Hum... Un souvenir pas des plus agréables dans ce domaine...
En vacances chez mon cousin, on devait avoir dans les 10 - 12 ans. Une belle maison, paumée dans la cambrousse, entre la forêt un un étang. Mon oncle, un matin, râlait contre ces

de canards qui n'avaient pas arrêté de gueuler dès 5 h du mat'. Qu'il allait les passer à la casserole un de ces quatre.
Mon cousin et moi, on se regarde. On était toujours à l'affut d'une connerie à faire. On allait lui montrer, au Manuel, de quel bois nous sommes faits...
Préparation du plan "extermination de canards". On opte pour le piégeage, avec du pain trempé et un collet pour chopper l'animal. Je ne sais pas dans quel film on avait vu ça...
On regroupe le "matériel", à savoir un bout de ficelle et du pain rassi. Pour le reste on verrait sur place.
Autant vous dire que les colverts, en nous voyant arriver avec un sac de pain, on tous affflué vers nous. Pas mal, les chasseurs de canards quasi-domestiques...
On instale le "lasso" au sol, surélevé avec 3-4 bouts de bois. L'"appat" au milieu. Bien entendu c'était la ruée vers le pain, et... le lasso ne marchait pas. Qu'à cela ne tienne, je la joue Chabal, en fonçant vers la meute de volatiles. Planquage du plus lent.
Là on a l'air con... On en fait quoi, de ce malheureux canard ? On n'avais pas vraiment pratiqué ça avant... On tente l'étranglement. Marche pas. Par contre l'animal féroce nous giflait bien légitimement de ses ailes. Le coup du lapin. Marche pas sur un canard. Le tirebouchonnage de tête. "Tu tiens le corps, je tourne la tête." Horrible... Plus le temps passait, plus nous étions désemparés, paniqués devant la souffrance infligée à l'animal, qui se débattait de moins en moins. Heureusement j'avais mon victorinox dans la poche. Pas suffisament bien affuté, par contre. Ca m'a pris une plombe à réussir à lui couper le cou... Alors que j'aurais simplment dû lui enfoncer la pointe dans la carotide...
En rentrant à la maison, avec notre maigre et piteux trophé, nous avions les larmes aux yeux. Vraiment pas fiers... L'oncle nous a vu arriver... Interrogatoire. Coup de pied au cul. "Maintenant, vous allez le bouffer !!!" Notre expérience fut donc complétée par le plumage, l'éviscération et la cuisson de l'animal. Qui n'avait malheureusement pas grand chose sur les os...
J'ai été marqué par cette expérience. Et par la giffle magistrale administrée par ma mère.
Peu de temps après, je me suis intéressé, avec mon grand père, à l'abattage "sans douleur" des produits de sa basse cours. Et n'ai jamais refait souffrir inutilement un animal.
Un expérience finalement pas si mauvaise que ça, qui nous (mon cousin et moi) a fait comprendre la valeur de la vie d'une bête, si bête qu'elle soit.
Sylvain.