Posté par DavidManise Bonjour,
Ah... quelle discussion passionnante

Merci Evenk.
On touche, pour moi, au coeur même du problème de la survie. C'est là une notion réellement fondamentale à mon avis : notre sentiment de puissance ou d'impuissance face aux évènements. Est-ce que nous avons réellement du pouvoir sur ce qui nous arrive, ou sommes-nous tout bêtement portés et dirigés par notre destinée ?
Nous ne trancherons pas cette question ici, bien évidemment.
Perso, je ne crois pas du tout en la "destinée". Je pense que la destinée est simplement le mot que nous mettons sur la complexité et l'imprédictabilité de ce système hyper-complexe qu'on appelle la vie... Je pense aussi que, jusqu'à un certain point, nous avons du pouvoir sur nos vies, et sur la tournure que prendront certains évènements qui nous tombent sur le coin du nez.
Carl Theile (aka "Survivor") du forum SRKW a un dicton que j'aime beaucoup : "You're never out of options until you quit". Autrement dit : on n'est jamais à court de "possibles", à moins qu'on abandonne.
C'est très vrai.
Ça me rappelle les Monty Python et le chevalier noir qui se fait tailler en pièces et qui finit sans bras et sans jambes, en gueulant "Come back here and I'll b!te your legs off !!!"... C'est ridicule, grotesque et carricatural, mais ça traduit quand-même bien l'idée du gars qui n'abandonne jamais. Un vrai teigneux. Un vrai c*nnard de teigneux qui ne se laisse jamais démonter par rien.
Personnellement, je suis un peu comme ça. Plus ça va mal, et plus j'ai la rage de m'en sortir. L'idée de rester là à attendre la fin n'est juste pas dans le domaine des possibles pour moi. Et dans les situations vraiment débiles où apparemment il n'y a plus d'issues possibles, je m'en sors souvent à l'arrache juste parce que je me débats comme un diable dans l'eau bénite jusqu'à la fin. On dirait, parfois, que la nature a un petit faible pour les fous-furieux qui se battent commes des barjots jusqu'
après la fin.
En survie, (j'aime bien dire, comme Véronique N'guyen une de mes anciennes profs et amie -- et quelqu'un que je respecte beaucoup : "Dans la vie comme au Hockey"...) cette attitude peut évidemment être dangereuse. Il faut savoir doser son aggressivité pour conserver son énergie. Mais tout comme le repli n'est pas la fuite, de conserver son énergie ne veut pas dire se laisser aller et abandonner. La différence entre les deux est énorme.
Pour en revenir au sujet : Je pense que la rationalité la plus pure peut nous sortir de pas mal d'ennuis. Perception, traitement, solution. Mais sans un petit grain de folie douce (ou pas) qui motive cette rationalité et lui donne un peu de "souffle", ça ne marche pas aussi bien. Certains appellent ça la foi. D'autres appellent ça la rage. D'autres encore disent que c'est de l'amour. Personnellement, je dis simplement que c'est moi

Ça fait partie intégrante de moi, et ça a toujours été là. J'ai toujours senti, au fin fond de mon être, que la petite flamme brûlait. Cette petite flamme très chaude... un peu comme le pilote d'un four à gaz. Parfois il n'y avait plus qu'elle, mais dès que tu tournes le bouton elle se charge de rallumer le tout plein pot.
Difficile à expliquer autrement. Ceux qui l'ont... l'ont.
Cette petite flamme qui brûle et qui donne un sens à tout, elle est très personnelle, et très difficile à décrire. Elle peut être entretenue par l'amour que l'on porte à ses proches, ou à la terre, ou à autre chose. Elle peut être entretenue par la foi religieuse. Elle peut être entretenue par un million de choses, mais ce qui, à mon humble avis, l'entretient vraiment bien a toujours à voir avec quelque chose d'altruiste. Cette petite flamme ne brûle jamais vraiment juste pour s'entretenir elle-même. Elle brûle pour quelqu'un ou quelque chose d'autre. Une cause, une personne, un groupe, etc. Les purs égoïstes ne survivent jamais très longtemps aux situations graves. Ils sont souvent les premiers à abandonner... parce que, peut-être, ils n'ont personne d'autre qu'eux-même à aimer. Parce que, parfois, c'est peut-être juste plus facile, égoïstement, de mourrir que de continuer à lutter.
Enfin, c'est seulement mon humble avis...
SVP, on ne va pas commencer à parler de religion, merci

Ciao !
David