Météo : pluie (et neige vers minuit), température entre 0 et 6°. Vent faible.
Moyen de transport : un vieux toy (330 000km) que l’on conduit pépére afin de le ménager et surtout de respecter les autres usagers des chemins. A cette époque de l’année, nous n’avons croisé personne d’autre que des chasseurs. Cette activité est très limitée dans la région et c’est une bonne chose. Une sur-utilisation des véhicules motorisés entraînerait des limitations ou des interdictions, pour le moment l’autorégulation fonctionne. Pour ma part je ne fais ce genre de déplacement qu’une fois par an. A l’occasion d’une sortie organisée par un petit garage de campagne qui propose un road book de quelques dizaines de km. Le responsable du garage est un enfant du pays. Il loue une tente, un petit restaurateur du coin prépare le repas du midi et du soir. Le prix est raisonnable, à cette époque de l’année les activités et animations se font rares.
EquipementLe moyen de transport permet d’emporter plus que nécessaire, en particulier des vêtements de rechange et de l’éclairage plus lourd.
Afin de reconnaître un passage et d’éventuellement patauger dans la boue il est nécessaire de s’équiper de bottes. Je ne marcherai pas des heures en bottes à cause de la transpiration et de la mauvaise tenue de la cheville, mais ici elles font merveille. Les miennes sont doublées d’une fine couche de néoprène, elles sont toutes indiquées pour la saison.
Le pantalon est en coton traité. Teeshirt technique descendant bien sur les reins. Chemise laine mélangée, softshell et un gilet polaire par intermittence. Manteau de pluie très long D4. Casquette laine fjraven.
La relative absence d’effort physique à la conduite me rend assez frileux, j’ai enfilé une cagoule laine que j’abaisse au besoin. L’effet est instantané et remplace une deuxième polaire. Gants cuir pour manier sangles ou câbles. Mitaines pour le reste.
Des sacs logent le tout, dans le véhicule il faut impérativement maintenir tout ce qui peut bouger. Une lampe à pétrole versera son contenu, il restera heureusement les frontales.
BivouacVu le sol trempé et l’absence de vent, nous choisissons une crête. Le camp est monté vers minuit, la lune éclaire la zone peu boisée. Une bâche de 3,5 sur 3,5 est installée en s’appuyant sur une branche de hêtre, une autre bâche est mise au sol. La bâche au sol est en polypro et fera du bruit à chaque mouvement du corps. Les côtés du tarp descendent bien bas pour éviter la pluie.
Je déroule un matelas assez lourd et large (mousse cellules fermées). Mon sac de couchage est un Brenva donné pour -4 confort. Il est enfilé à moitié sur un sursac nylon non respirant. Je me déchausse et enlève les chaussettes que le mets dans le duvet. Elles seront chaudes et sèche au matin. Je suis en slip dans le sac mais ai gardé ma chemise, la cagoule est enlevée. Il fait très frais (0°) pourtant je ne resserre pas complètement le sac autour de ma tête. La pluie tombe une bonne partie de la nuit, notre position sur la crête nous a évité de mauvaises surprises.
Au matin, le réchaud est allumé instantanément (le mélange de gaz butane/propane est performant à basse température), thé, fromage, pain, sardines, banane et pomme.
La pelle CS bien affûtée tranche facilement l’amalgame terre, racines, mousse. Le trou est rebouché proprement. Nous effaçons toutes nos traces.

Nous repartons tranquille, nous croisons de nombreux chasseurs. Nous saluons poliment et passons lentement près d’eux.
Avant de rentrer à la maison, un arrêt sur une aire de lavage, il faut méticuleusement nettoyer le bas de caisse. RDV l’année prochaine. A moins que comme il y a deux ans, je n’utilise le toy pour permettre à ma belle sœur de se rappeler ce qu’est un chemin, elle est depuis longtemps maintenant rivée à son fauteuil roulant.