Pour reprendre la (bonne) habitude des CR retex et pour traiter seulement de l'habilement :
Nous étions dans des conditions "classiques" pour la saison.
Conditions : La température évoluait entre 5 et 12°C environ, pas de soleil pour réchauffer (température au pifomètre). L'humidité était très forte, soit parce que nous étions dans la brume, soit parce qu'il bruinait (quelques rares averses surtout nocturnes peu sensible du fait du couvert abondant). L'emplacement du camp (un super choix de Diesel) nous protégeait du vent qui n'était pas négligeable une fois sortie de la forêt, surtout quand l'effet venturi se faisait ressentir dans les cols ou les talwegs exposés. La nuit se passait autour de 5/7°C avec parfois de petites averses, la seconde nuit étant moins froide et humide que la première.
Dans ces conditions, l'hypothermie est un risque réel. D'une part les conditions
peuvent sembler facile. On ne sort donc pas la "grosse artillerie" du genre tenue Goretex haut et bas puisque la pluie violente n'est pas présente et que la neige est absente. D'autre part, le terrain est "normal" on n'est pas en "haute montagne" ce qui ne donne pas l'impression d'engagement. Il est bon de rappeler les fondamentaux :
- Eviter les "imperméables" qui bloquent l'humidité dans les couches d'isolation.
- Eviter le coton, particulièrement les jeans, qui piège l'humidité et une fois humide n'isole plus du tout. C'est très insidieux.
- Eviter absolument le lin. C'est très solide, très frais en été...mais c'est un "killer" dès que la température tombe.
- L'herbe mouillée (ici elle était rase du fait de la présence de vaches) et la terre humide refroidissent bien les pieds et mouille les chaussures : on se refroidit par le sol.
Nous avons eu la possibilité de faire un feu (présence abondante de bois mort dans la hêtraie, grosse humidité rendant le risque d'incendie nul). Évidemment dans ces conditions le coton ou polycoton en couche externe est très adaptée. Il est légèrement humide et on peut s’approcher du feu sans crainte pour le sécher. Sans feu, il faut absolument avoir des couches externes moins hydrophiles et c'est là que les traitements de type "nikwax" s'avèrent utile.
A défaut de sous couche imperméable ou de bonne performance hydrofuge : une grosse couche isolante hydrophobe est nécessaire pour gérer la couche externe humide. La polaire de qualité est efficace, mais quand on dispose d'un feu et que le poids n'est pas un gros problème, il me semble que la laine trouve ici tout son intérêt : même humide (je n'ai pas dit mouillée) elle reste très isolante. Comme la laine est peu compressible elle reste protectrice sur les épaules sous la veste humide et on peut s'assoir dessus en étant isolé du sol.
On doit se méfier des articles "ersatz de laine", par exemple les bonnets en acrylique (ou pire en coton) achetés en grande surfaces, ils n'apportent pas toujours une isolation correcte et doivent être réservés à la ville. L'acrylique, qui ressemble d'aspect à la laine, existe sous plusieurs forme plus ou moins performante. On perd, à mes yeux, plusieurs avantages pouvant de nos jours justifier la laine :
- La laine résiste au feu
- La laine emprisonne pas mal l'humidité dans ses fibres et reste isolante. C'est bien adapté pour les activités intermittentes.
- La laine gère bien les odeurs.
- La laine peut être relativement "écologique" (selon sa provenance, ses traitements...).
Bref, il faut se méfier de l'acrylique et éviter les produits ayant plus de 50% d'acrylique dans le mélange. Parmi les tissus synthétiques, l'acrylique ordinaire est moins performant que le polyester ordinaire. Le 100% acrylique a souvent les inconvénients de laine (poids, encombrement, relative fragilité, temps de séchage) sans en avoir les avantages. Il a aussi les défauts du synthétique ( pas écolo, craignant le feu, bruit, vieillissement, résistance UV...) sans avoir les avantages du polyester ou du polypropylène.
Bref : si vous achetez du matériel non spécialisé en grande surface (ce qui peut être une excellente idée pour économiser de l'argent), pensez au fait que les conditions d'un bivouac ne sont pas celle de la ville. On reste rarement plusieurs heures exposé aux éléments en ville en position statique. Pensez à regarder les étiquettes.
Parmi l'équipement des membres du forum :
- On constate que la "raincut" fait une percée importante dans l'équipement sur le forum. A mes yeux c'est justifié.

Que ce soit en "back up", en "surcouche", en sous couche : ce produit s'avère très pratique, particulièrement dans la dernière version qui possède une capuche réglable.
- Les polaires D4 sont souvent présentes. Elle font le job, surtout si on considère le prix. Il me semble quand même qu'elles sont moins efficientes (plus lourdes pour la même isolation, ou moins respirante) que les polaires de qualité (polartec, polaires à poils longs). Mais le prix joue largement en leur faveur.
- Les vestes/parka en coton ou polycoton militaire ou de type Fjallraven sont très répandues : solides, coupe vent, déperlante, résistante au feu et pas trop cher pour les modèles militaires, elles font l'unanimité. Elles sont complétées par une couche imper/respi de type raincut ou goretex léger se plaçant par dessus ou par dessous comme dans le système arktis.
- Malheureusement on trouve peu de produits en laine (de type pull over, chemise ou veste) pourtant ils seraient à leur place dans ces conditions. On peut s'équiper à moindre frais dans les friperies et dans les surplus militaires.
- Le poncho reste présent : pas adapté par grand vent mais peu cher, pratique pour protéger un sac et polyvalent.
- Ullfrotte/woolpower porté en sous couche fait l'unanimité.
Dernier conseil :
Même si vous faites votre sac à la bourre, pensez à vérifier le matériel. Ne faites pas comme cet inconséquent qui parce qu'il part pour un WE "gastrorando" entre copain et, au dernier moment, veut s'amuser à tout caser dans son sac de 30l plutôt que dans son sac de 70l, ne prend pas le temps de vérifier s'il prend le double toit de sa (petite) tente qu'il décide de tester à la dernière minute....si en plus il fait le montage de nuit à la photon parce qu'il a égaré sa frontale sur le chemin*

Mais on reparlera peut être du matériel de camping/bivouac...

* coup classique : comme on marche à deux de nuit en fil indienne, le second éteint sa lampe pour économiser les piles...puis comme il a chaud pour réguler sa température il retire son bonnet. A cette occasion le petite tactikka tombe sans bruit dans l'herbe et y reste.