Salut Niko !
Merci pour ta réponse, je suis content de voir que tout va bien et que cela c'est bien passé
. Effectivement je suis preneur d'infos, car je part pour un long, très long voyage sur la route, et lorsque je passerai par les Carpates ce sera déjà le printemps.
Et comme toi, j'aime me nourrir de ce que je trouve dans la nature ce pour quoi je me débrouille pas mal en France, alors je suis preneur de toutes infos (au passage si l'Ukraine et la Bulgarie te parlent aussi vu que tu as l'air particulièrement callé !).
Autre info d'un autre ordre, as-tu repérer des entrées de gouffre bien paumée et visiblement non exploré / équipé ? (Ca ce serait pour la spéléo).
A++ !
Re-salut Aleksi, je repasse notre discussion ici pour partager avec d'autres qui pourraient être intéressés

Je vais essayer de te faire un petit résumé des ressources du point de vue de la nourriture qu'on trouve dans les Carpates, ou du moins que j'ai trouvé personnellement durant le mois d'août quand j'y étais :
- Dans les vallées, le long des chemins, dans les villages, il y a beaucoup d'arbres fruitiers (prunes, mirabelles, pommes, poires), privés mais dépassant sur la route ou plus ou moins sauvages, sur lesquels on peut se servir sans trop de problèmes, mais au printemps ça risque de faire un peu tôt. On y trouve aussi de l'églantier et de l'aubépine, dont on peut manger les fruits quand c'est la saison.
- Dans les montagnes, on trouve pas mal de framboises et de mûres, mais là encore, au printemps, ce n'est pas tout à fait la saison, et on se fait des bonnes tisanes d'aiguilles de pin ou de sapin. On trouve aussi un peu de plantin et de pissenlit (pas beaucoup) et dans les plaines, j'ai vu de la chicorée (je crois), sans me risquer à gouter, et quelques graminées, etc.
- En marchant sur les crêtes (suivre les traits rouges sur les arbres), dès que c'est un peu dégagé, on trouve pas mal d'orties (à savoir préparer pour manger, mais bonne tisane/soupe) et du rumex alpin en quantité, dont les pétioles (tiges des feuilles) sont proches de la rhubarbe, nourrissants et vraiment pas mauvais avec un peu de sucre. Ca a formé avec les baies, notre principale source d'alimentation. On retrouve aussi le long des chemins forestiers, beaucoup de tussilage.
- Dans les (moyennes) montagnes, on croise de temps en temps une grenouille rousse, qui peuvent être plus nombreuses au niveau d'étangs et dont les cuisses se mangent bien. Les étangs apportent aussi parfois la présence de massettes, dont les rhizomes, si on est motivés et d'autres parties de la plante, forment un bon apport énergétique. Les étangs restent toutefois rares...
- Les insectes comestibles ne sont pas nombreux : quelques escargots et limaces, mais pas idéal pour les faire baver avant préparation. Sur les plateau toutefois, dans les graminées, on trouve beaucoup de sauterelles (en été en tout cas), qui peuvent se manger crues ou grillées au choix

- Pour les ressources en viande, j'ai essayé des pièges à oiseaux (on en voit pas énormément, mais il y en a) et des collets à lapin, mais je n'ai rien attrapé et pourtant, sur certains monts dégagés et recouverts de prairies et même un peu en forêt, on voit pas mal de traces de lapins / lièvres. J'avoue toutefois ne pas être un expert en chasse, loin de là...
- Pour trouver des cours d'eau suffisamment importants pour abriter du poisson (au moins 10-15cm de profondeur), il faut descendre relativement bas dans les vallées, parce que dans les petits cours d'eau à flancs de montagne, on ne trouve rien. Quand il y a assez d'eau toutefois, on trouve pas mal de vairons et de goujons, dont on peut se faire de bonnes fritures en les pêchant au toc et à "petite bête", c'est à dire avec un hameçon n°10 à 16 (petit donc), un fil entre 12 et 25/100 (selon le risque que tu veux prendre et le reste du matériel) et les petits invertébrés qu'on retrouve sous les pierres dans les cours d'eau : les plus prenants sont les larves de trichoptères qui marchent très bien. Tu mets un mini flotteur, un petit bout de bois ou quelque chose du genre 30 à 70cm au dessus (selon le courant et la profondeur) et tu laisse glisser dans le courant : ça marche très bien! J'ai essayé aussi plus bas, dans les cours d'eau un peu plus importants (3 à 10m de large), de pêcher à la cuillère, mais j'ai beau être un pêcheur très expérimenté, on ramasse plus de chiffons, de chaussures et de tapis rejetés dans l'eau qu'autre chose...mais j'étais peut-être juste pas sur les bons cours d'eau et d'autres doivent être plus productifs

Attention, certains grands lacs sont piégeurs, car on aussi jolis soient-ils, s'ils ne sont pas bordés de végétation (cas courant des lacs de barrage notamment), y attraper du poisson est très difficile. Dans tous les cas, je privilégie les appâts naturels si les leurres ne donnent rien (en condition de "survie", pas la peine de s'acharner).
- Enfin, pour les ressources en eau, il faut savoir qu'il faut descendre au moins 200m de dénivelé depuis les crêtes, avant de trouver de petits ruisseaux issus du ruissellement de l'eau de pluie ou de petites résurgences: quand ils sont au milieu de végétation et pas trop en aval, l'eau est bonne et claire. Quand l'eau ruisselle le long des chemins forestiers ou dans des fossés sans végétation, elle a souvent un goût d'hydrocarbures issu de la décomposition de la matière organique. Enfin, plus en aval, les pastilles de micropure sont obligatoires (microorganismes) et je conseille également un filtre au charbon pour les éventuels polluants (hydrocarbures, métaux ou autres). Avec une bonne carte, on peut croiser 1 à 2 ruisseaux par jour, mais descendre des crêtes est très fatiguant, surtout sur les zones peu fréquentées et donc peu entretenues (cas du Munti Gosman : beaucoup de forêt et très peu de chemins, rarement entretenus).
Pour l'Ukraine et la Bulgarie, je ne connais pas du tout. A vrai dire, c'était la première fois que j'allais dans les pays de l'est.

Pour les gouffres et autres cavités, j'ai vu une fois une cavité le long d'une rivière, qui je pense n'avait pas été explorée plus que ça. Mon frère a fait de la spéléo pendant très longtemps (groupe spéléo d'Orsay (91)), donc je peux me renseigner auprès de lui pour savoir ce qu'il connais des karst de Roumanie, Bulgarie et d'Ukraine.

Voilà

J'espère que ça t'aidera, mais ce n'est que l'expérience du secteur ou je suis passé, très différent entre le nord (début de mon périple : très sauvage, beaucoup de forêts) et le sud (moins de forêts, plus de prairies et un peu plus entretenu). N'hésite pas à redemander pour plus d'infos si t'as besoin!

A bientôt!
Niko
