Bonjour tout le monde !
Pour une fois, je vais peut-être réussir à apporter un peu d'infos utiles.
En fait, je viens ici pour en rassurer certains.
Jusqu'à tout à l'heure, le fait de devoir appeler le SAMU, ou les pompiers, ou la police, ou le 112..., cette perspective là me faisait peur. J'avais peur de dire que des conneries pendant l'appel, de cafouiller tout le temps, d'oublier pleins de trucs essentiels, peur de déranger du monde pour rien...
Tout à l'heure, je sors d'un cours d'atelier (électrotechnique) au lycée. En chemin, je prends un gâteau à la boulangerie, et je continue ma route. Et dix minutes plus tard, en entrant dans la rue où j'habite, je vois une voiture blanche garée, et une femme allongée dedans, place conducteur.
C'est normal, me dis-je, elle doit faire une sieste ou penser à autre chose.
Je continue donc ma route quand, arrivant à la hauteur de la-dite voiture, je vois la femme bouger. Elle bouge par "à-coups". Je marche encore un ou deux mètres. Et là, un truc s'est allumé en moi. Comme un petit voyant d’alerte. Je suis deux mètres derrière la voiture, et soudain j'ai envie de me retourner.
Je me retourne alors, et je vois la femme, allongée sur le dos, sur son siège conducteur incliné au maximum. Elle a des petits mouvements musculaires étranges, on dirait presque des petites convulsions. Et elle semble cracher quelque chose. En fait, on dirait qu'elle vomit.
Et là, j'ai eu une expérience vraiment flippante, pendant une seconde, une partie de moi a voulue faire comme plein de gens, elle a voulue ne rien voir et continuer sa route, en pensant que ce que j'avais vu était normal. Juste après cette seconde là, j'ai réalisé que c'est cet effet de groupe que je craignais le plus. J'ai en quelque sorte dit à "cette partie de moi" d'aller se faire voire.
Et je me suis vraiment rendu compte que la barrière était très mince entre l'ignorance et la conscience des risques. Je pense vraiment que c'est le danger principal, aussi pour soi que pour les autres. Les 3 secondes de connerie. 3 secondes c'est très court, tellement court qu'on peut pas réfléchir à cette connerie là.
Je vais à la porte de la voiture, je frappe à la porte, l'ouvre et demande "Vous allez bien?!". Oui bon, dans le feu de l'action on a parfois des questions idiotes. Ça avait au moins le mérite de voir si elle était consciente. Elle me regarde et acquiesce. Elle me dit qu'elle revient d'un examen à la clinique d'à côté, qu'elle a mangé juste après et que visiblement, elle n'aurait pas dû. Elle affirme que ça devrait aller et répond par la négative à ma proposition d'appeler quelqu'un ou le SAMU. Je lui dit alors de se mettre sur le côté pour vomir, afin d'être sur qu'elle ne s'étouffe pas.
Je réitère ma proposition d'appeler les secours. Finalement, ça ne va pas si bien que ça. Elle accepte.
Je regarde le numéro de rue, compose le 15, et me voici entrain de passer mon premier appel à un numéro d'urgence.
Je stresse un peu, je sens mon rythme cardiaque s’accélérer. Je prends conscience que ça devient sérieux.
Après quelques secondes d'attente, j'entends quelqu'un.
"Bonjour, je suis Pierre Untel au 72 rue Emile Zola à [Ville du 44]. J'appelle pour une femme qui fait un malaise. Elle a vomit et elle est consciente."
Je ne saurais malheureusement pas vous retranscrire tout le discours, je n'ai pas une assez bonne mémoire, mais en voici la teneur.
Tout d'abord, on me fait confirmer la ville, puis je me rends compte que je n'entends quasiment rien. Je mets le haut-parleur.
D'ailleurs si quelqu'un du SAMU lit ceci, est-ce que vous pouvez régler le volume de vos micros? Ça éviterai des incompréhensions.
Je réponds du mieux que je peux à toutes les questions, et me propose de donner le score de Glasgow, ce qui sembla surprendre la permanencière (elle demanda mon métier).
Je donna ensuite mon téléphone à la femme pour qu'elle puisse parler avec le médecin régulateur, puis j'attendis avec elle l'arrivée du VSAV des pompiers.
Mon but ici n'est pas de vous raconter ma vie.
J'aimerais simplement en rassurer certains, si besoin était, sur les appels au SAMU.
Hier encore, l'idée d’appeler les secours me paraissait presque terrifiante. J'avais peur de déranger pour rien, de faire une connerie, d'oublier un truc important...
Mais en fait, l'important n'est pas de tout savoir sur la situation. Il ne faut pas, AMHA, chercher à être omniscient sur ce qui se passe.
Vous avez oubliés de demander son âge à la victime? Ce n'est pas grave, on vous le rappelle. Vous ne savez pas exactement à quelle adresse vous êtes? Les appels sont géolocalisés.
Ce qui compte, le plus important, c'est de garder son calme. Le plus possible. Si vous êtes calmes, vous serez en mesure de répondre aux questions et de faire ce qu'on vous demande.
Même si vous n'avez aucun diplôme de secouriste, si vous écoutez calmement et attentivement la procédure de mise en PLS, vous pouvez y arriver.
Si vous avez le PSC1, que vous êtes sur les nerfs et que vous avez du mal à rester bien attentif, vous aurez bien plus de mal à mettre la victime en PLS.
Bon, je dis ça, mais je n'ai que le PSC1 complété par Wikipédia et quelques ouvrages sur la médecine d'urgence et la phytothérapie pour toutes connaissances médicales, donc à la moindre erreur, reprenez-moi.
J'espère que ce post sera utile. Si l'idée d'appeler le 15, le 18 ou un autre numéro d'urgence vous traverse ma tête, alors appelez. Et si vous pensez que ça en vaut pas le coup, alors appelez quand même.
Dans le pire des cas, vous aurez occupés deux minutes un/e permanencier/ère.
Dans le meilleur des cas, vous aurez sauvés une vie.
Restez calmes, soyez attentifs, et tout se passera bien.

Bonne soirée !