1ère sortie en solo ... à deux: la suitePortée par une naïveté enthousiaste, j'avais prévu de conduire ma monture mieux que je ne me conduis moi-même.
Entre autre, je prévoyais d'empêcher Muguette de brouter tout du long.
Facile au début. Le chemin est assez large, les arbrisseaux bien rangés de coté. Il suffit de viser le milieu pour se croire à l'abri. Nous attaquons le dénivelé avec enthousiasme. Au premier arrêt pour vérifier la carte, une poignée de feuilles fait les frais de ma négligence. Bon, je prétends n'avoir rien vu.
Plus je m'enfonce dans la forêt, plus c'est beau; mais plus les feuilles sont apétissantes le long du sentier, et proches... si proches... et vertes tendres, et toutes petites, encore un peu frippées. Concentrée, Muguette entreprend de dégager le chemin avec les dents.
Je pousse un peu l'allure. J'espère ainsi lui faire oublier les feuilles juteuses. Effectivement, Muguette capture au vol quelques rares feuilles exilées en bout de branches. Je vois son oeil qui me jauge. J'ai gagné, c'est sûr.
Un grand pas de coté, un coup de dent au milieu du petit tronc frêle, un grand mouvement d'encolure! Le jeune arbre est proprement déraciné. Muguette le grignote tranquillement, depuis le haut, sans ralentir le train. Avant d'abandonner le tronc, les racines et la motte de terre 100m plus loin.
J'avais oublié que son premier métier, c'était le débardage en forêt!
D'un commun accord, nous avons partagé les responsabilités: Muguette gère son appétit, et moi mon égo.