Une fois embarqué tout s'apaise. L’excitation du chargement… Bon d’accord ! L’énervement du chargement est tout de suite oublié. Sur l’eau, le temps et l’espace ne s’appréhendent pas comme sur la terre. L’eau a son propre rythme, et l’on glisse dessus. S’agissant ici d’un lac de retenu, donc presque sans courant, c’est un rythme lent, apaisant. Peut être même monotone, mais qu’importe. Il est comme le ronronnement d’un chat ou la danse des flammes d’un feu de bois : hypnotique.

Nous commençons à pagayer. Plutôt que de chercher un rythme commun, nous pagayons à tour de rôle. Nous ne sommes pas pressé. Le paysage défile…

Quelques mots quand même sur le Grandval, c’est une retenue de plus de 1000ha, ce qui laisse un espace de navigation suffisant pour remplir une journée ou deux.

Hormis le barrage (que nous n'avons pas été voir), la retenue est connue pour son viaduc, le Garabit, un ouvrage de Gustave Eiffel (si vous avez regardé des racines et des ailes la semaine passée, vous l'avez surement vu). Le viaduc datent de 1880-1884. 120ans que des trains passent sur ce trait de fer large de 6m30, perché à 120mètre et sur plus d’un demi kilomètre.

Nous avons mis à l'eau tout près de lui. L’eau est froide mais rien d'insupportable (10°C à vu d'orteil). Le vent par contre souffle par rafale, il nous a bien refroidit, d'autant que j'avais choisi de me mettre en t-shirt et short. Je préfère avoir froid mais être a peu près sec, que d'avoir froid et d'être avec des vêtements trempés ! Au moins les gilets d’aide à la flottaisons nous isolent un peu.
Comme nous avons attaqués tard, nous déjeunons sur une petite île pas très loin du viaduc.
Les coups de pagaies s’enchainent à un rythme nonchalant. Un rapace vient troubler notre routine quelques temps.
Je pense à un balbuzard, mais je peux me tromper (?) Il s'agit d'un Milan royal



