Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: De retour de la Péninsule du knoydart. 6 jours dans les Highlands.  (Lu 6808 fois)

03 mai 2013 à 14:53:54
Lu 6808 fois

Nirgoule


6 jours de marche en autonomie.
 Au programme : sentiers, hors sentiers.

Quelques Munros (+3000 pieds) et Corbets (+2500 pieds).
En GB, les randonneurs et montagnards "collectionnent" ces sommets comme nous pourrions le faire avec nos 3000 ou 4000 sur le continent.
La faible altitude des sommets (environ 1000m) ne doit pas cacher le dénivelé, puisque le départ se fait presque au niveau de la mer. Un 1000m peut valoir un 2500 dans les Pyrénées par exemple.

Nombreux gués et marécages. Sans doute de la pluie et peut être des midgies (moucherons) si le temps est plus chaud.

Pas de distillerie sur le parcours, il faut le savoir. La motivation est à chercher ailleurs.

Revue de matériel.

Sac à dos Aarn 55



Accroché au sac : chaussure pour l'eau (gués), seat pad.
2 bâtons téléscopiques b. diamond
Poche abdominale 1Carte+poche ortlieb, boussole réglable, monoculaire, gps garmin 60 ( en secours avec deux jeux de piles), aps (3 jeux de piles!),  bouteille 1L, aquatab.
Poche abdominale 2Bivyponcho hilleberg, pq, cagoule, mitaines, moustiquaire, bouteille 1L.

Sur soi
Montre alti suunto X6
Identité, argent, téléphone+zip, lunettes soleil protection 2 à 4, couteau suisse, chapeau,
Chemise synthé ML, ceinture (copie identité), ts synthé MC, veste berghaus, mouchoir, sous vêtement bermuda synthé, pantalon fjall G1000 bas attaché aux chaussures, chaussures raichle gtx, guêtres VC coton, chaussettes rywan laine.
Poche pantalon EDC : Briquet, sifflet, couv. survie, LED, tape, doukdouk, papier crayon, fil.

Dans sac :
Poche 1Pharmacie, couture, bricolages.
Poche « change »TS synthé, slip synthé, chaussettes rywan laine, doudoune berghaus,
Poche « camp »Tipi exped, 1 jeu de piquets courts et 4 larges et longs, tapis de sol cree
Poche « couchage »Poche therma gonfleur (photo plus bas), vieux sac couchage synthé lafuma 5°, thermaresta néoair 183 cm, frontale fil (presque sans usage vu la luminosité à cette latitude en mai).
Dans sac poche « cuisine »Fork Ti, briquet bic, réchaud bois busbuddy, tasse plastique, casserole msr Ti, outre ortlieb 4L, filtre eau aquamira.
Poche « toilette »Trousse, lingettes, petit savon hotel, brosse à dent (manche long qui cassera!), échantillon dentifrice, boules quies, serviette synthé 20x20.
Poche « nourriture »1 zip par jour 6x700g  d’aliments secs type lyophilisé ou viande et fruits et gâteaux et secs. 3 zip sous compartimentant repas matin, midi et soir.

Poids total sac : 6560g + 4200g vivres = 11,760 kg.
« Modifié: 13 juin 2013 à 14:05:38 par Nirgoule »
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

03 mai 2013 à 15:30:49
Réponse #1

Nirgoule


Commentaires. En noir avant de partir, en bleu après

Le sac Aarn est intéressant, malgré son poids (1500g), pour l’équilibre qu’il procure à la marche ainsi que pour la modularité des trois poches dont deux abdominales. On a ainsi deux à quatre kg (12L) de matériel immédiatement accessible pour boire, manger, s’orienter, s’abriter, communiquer. Il reste un sac compliqué à enfiler mais très très agréable à porter.
Les chaussures pour l'eau sont là pour traverser les nombreux ruisseaux et rivières. C’est un surplus de 350g à assumer pour avoir les pieds au sec. En fait je ne m'en servirais jamais pour traverser un gué, on courra toujours le risque de glisser avec ses chaussures de marche en posant le pied sur des pierres affleurantes. Par contre le soir elles me permettront de reposer mes pieds et sécher mes montantes.
Les 2 bâtons aideront à la progression, on y a pris goût en montagne, ils sont aussi là pour les traversées de ruisseau. J'avais enlevé les petits disques, croyant être malin en gagnant du poids. Mais cela va me gêner souvent, en favoriser leur enfoncement dans le sol boueux et provoquer de la casse.
Le tipi (1400g) est le choix du confort. Sa construction permet de l’utiliser en tarp en cas de fort vent (très probable en Ecosse). Je ne vais jamais durant 5 nuits le monter en tipi à cause des rafales. Les deux bâtons seront solidarisés deux fois ensemble 1 fois avec du velcro et renforcés au duct tape la deuxième fois. La grande surface du tarp permettra de bien descendre les bords et obtenir une bonne aérodynamie.
Le matelas gonflant est un 3-4 saisons. Outre le confort il va ma permettre de mieux m’isoler du sol et donc de m’alléger en sac de couchage (800g). Excellent choix que ce matelas, j'ai dormi comme jamais dehors auparavant. http://www.arklight-design.com/PBSCProduct.asp?ItmID=8700253

La cagoule ainsi que la doudoune peuvent venir m’apporter un surplus de chaleur. La poche therma enveloppe mon ensemble « couchage », elle sert de gonfleur car le volume d’air du matelas est important. Elle évite le gonflage à la bouche toujours fastidieux.

Le poncho est du type bivy, il est donc polyvalent poncho – sursac de couchage. http://www.arklight-design.com/PBSCProduct.asp?ItmID=3651447Comme tout matériel polyvalent il fait beaucoup assez mal. En positif : Pas de condensation, bonne protection jour et nuit. En négatif : fastidieux à mettre et enlever le jour, son principal défaut.

Les lunettes de soleil sont de protection variable en fonction de la luminosité de 2 à 4. Elles sont de qualité. De ce fait la fatigue visuelle est nulle même à 3000m après une journée de plein soleil.


------------------
« Modifié: 06 août 2013 à 17:26:54 par Nirgoule »
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

06 mai 2013 à 09:42:13
Réponse #2

guillaume


La poche therma enveloppe mon ensemble « couchage », elle sert de gonfleur car le volume d’air du matelas est important. Elle évite le gonflage à la bouche toujours fastidieux.

Bonjour Nirgoule,

Aurais-tu une illustration stp ? Je n'arrive pas à me représenter le truc.

Merci par avance !

a+

06 mai 2013 à 14:00:29
Réponse #3

Nirgoule


Guillaume



Le sac se présente comme un sac en nylon étanche d'environ 25L. Il y a une ouverture dans laquelle tu glisses le tuyau de ton matelas. Ensuite tu fermes le sac et tu le roules sur lui même ce qui envoie l'air dans le matelas.



Ce sac me sert de double cloison étanche dans le sac à dos.

 :)

« Modifié: 13 juin 2013 à 14:13:05 par Nirgoule »
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

11 juin 2013 à 14:57:05
Réponse #4

Nirgoule




Le petit périple Ecosse poursuivait plusieurs objectifs.
-   tester du matos nouveau (poncho, matelas, filtre à eau et veste imper principalement).
-   Se faire plaisir en grimpant un ou deux munros (+ de 3000 pieds, en quelque sorte les 3000 mètres britanniques).
-   Se confronter à la nature qui est l’autre aspect. Parce que ce n’est pas notre quotidien, ça demande des efforts. En fin de compte est-ce raisonnable de s’en éloigner autant dans nos sociétés développées ?
-   Donner un objectif tangible à l’activité physique hebdomadaire, au-delà de « je bouge pour ma santé » qui est une notion presque idéologique pour moi, même si par certains aspects elle relève aussi de la survie.
-   Emmagasiner de nombreuses « bonnes impressions » qui reviennent longtemps après le retour au bercail. Ces sorties participent à sortir de l’enfermement relatif du boulot et du reste. Maintenir une certaine polyvalence intellectuelle et physique.

Je parle d’objectifs « après coup », il ne s’agit nullement d’un plan intellectuel imaginé et planifié a priori. Spontanément je dirais plutôt « parce que j’en ai envie ». Passons.

Donc pour remplir tous ces objectifs l’idée est d’aller en Ecosse, traverser la péninsule du Knoydart en 5 à 6 jours, à pied et en autonomie. Le lieu se trouve dans la région des Highlands de l’ouest. On y arrive par Edinburgh ou Glasgow puis Fort William. Là on prend le train par exemple et on descend à Glenfinnan, on passe sous le viaduc et c’est là que ça commence.


(photo de la vallée)

Le mois de mai est une période sans midgies, mini insectes qui vous bouffent le visage et toute peau laissée à leur appétit. Les chemins et sentiers ne sont pas balisés. En revanche il existe plusieurs topos assez bien faits ainsi que des fichiers GPS (que je n’ai pas utilisé pour m’orienter). Par exemple :   http://www.walkhighlands.co.uk/maps/map1_22fw.shtml

Le lieu est connu des marcheurs et montagnards britanniques. On croise donc quotidiennement quatre à cinq personnes à cette période sur les sentiers. Il n’y a pas de ravitaillement entre Glennfinnan et Inverie la destination. Donc il est nécessaire de se charger de 3 à 6 jours de nourriture. Il n’y a pas non plus de réseau téléphone portable au-delà de Glenfinnan.

Le terrain est gonflé d’eau. Par endroit on s’y enfonce jusqu’aux genoux si on y prend pas garde. Un sol spongieux à 90% d’où la nécessité des tapis de sol et autres seatpad. Des ponts suspendus et plus souvent des passages à gué sans grande difficulté où il n’y a pas nécessité de déchausser. De la pluie, grêle, neige, quelques fois du soleil. Des vents forts interdisant le montage en tipi. Des températures oscillant entre 0°C et 17°C. A cette période, des nuits courtes 23h-3h30. Enfin pour finir de dresser le tableau : biches et cerfs sauvages à profusion, une dizaine observée par jour. Le premier animal à 50m du village. Conséquence sans doute : très peu de forêts donc attention au bois si vous utilisez le réchaud, à certaines étapes il faut prélever le bois mort au cours de la journée.

Donc nous passons sous le viaduc suivant une petite route. Plusieurs marcheurs reviennent de la montagne, quelques VTT également. Il est à peine 17 heures et nous avons une à deux heures pour nous approcher des premiers Munros. Nous suivons cette vallée de Finnan une heure environ. Vient, après Glenfinnan lodge et au Nord, le chemin de crête que nous empruntons un temps et qui nous mènera le lendemain au Sgùrr nan Coireachan (956m). Le sentier est bien marqué mais aucunement balisé. Les emplacements pour camper ne sont pas légion. Le sol est gorgé d’eau en surface grâce à une plante qui se remplit à la manière des éponges, elle occupe toutes les surfaces au sol sauf les rochers.

Le camp est monté avec la toile du tipi à la façon tarp et mis au plus bas pour éviter au maximum la prise au vent. Cela me prend quelques temps, pendant que D descend chercher de l’eau dans le torrent bien plus bas. J’allume mon réchaud à bois avec une brindille entourée de coton imbibé de vaseline que j’enflamme au firesteel. Le feu prend vite mais comme sa chaudière est d’un faible volume, il faut alimenter en permanence le foyer. La gamelle est remplie avec l’eau du torrent. Bouillante, elle est versée dans les poches contenants les plats lyophilisés : purée jambon et couscous pour ce soir. Ensuite la même poche sert de contenant pour recevoir la soupe chinoise et son eau chaude. La casserole est donc laissée toujours propre. Je m’aperçois que mes tranches de pain enfermée dans des zip sont en partie moisies. Je perds là quelques dizaines de calories par jour. Cela ne m’empêche pas de déguster un peu de saucisson « Tripes et Cie » (un fastfood un peu particulier de Limoges). Pour finir une tisane du soir de la même région et voilà notre repas terminé.

Ce premier soir j’expérimente mon nouveau matelas gonflable de bonne épaisseur. Il glisse mais m’isole bien du sol inégal et humide donc froid. Mon tapis de sol en revanche est trop fin et se déchire. J’entoure le matelas de mon poncho bivouac et y insère le sac de couchage synthétique. Le jour se prolonge au-delà de 22h, nous sommes fin mai et bien au Nord. Un coucou nous accompagne un temps de son chant. La température est clémente de 15 à 17°. D enfile ses boules quies et s’endort immédiatement. Je le suis peu de temps après. La première nuit est toujours la plus difficile pour moi, mais est-ce le confort du matelas, ce nuit là je m’endors très facilement.
« Modifié: 11 juin 2013 à 17:47:42 par Nirgoule »
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

11 juin 2013 à 15:09:29
Réponse #5

Nirgoule


Lundi. 7h, deuxième mais première vraie journée de marche. Réchaud bois pour l’eau du café et du thé. Les nomades mettent un temps infini à se préparer, en général 2heures pour nous. Il faut à la fois manger, plier convenablement ses affaires, choisir les vêtements appropriés à la météo, sans oublier le filtrage de 2 litres d’eau, et préparer les vivres de course.

Nous partons vers 9 heures ce qui est bien et nous laisse de la marge pour effectuer ce tour des crêtes ponctué de deux Munros (>3000 pieds).

Le temps est resté tiède mais il s’accompagne de nuages qui parfois nous entourent et masquent donc la vue. La chaleur fait que la transpiration arrive vite, je marche donc sans coupe vent mais vêtu d’un tee-shirt et d’une fine chemise synthétique. Plus je marche vite et plus je transpire, fatigue et consomme des barres énergétiques ! Nous adoptons une marche plus lente et économe. N’oublions pas que les sacs sont, ce premier jour, les plus lourds (12kg et 16kg).

Nous effectuons ce tour des crêtes (20km) à moitié dans la brume.


Après une forte descente nous voilà près pour monter le camp. Arrivée sur place le sol est là aussi gorgé d’eau et « d’éponges ». Le vent est assez fort. Je monte le tipi tarp encore en rase motte et D se rend au torrent avec outre et poche à eau. 6 litres qui suffisent à notre repas du soir, du matin qui suit ainsi que les 4 litres à emporter le lendemain. L’eau chauffée à ébullition n’est pas filtrée alors que celle des gourdes le sera. Mon petit filtre s’avère bien pratique (Aquamira). Le repas est très proche de celui de la veille. Nous nous couchons bien fatigués sur un sol plus horizontal que la nuit précédente. Les rafales de vent m’inquiètent par moment, heureusement le montage à été fait en fonction de la direction du vent.

Mardi. Réveillés vers 8h30, nous partons à plus de 11h. Nous avons donc bien récupéré de la veille. Le chemin suit la rivière, le sol est empierré en partie. La marche est lente car le sac est encore chargé de quatre jours de nourriture (3kg). Nous avons réparti le matériel commun entre nous deux, à D le tipi, à moi la cuisine, les deux poches à eau (vides), le filtre et la trousse de bricolage.

Un marcheur nous dépasse et s’éloigne. Nous passons un col (471m) Bealach a’ Chaorainn. L’averse surgit par moment, mais nous restons encore peu couverts vu la température encore clémente. Nous faisons une pause et D remarque le premier troupeau de biches et cerfs sur l’autre versant de la vallée.

Plus loin nous débouchons sur une autre vallée la Glenn Pean qui commence par une plantation de sapins protégée par une clôture. Les arbres sont rares et les animaux sauvages nombreux. Des travaux de bûcherons nous empêchent d’emprunter le chemin et nous sommes détournés vers une étendue par endroit marécageuse. Les guêtres et chaussures se noircissent vite  de boue mais l’étanchéité est toujours là (merci mister GTX).

Pour cette fin d’étape, plus courte que la veille, nous choisissons un emplacement élevé tout prêt du bois mais moins détrempé. Au loin un aven. Rituel eau et montage de tarp. Le vent est toujours fort, venant de l’ouest il nous amènera une perturbation.

La rivière proche et la température douce nous autorisent une toilette presque complète ainsi qu’une petite lessive. Deux randonneurs britanniques bien chargés passent au camp, nous échangeons quelques mots. Le plus vieux paraît bien fatigué, je remarque que leurs sacs paraissent bien remplis. Ils passent non loin de deux brennes (que D enfouira un peu plus tard) et disparaissent. L’un dormira en gîte et l’autre sous tente, il y a une habitation non loin, si j’ai bien compris.
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

11 juin 2013 à 15:14:36
Réponse #6

Karto


Magnifique !
Merci Nirgoule. Et merci pour le récit, qui traduit bien la réalité de ce terrain.  :up:

(j'attends le passage où vous vous endormez bourrés comme des coins sur la plage à Inverie)

11 juin 2013 à 15:17:46
Réponse #7

Nirgoule


Merci Karto, pour l'instant c'est du 100% H2 O !

Quatrième étape ce mercredi  21 mai 2013. Le temps a changé, il fait plus froid et l’air est chargé d’humidité. Nous passons près d’anciennes constructions, un 4x4 nous dépasse, il nous salue, son gros chien aboie. Nous débouchons sur la Glen Dessarry, plus loin une habitation et ses dépendances, celle du 4x4. Nous continuons sur ce chemin carrossable.

Puis bifurquons sur notre droite et marchons cette fois sur un sentier qui s’élève doucement. La pluie est bien là et nos ponchos aussi. Un torrent que nous traversons, de la boue au sol en permanence, la marche devient plus lente et pénible. Nous ne ferrons pas d’autres sommets aujourd’hui. Longue marche ou du moins qui le paraît.

Environnement caractéristique de la région. Colline ou montagnes pelées, sol détrempé, arbres rares. Nous nous arrêtons un instant pour déféquer (chacun de notre côté, la partition se joue solo, pas de concert !) et collecter quelques morceaux d’arbres morts pour le feu du soir.

Nous marchons encore, deux petits lacs, des rochers coiffés de leur mottes de mousse. Puis, en haut d’une sorte de col, un aven, avancée de l’océan dans ces terres.

Les nuages laissent passer dans leurs trouées des spots de lumière solaire qui font scintiller les vagues. Nous allons si près de l’eau que des odeurs de varec nous remontent.

Des ruines et non loin un sol herbeux cette fois nous accueille pour la nuit. Encore le vent, encore la pluie. Sacrées bourrasques, les plus fortes de la semaine. Quelques marcheurs aux  sacs à dos bien remplis. Le bois sec craque et s’enflamme dans le petit réchaud, l’eau bout et ramollit bientôt les pâtes précuites. Echange de saucisson et de fromage, puis une bolée de tisane et nous nous glissons dans nos sacs de couchage. La journée a été physiquement fatigante et le repos sera salutaire. Les rafales de vent s’abattent sur la toile par intermittence, elles précédent la pluie. Puis un temps le silence. Puis ça recommence. Au milieu de la nuit en ouvrant les yeux je remarque que deux cordelettes sont distendues, je me lève et remets en place les cordelettes. Je me recouche. Une nouvelle rafale abat le bâton qui sert de mât à notre abri. Je le repositionne et cette fois il tiendra jusqu’au matin. J’ai positionné deux bâtons l’un au dessus de l’autre avec deux velcro. Mais j’ai du renforcer les deux velcro par deux enroulements de duct tape.
« Modifié: 11 juin 2013 à 15:26:26 par Nirgoule »
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

11 juin 2013 à 15:18:38
Réponse #8

Nirgoule


Cinquième jour ce jeudi, le temps ne s’est pas amélioré aussi nous sommes nous encore couvert du poncho. Inesthétique, je remarque que nous sommes les seuls à l’utiliser ici, le poncho est bien couvrant et évite de se trouver mouiller jusqu’au os. En quittant notre lieu de campement nous croisons le marcheur de la veille, il a dormi dans une cabane ou bothi. Il nous rattrape et marche comme nous dans ce delta de torrent par endroit herbeux, des moutons shetland y paissent, et par endroit boueux. Nous devons traverser le large torrent et pour cela rejoindre un pont suspendu un peu rafistolé. Une pancarte nous invite à la prudence en l’empruntant. Je film D sur ses planches vermoulues. Nous traversons des ruines et nous élevons vers un col.

Les sommets alentour sont poudrés de blanc, la température y est sans aucun doute négative. Après quelques errements nous retrouvons le vrai chemin plus confortable à fouler. La montée au col est longue.

Nous ne nous octroyons aucune pause et mâchons nos barres énergétiques les unes derrière les autres pour tenir l’effort. C’est que nous sommes jeudi et demain nous devons prendre le ferry, s’approcher au plus près de l’embarquement constitue une sécurité. D comme moi aimerait profiter d’une pause mais nous choisissons la sécurité. Initialement j’avais envisagé de gravir un ou deux autres munros. Mais la météo, le manque de temps aussi ne permettront pas d’aller au-delà de deux munros pour la semaine ce qui est déjà très bien.

Arrivons au col, calme apparent. Pas pour longtemps puisque des bourrasques nous projettent par intermittence de la grêle en plein figure ! Nous amorçons la descente dans cette ambiance. La vallée est très belle malgré son austérité toute écossaise. Les chaussures et guêtres tiennent bien le coup. Avoir les pieds mouillés aurait été un fort désagrément, ce n’est pas le cas. Par contre les tourbières auront raison d’un brin de mon bâton télescopique. Raccourci il continuera son travail, en un peu plus court. Le deuxième bâton, lui, ne sera « que » tordu.

Les pieds commencent à chauffer, la cheville à me titiller. J’ai fortement ralenti le pas et invité D à faire de même. Cette marche lente fait que la fatigue arrive plus tardivement, la transpiration moins forte et les pauses ne sont plus vraiment nécessaires. Nos sacs se sont allégés de la nourriture de ces derniers jours, j’ai le sentiment de ne pas sentir le mien, illusion il doit encore faire dans les 9 à 10kg ! Mais la répartition des charges avant et arrière donne un bon équilibre de portage.
Vers 18h nous trouvons un bel emplacement pour le camp non loin de la rivière et du pont qui l’enjambe, encore de l’herbe, le grand luxe.

Quelques envolées de vent désordonnées me font douter de la direction du vent. Nous sommes au creux de la vallée et les mouvements thermiques sans doute complexes. Je mets un temps avant d’orienter le tarp.


 La toile n’est pas partout bien tendue mais l’habitabilité est meilleure que les jours précédents. Cela nous permets de positionner le réchaud plus près de nous tout en nous enfumant un peu plus. D a trouvé du bois très sec qui s’enflamme vite au contact du rat de cave (mèche enduite de cire). Il maîtrise désormais très bien le réchaud à bois et quatre casseroles d’eau sont portées successivement à ébullition, comme chaque soir. Cette méthode d’allumage marche bien ainsi que celle du coton hydrophile enduit de vaseline.

Nous discutons de tout et de rien, le périple touche à sa fin et le camp si proche de l’embarcadère nous assure un dernier jour sans risque de rater le ferry.

Il pleut un peu la nuit. Vers 4 heures je sens le froid et m’emmitoufle dans le mince sac de couchage couvert du sursac, j’y ajoute cagoule de laine et ma polaire que je place au-dessus de mon corps. Le matelas m’isole excellemment. La chaleur revient et je me rendors.
« Modifié: 11 juin 2013 à 15:52:29 par Nirgoule »
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

11 juin 2013 à 15:18:59
Réponse #9

Nirgoule


Vendredi. Vers 8h30 je me force à me sortir de ma carapace isolante. J’enfile chaussettes séchées et réchauffée dans le sac, puis les chaussures et enfin les guêtres. Cette nuit j’ai gardé mon pantalon. Je pisse, je fais quelques mouvements et reviens vers le tarp, D se réveille à son tour. Visage gonflé de chaleur et de torpeur. Un café, des biscuits puis le rangement du matériel et nous voilà près à partir.

Une jeune femme (25-30 ans) qui courre avec son sac bleu s’arrête à notre niveau. Nous apprenons qu’elle est partie voilà 39 jours du Sud de l’Angleterre et remonte vers son objectif le Nord de l’Ecosse !! Belle athlète blonde que voilà. Par sympathie je m’approchais un instant, D me fera remarquer qu’elle reculait d’autant que j’avançais vers elle, une sage mesure qu’elle se doit d’observer pour sa sécurité, elle courre seule.

Nous partons tranquillement et croisons d’autres marcheurs dont trois photographes. Je trouve cela de bonne augure pour la météo.


La baie d’Inverie est agréable, jolie mais elle marque le terme du périple qui a apporté son lot de fatigue.

Nous entrons dans le pub Old Forge réputé au Guiness des Records pour son éloignement. L’accueil est chaleureux, nous y dégustons des scalopps (saint jacques) et un hamburger de cerf (deer) arrosés de la bière locale. Plus tard nous voyons arriver à l’embarcadère un petit bateau de pêche, peu après une personne en descend chargée de noix de st jacques. Ce que j’ai mangé était bien de la première fraîcheur !

Inverie
Lorsque le ferry accoste, nous voyons bien qu’il ne peut se charger au-delà de 8 personnes. Comme j’avais réservé par téléphone nous faisons partie des 8. La traversée est rapide, 30’ au plus. Nous arrivons au port de Mallaig avec ses bateaux de pêche et ses quelques boutiques de souvenir. La gare y est proche, elle abrite dit on un des meilleurs fish & chips de la région.

Après quelques achats souvenir nous repartons vers fort William par le train. Nous y trouvons notre sac marin, et notre chambre à lits jumeaux à l’hôtel Alexandra. Hotel assez désuet mais confortable. Le soir nous nous arrêtons au pub Ben Nevis et y mangeons un steak. Nous quittons ce lieu pour une dernière bière et un dernier whisky un excellent Shieldhaig de 10 ans. Et voilà, le reste n’est que trajet en train et avion en sens inverse.
« Modifié: 11 juin 2013 à 15:46:00 par Nirgoule »
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

11 juin 2013 à 17:07:17
Réponse #10

gmaz87


salut Nirgoule (et D.. ) :)
Belle ballade et super retex, dommage qu'il faille tant marcher  ;#.
A l'occasion passe moi un coup de fil.
Amitiés
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

11 juin 2013 à 17:19:58
Réponse #11

lambda


Superbe Nirgoule, et D!  :love:

Merci pour ce très beau Retex...

Encore un beau coin d'Europe bien tentant à visiter...  :love:

à+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

11 juin 2013 à 18:14:44
Réponse #12

h


merci Nirgoule  beau retex
çà donne envie....

12 juin 2013 à 10:38:50
Réponse #13

Nirgoule


salut Nirgoule (et D.. ) :) dommage qu'il faille tant marcher  ;#.

Superbe Nirgoule, et D!  :love:
Encore un beau coin d'Europe bien tentant à visiter...  :love: Lambda

Salut à vous deux,

C’est un bel endroit d’Europe qui est assez sauvage. Les ressources y sont rares et il n’est pas étonnant qu’il soit si peu habité. L’ambiance que j’ai essayé de traduire y est particulière (je n’ai pas retouché les photos), austérité de la roche, contraste des lumières, isolement, tout le nécessaire pour alimenter de nombreux fantasmes.
Et j’ai noté que les britanniques aime à se frotter à ces paysages et à ce climat. Ils s’étonnent par exemple d’y trouver des français même s'ils apprécient la démarche.

Je souligne en passant leur convivialité et la qualité de l’accueil. Un exemple : en sortant de la gare d’Edinbourg je demande à un employé des chemins de fer où se trouve l’arrêt de bus. Le type était occupé à prendre des notes. Il arrête tout, me demande de le suivre, sort de la gare et me conduit quasiment devant l’arrêt de bus 100 mètres plus loin. Là, on se demande si le gars est un alien et sur quelle planète on est ! 
« Modifié: 13 juin 2013 à 16:07:17 par Nirgoule »
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

12 juin 2013 à 10:48:34
Réponse #14

Kilbith


Merci pour ce très intéressant retex:  :up:

(je vais prendre de le lire, et j'aurais certainement plein de questions à te poser... ;#)

C'est fait :

-Tu dis porter 4l d'eau par jour, comme l'Ecosse est une éponge j'aurais pensé qu'1l était suffisant et qu'il suffisait de reconstituer les réserves en cours de marche.
-Tu pourrais détailler les chaussures+guêtres ? (modèle, ancienneté, entretien, séchage en chemin)  Parce que plusieurs jours dans la boue, cela demande du bon matos pour ne pas finir les pieds trempés. Les guètres en coton m'intriguent particulièrement...
-le poncho avec le vent et la pluie à l'horizontale... :huh:  : tu avais quoi dessous pour compléter le truc? ok : Cagoule Hilleberg.  C'est bine plus protecteur qu'un simple poncho, et je comprend pourquoi tu discutes l’intérêt : j'imagine que cela respire mal.


« Modifié: 12 juin 2013 à 11:20:44 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

12 juin 2013 à 18:40:05
Réponse #15

Nirgoule


-Tu dis porter 4l d'eau par jour, comme l'Ecosse est une éponge j'aurais pensé qu'1l était suffisant et qu'il suffisait de reconstituer les réserves en cours de marche.
En fait c'est 2 litres par personne, soit 4 litres à filtrer puisque nous étions deux. Je le prépare le matin pour la journée. J’estime que je gagne un peu de temps à le faire en une fois au lieu de deux. Le surpoids n’est que de 1 kg le matin donc supportable. Cela évite de me retrouver à chercher le point d’eau qui, sur le moment, peut ne pas être là. Et 2 litres pour moi c’est le bon litrage pour une journée tempérée.

-Tu pourrais détailler les chaussures+guêtres ? (modèle, ancienneté, entretien, séchage en chemin)  Parce que plusieurs jours dans la boue, cela demande du bon matos pour ne pas finir les pieds trempés.

Les chaussures sont des Raichle, aujourd’hui Mammuth je crois. Un modèle police de couleur noire. Dont la semelle vibram est élimée, d’ailleurs elles sont la cause de quelques glissades et casse de mon bâton. La surface est en cuir, il y a une membrane GTX. Je les cire et une fois par an un peu de graisse sur les parties cuir. Achetée il y a une petite dizaine d'années, très confortable, je vais voir à les ressemeler car je ne les trouve plus sur catalogue.

Les guètres en coton m'intriguent particulièrement...

Ce sont des vieux camp de coton que je porte depuis plusieurs années, elles ont un câble qui tire la guêtre sur la chaussure. C’est solide, sèche vite et respirant. Peu de condensation et donc peu de pieds mouillés comme avec des guêtres en nylon.
http://www.auvieuxcampeur.fr/terre/tout-pour-les-pieds/guetre-et-jambiere/guetre-haute/forcarral.html

Et le pantalon participe à l’étanchéité :

http://www.fjallraven.fr/produits/pantalons/greenland-trousers

Le bas est élastique et possède une patte boutonnée que j’insers dans les lacets en bout de pieds de manière à toujours avoir le tissus du pantalon en G1000 plaqué sur la chaussure. Ca fait deux couches sur le haut de la chaussure.

-le poncho avec le vent et la pluie à l'horizontale... :huh:  : tu avais quoi dessous pour compléter le truc? ok : Cagoule Hilleberg.  C'est bine plus protecteur qu'un simple poncho, et je comprend pourquoi tu discutes l’intérêt : j'imagine que cela respire mal.

Non ça respire bien, il y a une ouverture façon anorak qui descend jusqu’à la taille.
Non le défaut c’est la jupe qui descend très bas. Tu la remontes à l’intérieur jusqu’à la ceinture et tu serres. Si tu veux te libérer il faut desserrer le lacet, et passer le tout par-dessus ou dessous sachant que la largeur est juste. C’est une combinaison. Ca prend du temps, si tu veux l’enfiler idem. La protection est super mais on se sent un peu prisonnier. Si je tombe à l’eau je me noie ! Mais j’économise 500 à 800g de sursac. C'est la première fois que j'utilise ce matériel, je vais peut être le modifier en coupant le bas par exemple et en alongeant l'ouverture devant. Sinon c'est très protecteur je confirme.

 ;)




« Modifié: 13 juin 2013 à 16:09:33 par Nirgoule »
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

05 juillet 2013 à 12:00:43
Réponse #16

Nirgoule


Parlons bouffe.
Le Menu type Ecosse 2013 est le suivant. Des portions d’environ 700g de nourriture par jour le plus souvent de la matière sèche ou presque.

Le matin, une dosette de café et de sucre. Deux bananes séchées. Deux gâteaux type Bn chocolat et deux gaufrettes bijou fourrées chocolat.
Les bananes sont agréables à manger et s’assimilent très bien, elles renferment des fibres, des sucres lents et rapides. Les gâteaux sont là pour les calories, la facilité à ingurgiter et le plaisir.
Hormis l’eau à chauffer, il n’y a aucune préparation ou cuisson. L’eau de boisson a été filtrée la veille et il n’y a qu’à refaire « les niveaux ». Il n’y a pas non plus de vaisselle, la casserole et les bols restent propres. C’est un gain de temps non négligeable quand on sait qu’il en faut beaucoup pour plier le matos et le ranger convenablement dans les sacs.

Le midi du saucisson (75g), du comté (25g) et 80g de pain. La charcuterie salée se conserve par nature, elle apporte protéine et sel. Le fromage à pâte cuite doit être dense et donc avoir plusieurs mois d’affinage, le comté, la mimolette ou le salers sont des bons choix. Le camembert ou le brie ne sont pas conseillés !
Le choix du pain n’a pas été le bon pour moi  cette année. Pas assez sec pour la conservation, je l’avais conditionné une semaine avant, il a moisi ! Pour être sûr : privilégier du pain sec, du wasa ou attendre le dernier moment pour un produit plus frais. Le pain est essentiel car il est porteur de sucre lent.

La journée pendant la marche, des barres. Je choisis souvent des produits agréables au goût et faciles à assimiler. Nous avons passé une journée entière sans pratiquement nous arrêter, il nous fallait donc de la nourriture easy to gloup. J’aime bien l’ovomaltine par exemple. Mais les barres d4 sont pas mal non plus. J’avais trouvé également un bon produit à base de bananes au vieux camp. Comme la gourde d’eau, on garde tous ces aliments de course à portée de main. Pas nécessaire de s’arrêter, de défaire le sac.

Le soir c’est le moment de s’hydrater et de refaire ses réserves en sucre lent. Donc un lyophilisé riche en féculent et assez volumineux (160g). On verse l’eau chaude dans l’emballage du lyo, c’est fait pour. Une fois mangé cela, on peut ajouter au cas où, une Soupe chinoise (85g) facile à cuisiner puisqu’il faut juste verser de l’eau chaude dans le contenant du lyo que l’on réutilise du coup. Pour finir du fromage (20g) et une infusion si l’on veut se lever pour pisser en pleine nuit, ça permet d’admirer les étoiles et de retendre les haubans du tarp !

Alcool ou pas ? Pour moi ce n’est pas indispensable, je le digère mal le soir et surtout c’est du liquide donc c’est lourd. Certains en prennent pour trouver le sommeil, moi j’ai préféré changer mon matelas pour un plus épais ! Mais comme accélérateur de convivialité l’alcool présente des avantages.

Au total la nourriture représente 4kg sur les 12 en moyenne que j’ai porté le premier jour. Mes coéquipiers souvent se chargent plus. Soit parce qu’ils mangent plus, ont peur de manquer ou par manque de connaissance des produits lyophilisés.
Je considère que je porte sur moi un certain poids de calories sous forme de graisse. Une personne très mince sera sans doute plus prudente et emportera un peu plus que les 700g jour. Encore que, plus léger, l’effort et donc la consommation d’énergie sera moindre. Tout cela est très théorique et demande pour chacun à être essayé auparavant. Mes 800g de pain pourri n’ont un peu inquiété ce printemps, mais j’ai néanmoins ramené à la maison trois soupes chinoises non consommées !

Le rythme de marche et ses conséquences.J’ai parfois ressenti dans les montée la fatigue survenir. En m’enfilant une barre de chocolat la pêche des rapidement revenue. Le plus souvent l’hypoglycémie arrive lorsque l’effort est intense. On voit l’obstacle, on se dit qu’il ne va pas nous arrêter et on force le pas. La transpiration s’accélère avec le pouls et au final nous consommons des sucres rapides.
 
Le truc est de marcher lentement. J’ai expérimenté cela il y a vingt ans sur le GR 20 avec ma compagne qui, très vite, arrivait dans le rouge.  :wife:
Je me suis rendu compte des avantages à ralentir. Moins de transpiration, moins de besoin de boire, moins de dépense de calories et moins de nécessité de manger. En marchant vite en montagne on ne cesse de regarder ses pieds afin d’éviter les obstacles. La marche lente permet de lever le nez, profiter du paysage et en fin de compte voir des points de repère facilitant l’orientation. 

A l’inverse ceux qui marchent vite sont obligés de s’arrêter souvent. J’ai constaté cela avec un copain footballeur totalement inadapté à la marche en endurance. Nous marchions encordés sur un immense c glacier. J’étais le premier de la cordée et à intervalle régulier le copain devait s’arrêter et donc me tirait en arrière. Entre les deux arrêts il remontait vers moi et ne respectait pas la corde tendue. J’ai du lui expliquer de ralentir un peu et qu’au final nous gagnerons du temps. C’est ce qui s’est passé.

Et là c’est un autre aspect de la marche, celui de marcher en équipe.  :calin:
Outre la convivialité à marcher ensemble, il y a un volet sécurité. En s’éloignant les uns des autres les marcheurs ne se voient plus, peuvent se perdre, se blesser. Que le mauvais temps survienne et le pire peut arriver. Finalement l’idéal est de se mettre d’accord ensemble de rester un minimum groupir.
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //