C'est avec un peu de retard et après une longue période sans poster grand chose, que me revoilà pour vous narrer une petite sortie en solo, dans le Bas-Bugey, au mois de Novembre dernier. L'objectif de la sortie était d'accéder au petit matin au point culminant du secteur (environ 1000m d'altitude) pour profiter du lever du jour et assister avec un peu de chance au lever du soleil, malgré une météo pas très encourageante.
Le départ :Après quelques hésitations : dois-je sortir en solo sous la pluie avec le peu de matos approprié dont je dispose? oui-non, non-oui, je me suis lancé, sachant que la voiture ne serait pas bien loin de mon lieu de campement. Je laisse ma vieille Astra sur un parking de chasseurs et m'engage dans un champ que j'avais repéré au cours d'une précédente balade. Le temps que j'arrive en haut du champ à la lisière d'une forêt riche en bois mort, la pluie s'arrête. J'improvise un abris sommaire avec mon tarp dans un endroit relativement plat puis j'entreprends de constituer ma réserve de bois avant la nuit noire.
Première leçon: Comme le disait maman quand j'étais petit, "faut se déshabiller pendant l'effort et se couvrir après...". A l'évidence j'ai oublié cette recommandation simple et me voilà, trainant du bois, cassant du petit bois, sciant du gros bois, complétement trempé de sueur sous ma veste bien chaude et pas très respirante... quel abruti je fais! bref, le feu prends et je mets à séchermon tee-shirt thermique sur un piquet à bonne distance puis j'enfile le tee shirt de nuit que j'avais apporté... ça va un peu mieux de suite, quel plaisir de se sentir au sec.
Deuxième leçon: La légère pente sous mon abris, le film plastique qui m’isolait du sol, l’humidité présente et mon duvet synthétique m’ont rendu le couchage atroce… pour résumer le bouzin, je dormais comme sur un toboggan… fallait que je me hisse tant bien que mal, toutes les dix minutes pour ne pas me retrouver les deux pieds dans l’herbe à l’extérieur du tarp… Cette satanée pente, je l’avais pourtant bien vue en arrivant, mais je la croyais insignifiante. Bien joué mon gars !
Après la nuit :La nuit passe donc, entre glissade perpétuelle et quelques ronflements. L’avantage avec de telles nuits, c’est qu’on a aucun problème à se lever à 5h00 du mat, on est même plutôt joyeux de se mettre debout. Je plie donc le camp après un thé, ne laissant aucun déchet et minimisant mes traces. Carte IGN sous le bras, lampes au front et dans la main, je m’engage sur le GR qui monte vers ma destination. Une heure d’ascension plus tard, presque arrivé à mon objectif, j’observe un joli arbre qui s’est accommodé du vent de manière spectaculaire.

Quelques enjambées plus loin me voici arrivé. Oui j’aurai pu profiter du somptueux paysage, oui j’aurai pu virer dans l’extase poétique, laisser libre cours à mon imagination devant une telle œuvre de la nature, oui j’aurai du jouir du moment magique… mais non… et pourquoi non ??? parce que des imbéciles, des crétins de la pire espèces ont souillé les lieux par un feu de camp et leur détritus laissés sur place. Je les hais ces gens là qui me forcent à nettoyer leurs souillures au lieu de profiter pleinement d’une nature intacte.
Whhaaaouuuuu :Bref, je nettoie et ensuite j’ouvre grand les yeux : un ciel voilé, percé par endroits par les premier rayons du soleil. Le Bas-Bugey, la Charteuse, le Vercors au fond… la plaine alluviale du Rhône et ses méandres à droite… Moment intense dans lequel je me plonge égoïstement.

Après l’émerveillement, j’entame le retour. La descente c’est vraiment pas mon truc. Je suis trop lourd, je commence à souffrir des genoux… et effectivement, je galère tout en restant prudent pour rejoindre ma caisse. Un arbre tombé sur le chemin m’offre un nouveau spectacle sympathique. Merci aux mousses et champignons, qui profitent de la saison humide pour étaler leur splendeur à hauteur du regard des promeneurs.
Pour finir :En conclusion, je trouve que les sorties en solo, ça permet d’évoluer dans la nature à son rythme, de profiter totalement du calme, de se sentir plus proche de son environnement que lorsqu’on est en groupe. Bref, j’aime ça.
A vos remarques.
Belfeuil