le travail se pose plutot sur les composante cognitive (travail sur l'expérience) et affectivo-emotionnel (no stress, contexte agréable).
Composante comportementale
C’est l’ensemble des manifestations verbales et non verbales observables chez une personne qui souffre.
Cette composante est hautement liée à l’âge, au sexe, mais aussi à l’appartenance ethnique et social et donc en simplifiant à la « culture ».
Il ne faut pas négliger le fait qu’elle est bien sûr variable en fonction de l’individu MAIS aussi en fonction de l’interlocuteur, et le comportement de l’interlocuteur va influer sur la victime (en bien ou en mal)…
Cette composante est lié au « vouloir exprimer » et au « pouvoir exprimer » (pour ce dernier point on peut se referrer comme dit ailleurs à l’excellent « Johnny got his gun » …
Si cette composante est souvent prégnante (trop selon certains et ils n’ont pas forcément tort) dans la relation avec le patient douloureux il ne faut jamais oublier qu’il s’agit d’un indicateur de la douleur mais somme toute d’un indicateur fort peu fiable (nous reviendrons sur ce point dans la sémiologie).
De l'utilité de la douleur ?
La douleur est-elle utile ? Pour paraphraser l'homme à la salopette rayée, je dirais "en voilà une question qu'elle est bonne !!!"
Pour y répondre (enfin plutôt essayer), je vais déterminer plusieurs type de douleurs et classifié un peu sinon c'est impossible ou bordélique.
(et là je me rends compte que mettre de la physio avant eu été intelligent... :( ) ça viendra après un plan c'est un partis pris...
La douleur aiguë par excès de nociception
C'est celle que nous ressentons quand un stimulus est directement traduit comme douloureux ou quand c'est un stimulus standard (froid, chaud, pression MAIS au delà du seuil normal
Clairement le stimulus de départ est une AGRESSION, il doit être traduit comme un danger ou une priorité absolue et traité comme tel par la victime.
Dans ce cas là douleur est UTILE, elle a un rôle de signal d'alarme et elle doit pouvoir le jouer.
Certains patients souffrent dans certaines zones corporelles d'une anesthésie totale, ils ne ressentent donc dans ces zones aucunes douleurs, la prévention/protection et le traitement précoce de lésions dans ces zones est une priorité de soins absolue. en son absence, la blessure n'est pas considérée, elle est négligée et s'aggrave (ex : certaines pathologie neurologiques périphériques ou centrales qu'elles soient acquise ou congénitales). Pour certains patients ils ont une agénésie totale à la douleurs et usuellement leur espérance de vie est trés réduite (si mon souvenir est bon le plus "vieux patient" souffrant de ce type de patho est mort à 22 ans, c'était une jeune fille, elle a été immédiatement placée en controle médicale rapprochée (parents médecins), elle est morte d'une péritonite sur appendoc).
Quand cette douleur à jouer son rôle de signal d'alarme elle doit être traitée efficacement.
la douleur par excés de nociception pendant les soins
Elle est parfaitement prévisible et inutile (sauf éventuellement à titre d'exploration) elle doit être prévenue est traitée. C'est une obligation : morale, éthique et légale (en France).
La douleur chronique
C'est une douleur qui évolue depuis plus de trois mois.
Elle est inutile.
Par se implications, elle détruit l'individu progressivement dans toutes ses dimensions : physique, psychologique, familliale, professionnelle et sociale.
Sans appel elle doit être traitée dans toutes ses dimensions, ces cas sont malheureusement souvent si complexes et évoluent depuis si longtemps que les voies de traitements ne sont parfois que palliatives.
Son traitement nécessite obligatoirement un abord pluri vectoriel.
Ne jamais oublier qu'une douleur chronique a été d'abord une douleur aigue... ne pas laisser se chroniciser celles-ci est une bonne démarche.
Physiologie
niveau médullaire(http://inlinethumb59.webshots.com/38202/2622678600048954661S600x600Q85.jpg)
1/ Activations des terminaisons libres (nocicepteurs).
2/ Activations des terminaisons libres par des substances algogènes (sérotonine, histamines, bradykinine, prostaglandines).
3/ Fibres nociceptives Ad et C (vitesse de conduction < 40m.s-1).
4/ Arrivée dans la corne postérieure.
5/ Synapse entre le premier neurone et le deutoneurone (possibilité d’inhibition par le « gate control » ).
6/ Activation du neurone moteur par une synapse
7/ Muscle effecteur (réactions de retraits et de défenses).
8/ Transmission vers le cerveau.
Il y a stimulation de la transmission des messages nociceptifs, soit par une stimulation directe des récepteurs périphériques soit par une stimulation faisant intervenir un médiateur chimique initiateur de l’influx. Le message nociceptif est transmis par les fibres Ad et C (vitesse de conduction lente < 40m.s-1), la présence de ces deux types de fibres expliquent le phénomène de double douleur ressentie lors d’un stimulus nociceptif isolé bref et intense : une douleur intense isolée suivie d’une seconde plus diffuse. Ces fibres pénètrent dans la corne postérieure de la moelle où elles forment une synapse avec le deutoneurone, ce dernier décusse et l’influx est transmis vers le cerveau par les faisceaux réticulé spino-thalamique (FSRT) et spino-thalamique (FST).
Dans la genèse de l’influx douloureux, il faut noter l’importance du rôle des médiateurs chimiques initiaux ou substances algogènes : bradykinine, histamine, sérotonine, prostaglandine, substance P, CGRP etc. Les prostaglandines sensibilisent les nocicepteurs à l’action d’autre substances algogènes. Les substances algogènes conjointement à la neuroplasticité jouent certainement un rôle dans la chronicisation de douleurs par excès de nociception.
Le niveau cortical.
Il n’existe pas de centre anatomiquement défini de la douleur, la projection de l’influx douloureux s’effectue sur les différentes aires , principalement situées au niveau du thalamus, du mésencéphale et du bulbe, puis diffusé ensuite vers les régions hypothalamohypophysaire (stress), limbique (mémoires et émotions) et le cortex pariétal (conscience).
La douleur est clairement un signal d'alarme, il faut l'entendre, aprés les approches peuvent être multiples.
Quand je parle d'écouter la douleur et de douleur signal d'alarme, c'est clairement un mécanisme de défense qui incite le patient à freiner, se soigner, prendre soin de lui... C'est la raison pour laquelle nos mécanismes de modulation ont une actions dans le temps limités et s'accompagne d'une période refractaires.
désolé, j'ai pas oublié ce post, je le suivais un peu moins puisque j'avais l'impression de causer tout seul...
Perso j'attendais la suite avec impatience, mais comme j'avais rien de constructif à y dire, pour une fois je fermais ma gueule et je lisais en apprenant avec gratitude ;)
David
désolé, j'ai pas oublié ce post, je le suivais un peu moins puisque j'avais l'impression de causer tout seul...
Pour rebondir sur le cas exposé par Gros Calou. La douleur est clairement un signal d'alarme, il faut l'entendre, aprés les approches peuvent être multiples. ton osteo n'aurait pas forcément put travailler à chaud, Costa pourra confirmer s'il passe par là, et les anti-inflammatoires lui ont potentiellement permis de bosser mieux et plus efficacement (aprés cracking or not cracking, that is the question but I'm not a specialist) (mais si quelqu'un essaye de me thruster (c'est le terme consacré par les spé je crois) perso je saute de la table, je paye et je me barre : ce qui passe en force pourra tout aussi bien passer en douceur en y mettant plus de temps (et j'ai pas dit de trucs lubriques))...
Quand je parle d'écouter la douleur et de douleur signal d'alarme, c'est clairement un mécanisme de défense qui incite le patient à freiner, se soigner, prendre soin de lui... C'est la raison pour laquelle nos mécanismes de modulation ont une actions dans le temps limités et s'accompagne d'une période refractaires.
Ce qui m'amène (merci Gros Calou) à parler sous peu des mécanismes de régulations mais je vous raconte d'abord une petite histoire pour introduire (doucement) mon propos et l'illustrer...
Cela se passe il y a plusieurs dizaine de milliers d'années, le Berhthramm n'est alors qu'un singe un peu évolué, il se promène dans la savane à la quête de quoi manger, mais le lion aussi... Il saute sur Berhthy, une courte lutte démarre, le lion choppe un bon bout de fesse du singe mais ce dernier réussit à se dégager, la douleur est intense mais là vont se mettre en place des mécanismes de modulations trés puissant et efficaces, ces mécanismes visant à assurer la survie du singe qui s'imagine un avenir plutot biroute que casse-croute... Le stress, l'intensité de la douleur, la brutalité de l'accident concourrent à la mise en place des mécanismes et le Berhthy se mets à courrir avec sa fesse en vrac le lion à ses trousses... et justement ça a beau être un piètre courreur là il se surpasse (les mécanismes de défenses jouent là dedans), il a même pas mal et Carl Lewis et un minable à côté de lui... Et il distance le lion, il est sauvé... Mais imaginons ce qui se passe si Berhthy continue à ne pas avoir mal... il s'en fout, il continue à courrir, il se soigne pas, il meurre connement d'hemoragie de fesse pas soignée... Par contre si les mécanimes de modulations s'éteignent : il a mal, il s'en préoccupe, il se soigne, il survit... (même s'il a morflé pour ça).
L'efficacité des mécanismes de régulations sont trés liés :
- au stress
- à l'analyse que l'on fait de sa blessure (là faut peut-être laissé parlé le primate)(ou le drill) car penser "m*rde c'est grave je devrais avoir vachement mal : c'est déjà souffrir).
C'est ce qui amène des personnes en situations de gros stress, avec des blessures graves, à contiinuer à courrir ou à faire le job... Mais seulement pour un temps donné et à l'issue : ils morflent plus et on peut moins les soulager.
:)
Abordons maintenant les aspects de régulation du message nociceptifs.
Régulation de l’influx douloureux
Régulation segmentaire et gate control
Ou pourquoi je me frotte quand je me cogne….
Le gate control est une des théories expliquant potentiellement une des régulations segmentaire de la douleur. Comme je l’ai écrit plus haut le cerveaux ne traite que les infos intéressantes…
Lorsque la stimulation douloureuse se produit elle est (bien souvent) à la fois tactile et mécanique et douloureuse, elle va donc impliquer les différents type de récepteurs et de faisceaux nerveux. Ce qu’il faut comprendre c’est que la douleur est transportée comme nous l’avons vue par des fibres de petits calibres et non myelinisées, ces fibres ont donc une conduction lente ; le tact est lui transporté par des fibres de gros calibres et fortement mylinisées, c’est de la conduction rapide (dans un rapport de 10 par rapport aux précédentes)… Ces fibres du tact entrent par la corne postérieure de la moelle (comme tout ce qui est tactile, sensation) et monte vers le cerveau, par la corne postérieur, sans décussation MAIS au niveau de leur point d’entrée elles envoient une petite expansion vers la synapse exitatrice qui existe entre le nocicepteur et son deutoneuron et cette expansion est elle de nature inhibitrice… Il y a donc au niveau de ce nœud synaptique une véritable concurrence d’influx… Un influx qui arrive très tôt (car conduit rapidement) dont une partie va monter vers le cerveau pour dire « ça touche » et une autre partie qui va aller vers la synapse inhibitrice pour bloquer le passage, et un autre groupe qui arrivera plus tard( pour dire ça fait mal), ce second groupe va arriver sur une synapse pré-inhibé, il devra donc être suffisament fort pour pousser le portillon et passer (d’où le nom de cette théorie de « gate control » )…
Une image pour piger :
(http://inlinethumb02.webshots.com/44225/2016460670048954661S600x600Q85.jpg)
C’est la raison pour laquelle on se frotte quand on a mal, on joue la contre stimulation, on essaie de remplacer le signal douleur par du signal tactile et d’inhiber sa synapse excitatrice… C’est aussi la raison pour laquelle un acupuncteur va parfois appuyer très fort sur une zone avant de mettre son aiguille (apparemment maintenant il on même des petits tubes spéciaux pour ça qui permettent d’appuyer tout en passant l’aiguille à travers le tube)…
C’est une des explication de l’efficacité du massage, mais c’est surtout là-dessus que se base un certains nombre d’electro-stimulation antalgique comme les courrant de type TENS à hautes fréquences (il y a des TENS basses fréquence mais c’est un autre mode d’action), ça explique aussi la très bonne efficacité des stimulation vibratoires sur l’antalgie (je bosse là-dessus actuellement et je pourrais en dire plus si les $$$$ tombent en janvier pour acheter la bécane qui permettra de rentrer dans la pratique plutôt que de rester dans la théorie)…
L’absence de ce système de régulation est pathologique. Il peut exister suite à une intervention chirurgicale, les rameaux nerveux ayant été coupé, à un accident avec destruction total ou partielle de faisceaux nerveux (en sachant que les grosses fibres cicatrisent en dernier et donc que la douleur revient en premier), après intoxication chimique (alcool, autres), médicamenteuse (parfois effets secondaires de certaines chimio), virale (zona), etc…
C’est dans ce cas très handicapant pour le patient car tout est transmis comme de la douleur, ainsi un simple contact d’un drap sur une zone pathologique peut provoquer des douleurs paroxystiques. (je vous laisse imaginer la qualité de vie)…